Archives du mot-clé Palestine

La bataille de Syrie marque la fin de l’unilatéralisme occidental


Tribune libre Marseille Albatros

fe1072ebc2a248e6e9cedaccd23cba90-1378480724Interview pour la revue France- Arménie : «La bataille de Syrie marque la fin de l’unilatéralisme occidental » : René naba : Ecrivain et journaliste spécialiste du monde arabe, René Naba (1) a été correspondant tournant au bureau régional de l’AFP à Beyrouth (1969-1979) et conseiller du directeur général de la radio arabophone RMC Moyen-Orient. Dans son analyse de l’évolution du conflit syrien, il livre un regard sans concession sur l’action de la diplomatie française. Lire la suite La bataille de Syrie marque la fin de l’unilatéralisme occidental

Lettre du secrétaire général de la CGT où il dénonce les propos que le CRIF lui prête


Thierry Lepaon-CGTRencontre entre le CRIF et la CGT

Thierry Lepaon écrit à Roger Cukierman

Suite à la rencontre entre le CRIF et la CGT du 28 janvier dernier et la référence qui en est faite sur leur site, voici le courrier que Thierry Lepaon a adressé ce jour à Roger Cukierman, Président du CRIF.

Monsieur le Président,

Je suis très étonné de découvrir un compte-rendu à la fois partiel et erroné de la rencontre que nous avons eue avec vous-même et des représentants de votre association. Rappelons que cette rencontre faisait suite à une invitation de votre part afin d’évoquer les questions d’actualité et notamment la question de la montée de l’extrême droite et notre inquiétude commune face aux relents d’antisémitisme, d’islamophobie et plus globalement de racisme dans notre pays. Lire la suite Lettre du secrétaire général de la CGT où il dénonce les propos que le CRIF lui prête

Vers la mort d’Israël ? De plus en plus de colons quittent la Palestine


2145003707La durée d’Israël en Palestine est essentiellement due à l’idée qu’il était menacé de toute part et qu’il vivait dans une insécurité permanente. D’un autre côté, pour attirer les colons, l’état hébreu fait croire à tous les juifs du monde qu’ils sont partout en danger et que le seul endroit où ils soient en sécurité est la Palestine. Par manque d’informations, il était possible, il y a encore dix ans, de ne pas voir cette contradiction. Mais c’est fini tout ça. Les gens savent que quand une roquette tombe quelque part, il y a bien plus de chance que ce soit plus près de Tel Aviv que de New York, Paris ou Londres. Ils savent également que si un pays est susceptible de recevoir des ripostes  pour avoir effectué des raids contre un voisin c’est plus probablement Israël que tout autre pays dans le monde. Lire la suite Vers la mort d’Israël ? De plus en plus de colons quittent la Palestine

John Kerry ne comprend rien au conflit israélo-palestinien


0,,17338132_401,00Pauvre Kerry. Un des secrétaires d’état le plus dynamique des administrations américaines depuis Henry Kissinger accusé par le ministre de la Défense israélien, Moshé Yaalon, de ne rien comprendre au conflit israélo-palestinien.

« Le secrétaire d’Etat John Kerry – qui est arrivé ici déterminé, et qui est animé par une obsession incompréhensible et une sorte de messianisme – ne peut rien m’apprendre sur le conflit avec les Palestiniens », a assené M. Yaalon selon le quotidien Yediot Aharonot. Lire la suite John Kerry ne comprend rien au conflit israélo-palestinien

La Fin de la Palestine ? Norman Finkelstein


Norman-black-shirtLe Secrétaire d’Etat américain John Kerry était à nouveau au Moyen-Orient cette semaine, menant des entretiens intensifs avec des responsables Israéliens et Palestiniens et d’autres acteurs régionaux. Il a été largement rapporté que son objectif est de parvenir à un « accord-cadre » comme prélude à un règlement définitif du conflit israélo-palestinien. Lire la suite La Fin de la Palestine ? Norman Finkelstein

Pour les Palestiniens, al-Nakba n’a pas pris fin en 1948


Tribune libre Béatrice Doinette

Pour les Palestiniens, al-Nakba n’a pas pris fin le jour de la création d’Israël. Il s’agit plutôt d’un processus de dépossession, de judaïsation et d’épuration qui se perpétue depuis. Les Palestiniens, pacifiques, ont représenté un défi existentiel pour Israël et ses impératifs démographiques, dans la mesure où la conquête de toute la Palestine constituait le principe fondamental du sionisme. Lire la suite Pour les Palestiniens, al-Nakba n’a pas pris fin en 1948

Liban : Qu’es-tu en train de faire, Sleiman ?


michel-sleiman50-1Par Ibrahim al-Amin

 Dans un discours adressé à la nation dans la soirée du 29 décembre 2013, le président Michel Sleiman a annoncé une aide saoudienne « exceptionnelle » de trois milliards de dollars destinée à l’Armée libanaise pour l’achat d’armes auprès de l’État français dans les plus brefs délais ! [*]. Il a conclu son discours par « Vive le Royaume d’Arabie saoudite, Vive le Liban » ! [Ndt]. Lire la suite Liban : Qu’es-tu en train de faire, Sleiman ?

Genève II : la carte gazière Assad/Poutine!!


U.S. Secretary of State Kerry and Russian Foreign Minister Lavrov speak, following meetings regarding Syria, at a news conference in GenevaLa Syrie a signé avec une entreprise russe « Soyuzneftegaz » un contrat de prospection pétrolière et gazière dans les eaux territoriales syriennes.

Les analystes des questions énergétiques  prévoient qu’il est possible de déceler du gaz naturel et du pétrole dans cette région, située à l’Est de la Méditerranée, a écrit, Lire la suite Genève II : la carte gazière Assad/Poutine!!

Entretien avec Roger Waters: « Les artistes doivent s’engager pour la Palestine »


Tribune libre Béatrice Doinette

Screen-shot-2013-11-14-at-12.09.47-AM-750x400« Le mur a des oreilles ; conversations pour la Palestine » parle à Roger Waters, star du Rock et fondateur du groupe mythique Pink Floyd.

LMADO: Quand avez-vous décidé de faire de « The Wall Tour » (qui a pris fin à Paris en septembre 2013) un spectacle si politique ? Et pourquoi avez-vous dédié la dernière représentation à Jean-Charles De Menezes ? Lire la suite Entretien avec Roger Waters: « Les artistes doivent s’engager pour la Palestine »

La résistance au quotidien des pécheurs de Gaza


Tribune libre Résistance

pecheur-gazaSelon un vieux proverbe, on ne manque jamais de ressources dans une ville côtière. Si on peut souvent en vérifier la justesse, il ne s’applique pourtant pas à Gaza. Ses pécheurs n’ont aucun contrôle de leurs eaux territoriales et peuvent à tout moment être privés du fruit de leur travail et de leurs bateaux. Il leur arrive même parfois d’être privés du droit de sortir en mer pour assurer leur propre subsistance. Lire la suite La résistance au quotidien des pécheurs de Gaza

Pourquoi Israël a assassiné Arafat


2012071208Il semble qu’il y ait encore beaucoup de parties qui préféreraient que la mort d’Arafat continue à être traitée comme un mystère plutôt que comme un assassinat. Il est difficile, cependant, d’éviter de tirer la conclusion logique de la découverte la semaine dernière par des scientifiques suisses que le corps du leader palestinien contenait des niveaux élevés d’un isotope radioactif, le polonium – 210. Une étude concluante et beaucoup plus limitée par une équipe russe publiée immédiatement après l’annonce suisse suggère également qu’Arafat est mort d’un empoisonnement.

Il est temps d’énoncer une évidence : Arafat a été tué. Et les soupçons tombent carrément sur Israël. Seul Israël avait les moyens, les antécédents, l’intention déclarée et le motif. Sans les empreintes digitales d’Israël sur l’arme du crime, ce sera insuffisant pour obtenir une condamnation devant une cour de justice, mais ce devrait être une preuve suffisante pour condamner Israël devant la cour de l’opinion mondiale. Israël avait accès au polonium de son réacteur nucléaire de Dimona, et il a une longue expérience dans la réalisation d’assassinats politiques, certains ostentatoires et d’autres secrets, souvent à l’aide d’agents chimiques difficiles à tracer. Plus notoirement, Israël a essayé de tuer tranquillement un autre leader palestinien, Khaled Mechaal du Hamas en Jordanie en 1997, en injectant un poison dans l’oreille. Mechaal n’a été sauvé que parce que les assassins ont été arrêtés et Israël a été forcé de fournir un antidote.

Les dirigeants israéliens se sont succédé pour nier qu’il y ait jamais eu la moindre intention maligne du côté d’Israël envers Arafat. Silvan Shalom, le ministre de l’énergie, a affirmé la semaine dernière : « Nous n’avons jamais pris la décision de lui nuire physiquement ». Shalom doit souffrir d’un trou de mémoire. Il y a plusieurs preuves qu’Israël voulait, dans l’euphémisme de cette époque, ‘’retirer’’ Arafat. En Janvier 2002, Shaul Mofaz, chef d’état-major de l’armée israélienne, a été surpris au micro chuchotant au Premier ministre israélien, Ariel Sharon, parlant d’Arafat : « Nous devons nous débarrasser de lui ». Avec le dirigeant palestinien enfermé pendant plus de deux ans dans son enceinte dévastée à Ramallah, entouré de tanks israéliens, le débat au sein du gouvernement israélien était centré sur le fait de savoir s’il devait être exilé ou tué. En Septembre 2003, alors que Shalom était ministre des Affaires étrangères, le cabinet a même émis un avertissement qu’Israël  » supprimerait cet obstacle d’une manière ou d’une autre et au moment de son choix « . Le vice-Premier ministre d’alors, Ehud Olmert, a précisé que tuer Arafat était  » une des options « . Ce qui retenait la main d’Israël, et alimentait son ton équivoque, était la vive opposition de Washington. Dans le sillage de ces menaces, Colin Powell, le secrétaire d’Etat américain, a averti qu’un mouvement contre Arafat déclencherait  » la rage partout dans le monde arabe, le monde musulman et dans de nombreuses autres parties du monde « . En Avril 2004, cependant, Sharon a déclaré qu’il n’était plus tenu par son engagement antérieur avec le président George Bush de ne pas « nuire physiquement à Arafat « . « Je suis libéré de cet engagement « , avait-t-il observé. La Maison Blanche a aussi montré un fléchissement de sa position : un porte-parole anonyme a timidement répondu que les Etats-Unis  » sont opposés à toute action de cette nature« . L’inconnu est de savoir si Israël était en mesure de mener à bien l’assassinat seul, ou s’il a eu besoin de recruter un ou plusieurs membres de l’entourage d’Arafat, qui étaient avec lui dans son QG de Ramallah, en tant que complices pour livrer le poison radioactif.

