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La résistance contre-attaque


parlement irakien
parlement irakien

Dans une guerre, on ne peut rester indéfiniment en position défensive. Il faut bien, à un moment ou à un autre, tenter de se dégager par des contre-offensives. C’est ce que semble vouloir faire le camp des amis de la Syrie. En effet, L’Irak veut demander à l’ONU des sanctions contre l’Arabie saoudite pour son soutien du terrorisme en Syrie et dans le monde. C’est ce qu’a déclaré mercredi à RIA Novosti un représentant de la coalition majoritaire du parlement irakien, Kazim Al-Shamri.

Il y a peu de chances de voir un jour des sanctions votées au Conseil de Sécurité de l’ONU contre l’Arabie Saoudite, mais la démarche est d’une importance capitale. Il s’agit là d’utiliser la méthodologie habituelle de l’Occident contre elle, c’est-à-dire la menace permanente de sanctions. Outre le fait que cela mettra un peu plus en exergue leur politique de deux poids deux mesures et l’illégalité des sanctions unilatérales, cette démarche montrera aussi qu’aucun pays, fût-il  un protégé de l’oncle Sam, n’est plus à l’abri de ces menaces de sanctions qui, jusqu’ici, n’étaient brandies que contre les ennemis de l’Occident.

Ça promet quelques nuits d’insomnie à Ban Ki Moon.

Avic

La Russie peut-elle éviter l’arrogance post-soviétique, à l’américaine ?


000_nic2005111516368.siA en juger par les apparences, beaucoup s’accordent à dire que les russes viennent de Vénus et les américains de Mars. Certains voudraient aller encore plus loin, sans doute, et dire qu’ils sont originaires de deux systèmes solaires distincts.

Les anciens ennemis de la guerre froide échangent régulièrement des piques sur tout, de la qualité des cuisses de poulet à la question du système de défense antimissile américain en Europe de l’Est. Cependant, malgré les échecs occasionnels de la réinitialisation des relations Russie-États-Unis – considérablement aggravée ces derniers temps par Edward Snowden enfermé dans un aéroport de Moscou – les deux superpuissances nucléaires partagent certaines similitudes marquées.

Les deux pays ont, par exemple, acquis des poches extrêmement profondes pour la poursuite de leurs objectifs de politique étrangère. La Russie, après être passée par 70 ans de communisme marxiste, jouit aujourd’hui d’une manne financière, car elle tient les rouages ​​de l’économie mondiale graissée par le pétrole et le gaz. Bien que l’abondance en Russie des ressources naturelles tombées du ciel pourrait finalement se retourner contre elle, actuellement, elle contribue à entreprendre un grand nombre d’initiatives ambitieuses pour le pays.

Les États-Unis, en revanche, possèdent le plus gigantesque appareil à faire de l’argent que le monde ait jamais vu, populairement connu sous la dénomination Système de la réserve fédérale. Cela donne à l’Amérique la possibilité de créer de l’argent à partir de rien, ce qui à son tour donne à l’Oncle Sam la capacité d’agir sur la scène mondiale comme un étudiant de première année après une cuite pendant les vacances d’été. Grâce à cette philosophie de l’argent facile, Washington détient aujourd’hui quelque 900 bases militaires à travers le monde, tout en lançant une série d’offensives militaires douteuses, notamment les débâcles désastreuses de l’Irak et de l’Afghanistan.

Un Marine américain du 1er bataillon, 8e Marines, Compagnie Bravo lance une missile antichar FMG-148 Javelin  au Mirage Patrol base, Musa Qala district, province de Helmand, le 8 Février 2011. (AFP Photo / Dmitry Kostyukov)
Un Marine américain du 1er bataillon, 8e Marines, Compagnie Bravo lance une missile antichar FMG-148 Javelin au Mirage Patrol base, Musa Qala district, province de Helmand, le 8 Février 2011. (AFP Photo / Dmitry Kostyukov)

