Archives du mot-clé Palestiniens

John Kerry ne comprend rien au conflit israélo-palestinien


0,,17338132_401,00Pauvre Kerry. Un des secrétaires d’état le plus dynamique des administrations américaines depuis Henry Kissinger accusé par le ministre de la Défense israélien, Moshé Yaalon, de ne rien comprendre au conflit israélo-palestinien.

« Le secrétaire d’Etat John Kerry – qui est arrivé ici déterminé, et qui est animé par une obsession incompréhensible et une sorte de messianisme – ne peut rien m’apprendre sur le conflit avec les Palestiniens », a assené M. Yaalon selon le quotidien Yediot Aharonot. Lire la suite John Kerry ne comprend rien au conflit israélo-palestinien

À propos de la mort d’Ariel Sharon


Tribune libre Résistance

Ariel-SharonÀ l’annonce du décès d’Ariel Sharon, l’Élysée a publié un communiqué de condoléances : « Ariel Sharon, ancien Premier ministre d’Israël, a été un acteur majeur dans l’histoire de son pays. Après une longue carrière militaire et politique, il a fait le choix de se tourner vers le dialogue avec les Palestiniens. Je présente mes condoléances sincères à sa famille et au peuple d’Israël. » Lire la suite À propos de la mort d’Ariel Sharon

La France qui dérape n’est pas celle qu’on nous montre du doigt – Pr Christophe Oberlin


maxresdefaultC’est au nom d’un état juif à majorité juive, censé accueillir les juifs du monde entier, que les autochtones, les Palestiniens sont martyrisés depuis soixante ans (*). Pourtant certains n’hésitent pas à condamner les Palestiniens, les Arabes en général, et tous ceux qui les soutiennent pour un « antisémitisme » supposé. Les Palestiniens devraient déclarer aimer les juifs et insister à tout moment sur la distinction entre juifs et sionistes. C’est évidemment déloyal. En 1942 les Français n’aimaient pas les « boches » et aucune association anti raciste n’a jamais protesté. Lire la suite La France qui dérape n’est pas celle qu’on nous montre du doigt – Pr Christophe Oberlin

Pour les Palestiniens, al-Nakba n’a pas pris fin en 1948


Tribune libre Béatrice Doinette

Pour les Palestiniens, al-Nakba n’a pas pris fin le jour de la création d’Israël. Il s’agit plutôt d’un processus de dépossession, de judaïsation et d’épuration qui se perpétue depuis. Les Palestiniens, pacifiques, ont représenté un défi existentiel pour Israël et ses impératifs démographiques, dans la mesure où la conquête de toute la Palestine constituait le principe fondamental du sionisme. Lire la suite Pour les Palestiniens, al-Nakba n’a pas pris fin en 1948

Maghreb : Les relations très particulières entre le Maroc et Israël


Tribune libre

004112013160252000000JA2755p038_2Une proposition de loi condamnant les activités entre citoyens marocains et israéliens fait polémique au «Royaume chérifien». Alors que des partisans pro et anti-normalisation s’affrontent, les échanges entre les deux pays perdurent, entre tourisme affiché et échanges commerciaux plus discrets. En août dernier, des députés marocains ont déposé deux propositions de loi avec pour objectif de pénaliser la normalisation des relations avec Israël. Lire la suite Maghreb : Les relations très particulières entre le Maroc et Israël

Rapport : Des centaines d’Européens dans les rangs de l’armée israélienne (Euro-Mid Observer)


Tribune libre Byblos

2013-11-28_767508896L’Observatoire Euro-Mid pour les Droits de l’Homme (Euro-Mid Observer for Human Rights) a révélé que des centaines d’Européens ont volontairement effectué leur service militaire dans les rangs des Forces de Défense Israéliennes (IDF), tandis que des dizaines d’autres ont été recrutés pour participer à des opérations visant à tuer des civils palestiniens, spécialement dans la Bande de Gaza. Lire la suite Rapport : Des centaines d’Européens dans les rangs de l’armée israélienne (Euro-Mid Observer)