Alors qu’en est-il du mobile? Que gagne Israël à  » retirer  » Arafat ? Pour comprendre la pensée d’Israël, il faut revenir à un autre débat qui fait rage en ce moment, parmi les Palestiniens. La direction palestinienne a été scindée en deux camps, centrés sur Arafat et Mahmoud Abbas, l’héritier apparent d’Arafat. Le couple avait des stratégies nettement divergentes pour faire face à Israël. De l’avis de M. Arafat, Israël avait renié les engagements qu’il avait pris dans les accords d’Oslo. Il était donc réticent à investir de manière exclusive dans le processus de paix. Il voulait une double stratégie : maintenir les canaux ouverts pour des entretiens tout en conservant l’option de la résistance armée pour faire pression sur Israël. Pour cette raison, il a gardé une emprise personnelle serrée sur les forces de sécurité palestiniennes. Abbas, en revanche, estimait que la résistance armée était un cadeau à Israël, et délégitimait la lutte palestinienne. Il voulait se concentrer exclusivement sur ​​les négociations et le renforcement de l’État, dans l’espoir d’exercer une pression indirecte sur Israël en prouvant à la communauté internationale que les Palestiniens pouvaient inspirer la confiance avec un Etat. Sa priorité était de coopérer étroitement avec les Etats-Unis et Israël en matière de sécurité. Israël et les Etats-Unis préféraient nettement l’approche d’Abbas, forçant même Arafat pendant un certain temps à réduire son influence en nommant Abbas au poste nouvellement créé de Premier ministre.

La principale préoccupation d’Israël était que, bien qu’Arafat soit leur prisonnier, il reste une figure unificatrice pour les Palestiniens. En refusant de renoncer à la lutte armée, Arafat a réussi à contenir, un tant soit peu – les tensions croissantes entre son propre mouvement, le Fatah, et ​​son principal rival, le Hamas. Avec Arafat disparu, et le conciliant Abbas installé à sa place, ces tensions ont violemment éclaté dans la foulée, comme Israël avait certainement prévu qu’il se passerait. Qui a abouti à une scission qui a déchiré le mouvement national palestinien et a conduit à un schisme territorial entre la Cisjordanie contrôlée par le Fatah et Gaza sous la domination du Hamas. Dans la terminologie souvent utilisée par Israël, Arafat était à la tête de l ‘«infrastructure de la terreur». Mais la préférence d’Israël pour Abbas ne provient pas du respect qu’il aurait pour lui ou d’une croyance qu’il pourrait réussir à convaincre les Palestiniens d’accepter un accord de paix. Sharon a eu cette déclaration célèbre que Abbas n’était pas plus impressionnant qu’un  » poulet plumé « .

Les intérêts d’Israël en tuant Arafat sont évidents quand on considère ce qui s’est passé après sa mort. Non seulement le mouvement national palestinien s’est effondré, mais la direction palestinienne a de nouveau été ramenée dans une série de pourparlers de paix futiles, laissant à Israël le champ libre pour se concentrer sur l’accaparement des terres et la construction de colonies. Revenant sur  la question de savoir si Israël a bénéficié de la perte d’Arafat, l’analyste palestinien Mouin Rabbani observe :  » l’engagement exemplaire d’Abu Mazen [ Abbas ] vis-à-vis des accords d’Oslo au fil des années , et le maintien de la coopération sécuritaire avec Israël  contre vents et marées, n’ont-ils pas déjà répondu à cette question?  »

La stratégie d’Abbas peut être confrontée à son test ultime maintenant, alors que l’équipe de négociation palestinienne essaie une fois de plus de cajoler Israël pour la concession du strict minimum pour un Etat, au risque d’être accusée d’être responsable de l’inévitable échec des négociations. L’effort semble déjà profondément mal orienté. Alors que les négociations n’ont accordé aux palestiniens qu’une poignée de vieux prisonniers politiques, Israël a déjà annoncé, en retour, une expansion massive des colonies et la menace d’expulsion de quelque 15000 Palestiniens de leurs maisons à Jérusalem-Est. C’est indubitablement un compromis qu’Arafat aurait amèrement regretté.

Jonathan COOK

Traduction Avic

http://www.counterpunch.org/2013/11/13/why-israel-murdered-arafat/

« Egypte et Israel partenaires dans le crime » par Jonathan Cook


Tribune libre Almutanabi Jasmin

626112_des-soldats-egyptiens-deployes-a-la-frontiere-entre-la-bande-de-gaza-et-l-egypte-le-21-mai-2013L’analyse de Jonathan Cook sur le nouveau partenariat entre les régimes israélien et égyptien pour étrangler Gaza.

Après avoir décrit les conséquences dramatiques, pour la population de Gaza, du renforcement du blocus de Gaza par l’armée égyptienne, Jonathan Cook écrit ceci dans Counterpunch :

« Bien à propos, un nouveau dessin dans un journal du Hamas montrait Gaza serré entre des tenailles – une branche étant Israël, l’autre l’Égypte. Sami Abu Zuhri, porte-parole du Hamas, aurait dit récemment que l’Égypte « essayait de l’emporter sur les Israéliens en tourmentant et en affamant notre peuple ».

Le Hamas manque d’alliés dans la région. Son chef, Khaled Meshaal s’est enfui de sa base en Syrie au début de la guerre civile, ceci lui aliénant l’Iran. D’autres nouveaux alliés, tels que la Turquie et le Qatar, gardent leurs distances.

Le Hamas craint le mécontentement grandissant à Gaza, spécialement une manifestation prévue pour novembre, qui se modèle sur les protestations de masse de cet été en Égypte, qui ont contribué à faire tomber Morsi et les frères Musulmans.

Le rival politique du Hamas, le Fatah – et l’Autorité Palestinienne (AP), basés en Cisjordanie – seraient derrière le nouveau mouvement de protestation.

Les efforts prolongés du Fatah et du Hamas pour conclure un accord d’unité sont maintenant un souvenir lointain. À la fin du mois d’août, l’AP a annoncé qu’elle allait bientôt prendre des « décisions pénibles » au sujet du Hamas, ce qui semble faire allusion à une déclaration selon laquelle il deviendrait « entité voyou ». De ce fait, les fonds seraient coupés.

L’AP considère l’isolement du Hamas et ses propres relations renouvelées avec les dirigeants égyptiens comme une occasion de reprendre Gaza.

Comme toujours, Israël est loin d’être un innocent spectateur.

Après la période troublante du gouvernement des Frères Musulmans, les armées égyptiennes et israéliennes – leurs intérêts stratégiques ayant toujours été alignés – ont rétabli leur coopération de sécurité. Selon les comptes rendus des médias, Israël a même fait pression sur Washington à la suite du coup d’État de juillet, pour s’assurer que l’Égypte continue à recevoir de généreuses subventions des USA – comme c’est le cas pour Israël, sous forme d’aide militaire.

Israël a fermé les yeux quand l’Égypte a déployé en grand nombre troupes, chars et hélicoptères dans le Sinaï, en violation du traité de paix de 1979. Israël préfèrerait éliminer la menace islamiste dans leur voisinage commun.

En même temps, la destruction des tunnels a bouché la canalisation principale permettant au Hamas de s’armer contre de futures attaques israéliennes.

Israël se réjouit également de voir le Fatah et le Hamas manœuvrer l’un contre l’autre et se vider de leur énergie. L’unité politique aurait renforcé la cause des Palestiniens auprès de la communauté internationale ; tant qu’ils sont divisés, on peut les jouer l’un contre l’autre.

Ce jeu cynique bat son plein. La semaine dernière, pour la première fois depuis six ans, Israël a autorisé l’entrée à Gaza de matériaux de construction à usage privé, et aussi de combustible. Une canalisation d’eau vient d’être approuvée et doublera l’approvisionnement en eau pour Gaza.

Ces mesures sont destinées à améliorer l’image de marque de l’AP à Gaza, pour la remercier de retourner aux présentes négociations futiles, et à réduire le soutien pour le Hamas.

Du fait que l’Égypte s’associe au blocus, Israël peut maintenant contrôler plus fermement ce qui entre et sort. Il est ainsi en mesure de punir le Hamas tout en embellissant son image à l’étranger en se montrant généreux avec des gestes « humanitaires » envers la population en général.

Gaza dépend encore une fois des bonnes grâces d’Israël. Mais même les analystes israéliens admettent que la situation est loin d’être stable. Tôt ou tard, quelque chose doit lâcher. Hamas ne sera peut-être pas le seul à être pris dans la tempête. »

Source : http://www.counterpunch.org/2013/10

Traduit par Chantal C.

Syrie : une carte révélatrice


Cliquer sur la carte pour agrandir
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J’avais suggéré dans un article précédent que les vrais buts de guerre contre la Syrie étaient la Syrie elle-même. Tous les autres objectifs annoncés à grand renfort d’analyses pertinentes et souvent par les agresseurs eux-mêmes sont de la poudre aux yeux. Et pour cause. Aucun agresseur au monde, ni maintenant, ni au cours de l’Histoire, ne va attaquer l’ennemi en annonçant clairement pourquoi il le fait et comment il va s’y prendre. La Syrie serait-elle une exception dans l’Histoire de l’humanité ? Je ne le crois pas.

Aujourd’hui, la question syrienne est ramenée à quelque chose de fort simple : y aura-t-il une intervention extérieure et quelles en seront les conséquences. Tout le reste n’a plus cours. Adieu les considérations sur Al-Qaïda et la guerre contre le terrorisme. Exit le printemps arabe et la chute des ‘’dictateurs’’. Même l’Egypte, pourtant encore en pleine ébullition, rejoint dans l’oubli la révolte turque. En fait nous revenons au point de départ d’il y a deux ans et demi en Syrie, avec ses fondamentaux de base : On veut la Syrie et Bachar Al Assad doit céder la place de lui-même ou il en sera délogé.

Pourquoi ? Passons en revue toutes les raisons qu’on nous donne.

– L’Iran, d’abord. La guerre contre la Syrie serait pour priver l’Iran d’un allié. C’est ce qui nous est soufflé. Le premier souffleur est bien sûr Israël. C’est aussi Israël qui menace l’Iran. C’est toujours Israël qui fait capoter les négociations pour le nucléaire iranien, ce nucléaire militaire qui n’existe que dans les discours entretenus par les autorités israéliennes. Les embargos sont suggérés par Israël et ses alliés sont régulièrement poussés à en inventer d’autres. Pourquoi tout ça ? On sait qu’Israël peut envoyer quelques coucous déposer leurs œufs sur quelques cibles, mais pas d’envahir l’Iran. Il en est de même pour les Etats-Unis. Ils le savent, tout le monde le sait et même nous, nous le savons. Puisque nous le savons, pourquoi croyons-nous le contraire, à chaque fois que le sujet revient sur le tapis ? Mystère. Personne n’attaquera l’Iran. Le nucléaire iranien n’est pas un problème, pas plus que le nucléaire pakistanais (bien réel celui-là) qui est pourtant entre les mains de musulmans, dans un pays islamique qui grouille de talibans. La bombe iranienne n’est évoquée que pour justifier les embargos, d’une part et, d’autre part créer un ennemi artificiel pour détourner les regards. En outre, avec les embargos, on espère affaiblir le soutien que pourrait apporter l’Iran à celui qui est vraiment visé.

– L’énergie. La guerre contre la Syrie et, de manière générale, toutes les luttes dans cette partie du monde, seraient pour la maîtrise de l’énergie et le pillage des ressources. Il faut être frappé d’amnésie pour gober ça.  Il faudrait juste rappeler que l’occident a déjà fait ce qu’il fallait et les guerres qu’il fallait pour ça. Nul besoin d’autres guerres pour avoir ce qu’ils ont déjà. Non seulement leurs compagnies sont présentes partout et en bonne place, mais ce sont elles qui dictent les règles et les prix de ce qu’ils vendent et de ce qu’ils achètent via des entités qu’ils ont créées. Alors, guerre de pillage, en Syrie ? Piller quoi ? Les ressources énormes de la Méditerranée orientale ? Il n’y a pas que la Syrie qui est concernée par ces ressources qui, en passant, n’ont pas encore vu le jour.