Pendant ce temps, l’exemple historique de l’Empire romain, qui finalement s’est effondré à cause de ses excès  impérialistes, ne suffit pas à convaincre les Etats-Unis de modifier leur comportement. Chaque puissance mondiale estime que l’histoire se répète, mais seulement pour les autres. L’Amérique n’est pas seulement la nation exceptionnelle choisie, c’est la grande exception aux règles du développement mondial. Elle peut imposer sa volonté unilatéralement sur une planète sans méfiance sous prétexte (ruse?) du terrorisme mondial, elle peut soumettre des Etats souverains et leurs citoyens à la Cour sans loi de la guerre des drones, ainsi qu’au système de surveillance permanent, il peut exercer son idée de la liberté et de la démocratie sur les peuples étrangers, alors même que ses propres citoyens sont écrasés par les corporations lobbyistes au Congrès.

Étant donné les conquêtes et les contradictions de «l’hyperpuissance» américaine, c’est peut-être le bon moment pour se demander si la Russie peut aussi être la proie de l’exceptionnalisme post-soviétique. Va-t-elle finalement poursuivre ses intérêts nationaux quel qu’en soit le coût pour elle-même et les autres ? Après tout, après huit années de la présidence de Poutine, la Russie se classe désormais comme la 6ème plus grande économie du monde en termes de PIB. Elle a les espèces sonnantes et trébuchantes pour faire avancer ses initiatives mondiales.

Naturellement, la Russie, ainsi que d’autres pays, ne place pas beaucoup de foi dans les initiatives mondiales des États-Unis. Malgré tous les discours sur une réinitialisation des relations russo-américaines (Reset), Washington a dévoilé ses cartes quand il a refusé de coopérer avec la Russie sur le système de défense antimissile américain, solidement positionné à seulement quelques kilomètres de la frontière russe. Dans le même temps, les États-Unis tentent de contraindre la Russie de réduire son arsenal nucléaire. On pardonnera aux russes de penser que la réinitialisation n’était rien de plus qu’un stratagème astucieux pour faire baisser sa garde à la Russie (missiles nucléaires) pendant que dans le même temps, l’Amérique est en train de lever son bouclier. Voilà pour la réinitialisation.

Néanmoins, en tant qu’Américain regardant son pays imprimer de l’argent à partir de rien pour financer un empire mondial, il me semble que la meilleure stratégie pour la Russie n’est pas de faire des dépenses colossales pour essayer de suivre le rythme du Goliath mondial. La Russie a déjà tenté une telle chose dans les années 1980 pendant la guerre de 10 ans contre les moudjahidines en Afghanistan, le fameux « cimetière des empires’’, que peut-être un jour des historiens considèreront comme le lieu qui a également conduit à la chute de l’Amérique.

Sauf si la Russie estime que cela vaut vraiment la peine de détruire sa monnaie dans un effort pour étaler ses morceaux de bravoure militaire dans le monde, la meilleure stratégie, semble-t-il, est de jouer à un jeu de ‘’wait-and-see’’. L’Amérique hyper-dépensière ne peut durer éternellement, et quand le château de cartes s’effondrera enfin, ce qui est inévitable, alors le monde pourra enfin profiter d’un moment de paix véritable.

Robert Bridge

Traduction : Avic

http://rt.com/op-edge/us-russia-reset-snowden-288/

Les relations entre les Américains et les islamistes tunisiens remontent à 2004


US-TunisieTunisie: On ne remerciera jamais Wikileaks. Dans les documents suivants, on découvre la servilité des Nahdaoui à l’égard des Américains et la naïveté de ces derniers à l’égard des islamistes. C’est sous la présidence de George W.Bush, le criminel de guerre en Irak, que les relations de maître à esclave entre certains hauts dirigeants d’Ennahda et les Services de l’ambassade américaine en Tunisie se sont renforcées. Mais elles existaient depuis le début des années 80, lorsque les Américains ont décidé d’écarter Bourguiba et de placer leurs pions islamistes, aussi bien en Tunisie qu’en Algérie. Ils ont raté leur coup en 1987, mais pas en janvier 2011. Ce qui est étonnant dans ces documents, c’est que Ben Ali était au courant des tractations islamo-impérialistes, mais il laissait faire. Pourquoi n’a-t-il pas réagi ? Pourquoi n’a-t-il pas remis en prison ces traîtres ? Pourquoi a-t-il manqué de fermeté ? Autant de questions auxquelles il va falloir un jour répondre. A la lecture de ces documents de Wikileaks, on comprend que, ce n’est pas parce qu’ils sont majoritaires ou populaires que les islamistes sont arrivés au pouvoir, mais parce qu’ils ont vendu leur âme à l’Oncle Sam. Merci aux USA d’avoir imposé ces obscurantistes à un peuple qui voulait la démocratie.