Briseurs de silence


Tribune libre Byblos

Entretien avec Yehuda Shaul, de l’association israélienne Breaking the Silence

arton393-0ab7a-resp560Le livre noir de l’occupation israélienne. Les soldats racontent, sorti le 9 octobre dernier aux éditions Autrement, donne un aperçu des neuf cent cinquante histoires collectées par l’association israélienne Breaking the Silence (« Briser le silence ») depuis 2004. Yehuda Shaul, ancien soldat de l’armée israélienne de mars 2001 à mars 2004 a voulu montrer le vrai visage de l’occupation militaire : ses buts véritables, ses exactions et son inefficacité. Une démarche compliquée dans un pays où le service militaire est obligatoire et dure deux ans pour les filles, trois pour les garçons. Au mieux, les briseurs de silence sont traités de menteurs, au pire de traîtres. Rencontre avec l’un d’entre eux.

Émilie Baujard.— Est-il facile de critiquer l’armée israélienne en Israël aujourd’hui ?

Yehuda Shaul.— Au sein de la société israélienne, l’armée a un rôle très important. Elle est très respectée, c’est sûrement l’une des institutions les plus respectées dans notre pays. Et ce pour plusieurs raisons liées à notre histoire et à la façon dont elle a défendu notre pays dans le passé. C’est ce qui rend la critique difficile. Quand vous parlez des exactions de l’armée, personne ne veut vraiment voir ni écouter.

E. B.—Les témoignages du Livre noir de l’occupation israélienne1 couvrent une période qui va de 2000 à 2010. Certains soldats ont attendu dix ans avant de parler…

Y. S.— Beaucoup de soldats ont servi dans les territoires palestiniens et se rendent compte aujourd’hui que ce qui s’y passe est moralement condamnable. Une fois que vous y réfléchissez, que vous êtes à nouveau un civil, vous voyez les choses de manière différente. Vous ne les envisagez plus à travers le prisme du cercle militaire. À ce moment-là, de nombreux soldats, y compris moi, ne peuvent plus cautionner ce qu’ils ont fait. La terminologie militaire qu’on nous a rabâchée n’a soudain plus aucun sens. Et on se met à parler.

E. B.—Vous décrivez plusieurs tactiques militaires qui permettent à l’armée de « contrôler » les Palestiniens. Pouvez-vous donner un exemple ?

Y. S.— Tous les jours, les soldats sont envoyés « marquer notre présence », comme dit l’armée. L’idée est que si les Palestiniens ont le sentiment que l’armée est partout, ils auront peur d’attaquer. Par exemple, on entre dans une maison palestinienne choisie au hasard. On réveille la famille, on met les femmes d’un côté, les hommes de l’autre, on fouille la maison, puis on ressort. On frappe ensuite à d’autres portes, on lance des grenades assourdissantes, on fait du bruit et on entre dans une autre maison. Voilà comment on passe nos huit heures de patrouille. Tous les jours, toute l’année, et ça ne s’est pas arrêté une seconde depuis le début de la deuxième Intifada en 2000.

E. B.—L’armée israélienne est appelée « forces de défense israélienne ». Le terme « défense » est-il approprié ?

Y. S.—Nous avons grandi avec l’idée que l’armée israélienne est dans les territoires palestiniens pour protéger Israël contre des actes terroristes. Mais quand on lit les témoignages, on comprend très vite que la partie « défense » de l’armée est très réduite. Nous faisons surtout de l’offensif, et pas seulement contre le terrorisme. L’objectif principal est d’empêcher la création d’un État palestinien indépendant.

L’occupation israélienne est pensée de telle façon qu’elle ne laisse aucune place pour l’émergence d’une force politique qui pourrait la remplacer. L’occupation agira militairement contre toute opposition à son contrôle absolu sur les Palestiniens.