– Les Gazoducs. La Syrie serait le passage obligé de tous les gazoducs venant du golfe. Il suffit de regarder une carte pour voir que ce n’est pas tout à fait vrai. En outre, on se rappelle que pour la guerre d’Afghanistan, il avait été soufflé que l’une de ses vraies causes serait une histoire de gazoducs. On a vu ce qu’il en était. Des analystes spécialisés dans ce domaine nous ont montré des tracés compliqués de gazoducs existants et potentiels pour acheminer l’énergie vers l’Europe. Il suffit de les regarder pour voir tout de suite que la Syrie n’est pas centrale, même si elle est importante.

– l’Axe de la résistance. C’est le dernier argument que l’on donne, mais vite évacué car la Syrie ne serait qu’un appoint à celui que l’on a défini comme ennemi : L’Iran et son prolongement armé, le Hezbollah. La boucle est bouclée. Circulez, il n’y a rien à voir. Les problèmes géopolitiques du Moyen-Orient et du monde arabe ne sont que cela, présentés, décortiqués, analysés et commentés dans tous les médias du monde.

Pour faire oublier l’essentiel.

Un problème vieux de plus de 60 ans dont il faudra bien sortir un jour. Le problème palestinien. La seule solution pour le régler apparait être, aux yeux de ceux qui organisent ce chaos, le remodelage, non plus du Grand Moyen-Orient, mais de la Syrie, la Jordanie, de la Palestine (dont Israël), et peut-être de l’Egypte. Remodelée, la région offrirait aux palestiniens une terre et Israël pourrait s’étendre jusqu’au Jourdain. Aux yeux d’Israël et de ceux qui sont derrière lui, cela se fera, Il n’y a aucun doute là-dessus. Ce qui explique que la colonisation ne s’est jamais arrêtée, et ne s’arrêtera pas. Pour eux c’est une expansion naturelle pour quelque chose d’inéluctable.

Dès lors beaucoup d’évènements s’expliquent, y compris certaines alliances contre nature. Et, par-dessus tout, le printemps arabe prend tout son sens.

En observant la carte ci-dessus, on constate que tous les navires de guerre occidentaux sont situés loin des côtes syriennes, se mettant hors de portée des missiles de l’armée syrienne. Pour leur sécurité, il fallait donc qu’il n’y ait aucun allié potentiel de la Syrie dans le secteur, et cet allié aurait très bien pu être Mouammar Kadhafi.  Il fallait éliminer ce risque. Avant de s’en prendre à la Libye, on fait dégager des amis, complices, par des pseudo-révoltes. En Tunisie, on oublie trop souvent, comme toujours, les snipers qui ont mis le feu aux poudres, et qui ont été exfiltrés très vite. Avec l’effervescence médiatisée des foules tunisiennes et égyptiennes, c’était tout le peuple arabe qui était censé se révolter contre des ‘’dictateurs’’ qui hier encore étaient considérés comme des amis et des modérés. Ca n’étonne personne que les islamistes qui ont pris le pouvoir en Tunisie soient financés par le Qatar, et que dans le même temps, la victime de ces qatari, Ben Ali, soit hébergé dans des palais des mille et une nuit au Qatar.

Une fois que la mayonnaise a bien pris dans les esprits, il pouvait donc sembler naturel que les libyens suivent cette tendance arabe en voulant se débarrasser, eux aussi, de ‘’leur dictateur’’.

Si cette hypothèse est exacte, tout ce cinéma a dû être planifié depuis très longtemps en vue de la guerre contre la Syrie. La guerre de Libye nous a été présentée comme une guerre de pillage des ressources du pays. On constate simplement que ce sont toujours les mêmes compagnies pétrolières qui sont sur place, qui continuent à faire exactement ce qu’elles faisaient avant la guerre. S’il y a eu quelques remaniements contractuels, l’essentiel n’a pas bougé. Avaient-ils besoin de piller ce qui leur était offert par négociations ? Tout le monde a constaté que Kadhafi était prêt à négocier sur tout avec l’occident et était prêt à tous les compromis, ce qui fit qu’il ne vit rien venir de la part de ceux qui, eux, suivaient un agenda très précis.

D’après ce que nous constatons aujourd’hui, dans une sorte de timing parfait, tous les évènements qui se sont déroulés dans le monde arabe ressemblent fort à une préparation de ce que va faire Obama, c’est-à-dire attaquer la Syrie. Ce que nous voyons dans la carte ci-dessus ne pouvait être possible que sans Kadhafi sur les flancs.

Avec cette hypothèse, on comprend aussi pourquoi la Libye était si importante pour Bernard Henri Lévy et Israël. Tripoli n’aurait été qu’une étape sur le chemin de Damas.

Avic

Syrie : Maintenant ou plus tard, l’intervention américaine aura lieu


bombardement-libyePendant que nous sommes encore tous sonnés par tant de mensonges, et que certains cherchent encore à prouver le false flag, l’Occident est déjà à l’étape d’après. Pour Washington Londres et Paris, la cause est entendue. Ils n’en sont plus là depuis longtemps. Ils en sont à : quand faut-il y aller. Avec ou sans les autres, ils iront finaliser cette guerre dont la décision avait déjà été prise bien avant que les ‘’décideurs’’ actuels n’arrivent au pouvoir. Ce qui prouve, s’il en était encore besoin, que ce ne sont pas eux qui décident.

Et si ce n’est pas eux qui décident, cela veut dire que tout ce suspens, c’est du bidon. Pour Obama, l’équation est simple : ou il obéit ou c’est sa fin. Il cherchera juste à se couvrir et foncera. Le fait de demander l’aval du congrès n’est qu’une couverture. Comment imaginer un Congrès dominé par les lobbies dont l’intérêt est de faire cette guerre, refuser l’aval qu’on attend de lui ? Le terrain pour leur acceptation est déjà préparé. Ils travailleront sur des documents fournis par la CIA et qui couvriront leur décision. Par la suite, tout ce petit monde, y compris Obama, pourra prétendre, comme Collin Powell, qu’ils ont été trompés.

Ils veulent la Syrie, et on a vu qu’ils étaient capable de tout faire, tout renier, jusqu’à leur honneur et même simplement leur amour-propre, pour arriver à leurs fins. Avec la Syrie, beaucoup de masques (pas tous) sont tombés. Ils sont près à trahir leur pays et leurs peuples pour la Syrie. ‘’Ils’’, ce ne sont pas seulement les dirigeants. C’est pratiquement toutes les classes politiques des pays occidentaux. Alors pourquoi la Syrie. Comme dans un jeu de billard on nous envoie inexorablement vers l’Iran. La Syrie serait un rempart pour l’Iran, disent-ils. Pour bien le prouver, un petit coup de fil à Netanyahou pour qu’il sorte son papier de son tiroir et qu’il récite les menaces habituelles (frappe, nucléaire, dangereux, sanctions contraignantes, etc…).

La Syrie, est présentée comme le menu fretin que l’on taquine avant de s’attaquer au plus gros gibier iranien. Et si c’était l’inverse ? Peut-être bien que c’est la Syrie le gros gibier, et l’Iran ne serait qu’une diversion. Si c’était le cas, ça expliquerait toute la hargne jamais vue qui s’est déversée sur ce pays depuis deux ans. Cela expliquerait aussi pourquoi Israël est intimement lié à ce qui s’y passe, malgré toutes ses tentatives pour rester invisible. En effet, une Syrie démantelée c’est la résolution du problème israélo-palestinien (israélien, surtout), avec une carte régionale redessinée.

Quoi qu’il en soit, quelles que soient les raisons qui poussent à envahir la Syrie, ce ne sont pas ces sous-fifres que sont nos dirigeants qui ont les moyens d’arrêter le processus de guerre dont ils ne sont que des exécutants. Seuls les autres puissances (la Russie, la Chine) ont, peut-être, les moyens de stopper la marche vers la guerre.

Avic

Le grand perdant des évènements égyptiens


la-libre-circulation-des-personnes-sera-desormais-possible-entre-l-egypte-et-la-bande-de-gaza-au-niveau-de-rafah-afp-said-khatibPendant que les FM égyptiens envahissent les places et les mosquées, que les militaires de Morsi répriment dans le sang et que des mercenaires du Sinaï font tout pour attirer la vindicte par des actes terroristes et tentent désespérément de se faire assimiler aux FM (ce qui est allègrement fait par certains), le monde autour continue son bonhomme de chemin, comme si cette agitation meurtrière égyptienne n’était rien d’autre … que de l’agitation.

En Syrie, il n’y a aucun impact. Pourtant, on parle bien de l’Egypte, l’un des principaux pays arabes et du Proche-Orient. On aurait pu croire que le moindre éternuement dans le pays des pharaons aurait eu des répercussions dans toute la région et dans le monde arabe. On se souvient de l’arrivée de Morsi au pouvoir. On allait voir ce qu’on allait voir, selon ce qu’il allait faire ou dire. Il n’a eu aucun effet sur la Syrie. Les choses se passaient ailleurs, avec d’autres protagonistes. La situation à Gaza et en Palestine n’a pas bougé d’un iota.  Morsi a été une parenthèse.

Nous voilà revenu à la case départ, mais avec un maximum de bruits, trop de bruit, pourrait-on dire, savamment orchestré, semble-t-il. Qu’est-ce qui change avec cette nouvelle situation ? Pour la Syrie, rien. Bachar Al Assad continue son combat, appuyé par les mêmes alliés, contre les mêmes mercenaires avec leurs ‘’Allah Akbar’’ pour les vidéos, eux-mêmes avec leurs mêmes appuis à peine remaniés mais avec les mêmes commanditaires. Pour l’Iran, rien de changé, non plus, malgré un changement de président. Pour l’ensemble des monarchies du Golfe, seul le chéquier a changé de mains. Mais ça c’était déjà là un peu avant ce qui se passe aujourd’hui en Egypte.

Puisque rien n’a changé ou presque, à quoi rime tout ce boucan autour d’un général encore inconnu il y a un mois et des frères musulmans que l’on fait mine de découvrir (après Caroline Fourest et BHL) alors qu’ils sont là depuis près d’un siècle ? Diversion ou manipulation ? Il n’y a jamais de boucan médiatique gratuit, surtout dans cette partie du monde. Et l’on constate que si les évènements n’ont aucune conséquence sur la région, le tapage, lui, en a.

Tout tend à donner une confirmation à une campagne qui a commencé il y a longtemps, campagne axée sur le ‘’danger islamiste’’. Qu’ils soient armés de bombes, de ceintures d’explosifs, de fatwas meurtrières et souvent biscornues, de désirs soudains de charia, ils ont tout fait pour nous montrer de quoi ils étaient capables. Qui, en dehors de ceux qui l’organisent, ne dénoncerait pas cette barbarie ? En la condamnant les manipulateurs s’arrangent pour que cette condamnation déborde sur tous ceux qui, de près ou de loin ont un rapport quelconque avec ces gens. Même pays, même race, même religion, etc… tout en prenant soin de dire qu’il ne faut pas faire d’amalgame.