Des documents émanant de l’ambassade américaine à Tunis et faisant partie des récents documents qui ont filtré et ont été révélés récemment par wikileaks attestent des très bonnes relations entre les membres du parti islamiste tunisien Ennahda et la mission diplomatique américaine à Tunis du temps du président déchu Ben Ali. Echange de visites entre les deux parties et insistance des dirigeants d’Ennahda sur le fait qu’ils représentent l’islam modéré, ce qui est à leur avis la solution pour la démocratie dans la région et précisément en Tunisie. Mais il semble qu’il y a une grande différence entre ce que déclarent (pour la consommation locale) les Nahdaouis à propos de la politique des Etats Unis et ce que révèlent ces documents à propos de leurs cordiales relations avec eux. Le fait est que de nombreux sympathisants de ce parti écrivent sur de nombreux sites internet que le pouvoir du président déchu Ben Ali les pourchassait et les réprimait pour satisfaire à la demande des Etats-Unis qui ne veulent pas qu’ils accèdent au pouvoir bien qu’ils représentent « l’Islam modéré qui va réaliser la Justice, l’Egalité et la Démocratie ». Or, une série de télégrammes de l’ambassade américaine à Tunis démontre que les relations entre le parti islamiste et l’ambassade américaine étaient très étroites.

Selon ces documents, l’intérêt américain pour les faits et gestes des islamistes était permanent et les fonctionnaires de l’ambassade ne rataient jamais une occasion pour demander à leurs hôtes tunisiens des informations sur les activistes islamistes sur la scène politique ainsi que sur leur force réelle sur le terrain et la réalité de leurs projets.
Dans un document en date du 23 mai 2006, traitant de la situation dans le pays après les élections municipales tenues au début du même mois, un membre du parti Ettajdid (ancien parti communiste) a affirmé que le parti Ennahda demeure actif en marge de l’opposition et il vise tout particulièrement les jeunes fréquentant les mosquées. L’ambassadeur américain William Hudson, auteur du télégramme, écrit « que l’opposition laïque a compris l’importance d’une telle situation et a pris contact avec les islamistes dont des membres du parti Ennahdha restés dans le pays. Le président du parti démocratique progressiste d’alors, Néjib Chebbi, a reconnu devant l’ambassadeur qu’il avait rencontré récemment des membres d’Ennahdha à l’étranger. Mohamed Harmel, qui était alors président du Parti Ettajdid a révélé pour sa part qu’il n’est pas exclu qu’il prendrait des arrangements avec les islamistes pour renforcer les activités de son parti ».

Toutefois, l’opportunisme de Chebbi et de Harmel les a poussés à décourager l’ambassade de prendre quelque contact que ce soit avec les islamistes, quels qu’ils soient « aussi bien en Irak ou n’importe où ailleurs ». Ils ont critiqué « les avantages politiques obtenus par les chiites en Irak ».
Cette position de mise en garde est partagée également par l’association tunisienne des femmes démocrates, ATFD, dont deux membres, Ilhem Belhaj et Hafidha Chkir, avaient averti, au cours d’une réunion tenue le 9 février 2006 à l’ambassade, un des fonctionnaires de cette l’ambassade, que l’acceptation d’un gouvernement islamique correspondrait à la «substitution d’une dictature par une autre ». Elles ont affirmé que cela valait aussi bien pour ceux qui se faisaient appeler « musulmans modérés ».