E. B.—Finalement, votre livre dévoile la part sombre de l’occupation israélienne ?

Y. S.—Non, le livre montre le vrai visage de l’occupation. Et une occupation militaire longue est mauvaise. Le seul moyen de contrôler les gens, c’est de leur faire peur. Une fois qu’ils sont habitués à un certain niveau de peur, vous devez alors leur faire encore plus peur. Encore et toujours. C’est un puits sans fond. Un puits que l’on creuse depuis déjà plus de quarante-six ans. Je vous donne un exemple : quatre soldats sont à un checkpoint et une centaine de personnes attendent pour passer. La seule façon pour vous de vous faire entendre, c’est qu’elles aient peur de vous. Alors vous attrapez la cinquième personne dans la queue et vous la frappez. Ou vous demandez à quelqu’un sa carte d’identité et si ce quelqu’un sourit un peu trop, vous le laissez au soleil pendant huit heures. Ainsi, il comprend qui est le boss.

E. B.—Breaking the Silence a été beaucoup critiqué. L’une des critiques qui revient souvent est que les témoignages remontent à plus de dix ans, à l’époque de la seconde Intifada, et que c’est différent aujourd’hui.

Y. S.—Pour beaucoup d’Israéliens, l’occupation fait partie de l’histoire, du passé. L’occupation, c’était en 1967, après la guerre. Et aujourd’hui, c’est le statu quo. Nous disons « non, non et non ! » L’occupation des territoires palestiniens se poursuit partout et tous les jours. Chaque maison construite dans une colonie en Cisjordanie est une occupation. Toutes les maisons palestiniennes fouillées au milieu de la nuit dans le seul but de persécuter la population, c’est l’occupation. Tous les checkpoints volants installés pour bloquer l’accès à un village, c’est l’occupation.

E. B.—Les témoignages sont anonymes. Pourquoi ce choix ?

Y. S.—Ces centaines de témoignages émanent de toutes les unités, de tous les territoires (Cisjordanie et Gaza) et de tous les grades : du simple soldat au commandant de brigade en passant par des réservistes. Les soldats qui sont toujours réservistes et qui viennent témoigner violent le protocole militaire. Ils peuvent donc être envoyés en prison. Et puis, la plupart des actions rapportées sont des crimes au regard du droit international et même parfois du droit israélien. Donc les soldats peuvent être poursuivis, c’est pourquoi certains veulent rester anonymes. Et il y aussi la pression de la société, de l’unité, de la famille, des amis…

E. B.—Effectivement, de nombreuses actions rapportées sont illégales, comme l’utilisation de Palestiniens comme boucliers humains, les destructions arbitraires de maisons palestiniennes…

Y. S.—Dans le livre, il y a l’épisode d’une action menée pour venger la mort de six soldats israéliens tués près de Ramallah en février 2002. La nuit suivante, trois bataillons des forces spéciales sont envoyées à Gaza, Ramallah et Naplouse pour venger leur mort. L’ordre est très clair : « ils ont tué six des nôtres, on va tuer six des leurs  ». La mission l’est aussi : 2 h du matin, checkpoint palestinien, toutes les personnes qui s’y trouvent seront abattues, qu’elles soient en uniforme ou non, armées ou non. Au final, quinze Palestiniens ont été tués. Ce genre d’opération, cette revanche, c’est ce que font les gangs, ce n’est pas ce que doit faire l’armée d’un pays démocratique.

E. B.—Certaines personnes en Israël vous accusent d’être un traître à la patrie. C’est comme ça que vous vous voyez ?

Y. S.—Si j’avais l’impression d’être un traître pour mon pays, je ne ferais pas ce que je suis en train de faire. C’est exactement l’inverse. Je pense que c’est la ligne politique de notre gouvernement qui est la plus grande traîtrise faite à l’État d’Israël. Cette ligne politique nous dit : « le droit d’Israël à exister équivaut au droit d’Israël à occuper les Territoires pour toujours  ». En fait, le gouvernement nous dit : « c’est soit nous, soit les Palestiniens ». Voilà pourquoi, de la mer Méditerranée au fleuve du Jourdain, il ne peut y avoir qu’une seule souveraineté et que cette souveraineté, c’est à nous de l’obtenir. Les Palestiniens ne seront donc jamais libres et l’occupation ne s’arrêtera jamais.