Et, effectivement, chez ces manipulateurs, il n’y a pas d’amalgame. Ce ne sont pas les musulmans qui sont vraiment visés. Il n’est même pas sûr que l’Islam, en tant que religion soit en cause. A-t-on jamais entendu parler des religions de l’Emir du Qatar ou du Roi Abdallah d’Arabie, pourtant gardien des lieux saints musulmans ? A-t-on vu mentionner une seule fois dans les médias la religion de Mahmoud Abbas ? On pourrait presque penser, d’après les portraits que l’on nous en fait, qu’ils sont laïcs ou même athées. A croire aussi qu’il y a des palestiniens non musulmans (les gentils, quoique un peu turbulents parfois), ceux de Cisjordanie, et les islamistes de Gaza, qui sont gouvernés par de méchants islamistes parce que frères musulmans. Il se trouve que la résistance palestinienne se trouve principalement à Gaza, même si elle a pu souvent servir de prétexte et même d’outil pour les desseins d’Israël. Voici donc le Hamas redevenu islamiste parce que frère musulman. Si les problèmes égyptiens se répandaient jusqu’à Gaza, les gazaouis auront du souci à se faire. Ils seront tous assimilés à des islamistes, donc terroristes. N’est-ce pas ce qu’a toujours martelé Israël depuis des années, en chœur avec nos salonards de Paris ?

Pendant ce temps, John Kerry organise les négociations israélo-palestiniennes, comme si rien ne se passait à côté. Négocier quoi au juste ? Personne au monde ne croit en ces négociations, ni même ne voit sur quoi elles peuvent porter. On voit juste que cette mise en scène coïncide avec les évènements égyptiens qui comportent eux-mêmes plusieurs volets synchronisés, le tout dans une sorte de symphonie moyen-orientale dans laquelle la Palestine et les palestiniens tiennent une place centrale. Si le Hamas paie les pots cassés de la révolte égyptienne, que deviendra Gaza ? Quel lièvre John Kerry nous sortira-t-il alors de son chapeau pour faire avancer les choses ?

Si nous n’attendons rien des négociations, nous savons aussi que Kerry ne fait pas tous ces va-et-vient juste pour faire du tourisme. Tous ces millions et toutes ces énergies ne sont pas dépensés pour le plaisir, sans compter tout le temps consacré aux diverses rencontres. Il y a bien des recherches de solutions, mais toujours avec Israël comme centre de toute solution. Le remodelage du grand Moyen-Orient, avec toutes ses aventures guerrières mortelles, en fait certainement partie. Ne cherche-t-on pas à reproduire le vieux slogan : ‘’Une terre sans peuple pour un peuple sans terre’’, mais cette fois à l’envers ? Le peuple sans terre serait, cette fois, les palestiniens. La terre sans peuple pourrait être le Sinaï, à défaut de ne pouvoir être une partie de la Syrie remodelée. Cela a marché une fois, pourquoi pas une deuxième fois ?

En attendant, quels que soient les projets et objectifs des acteurs de la région, il y en a un qui doit se sentir mal à l’aise dans ses souliers, le Hamas. D’un côté, il perd un soutien de poids par la disparition des FM en Egypte, et de l’autre, il se retrouve à nouveau assimilé de facto à des terroristes actifs purs et durs du style de ceux qui sévissent en Syrie. Et pour bien l’étayer, on va rappeler les aventures de Khaled Mechaal. Le brouillage cacophonique fera le reste. Et les gazaouis dans tout ça ? Nous ne devrions pas tarder à savoir ce qu’on leur réserve. N’est-ce pas Mister Kerry ?

Avic

John Kerry devrait être traité pour ce qu’il est : un escroc ! Robert Fisk


Kerry n’est pas simplement de leur côté. Il va tout faire pour la « paix » aux conditions du gouvernement israélien.

JKerry_IsraelJohn Kerry n’a-t-il pas de honte ? D’abord, il câline les Palestiniens et les Israéliens jusqu’à pouvoir annoncer la reprise d’un « processus de paix » auquel les Palestiniens n’accordent aucune confiance et dont les Israéliens ne veulent pas. Alors qu’Israël annonce qu’il va construire 1200 nouveaux logements pour les Juifs – et les Juifs seulement – sur la terre palestinienne occupée, Kerry explique maintenant aux Palestiniens – ceux qui sont occupés et en position de faiblesse – que le temps jouent contre eux s’ils veulent un État à eux.

Toute autre « homme d’État » impliqué dans tout autre conflit, qui dirait à un peuple occupé que s’il ne fait pas la paix avec ses occupants, il se ferait encore voler encore plus de sa terre, serait considéré comme un paria, un escroc, un criminel. Mais non. John Kerry annonce que les colonies juives illégales – ou « implantations » comme il aime à les appeler et comme le fait la presse complaisante avec Israël – sont « illégitimes ». Je crois qu’il voulait dire dans sa tête « illégales ». Mais ce n’est pas grave. Au cours des 10 premières années du « processus » d’Oslo, le nombre d’Israéliens installés sur des terres volées aux Palestiniens a doublé pour atteindre 400 000. Pas étonnant que Kerry murmura à propos de la dernière annonce de vols de terres par Israël, que c’était « dans une certaine mesure [sic] prévu ».

Bien sûr que ça l’était ! Israël a pris le dessus sur les trouillardes administrations américaines depuis des décennies, ignorant l’embarras de Washington qui se tortille à chaque fois qu’Israël s’accapare des terres sur les propriétés d’autrui. Les accords d’Oslo, rappelez-vous, prévoyaient une période de cinq ans durant laquelle les Israéliens et Palestiniens s’abstiendraient de prendre « toutes les mesures unilatérales qui pourraient préjuger du résultat des négociations ». Israël a tout simplement ignoré cela. Comme il le fait toujours. Et qu’est-ce que Kerry conseille aux Palestiniens ? Qu’ils ne devraient pas « réagir négativement » !

C’est absurde. Kerry doit savoir – comme l’ONU et l’UE le savent – qu’il n’y a pas la moindre chance d’une « Palestine » existant comme un État, parce que les Israéliens ont déjà volé trop de terres en Cisjordanie. Quiconque se promène dans les territoires occupés se rend compte à la fois (sauf si on est politiquement aveugle) qu’il y a autant de chance de construire un État en Cisjordanie – dont la carte des colonies et des zones non colonisées ressemble au pare-brise fracassé d’une voiture – que de voir le retour de l’Empire ottoman.

Et Kerry ? C’est un homme dont chaque déclaration doit être affublée su mot « sic ». Prenez, par exemple : « Nous savions [sic] qu’il y allait y avoir une poursuite de certaines [sic] constructions [sic] dans certains endroits [sic], et je pense que les Palestiniens comprennent cela. » Je suppose qu’il doit y avoir un « sic » après « comprennent » aussi. Et puis Kerry nous dit que « cela » – il parle du vol des terres – « souligne, en fait [sic nouveau], l’importance de se rendre à la table [des négociations] … rapidement ». En d’autres termes, faites dès aujourd’hui ce qu’on vous dit, ou nous allons laisser les Israéliens vous arracher encore plus de terres. Dans le monde normal, cela s’appelle du chantage…

Puis vint le mensonge ultime : que la « question des colonies » sera « mieux résolue en résolvant le problème de la sécurité et des frontières ». Une profonde idiotie ! Les colonies – ou établissements, comme Kerry qualifient ces vols – ne sont pas décidées par Israël en raison de la « sécurité » ou des « frontières », mais parce que la droite israélienne, qui continue de dominer l’administration Netanyahu, veut la terre pour elle-même . Certains Israéliens ne sont pas de cet avis. Ils voient la bassesse de ces vols de terres et les condamnent. Ils méritent la paix et la sécurité que le monde leur souhaite, mais ils ne l’obtiendront pas avec la colonisation, et ils le savent.

Et Kerry n’est pas de leur côté. Il va tout faire pour la « paix » aux conditions du gouvernement israélien. Et les Palestiniens – « mis en cage, enfermés » – ont appris à se taire et à prendre ce qu’on voulait bien leur laisser. Et ils recevront quelques petits morceaux. Vingt-six prisonniers âgés seront remis aujourd’hui en liberté. Des miettes pour Abbas et ses joyeux drilles. Mais plus de colonies pour Israël, un pays qui n’a pas encore dit à John Kerry – ni à nous – où se trouvait sa frontière orientale. Sur l’ancienne « ligne verte »de 1967 ? Le long de « la ligne » de colonies à l’est de Jérusalem ? Ou le fleuve Jourdain ? Mais pour Kerry, c’est « vite, vite, vite ». Réservez vos places dès maintenant, ou ce sera bientôt à guichets fermés. Quel est le prix pour une « Palestine » ?

* Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

 The Independent – Vous pouvez consulter cet article à : http://www.independent.co.uk/voices…

Traduction : Info-Palestine.eu

Le Sinaï : Base américaine ?


Tribune libre Byblos

sinai-desert-mapLes discussions vont bon train dans les centres d’études US, les séminaires et ateliers sur le Sinaï et son importance stratégique. Certains chercheurs en arrivent à deux équations possibles qui se résumeraient à dire que la sécurité d’Israël dépend du Sinaï non du Golan syrien, et que la sécurité des gazoducs et oléoducs dépend du SinaÏ non de Homs en Syrie. D’autres planchent sur l’importance stratégique comparée entre Al-Qusayr en Syrie et le Sinaï en Égypte et, tenant compte des frontières terrestres et maritimes des deux pays, en arrivent à dire que le Sinaï est stratégiquement plus important que la Syrie.

Habituellement, une telle focalisation des centres de recherche sur un sujet donné n’est pas sans finalité et ne consiste pas à se contenter d’échanger les points de vue, réagir, ou exagérer un événement sécuritaire ou politique ; d’autant plus que les organisateurs de ces workshops sont aussi les décideurs en la matière.

Les diverses études ainsi menées donnent pléthore d’informations importantes sur le Sinaï, l’accent étant particulièrement porté sur sa géographie offrant à la fois des zones côtières, des zones montagneuses, et de vastes zones désertiques vides de population répondant, par conséquent, aux conditions requises par le Pentagone pour l’établissement de bases militaires fixes.

En effet, un demi-million d’habitants répartis sur 60 000 kilomètres font que la superficie de cette région est trente fois supérieure à celle de Gaza alors que son peuplement est quatre fois inférieur. Autrement dit, le Sinaï est cent vingt fois moins densément peuplé que Gaza alors que sa superficie est égale à trois fois celle de toute la Palestine, à six fois celle du Liban ou des territoires occupés en 1967 et en 1948.

Par ailleurs, le Sinaï est traversé de gazoducs, actuellement en service, transportant le gaz égyptien vers la Jordanie via la Palestine et pourrait recevoir les gazoducs partant des Pays du Golfe vers la Méditerranée.

Géographiquement, le Sinaï tient les deux rives du golfe d’Aqaba faisant face au tiers de la côte saoudienne sur la mer Rouge et au détroit de Bab el Mandeb, débouché maritime des pays du Golfe vers les côtes du Yémen, de la Somalie, du Soudan, de l’Érythrée et de l’Éthiopie. Adjacent à l’une des deux rives du Canal de Suez, il tient aussi la Méditerranée, s’ouvre en profondeur sur l’Egypte par terre et par mer, et côtoie la Jordanie, Gaza et le Néguev. Autant d’atouts pour servir de base à des porte-avions, des missiles de croisière Cruise, des antimissiles Patriot, des stations de radars géants, des stations d’écoute et de communications par satellites, et aussi de base pour des forces terrestres états-uniennes qui pourraient atteindre les cent milles soldats avec la garantie de toujours rester complètement à l’écart de la population locale.

D’autres études se sont concentrées sur l’Histoire en remontant jusqu’à Abraham pour dire que le Sinaï est le berceau des civilisations et des religions. S’appuyant, entre autres, sur l’ouvrage de Kamal Salibi, elles rappellent que la Torah est née de la péninsule arabique et que les premiers fidèles du judaïsme, du christianisme et de l’islam y ont évolué, sans oublier la dynastie monothéiste des Hyxos qui les a précédés et a gouverné l’Égypte et les Bilad al-Cham [les Pays du Levant].