Dans un autre document en date du 29 novembre 2005, intitulé « dualisme de l’islam en Tunisie », l’ambassadeur Wiliam Hudson traite de la situation de l’islam en Tunisie. Il expose la croissance de l’observance religieuse en Tunisie et l’histoire des rapports entre les autorités et les mouvements islamiques. Il transparaît de ce document que les relations entre l’ambassade et des membres du parti islamique Ennahda dissous sont bonnes, puisque l’ambassade les sollicite pour son information. Selon le document cité, l’ambassadeur dit qu’un ancien membre d’Ennahda s’est plaint à un fonctionnaire politique de l’ambassade que les groupes politiques islamiques ne s’intéressaient qu’aux activités politiques et aux alliances, ajoutant que Dieu et la religion n’avaient pas d’importance pour ces derniers, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas meilleurs que le pouvoir politique actuel.

L’intérêt américain pour l’islam en Tunisie apparaît aussi dans un document datant du 22 mars 2006 qui relate les actes d’une table de discussion tenue le 8 mars avec un certains membres de la société civile où l’on revient toujours à la situation des islamistes!

Selon certains documents, quelqu’un comme Ziad Doulatli, aujourd’hui membre du conseil d’Ennahdha, était l’ami de l’ambassade et figurait sur la liste de ses visiteurs permanents. Un visiteur qui faisait la promotion de son parti et la sienne et pour se présenter comme le représentant d’un islam modéré.

Le 15 août 2006, s’est tenue une réunion entre des islamistes tunisiens « modérés » d’une part, et les conseillers politiques et économiques ainsi que l’officier politique de l’ambassade, d’autre part. En date du 21 août, l’adjoint au chef de la mission, David Ballard, a envoyé un télégramme donnant les détails de ce qui s’était passé au cours de cette réunion qu’il a organisée à la demande des tunisiens : Radwan Masmoudi(1), un américain d’origine tunisienne qui préside le Centre d’Etudes de l’islam et de la démocratie à Washington, Saïda Akermi(2), secrétaire générale de l’association internationale de soutien aux prisonniers politiques, Salah Eddine Jourchi(3), journaliste et activiste de la société civile et ancien membre d’Ennahda et Ziad Doulatli, membre fondateur du parti qui a passé quinze années en prison. Le télégramme explique que les islamistes modérés tel que les désigne l’ambassade (mais avec certaines réserves puisqu’elle met cela entre guillemets renvoyant la responsabilité de cette appellation à d’autres), ont voulu rencontrer des représentants de l’ambassade afin « de renouer le dialogue sur des problèmes communs ». Nous découvrons ainsi que les relations entre les deux parties et le dialogue entre eux datait des années 1980 et qu’il s’arrêta suite à la campagne gouvernementale contre ce parti, sa dissolution et l’emprisonnement de ses dirigeants. Ce vieux dialogue avait comporté des rencontres avec des membres du Congrès en visite en Tunisie.

A l’instar de Ziad Doulatli, d’autres anciens membres du parti tentent de se présenter comme les représentants de l’islam modéré que recherche l’Amérique dans la région. Dans un document datant du 18 août 2006 traitant des réactions tunisiennes à la guerre israélienne de juillet 2006 contre le Liban, le conseiller politique auprès de l’ambassade a rencontré Ziad Doulatli, ainsi que l’activiste de la société civile Salah Eddine Jourchi, (qui dit avoir quitté Ennahda suite à un différend avec eux). Ces deux derniers ont déclaré au conseiller que la guerre du Liban et le soutien des USA à Israël ont renforcé le Hezbollah et d’autres groupes extrémistes. Ils ont aussi poussé la jeunesse tunisienne à s’identifier aux idées des groupes djihadistes tels qu’Al-Qaïda, au lieu de s’identifier à des groupes « non violents et modérés tels qu’Ennahda ». L’ambassadeur d’ajouter que les deux personnalités se présentent sous l’appellation de « musulmans modérés ».

L’intérêt des américains pour l’Islam en Tunisie apparaît aussi à travers un document datant du 22 mars 2006 qui relate une rencontre tenue le 8 mars avec des activistes de la société civile où l’on revient toujours, sur la situation des islamistes et leur force.