Je pense que cet agenda politique est totalement destructeur. Cette volonté de prolonger l’occupation délégitime l’État d’Israël. Si on veut être patriote, il faut casser cette équation. D’un côté, il y a le droit d’Israël à exister, mais ce droit n’implique pas celui d’occuper les Palestiniens. Rien ne peut justifier une occupation aussi longue.

1Le livre noir de l’occupation israélienne. Les soldats racontent, éditions Autrement, octobre 2013.

http://orientxxi.info/lu-vu-entendu/briseurs-de-silence,0393

Ahmadinejad :le sionisme n’a rien à voir avec le judaïsme


ahmadinejad_rencontre_delegation_juiveIronie de l’histoire, le dernier discours que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad aura prononcé, avant laisser la place à son successeur cheikh hassan Rouhani a été consacré à Israël. Un thème favori durant ses deux mandats, à l’insu des foudres qu’il a dû subir, venus aussi bien de l’entité sioniste que des puissances occidentales.

« Israël sera déraciné…il n’a pas de place dans la région… une tempête dévastatrice déracinera la base du sionisme, a-t-il lancé entre autre devant la foule, comprenant entre autre d’importants dirigeants de la classe politique iranienne, rassemblée à l’université de Téhéran à l’occasion de la commémoration de la journée mondiale d’AlQuds Jérusalem.

Selon lui, le sionisme est le une émanation du capitalisme occidental et n’a rien à voir ni avec le judaïsme ni toute autre religion.

Ahmadinejad a également mis en garde contre les velléités de l’entité sioniste de contrôler le monde islamique, assurant qu’elle s’ingère dans ses affaires à travers plusieurs moyens dans le but d’y semer les scissions.
«  La question n’est pas celle d’une surface de terre, mais celle de spolier les ressources et les richesses du monde islamique et de les contrôler », a-t-il averti.
«  J’espère que l’humanité entière connaitra les crimes de l’entité sioniste… le lobby sioniste gère toutes les richesses du monde alors qu’il ne dépasse pas les 60 milles éléments… l’entité sioniste est l’incarnation de la pensée matérialiste colonisatrice », a-t-il ajouté. Signalant que la majeure partie des politiciens capitalistes sont des sionistes, qui possèdent les plus importants intérêts et les plus grandes sociétés économiques dans le monde, ainsi que les plus grandes banques et les medias .

Le président iranien a également indiqué que ceux qui prônent la liberté d’expression et de pensée interdisent toute allusion à la réalité de l’existence de l’entité sioniste et de l’holocauste, estimant que dans les réponses à cette dernière résident la vérité sur la création de l’entité sioniste et ceux qui sont derrière. «  Sont induits dans l’erreur ceux qui pensent que ce qui se passe en Palestine occupée est un conflit entre les Palestiniens et les Sionistes », a-t-il observé.

S’agissant du thème de l’holocauste qu’il a souvent soulevé durant ses deux mandats présidentiels, aux grands dams des Occidentaux et de l’entité sioniste, Ahmadinejad s’est réjoui qu’il ait suscité les sensibilités des politiciens occidentaux, et porté atteinte à la colonne vertébrale des sionistes et du système colonisateur. «  Pourquoi faudrait-il que les palestiniens et les peuples de la région paient le prix des conséquences de la seconde guerre mondiale, et de ce que les Européens ont commis », s’est-il à nouveau interrogé.

S’agissant des négociations qui ont lieu entre Palestiniens et Israéliens, il a prédit qu’elles ne mèneront nulle part. «  Nous ne sommes pas des partisans de guerres. Mais nous ne soutenons les pourparlers politiques qu’à condition qu’ils soient justes », a-t-il poursuivi.
Selon lui, les occidentaux ont consacré toutes leurs capacités et pouvoirs pour défendre Israël, allant même jusqu’à sacrifier leurs principes sur les droits de l’Homme, et les intérêts de leurs peuples.