Il est improbable que ces études soient l’objet d’un tel regain d’intérêt au moment même où les équations régionales calculées et imposées par les États-Unis risquent de s’inverser vu la très rapide évolution de la situation égyptienne et le non effondrement de M. Bachar al-Assad et des piliers des institutions syriennes. Non, ces études remises à l’ordre du jour ne peuvent être fortuites, d’autant plus que les États-Unis sont sur le point d’adopter une nouvelle équation fondée sur moins de dispersion de leurs forces et un repli stratégique vers une nouvelle base plus lourde axée sur l’Asie et l’Afrique, avant de s’aventurer par un redéploiement sur les mers et océans.

En revanche il est plus que probable que les Services de sécurité et la politique des USA vont désormais concentrer leurs efforts sur le Sinaï. Cela pourra prendre des mois et même des années au cours desquelles ils testeront plusieurs options. Parmi ces options, transformer cette zone en refuge pour les différents réseaux d’Al-Qaïda sur lesquels les drones US pourraient continuer leur besogne, ou la transformer en refuge pour les Frères Musulmans ; lesquels, forts de leur continuité géographique avec leurs autres Frères à Gaza leur permettraient de lancer une guerre ouverte contre le chaos dans toute l’Égypte. Une autre option plus facilement réalisable serait d’exploiter toutes ces entrées ouvertes au chaos dont des opérations fabriquées prétendument menaçantes pour Israël, notamment pour Eilat si proche, pour justifier leur mainmise directe sur le Sinaï au moyen de bases militaires gigantesques qui deviendraient le plus important porte avion US du monde.

Cette mainmise des États-Unis sur le Sinaï semble être devenue l’objectif stratégique du moment. À partir de là, il sera possible de compenser la perte des richesses pétrolières et gazières due à leur échec en Syrie. À partir de là, la sécurité d’Israël sera sous leur garde directe ainsi que celle de l’Asie, de l’Afrique et des pays du Golfe qui ne pourra pas échapper à leur vigilance. Ainsi, les États-Unis pourront dire qu’ils sont redéployés mais non vaincus !

Les yeux US sont braqués sur le Sinaï. Faisons-en autant, surtout les Égyptiens et leur Armée, maintenant que la mainmise sur le Sinaï risque de menacer la souveraineté de L’Égypte, laquelle souveraineté exige de se libérer des contraintes unilatérales imposées par « les accords de Camp David ».

Nasser Kandil

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Article original : Top News
http://www.topnews-nasserkandil.com/topnews/share.php ?art_id=2106

Monsieur Nasser Kandil est libanais, ancien député et directeur de Top News-nasser-kandil

Israël traîne le monde dans la gadoue


Tribune libre SAID

PALESTINE_2Les Palestiniens sont sans doute partis à Washington sans se faire trop d’illusions. Cependant, après la nouvelle provocation d’Israël, la question est inévitable. D’aucuns se demandent en fait, pourquoi l’Autorité palestinienne a-t-elle accepté de revenir s’asseoir autour d’une table avec les Israéliens – après trois années de boycott – alors que les choses n’ont pas évolué d’un iota? La question est également pertinente si l’on excipe du fait qu’Israël (les dirigeants israéliens) n’a jamais caché qu’il n’était pas prêt à céder sur aucun des principaux points qui configurent le contentieux israélo-palestinien: les frontières, la colonisation et les constructions de logements, le retour des réfugiés.

Depuis l’accord d’Oslo de 1993 – qui s’est avéré être un accord de dupes – les négociations entre Israël et les Palestiniens ont eu pour seule finalité, non point d’assurer la paix et la concorde entre deux peuples, mais de faire gagner du temps à l’Etat hébreu. Cela se vérifie encore par une reprise à tout le moins aventureuse de négociations solidement coincées dans l’impasse où les ont égarées les oukases israéliens. Israël qui n’accepte de conseils de personne ne manque pas en revanche d’imposer son diktat à ses «amis» ou présumés ennemis.

Pour dire que la reprise des négociations israélo-palestiniennes sont déjà mortes avant même que d’être amorcées. Le coup de grâce a été donné, dimanche dernier, par le ministre israélien du Logement, l’ultranationaliste religieux Uri Ariel. En marge de l’annonce faite le même jour de la publication d’un appel d’offres pour la construction d’un millier de logements dans les colonies en territoires palestiniens occupés celui-ci a dit – allusion aux critiques internationales considérant illégales la colonisation -«aucun pays au monde n’accepte de diktats d’autres pays sur les endroits où il peut construire ou pas» ajoutant «nous allons continuer de mettre des appartements sur le marché et de construire partout dans le pays». Quel pays? Israël? Les territoires palestiniens occupés sont-ils le «pays» auquel il se réfère? Si c’est le cas, à quoi rimerait alors le cirque de la reprise de «négociations» annoncées en grande pompe, alors que celles-ci n’ont pas bougé depuis 20 ans?

Les déclarations du ministre israélien et l’annonce de l’appel d’offres interviennent à quarante-huit heures du retour à Washington des négociateurs palestiniens et israéliens. Si ces développements ont pour but de faire capoter les négociations, voire provoquer leur rupture de la part des Palestiniens, alors que font ces derniers dans la capitale US? Qu’en disent les parrains américains du processus de paix, qui n’ont pas réagi à la nouvelle provocation israélienne? Et ce n’est pas la première fois que cela a lieu. Il y a deux ans, Israël avait lancé un appel d’offres à la construction de logements à Jérusalem-Est occupée en pleine visite du vice-président états-uniens, Joe Biden.

Le fait est établi, Israël ne respecte personne, pas même le pays qui le porte à bout de bras, lui assure l’impunité au Conseil de sécurité de l’ONU par ses veto et par une aide financière qui se chiffre en milliards de dollars. Que dit l’ONU qui s’est défaussé de sa mission qui reste celle d’aider les peuples sous le joug colonial à recouvrer leurs droits? Que dit le Quartette pour le Proche-Orient, qui s’est surtout signalé par un mutisme coupable, se dérobant à ses responsabilités envers la paix au Proche-Orient? Que dit ladite «communauté internationale» encore une fois tétanisée par la peur de dire ses vérités à Israël fomentateur de guerre au Moyen-Orient?

Au début de ce mois, à la reprise des discussions entre Israël et les Palestiniens, nous écrivions sur ces mêmes colonnes: «Qui peut ignorer ou feindre ignorer les tenants et aboutissants d’un dossier qui interpelle les instances internationales depuis plus de six décennies? Comment croire, qui croira que les retrouvailles, entre Palestiniens et Israéliens travaillés au forceps par le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, aboutiront à plus ou moins long terme – forçons-nous à l’optimisme – à quelque chose de concret?» Nous ne croyons pas si bien dire. L’appel d’offres d’Israël pour de nouvelles constructions à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupées, montre en fait le mépris que ce pays affiche envers, outre son parrain américain, l’ONU et ladite «communauté internationale» lesquels ont démissionné face à l’arrogance de l’Etat hébreu, car assuré de l’impunité. En effet, qui osera mettre Israël face à ses devoirs et responsabilités? Impuissante face à Israël, ladite «communauté internationale» se rattrape en gonflant le torse face à l’Iran! Hélas!!

Karim MOHSEN

http://lexpressiondz.com

Négociations israélo-palestiniennes ? Pourquoi faire ?


608124-president-autorite-palestinienne-mahmoud-abbasIl y a des cycles comme ça, incontournables. Les jeux olympiques, les jeux d’hiver, la coupe du monde de Football… Et aussi les négociations de paix israélo-palestiniennes. Régulièrement, on les remet sur le tapis, au rythme des présidents américains. C’est leur chasse gardée, leur prérogative absolue. Il ne peut y avoir négociations qu’avec et par l’intermédiaire d’un président américain. Et chaque président se doit d’avoir ses négociations à lui. Ce n’est pas seulement une question de prestige, c’est presque un devoir sacré devenu routine. S’il y a deux choses qu’un président américain doit avoir fait avant de se retirer c’est d’avoir bombardé au moins un pays et avoir fait dialoguer israéliens et palestiniens. Le dialogue terminé, il peut partir l’âme en paix, à défaut de l’avoir obtenue entre les deux protagonistes. Son successeur reprendra tout à zéro quand son tour sera venu, et le cycle recommence.

Ils sont donc toujours trois à participer à ces négociations dites de paix. Ils sont aussi trois à savoir qu’elles ne mèneront à rien. Ils savent que c’est du cinéma, mais ils joueront leurs rôles le plus sérieusement du monde. Ils le feront parce qu’il y a tout de même des enjeux, même s’ils sont très éloignés des objectifs avoués. Après la mascarade des pourparlers, tous en sortiront gagnants, mais la Palestine restera toujours occupée, Gaza sera toujours bombardée avant chaque investiture présidentielle américaine, et les colonies continueront à se développer, pendant que l’Europe enverra Mme Ashton à Tel-Aviv pour demander quelle est la conduite à tenir à chaque évènement concernant la région.

Que gagneront nos trois larrons ?

Obama a déjà été payé. Il a à rembourser une grosse dette qui, par ses faits de guerre, s’est alourdie au point de ressembler à la dette américaine. Cette dette c’est ce prix Nobel de la paix qu’on lui a octroyé à peine élu. Un beau piège, finalement. Un président américain a toujours une guerre en cours ou en prévision ici ou là. Lui coller un prix Nobel de la paix, c’est lui lier les mains, l’empêcher de faire son job de président des Etats-Unis. Obama a quand même fait son boulot comme si de rien était. Mais pour que ce prix Nobel encombrant ne devienne pas une imposture historique, l’étape obligée du ‘’processus de paix’’ israélo-palestinien tombe à pic. Pour les vieillards d’Oslo, une rencontre entre un dirigeant palestinien et un dirigeant israélien vaut, à elle seule, au minimum dix prix Nobel. Obama sera donc cet homme de paix qui réussira à arracher, au forceps, la promesse (seulement la promesse) à Netanyahou de ne pas construire plus de 100 logements supplémentaires en territoire palestinien d’ici Décembre.

Netanyahou, par la seule tenue des négociations, a déjà gagné. Un faucon cherche-t-il à dialoguer ? Un belliqueux va-t’en guerre discute-t-il avec l’ennemi ? Voilà déjà de quoi édulcorer, sinon changer, son image. De plus, il connait par cœur ce que veulent ceux d’en face. Il lui suffit, pour bloquer les négociations dès les premières minutes, d’arriver avec des propositions qu’ils ne peuvent ni personnellement, ni politiquement accepter. A supposer que Netanyahou ait vraiment envie de mener de vrais négociations en vue de la paix (ce qui serait quand même  étonnant), il n’a aucun moyen, ni lui, ni aucun homme politique aujourd’hui en Israël, d’accéder aux demandes du peuple palestinien pourtant simples. Citons-en deux. Disparition de ces enclaves que sont les colonies qui font ressembler la Palestine à du gruyère.  Techniquement Netanyahou n’a pas les moyens de s’y attaquer, et économiquement Israël n’a pas la capacité de le supporter. L’autre exemple concerne le retour des réfugiés ou leurs descendants. L’accepter signifie, dans un premier temps, dire adieu à la notion d’état juif et, dans un deuxième temps, la mort du sionisme dans cette partie du monde. Ce que les promoteurs du sionisme, dans leurs bureaux à New-York ou Londres, n’accepteront jamais.