Il apparaît, à travers certains documents, qu’un homme comme Ziad Doulatli, qui est aujourd’hui, membre du Conseil constitutif d’Ennahda, était un ami de l’ambassade et figurait sur la liste des visiteurs permanents ; un visiteur qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour promouvoir son parti et lui-même comme représentants de l’islam modéré.

Les dialoguistes islamistes ont estimé que la Tunisie était susceptible de devenir un exemple de réforme démocratique au Moyen Orient. Doulatli a dit qu’ « étant donné que 90% des tunisiens sont laïcs, cela encourage à une évolution vers une démocratisation réelle ». Les auteurs de télégramme ont raillé l’allégation de Ziad Doulatli, que son parti aurait obtenu 60% des voix des suffrages exprimés (élections de 1989), alors qu’en réalité cette proportion, selon Balard qui est l’auteur du télégramme, n’avait pas dépassé les 30% dans le meilleur des cas.
Les Tunisiens ont essayé de convaincre les fonctionnaires de l’ambassade que la collaboration avec eux contribuait directement aux intérêts de Washington afin de recouvrer par cela la confiance et l’amitié au Moyen Orient, les Etats Unis ont besoin d’un modèle réussi de démocratie dans la région. A ce qu’il paraît, Doulatli a semblé être le plus enthousiaste pour la coopération avec Washington, il a essayé de promouvoir l’idée que son pays était le mieux préparé pour concrétiser ce modèle et non point l’Irak ; il a déclaré qu’il faudrait qu’il y ait une alternative au « Ben Ladisme ».

Le groupe qui espérait sûrement la reconnaissance de la plus grande puissance impérialiste du monde, a demandé quelques menus « services » à l’ambassade. Le plus important de ces services était qu’un représentant de l’ambassade aille rendre visite à Hammadi Jebali, un des dirigeants du parti Ennahdha, un « islamiste modéré » comme ils ont dit, assigné à résidence dans le gouvernorat de Sousse. Le groupe demanda aussi que certains noms d’islamistes modérés soient introduits sur les listes des invités de l’ambassade et des voyages organisés de temps à autre aux Etats-Unis. Dans son télégramme, Ballard dit que l’ambassade était heureuse de l’initiative du groupe de prendre contact avec elle, mais qu’elle ne partageait pas leur optimisme quant à des changements importants dans l’avenir. Il dit qu’elle (la mission américaine) était consciente des motifs ayant incité le groupe à prendre contact avec elle, surtout après les déclarations de Doulatli concernant les 60% (de voix obtenues).

L’ambassade a favorablement répondu à certains des services demandés et a rendu visite à Jebali dans sa résidence surveillée. Un fonctionnaire politique de l’ambassade a rendu visite à Jebali, à son domicile à Sousse, le 31 août 2006, pendant plus de deux heures. Ce qui a attiré l’attention du fonctionnaire c’est que contrairement à tous ceux qu’il rencontrait de la société civile ou de l’opposition politique, Jebali ne s’était pas plaint des politiques américaines au Liban, en Israël et en Irak. Jebali qui a dit que Rached Ghannouchi était le chef d’Ennahda, a confirmé que ce parti était le même en Tunisie ou en Europe. Jebali a dit que comme tous les partis islamistes ils sont suivis (avec inquiétude) par les américains. Jebali a affirmé qu’Ennahda en tant que parti politique voudrait participer graduellement à la vie politique tunisienne et qu’il ne voulait pas d’un Etat islamique. Et puis comme l’ont fait tous les autres, Jebali a critiqué les autres partis islamiques qui « croient qu’ils détenaient la vérité divine et n’acceptaient pas la critique » En réponse à l’envoyé de l’ambassade qui lui a fait remarquer qu’il paraissait laïc, Jebali répondit qu’il distinguait entre sa pratique religieuse et la vie publique. Il a rajouté que tous les musulmans modérés pensaient comme lui et refusaient la violence. Les répliques de l’américain étaient prêtes pour lui rappeler que des partisans du parti avaient perpétré des charges explosives dans certains hôtels pendant les années 1980(4). L’envoyé de l’ambassade n’a pas cru Jebali quand il lui a dit qu’il lui était interdit de travailler et qu’il faisait l’objet de nombreuses restrictions de droits et ce, au vu du bel ameublement de sa maison et de l’apparat avec lequel il recevait ses invités. Jebali a aussi évoqué l’actuel extrémisme islamiste en comparant les membres d’Ennahda ouverts à tout, aux jeunes tunisiens pratiquants et très extrémistes, comme résultat de la répression et de l’interdiction pour Ennahda dans la propagation de ses idées modérées.