Assurant toutefois que l’Imam Khomeiny a dissipé tous leurs complots et a ramené la cause palestinienne dans le giron de la nation islamique et de conclure : «  la journée mondiale d’AlQuds n’est pas exclusivement l’affaire d’un Etat ou d’une nation. C’est l’affaire de l’humanité entière… c’est la cause principale au niveau mondial ».

Ahmadinejad a également évoqué les évènements qui ont lieu en Syrie, en Libye, en Égypte et en Tunisie, et qui d’après lui ne font que réjouir l’entité sioniste et les puissances de l’Arrogance mondiale.
«  Toute le monde devraient être prudents en ces moments alors que ceux qui incitent à la guerre et aux combats fratricides sont dans l’apparence des musulmans, alors qu’en réalité, au fond d’eux-mêmes ce sont des sionistes ».

Selon lui, la Turquie, la Jordanie, l’Irak, la Syrie, l’Afrique du nord et l’Arabie saoudite sont en danger et seront victimes de complots ourdis par les puissances arrogantes qui d’après lui ne sont pas dignes de confiance. «  Par la grâce de Dieu, tous les peuples dévoileront les plans des Arrogants qui n’auront plus aucune place dans la région. Les États-Unis et leur vassaux devraient savoir que celui qui cultive le vent finira par récolter la tempête ».

Avant  de conclure, sur un retour sur Israël : «  Un ouragan destructeur viendra arracher l’entité sioniste de ses racines ».

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=123715&cid=86&fromval=1&frid=86&seccatid=28&s1=1

Kerry et chutzpah – Uri Avnery


kerryIsraelS’il vous arrive de tomber sur John Kerry à l’aéroport Ben Gourion, vous pouvez vous demander s’il est en train d’arriver ou de partir. Il peut bien se le demander lui-même.

Cela fait plusieurs semaines maintenant qu’il consacre la majeure partie de son précieux temps à des réunions avec Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas, en essayant d’avoir ces deux personnes ensemble.

Il y a environ une demie heure de trajet de voiture entre le bureau du Premier ministre à Jérusalem et la Mukata’ah du Président palestinien à Ramallah. Mais ils sont plus éloignés l’un de l’autre que la Terre et Mars.

Kerry a pris sur lui de les amener à se rencontrer – peut-être quelque part dans l’espace. Sur la lune, par exemple.

***

SE RENCONTRER POUR quoi faire?

Ah, c’est là le hic. L’idée semble être de se rencontrer juste parce qu’il faut se rencontrer.

Nous avons vu cette procédure pendant des années. Les présidents américains successifs ont tous entrepris de rapprocher les deux parties. Il s’agit d’une croyance américaine, enracinée dans la tradition anglo-saxonne, que si deux personnes convenables et raisonnables se réunissent pour débattre de leurs différences, tout va rentrer dans l’ordre. C’est presque automatique: rencontre – dialogue – accord.

Malheureusement, ça ne fonctionne pas vraiment de cette façon avec les conflits entre les nations, des conflits qui peuvent avoir de profondes racines historiques. Pendant les réunions entre les dirigeants de ces nations, ils ne sont là souvent que pour se lancer à la figure d’anciens accusations, dans le but de convaincre le monde que l’autre côté est complètement dépravé et méprisable.

Chaque camp, ou les deux à la fois, peut être intéressé à prolonger les réunions indéfiniment. Le monde regarde la réunion des leaders, le médiateur et les photographes travaillent dur, tout le monde parle sans cesse de paix, paix, paix.

Je me souviens d’un monsieur scandinave du nom de Gunnar Jarring. Vous vous souvenez? Non? Ne vous culpabilisez pas. Il est éminemment oubliable. Un diplomate suédois tout à fait comme il faut (et Turquologue), il a été mandaté par l’ONU au début des années 1970 pour amener les Egyptiens et Israéliens autour d’une table de négociation pour parvenir à des accords de paix entre eux.