Et justement, ces promoteurs qui sont les principaux intéressés par ces négociations, y sont absents. Physiquement seulement. Mais leur ombre est omniprésente. Si Netanyahou joue bien son rôle, son avenir politique sera assuré, et les dollars pleuvront sur Israël.

Et Mahmoud Abbas ? Puisqu’il est dit qu’il y aura dialogue, il faudra un interlocuteur. Ce sera donc lui. Il n’est là d’ailleurs que pour être interlocuteur en cas de besoin. Après les pourparlers, on le rangera au placard en attendant la future séance. Aucune de ses revendications n’aboutira et il le sait, il connait trop son monde. Il sait aussi que son protagoniste va essayer de le tourner en bourrique. Mais qu’à cela ne tienne. Ces pourparlers, malgré tout, assoiront un peu plus l’image de la Palestine du point de vue diplomatique et politique. C’est peu et beaucoup à la fois. Pour lui et son parti, ces négociations renforceront encore un peu plus une légitimation de représentants du peuple palestinien qui ne repose sur rien.  Les pourparlers pourront même repousser d’éventuelles élections aux calendes grecques. Là aussi, il est primordial de bien jouer son rôle, sans couacs. Si tout se passe bien, c’est, comme pour Israël, une pluie de dollars et aussi d’euros qui pleuvra sur la Palestine. Par ces euros, les européens auront l’impression d’avoir participé et d’avoir encouragé la paix, tout en satisfaisant leurs grands sentiments humains mis à mal par les raids israéliens sur Gaza.

Puisque seule la cause palestinienne (comme d’habitude) n’y gagne rien, pourquoi avoir entamé les négociations si tard ? Pour Obama, ça n’a pas dû être simple. Les printemps arabes qui n’en finissent pas, les positions russes et chinoises qui compliquent l’équation, l’attentat de Benghazi et, surtout, ce maudit Bachar Al Assad qui a tout fait capoter. S’il était parti tout de suite, comme cela avait été prévu, les choses auraient été plus faciles. On y aurait vu beaucoup plus clair dans le nouveau paysage qui se serait dessiné. Il aurait même été possible de trouver des solutions qui satisfassent tout le monde : Israël, les palestiniens, les colons et même les réfugiés. Mais avec l’entêtement des russes et des chinois, deux ans après Assad est toujours là, malgré les rappels incessants de ‘’Bachar Al Assad doit partir’’. Deux ans de perdus. On ne peut plus attendre. Il faut s’entendre avec les russes, peut-être même les iraniens  (horreur !), car le temps passe vite. Une négociation à minima vaut mieux que pas de négociation du tout.

Il ne sera pas dit que Barak Hussein Obama, prix Nobel de la Paix, n’aura pas rajouté son nom dans la longue liste des négociateurs de paix au Proche Orient.

Avic

L’«antisémitisme», cette arme de destruction massive


Tribune libre Djerrad Amar

262603691_640Suite à l’article sur la sénatrice menacée de mort d’Amine Sadek, j’ai été attiré par un commentaire signé «Danielle Bleitrach qui dit cela : «Le paradoxe est que l’auteur de cet article est tellement antisémite qu’il ne mesure pas que ce sont « les cousins » juifs et arabes qui sont visés par cette conne et son refus de l’abattage halal et casher avec en prime le Mossad et BHL pour donner du corps au complotisme ordinaire…»

Et voilà qu’une sociologue drapée de communisme, juive athée dit-elle, s’y met de la partie de façon pour le moins assez singulière. Il faut qu’elle ait du temps pour se permettre de guetter le moindre mot, la moindre phrase, la moindre allusion pour pointer l’arme «antisémite» comme ne cessent de le faire les sionistes et Israël dont elle dit, par ailleurs, qu’«il faut en finir» avec eux, selon un de ses écrits (qui lui a valu des menaces, semble-t-il). Cela ne peut être du hasard. Ah ! ce sionisme que l’on invoque partout ! Ah ! cet antisémitisme que l’on crie sur tous les toits, ce prétexte par lequel le sionisme avance ! Elle doit être bien disponible, notre Danielle, pour contrer les antisémites qu’elle semble voir partout, y compris chez Soral et Dieudonné, mais aussi chez le scientifique belge Jean Bricmont. A trop épier les autres pour déceler en eux de «l’antisémitisme» on risque de perdre ses autres convictions et ses adeptes surtout sur la question palestinienne et sioniste.

Le monde sait, et elle le sait, que ce prétexte «antisémite» est devenu une arme pour menacer et faire chanter tous ceux qui n’entrent pas dans la doxa impérialo-sioniste (les écrivains, les journalistes, les penseurs, les artistes et les hommes politiques pro palestiniens ou antisionistes). On ne comprend pas, dès lors, qu’elle use du même moyen abject, perverti en tactique funeste de manipulation, pour attenter aux libertés d’écrire et de penser. Le monde sait que c’est le lobby sioniste mondial qui a imposé à l’Occident des lois, non pas pour des raisons morales ou humanistes, mais pour des intérêts matériels, de clans et pour Israël ! Elle reconnaît elle-même que le lobby juif aux Etats-Unis (Aipac) et en France (le Crif) exploite très ouvertement la question de la Shoa. Les suivre dans cette démarche, par l’antisémitisme, c’est partager sinon approuver leurs thèses. Le sionisme s’est développé sous la pression de l’antisémitisme qu’encouragent les sionistes. C’est à notre sens paradoxal d’user et d’abuser de «l’antisémitisme», arme privilégiée des sionistes, et se déclarer contre eux et leur idéologie.

Pour notre part, on ne voit pas de haine (ou d’antisémitisme) dans le travail de cette sénatrice, Sylvie Goy-Chavent, dont le projet paraît sensé. En effet, les consommateurs ont bien le droit de savoir ce qu’ils mangent et comment les animaux sont abattus avant d’arriver dans les boucheries (viande halal ou casher avec ou sans «étourdissement») ? Il y aurait des tromperies dans ce secteur. Ce projet devait mettre fin à cela et le consommateur serait bien avisé désormais pour faire son choix selon ses convictions. C’est cette transparence qui lui vaut d’être menacée de mort. Dans sa plainte au président Hollande il est précisé aussi cela : «…Parlementaires de gauche comme de droite et moi-même réfléchissons également à la possibilité d’étiqueter les produits issus des colonies israéliennes en Cisjordanie, ces produits étant le plus souvent commercialisés en France avec la mention « Made in Israël »». On devine donc bien les milieux qui sont derrière ces menaces par les réactions venant majoritairement des juifs, surtout proches de «l’extrême droite israélienne», et par les messages internet qui appellent le «gouvernement israélien à mener des attaques contre la France», selon la plaignante.

Etrangement, notre sociologue n’a pas vu cela dans cet article et dans la plainte de Sylvie qui devrait être félicitée. Elle n’a vu que «l’antisémitisme» présumé de l’auteur qui est… arabe (bref, passons) et une attaque, par cette «conne» de sénatrice des «juifs et des Arabes» avec «son refus de l’abattage hallal et casher» ; chose impossible à faire à notre sens ! Elle semble bien dans l’obsession. On y décèle aussi de la manipulation. Dans un de ses écrits, elle a dénoncé ce qu’elle a appelé «errances antisémites» de Jean Bricmont, ce physicien et essayiste belge – à qui elle a reproché de ne voir que par le «prisme des juifs» – parce qu’il avait «commis» un texte dans lequel il disait «il faut libérer l’Occident de sa crainte d’être accusé d’antisémitisme». Ou encore, parce qu’il avait dit que la politique des États-Unis «est impérialiste parce que menée par les juifs en sous-main», elle a vite considéré ses propos d’«antisémite» en expliquant qu’il fallait attribuer l’impérialisme à une «position de classe» et non de «race», alors que «être juif» n’est pas une désignation de race. La réalité est qu’il y a une conjonction entre l’impérialisme et le sionisme qui est une idéologie colonialiste, expansionniste, hégémonique et raciste. C’est parce que le «sionisme» est doté de structures ramifiées dans le monde, et particulièrement aux États-Unis, – qui lui permettent de se développer, d’avancer, d’infiltrer, de faire pression, d’influer, pour conquérir et dominer – avec un budget colossal et qu’il est le fait exclusif de la catégorie juive, riche, influente qui domine les principaux leviers de l’économie mondiale, qu’il est maintenant impossible de le dissocier de l’impérialisme dont il a adopté la doctrine politique de conquête et de formation d’un empire. L’impérialisme, lui, n’a pas pignon sur rue. L’idéologie sioniste et la doctrine impérialiste sont interdépendantes. Le sionisme sert d’instrument à l’impérialisme lequel revivifie le sionisme. Bricmont nous semble donc dans le vrai.

Tout ceci pour dire qu’à trop chercher à ne voir que des défauts et des travers dans l’attitude et les paroles des gens, que vis-à-vis des juifs on finit par tomber dans l’absurdité et la déchéance. Et à trop minimiser de l’influence des sionistes et des juifs dans les affaires du monde, des gouvernements occidentaux, surtout américains, c’est tromper les gens en voulant leur cacher la réalité qu’ils vivent au jour le jour et qui constatent avec amertume leur droit naturel d’expression mit «sous conditions» sans pouvoir émettre une critique au risque de se voir poursuivi et sanctionné pour «antisémitisme» voire risquer le « bannissement » pour le restant de sa vie ; à moins de s’exiler.

Amar Djerrad 

http://www.algeriepatriotique.com/article/une-senatrice-menacee-de-mort-par-le-lobby-de-bernard-henri-levy-demande-la-protection-du-pr
– «Il faut en finir avec l’Etat d’Israël et le sionisme». http://www.legrandsoir.info/Il-faut-en-finir-avec-l-Etat-d.html
– Entretien avec Sylvie Goy-Chavent, sénatrice : http://www.youtube.com/watch?v=ypIdEgIsmuw

Le loup, l’agneau et le tiers – par Uri Avnery


2013628172937_samaa_tvQuand vous avez un conflit entre deux parties, la façon de le résoudre est claire : mettez-les dans la même pièce, laissez-les venir à bout de leurs différences et ils en sortent avec une solution raisonnable et acceptable pour tous les deux.

Par exemple, un conflit entre un loup et un agneau. Mettez-les dans la même pièce, laissez-les venir à bout de leurs différences et ils en sortent avec …

Hé, attendez une minute. Le loup en sort. Mais où est passé l’agneau?

Si vous avez un conflit entre deux parties telles qu’un loup et un agneau, vous devez disposer d’un tiers dans la chambre, juste pour s’assurer que la Partie 1 ne va pas prendre la Partie 2 pour son dîner, au cours des négociations.

L’équilibre des forces entre Israël et l’Autorité palestinienne est comme celle entre un loup et un agneau. Dans presque tous les domaines – économique, militaire, politique – Israël dispose d’un vaste avantage.

C’est une réalité. Il appartient à la tierce partie de la rééquilibrer en quelque sorte.

Peut-elle le faire ? Le fera-t-elle ?

J’ai toujours aimé John Kerry. Il dégage un air d’honnêteté, de sincérité, qui semble réel. Ses efforts obstinés forcent le respect. L’annonce cette semaine qu’il a enfin fini par atteindre ne serait-ce même que la première étape des négociations entre les parties peut donner lieu à l’optimisme.

Comme Mao a dit: une marche de mille kilomètres commence par un premier pas.

Les parties ont convenu d’une réunion des délégués pour travailler sur les détails préliminaires. Elle devrait avoir lieu la semaine prochaine à Washington. Jusqu’ici ça va.