Il se peut que tous les membres actifs du parti Ennahda(5), avant sa dissolution et qui sont demeurés fidèles à sa ligne politique après sa dissolution, ne soient pas tous des amis de l’ambassade américaine à Tunis, mais il est sûr que des membres influents de ce parti, dont ses symboles parmi les plus importants et ses porte parole, ont « collaboré » avec les américains pendant de nombreuses années en espérant leur reconnaissance et peut être aussi avec l’espoir de reproduire l’expérience irakienne. Si Washington avait décidé un jour de renverser le régime Ben Ali, les Nahdhaouis étaient prêts, comme toujours et à jamais, à bénir cela et à gouverner le pays, surtout qu’ils se disent être, comme ils l’ont répété, des « modérés », qu’ils sont « le type d’islamistes » qu’aiment le mieux les américains et qu’ils veilleront aux intérêts des américains dans toute la région.

1 Radwan Masmoudi est l’un des principaux agents américains qui a rendu beaucoup de services aux USA en Irak et qui a joué un rôle clef dans le rapprochement entre les islamistes tunisiens et les différentes agences de renseignement américain.
2 Saida Akermi, avocate, est l’épouse de l’avocat Noureddine B’hri, 3ème dans la liste des nouveaux fondateurs d’Ennahdha, nouvelle formule. Noureddine B’hiri était déjà un haut dirigeant de ce mouvement dans les années 1980 et avait signé en son nom le Pacte National en novembre 1988. A la suite de l’acte terroriste perpétré par un commando d’Ennahdha contre le local du RCD à Bab Souika, à Tunis, en 1991, Noureddine B’hiri, quitta le mouvement en même temps que Abdelfettah Mourou, Fadhel Beldi et Ben Aissa Demni. Des quatre, il est le seul à avoir été réadmis dans ce mouvement.
3 Salah Eddine Jourchi : Il n’a jamais été dans le mouvement Ennahdha ou son ancêtre le MTI. Par contre il a été dans la Jamaâ islamya, première organisation islamiste de tendance Frères musulmans, fondée au début des années 1970, qu’il quitta en 1979, en même temps que H’Mida Enneifer et d’autres pour fonder le « mouvement des islamistes de gauche ».
4 Allusion aux actes perpétrés dans trois hôtels de Sousse et Monastir, dans la nuit du 2 au 3 août 1987, veille de l’anniversaire du président Habib Bourguiba et qui déclenchèrent une vague de répression qui ouvrît la voie à l’arrivée du général Ben Ali au pouvoir.
5 Ennahdha n’a jamais été dissous parce qu’il n’a jamais été légalisé. Sous son appellation de MTI, il a été toléré longtemps sous le règne de Bourguiba, et jusqu’en 1991 sous le règne de Ben Ali.

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Le culte de l’Amérique en Europe


World companyLe rapport que l’Europe entretient avec les États-Unis ressemble à s’y méprendre au rapport traditionnel métropole-colonie à ceci près que la colonie d’antan s’est muée en modèle-type universel. Le moindre événement qui a lieu aux États-Unis a une projection hors norme dans le Vieux Continent. Un attentat engendre trois morts outre-Atlantique et aussitôt le plan Vigipirate est renforcé en France ; un cyclone s’apprête à toucher la côte est des Etats-Unis, après avoir dévasté les Caraïbes, et c’est toute l’Europe qui retient son souffle.