Jarring a pris très au sérieux sa mission historique. Il a fait inlassablement la navette entre Le Caire et Jérusalem. Son nom est devenu une blague en Israël, et probablement en Egypte, aussi.

Les protagonistes d’alors étaient Anwar Sadat et Golda Meir. Comme nous l’avons révélé à l’époque, Sadate a délivré à Jarring un message capital: en échange de la restitution de l’ensemble de la péninsule du Sinaï, conquise par Israël en 1967, il était prêt à faire la paix. Golda a rejeté cette proposition d’un revers de main. Il n’y avait eu, bien sûr, aucune réunion.

(Une blague populaire circulait à l’époque ; Golda et Sadate en face l’un de l’autre à partir de rives opposées du canal de Suez; Golda a crié: « faites l’amour pas la guerre! » Sadate regarda à travers ses jumelles et répondit: «Je préfère la guerre»)

Tout le monde sait comment ce chapitre s’est terminé. Après que  Golda ait tout rejeté, Sadate a attaqué, a remporté une victoire surprise initiale, tout le monde politique a commencé à bouger, Golda a été mise à la porte, et après quatre années de Yitzhak Rabin, Menahem Begin est arrivé au pouvoir et a accepté avec Sadate la même paix qui avait été proposée avant la guerre. Les 3000 soldats israéliens et environ 10.000 Egyptiens qui sont morts dans la guerre n’auront pas vu cet accord.

Jarring, soit dit en passant, est décédé en 2002, méconnu et oublié.

***

Kerry n’est pas Jarring. Tout d’abord, parce qu’il ne représente pas une organisation internationale impuissante, mais la seule superpuissance au monde. La toute-puissance des Etats-Unis d’Amérique est à sa disposition.

Que peut-il faire ?

C’est vraiment la question la plus pertinente – en fait la seule qui soit pertinente – en ce moment.

Il aura besoin de beaucoup de choses pour réaliser son plus cher désir : la rencontre – pas seulement la rencontre, mais La Rencontre – entre Netanyahu et Abbas.

La tâche semble facile. Netanyahu déclare, avec sa sincérité habituelle, qu’il veut cette rencontre. Non, qu’il est impatient de faire cette rencontre. Avec le charme poli d’un présentateur de télévision chevronné familier avec le pouvoir des images visuelles, il a même proposé de monter une tente à mi-chemin entre Jérusalem et Ramallah (à l’infâme check point de Qalandia ?) et de s’asseoir avec Abbas et Kerry jusqu’à ce qu’un accord complet sur tous les aspects du conflit ait été atteint.

Qui pourrait résister à une telle offre généreuse? Pourquoi diable Abbas ne saute-t-il pas sur cette opportunité pour la saisir des deux mains?

Pour une raison très simple.

Le début de nouvelles négociations serait un triomphe politique pour Netanyahu. En fait, c’est tout ce qu’il veut vraiment – la cérémonie, la grandiloquence, les dirigeants se serrant la main, les sourires, les discours pleins de bonne volonté et parler de la paix.

Et après ? Après plus rien. Des négociations qui se poursuivent indéfiniment, des mois, des années, des décennies. Nous avons déjà vu tout ça auparavant. Yitzhak Shamir, un des prédécesseurs de Netanyahu, s’est rendu célèbre pour s’être vanté qu’il aurait traîné les négociations indéfiniment.

Le bénéfice pour Netanyahu serait clair et immédiat. Il serait considéré comme l’homme de la paix. Le gouvernement actuel, le plus à droite et le plus nationaliste qu’Israël ait jamais connu, serait réhabilité. Toutes les personnes à travers le monde qui prêchent un boycott d’Israël dans tous les domaines seraient humiliées et désarmées. L’inquiétude croissante à Jérusalem sur la « délégitimation » et « l’isolement » d’Israël serait apaisée.