La première question est: qui sera la troisième personne? Des fuites ont divulgué que le principal candidat pour cette tâche délicate est Martin Indyk, un vétéran ancien officier du Département d’Etat.

C’est un choix problématique. Indyk est juif et très impliqué dans les activités juives et sionistes. Il est né en Angleterre et a grandi en Australie. Il a servi deux fois comme ambassadeur américain en Israël.

Les Israéliens de droite s’opposent à lui parce qu’il est actif dans les institutions israéliennes de gauche. Il est membre du conseil d’administration du New Israel Fund, qui apporte un soutien financier aux organisations pacifistes modérées israéliennes et est diabolisé par ceux de l’extrême droite autour de Binyamin Netanyahu.

Les Palestiniens peuvent se demander si parmi les 300 millions de citoyens américains il n’y a pas un seul non-Juif qui pourrait gérer ce travail. Depuis de nombreuses années maintenant, il s’est trouvé que presque tous les responsables américains qui se sont occupés du problème israélo-arabe ont été des Juifs. Et la quasi-totalité d’entre eux sont par la suite devenus des pontes dans des think-tanks et autres organisations sionistes.

Si les Etats-Unis avait été appelé à arbitrer les négociations entre, disons, l’Egypte et l’Ethiopie, auraient-ils nommé un Éthiopien-américain?

J’ai rencontré plusieurs fois Indyk, généralement à des réceptions diplomatiques (pas celles de l’ambassade des États-Unis, auxquelles je n’ai pas été invité.) Une fois je lui ai envoyé une lettre en rapport avec son nom.

L’histoire de Indyk est bien connue de tous ceux qui sont versés dans le folklore juif. Elle a été racontée par un rabbin juif très influent, Nachman de Braslaw (1772-1811), qui a de nombreux adeptes, encore aujourd’hui en Israël.

Il était une fois un prince qui souffrait de l’illusion qu’il était un Indyk (dinde en yiddish -. A partir de l’hébreu pour poule indienne). Il s’asseyait nu sous une table et ne mangeait que les miettes qu’on lui jetait.

Après que tous les médecins aient échoué à le guérir, un rabbin sage prit l’affaire en main. Il ôta ses vêtements, s’assit nu sous la table et commença lui aussi à agir comme un Indyk. Étape par étape, il finit par convaincre le prince qu’un Indyk peut porter des vêtements, manger de la nourriture normale et, à la fin, s’asseoir à table au lieu d’être en dessous. De cette façon, le prince fut guéri.

Certains pourraient dire que cette histoire a une incidence directe sur son travail futur, si c’est bien lui qui est choisi. Deux Indyks nus sont maintenant sous la table, et son travail sera de les amener à s’asseoir à la table et parler sérieusement de paix.

Il est vrai que les Palestiniens sont habitués à avoir des miettes qui leur sont jetées, mais maintenant ils peuvent exiger de la vraie nourriture.

Les chances pour les négociations de paix peuvent être évaluées par l’atmosphère qui règne des deux côtés, la terminologie qu’ils utilisent et les discussions internes qu’ils mènent.

Ce n’est pas très encourageant.

En Israël, presque personne n’utilise le mot «paix». Même Tzipi Livni, qui sera en charge de la négociation du côté israélien, parle seulement d’un «accord sur le statut final» qui «mettrait un terme au conflit», mais pas de la fin de l’occupation.

La plupart des Israéliens dédaignent totalement l’évènement, estimant que l’unique but de Netanyahou et de Mahmoud Abbas est d’avorter les négociations de manière à mettre la responsabilité sur l’autre côté. La plupart des Palestiniens pensent la même chose. La paix n’est certainement pas dans l’air.

Toutefois, un sondage réalisé cette semaine a montré que la grande majorité des Israéliens – 55 à 25 (ou, en pourcentage, 69% contre 31%) – voteraient lors d’un référendum pour un accord de paix obtenu par le Premier ministre. Je n’ai jamais eu aucun doute à ce sujet.

L’idée d’organiser un référendum sur un accord de paix est maintenant préconisée par la droite et rejetée par la gauche. Je suis pour. Sans une solide majorité, il serait, dans tous les cas, presque impossible pour un gouvernement de retirer les colonies. Et je crois que tout accord concret accepté par une direction palestinienne crédible et recommandée par les États-Unis recevra un retentissant «Oui» à un référendum.

La plupart des experts disent qu’Israël ne devrait pas s’efforcer de chercher un accord définitif, mais plutôt un accord plus modeste «provisoire». Ils citent le vieil adage juif: «Celui qui veut attraper trop n’attrape rien. »

Excusez-moi de ne pas être d’accord…

Tout d’abord, il y a le dicton qui dit que vous ne pouvez pas traverser un abîme en deux sauts. Pas d’arrêt en plein milieu. Nous avions cité ce dicton à Yitzhak Rabin après Oslo.

L’erreur fatale de l’accord d’Oslo était que tout était provisoire. Le but final n’était pas indiqué. Pour les Palestiniens, il était clair que l’objectif était la mise en place de l’État de Palestine dans tous les territoires occupés, y compris Jérusalem-Est. Pour le côté israélien, ce n’était pas clair du tout. En l’absence d’un accord à ce sujet, chaque étape intermédiaire devenait un point de discorde. Si vous voulez aller en train de Paris à Berlin, les gares intermédiaires sont différentes de celles situées sur le chemin de Madrid.

Oslo a abandonné sa pauvre âme quelque part le long du chemin avec les querelles sans fin sur le «passage sécurisé» entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, le « troisième retrait » et autres.

La seule façon de procéder est tout d’abord de parvenir à un accord sur les « questions fondamentales ». Ceci peut être mis en œuvre sur un certain temps – bien que je ne recommanderais pas ça non plus.

La paix israélo-palestinienne est un grand pas dans l’histoire des deux peuples. Si nous avons le courage de la faire, faisons-la, bon Dieu, au lieu de traînailler en pleurnicheries.

Pour l’instant, la grande énigme est: qu’est-ce que Kerry a promis à chaque côté en secret?

La méthode semble bonne. Puisque les deux côtés ne pouvaient s’entendre sur rien, et que chacun exigeait que l’autre entame les négociations «sans conditions préalables» tout en posant beaucoup de conditions préalables lui-même, Kerry a choisi une voie différente.

Il s’est basé sur une logique simple : dans le triangle américano-israélo-palestinien, la quasi-totalité des décisions devront être prises à deux pour un. Dans la pratique, chaque côté a besoin du soutien américain pour obtenir que ses demandes soient acceptées.

Ainsi, au lieu d’essayer de réaliser l’impossible – accord israélo-palestinien sur la base des négociations – l’Amérique a donné à chaque côté la promesse de l’appuyer sur certains points.

Par exemple, en guise de supposition : une promesse que les Etats-Unis soutiendront les Palestiniens sur la question des frontières. La frontière sera basée sur la Ligne verte, avec des échanges de territoires raisonnables. En plus, le gel des colonies, tandis que les négociations continuent. D’autre part, les Etats-Unis soutiendront Israël sur la définition d’Israël en tant qu’Etat «juif» et sur le (non-) retour des réfugiés palestiniens.

Dans le passé, les Etats-Unis ont failli à de telles promesses sans rougir. Par exemple, avant la réunion de Camp David, le président Bill Clinton a donné à Yasser Arafat une promesse solide qu’il condamnera tout côté qui faillira. (Étant donné que la réunion a été organisée sans la moindre préparation, l’échec était prévisible). Après la conférence, Clinton accusa carrément – et à tort – Arafat de toutes les responsabilités, un acte vil de l’opportunisme politique, conçu pour aider sa femme à se faire élire à New York.

En dépit de ces expériences, M. Abbas a mis sa confiance dans Kerry. Il semble que Kerry a le don d’inspirer une telle confiance. Espérons qu’il ne va pas la gaspiller.

Donc, avec ou sans une dinde pour empêcher le loup de dévorer l’agneau, et en dépit de toutes les déceptions passées, espérons que cette fois de véritables négociations se dérouleront et mèneront vers la paix. L’alternative est trop triste à envisager.

Uri Avnery est un écrivain israélien et militant pour la paix avec Gush Shalom. Il est un contributeur au livre de Counterpunch The Politics of Anti-Semitism.

Traduction Avic

http://www.counterpunch.org/2013/07/26/the-wolf-the-lamb-and-the-third-party/

Le laboratoire israélien et les cobayes palestiniens


lab2« The Lab » est un nouveau documentaire israélien avant-gardiste qui redéfinit toute notre compréhension de l’État juif, ses objectifs, son identité et son rôle de destruction globale. Je pense honnêtement que ce film est le commentaire le plus profond et le plus important sur Israël.

Dans « The Lab », le réalisateur Yotam Feldman dévoile l’industrie militaire israélienne et son fonctionnement, il interviewe des protagonistes majeurs du marché israélien de la sécurité. Il développe sur le rôle de l’industrie au sein de la société et de l’économie israéliennes – durant les dernières années les exportations militaires israéliennes ont atteint le niveau sans précédent de 7 milliards de dollars par an. 20% des exportations israéliennes sont militaires ou d’ordre militaire. Près de 150 000 familles en Israël dépendent de cette industrie. Israël est maintenant le quatrième plus gros exportateur de matériel militaire.

Dans la dernière décennie, chaque opération militaire israélienne a conduit à une augmentation brusque et immédiate des exportations militaires israéliennes dans le monde : armement, systèmes d’armes, renseignement, tactiques, doctrines, connaissance et expérience.

Feldman nous fournit un aperçu d’un univers très structuré. Nous visitons les salons de l’armement israéliens à travers le monde, mais nous découvrons aussi des salles de conférence remplies de généraux étrangers, de fonctionnaires d’État et de diplomates. Le message est clair, les 7 milliards de dollars ne sont qu’un élément du dossier. L’élite militaire israélienne est à présent profondément imbriquée dans les élites politiques et militaires de chaque pays au monde. Ce marché israélien émergent achète l’influence et le support de l’État juif.

« The Lab » fait apparaître de manière très claire que les populations civiles palestiennes de Cisjordanie et de la bande de Gaza sont devenues des cobayes des tactiques, armements et philosophie de combat israéliennes (« La Torah combattante », Torat Lechima – comme les Israéliens l’appellent). La destruction des Palestiniens est maintenant devenue une industrie très rentable. Nous avons ici affaire à rien de moins que des meurtres hautement planifiés.

À travers une série d’entretiens captivants, Feldman transmet un portrait très fidèle des marchants de mort israéliens. Feldman les laisse parler, il intervient à peine. Ils sont clairs, sincères, même amusants à certains moments, parfois pleins d’esprit, et plusieurs d’entre eux pourraient même vous charmer si vous ne saviez pas de qui il s’agit. Mais ne vous y trompez pas, ils sont sinistres, certains d’entre eux sont manifestement psychotiques, ce sont des meurtriers de masse et ils sont libres. Ils vendent de la destruction et du chaos et le font brillamment.

Étant moi-même né en Israël et étant devenu un musicien et écrivain à succès, je pense être capable de reconnaître le dévouement, la persévérance et la créativité israéliennes quand je les vois, quel que soit le type d’activité dans laquelle ils sont employés (j’ai peut-être été chanceux d’être sauvé par le bebop). Le talent de ces anges de mort israéliens est motivé par l’accroissement de la misère humaine. Les conséquences en sont tragiques.

Nouvelle donne

C’est loin d’être un secret qu’un siècle de lutte palestienne n’a pratiquement conduit à rien. L’état du mouvement de solidarité palestinienne est encore plus embarrassant. « The lab » change la donne, car il permet d’expliquer des décennies d’impuissance.

Nous baignons dans une terminologie déficiente – colonisation, apartheid, conflit, solution, sionisme ne sont que quelques exemples. Gaza est à présent un vaste Laboratoire – les Israéliens en sont les scientifiques et les techniciens, et les Palestiniens en sont les cobayes. Le fait de regarder « The Lab » doit tous nous conduire à fondamentalement remettre en question nos concepts. Nous avons affaire à un crime de guerre prémédité. La notion de résolution (comme dans la solution à deux États), par exemple, ne s’applique pas ici. Il est incontestable que dans le monde réel le scientifique ne négocie pas avec le cobaye. Le scientifique ne considère pas non plus de partager son univers avec le cobaye dans un seul État démocratique. « The Lab » est un aperçu de la mentalité israélienne : vous n’y trouverez certainement pas beaucoup de compassion.

Durant des décennies nous avons été stupides d’évaluer le succès et l’échec des opérations militaires israéliennes à la lumière des objectifs militaires et politiques israéliens, tels que nous les avons imaginés. Nous avions clairement tort. Tel que nous l’apprenons dans le film de Feldman, l’objectif réel des opérations israéliennes peut aussi bien être d’évaluer de nouvelles doctrines ou de nouveaux systèmes opérationnels dans le but de les distribuer ensuite à l’échelle internationale. Ehud Barak, par exemple, n’était pas vraiment le plus talentueux des ministres israéliens de la défense, il a clairement échoué à défendre son peuple ou même à lui permettre de se sentir en sécurité. Cependant, il a été brillant à vendre des armements et doctrines israéliens.

Que Tel Aviv soit visée par une pluie de roquettes Qassam peut être vu par les Israéliens comme un fait bouleversant, mais d’un point de vue militaire et industriel, c’était une opportunité en or d’évaluer et de promouvoir le système anti-missiles israélien « Dôme de fer ». Si j’ai raison, il apparaît clairement que tout comme les Palestiniens, de plus en plus d’Israéliens deviennent aussi des ‘cobayes’ dans ce laboratoire en constante expansion.

On peut se demander comment et quand le « rêve sioniste » s’est transformé en un commerce militaire. Seuls certains d’entre nous, écrivains et intellectuels, ont tenté de répondre à cette question. La transformation de l’État juif en une usine d’oppression est apparemment la conséquence directe de l’idéologie suprématiste d’Israël. Si nous voulons comprendre ce qu’il se passe dans l’État juif, nous devons dans un premier temps comprendre les concepts d’élection, de judéité et de politique identitaire juive.

J’imagine qu’à présent suffisamment de Palestiniens de Gaza réalisent qu’ils ont pris part à une expérience israélienne. Nous apprenons trop souvent de la part de médecins palestiniens qu’en soignant les victimes d’attaques israéliennes ils découvrent de nouveaux types de blessures. « The Lab » explique cela mais il ne s’agit pas que de la Palestine. Nous sommes aussi les témoins d’une similarité grandissante entre les modes d’actions des forces de police dans le monde et le sort réservé aux Palestiniens par l’IDF [(Israel Defense Forces).

Le documentaire de Yotam Feldman explique tout cela. Nous sommes tous palestiniens. Nous sommes occupés soit par Israël soit par les forces qu’il mandate autour du monde – celles qui sont entraînées en Israël et qui emploient les armements et tactiques israéliens

Par Gilad Atzmon, une traduction E&R

Gaza : un mensonge convenu


Gaza2En Nouvelle Guinée, il existe un mot pour une vérité que tout le monde connaît mais que personne n’exprime: Mokita. Dans le discours officiel entourant la Palestine – en particulier Gaza – les politiciens, le Président Obama et les médias racontent des histoires en utilisant un vocabulaire erroné, des affirmations fausses et des omissions délibérées. rien que des mensonges convenus !

Dès qu’une « crise » éclate dans cette région, le récit bidon se met en route à partir d’un script spécifique, et les débats du dimanche matin débutent avec chacun récitant son couplet à partir du script officiel. Les agressions d’Israël, le cruel blocus économique de Gaza ayant pour résultat la malnutrition ou l’anémie de près de la moitié des enfants de la région, les assassinats ciblés. Tout est ignoré. Noam Chomsky appelle Gaza, « La plus grande prison du monde à ciel ouvert ».

Nous sommes exposés à des mots tels que conflits, comme si l’oppression et la brutalité systématiques de tout un peuple n’était qu’un désagrément entre deux camps égaux. Ensuite, il y a ces appels à la trêve. Pure mise en scène politique. Imaginez des appels à une trêve durant l’apartheid entre les noirs et le gouvernement des blancs ! Un tel vocable aurait-il pu s’appliquer ?

On discute souvent de la solution à deux États : Encore une phrase bidon. Elle est parfaitement impossible. Et ce terme implique qu’il y ait une légitimité dans l’accaparement illégal et criminel de la terre, qui dure depuis des décennies. Prenons un exemple anodin et superficiel de ce vol : imaginez que vous avez une maison. Des invités sont venus en visité. Petit à petit, ils commencent à envahir votre maison jusqu’à ce que vous n’ayez plus qu’un quart de la cuisine, la moitié de la salle de bains et un coin dans la chambre. Tandis que le temps passe, ces personnes commencent à absorber une partie de votre quart de cuisine, la moitié de votre moitié de salle de bains et la moitié de votre coin de la chambre. Existe-t-il une possibilité de solution à deux maisons. Bien sûr que non ! Et dans le discours officiel, ces faits sont commodément omis.

Ensuite, il y a toujours la mention du processus de paix. Ce terme est une farce ! Il est difficile de voir comment on peut garder un visage de marbre en prononçant ces mots. Ce processus a délibérément avancé pendant des dizaines d’années à la vitesse d’un escargot. Il est plein de démarrages et de pauses. De très longues pauses ! Pour l’essentiel, c’est un mécanisme de blocage qui met suffisamment les choses en pause pendant qu’Israël construit de plus en plus de colonies pour que son objectif d’Eretz Israel [le Grand Israël] soit un fait accompli.

Israël a le droit de se défendre. Obama sort toujours ce leitmotiv ou une variante. C’est l’assertion la moins sincère. En 2004, la Cour Pénale Internationale a déterminé qu’en tant que puissance occupante, le droit d’Israël de se défendre en vertu d’un article de la Charte de l’ONU ne s’applique pas contre ceux qui vivent sous son autorité. Les attaques contre Gaza et sa population ne sont pas des actes d’autodéfense. Je suis sûre qu’Obama le sait. En fait, la Résolution 2649 de l’Assemblée Générale de l’ONU « Affirme la légitimité de la lutte que mènent les peuples assujettis à une domination coloniale et étrangère et auxquels on a reconnu le droit à disposer d’eux-mêmes pour recouvrer ce droit par tous les moyens dont ils disposent. »

Alhamdullilah, la capacité d’Israël à se dépeindre comme la victime se réduit. Pratiquement personne, à part les ignorants et ceux qui font exprès de ne pas comprendre, ne croît qu’Israël est une victime. Cette posture s’écroule même parmi les Américains ordinaires. On peut en voir une bonne indication avec ce qui s’est passé à St. Louis, dans le Missouri, le 19 décembre 2012. Un groupe de citoyens américains s’est présenté dans le bureau du Maire à l’occasion du conseil de la ville de St. Louis sur les Appels d’Offre pour protester contre l’approbation par la ville d’un contrat avec Veolia-Water. Ils ont réussi à faire reporter l’ensemble du vote jusqu’à ce qu’une enquête complète soit diligentée sur le passé de Veolia et sa pratique de la discrimination ethnique et de ses abus en Palestine. Israël est de plus en plus un État paria en raison de ses pratiques d’apartheid. Son statut spécial (soutenu par l’Holocauste) décline. Le jargon fatigué des médias dominants est de plus en plus éculé et en retard sur son époque.

La litanie d’assertions et de termes erronés et le récit officiel sont vu de plus en plus pour ce qu’ils sont : simplement des mensonges convenus.

Karen English est écrivain, elle vit à Los Angeles.

Traduit de l’anglais par [JFG-QuestionsCritiques]

article original : « Gaza: a Lie Agreed Upon »

Le Salafisme, au service de la politique israélienne!


Tribune libre de Djerrad Amar

Djihadistes2La « salafisation » des politiques arabes issues du «printemps arabe», sous le contrôle idéologique et financier des émirs du pétrole, simples agents de la politique américaine, est l’instrument privilégié de la destruction des États organisés, issus de la décolonisation.

Boston, le Brésil et l’islam


boston-est-sous-le-choc-des-cyber-escrocsAu cours de son exposé parrainé par la New American Foundation en Mars 2008, l’auteur Parag Khanna a abordé les défis croissants auxquels fait face l’hégémonie mondiale des Etats-Unis. Selon Khanna, la Chine et l’Union européenne sont les nouveaux prétendants avec comme champ de bataille le « marché géopolitique » mondial.

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Les menteurs professionnels s’en prennent à Téhéran


Pepe Escobar (Asia Times)

obama-israel-400x266Oncle Marx n’avait jamais pensé à cela : l’Histoire se répète comme seconde tragédie après d’abord avoir été une farce. Examinons un cas d’espèce.

Obama et Netanyahu : criminels et menteurs…

Tout d’abord, jetez un coup d’œil rapide sur cet article du Wall Street Journal daté de septembre 2002, au moment de la course hystérique pour envahir l’Irak.

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Racisme et antisémitisme


Par Byblos

GRIM.50440.2.1J’aimerais qu’on m’explique une bonne fois pour toutes pourquoi l’antisémitisme est PLUS GRAVE que le racisme.

Pourtant le racisme est une idéologie prônant «l’existence d’une hiérarchie des races», ce qui me semble extrêmement grave, puisque c’est nier l’égalité entre les Humains. Alors que l’antisémitisme est -au moins étymologiquement- le fait d’être simplement opposé aux sémites, d’être contre eux.

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L’accusation d’antisémitisme : Un filon dangereux qui s’épuise


par UJFP

« Qui sème le racisme récolte la tempête
Qui sème la résistance récolte notre solidarité »

palestine-antisemitismeIl y a bien longtemps, le fabuliste La Fontaine, reprenant Esope, nous a narré cette belle histoire de l’enfant qui n’arrête pas de crier au loup. Il finit par être discrédité. Un jour, le loup arrive pour de bon mais plus personne ne le croit.

Les supporters inconditionnels de la politique israélienne n’ont pas lu Esope et leur imaginaire est bien pauvre. Ils s’épuisent à dégainer sur tout ce qui émet le moindre doute sur le rouleau compresseur colonial israélien, hurlent au loup, et traitent immédiatement les impudent-e-s « d’antisémites ».

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André Pshenichnikov, téméraire combattant contre l’apartheid israélien


par Israël Adam Shamir

AndreArestLe téméraire André Pshenichnikov, 24 ans, se bat contre l’apartheid israélien. C’est un cas, un cas si peu commun qu’il se retrouve dans une prison égyptienne pour avoir franchi la frontière sans papiers. Son histoire vient de loin. J’avais d’abord entendu parler de lui en tant que jeune programmeur, d’une banlieue de Tel-Aviv, installé dans le camp de Deheishe, près de Bethléem, en Cisjordanie occupée. Lire la suite André Pshenichnikov, téméraire combattant contre l’apartheid israélien