Que gagnerait la partie palestinienne dans tout ça? Rien. Pas d’arrêt pour les colonies. Pas même la libération des anciens prisonniers qui ont été incarcérés pendant plus de 20 ans (comme ceux qui ont été libérés au Hamas en échange de Gilad Shalit). Désolé, pas de « conditions préalables »!

Abbas exige que l’objectif des négociations soit précisé à l’avance: la création de l’Etat palestinien avec des frontières « basées sur » les lignes d’avant 1967. L’omission de cette déclaration dans les accords d’Oslo de 1993 a conduit à leur évaporation. Pourquoi faire la même erreur deux fois?

En outre, Abbas veut fixer une date limite pour les négociations. Un an ou deux.

Netanyahu, bien sûr, refuse tout cela. Pour l’instant, le pauvre Kerry essaie de monter quelque chose qui puisse à la fois satisfaire le loup tout en gardant l’agneau vivant. Donner à Abbas des assurances américaines sans les assurances israéliennes, par exemple.

***

Dans toute cette chamaillerie, un fait fondamental est ignoré.

C’est encore cet éléphant. L’éléphant dans la pièce, dont Netanyahu refuse l’existence et que Kerry essaie d’ignorer.

L’occupation.

Il est généralement admis que les négociations se font entre égaux. Dans les dessins animés, Netanyahu et Abbas seraient présentés comme des personnes de taille égale. L’image américaine de deux personnes raisonnables discutant entre eux suppose deux partenaires plus ou moins égaux.

Mais ce tableau d’ensemble est fondamentalement faux. Les «négociations» proposées sont entre une force d’occupation toute-puissante et un peuple occupé presque totalement impuissant. Entre le loup et l’agneau.

(C’est la vieille blague israélienne à nouveau: Pouvez-vous garder un loup et un agneau ensemble ? Bien sûr que vous pouvez, si vous mettez une nouvel agneau chaque jour.)

L’armée israélienne opère librement dans toute la Cisjordanie, y compris à Ramallah. Si Netanyahou le décide, Abbas peut se retrouver demain matin dans une prison israélienne, en compagnie de personnes âgées que Netanyahu refuse de libérer.

Moins radicalement, le gouvernement israélien peut, à tout moment, à volonté, arrêter le transfert des sommes importantes d’argent provenant des impôts et des taxes de douanes qu’il perçoit pour le compte de l’Autorité palestinienne, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises. Cela mettrait immédiatement l’Autorité palestinienne au bord de la faillite.

Il y a des centaines de façons, plus raffinées les unes que les autres, pour les autorités d’occupation et l’armée d’occupation de rendre la vie insupportable aux palestiniens en tant qu’individus et à la communauté palestinienne dans son ensemble.

Que peuvent faire les Palestiniens pour mettre la pression sur le gouvernement israélien? Très peu de choses. Il y a la menace d’une troisième Intifada. Cela préoccupe l’armée, mais ne l’effraie pas. La réponse de l’armée c’est plus de répression et plus de massacres. Ou bien une autre résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies élevant la Palestine au rang de membre à part entière de l’organisation mondiale. Netanyahu serait furieux, mais le préjudice réel serait limité.

***

Toute pression visant à démarrer des négociations sérieuses qui mèneraient à un accord de paix à terme – disons en un an – doit provenir du Président des Etats-Unis d’Amérique.

C’est tellement évident qu’il n’est guère besoin de le dire.

C’est le nœud du problème.

Kerry peut apporter de l’argent, beaucoup d’argent, pour soudoyer les Palestiniens, ou leur murmurer dans l’oreille de terribles menaces pour leur faire peur et les pousser à rencontrer Netanyahu dans sa tente imaginaire – c’est-à-dire presque rien.

La seule chance de commencer de véritables négociations est pour Barack Obama de mettre tout son poids dans la balance, pour affronter le Congrès et le très puissant lobby pro-israélien et de dicter aux deux côtés le plan de paix américain. Nous savons tous à quoi cela doit ressembler – une combinaison de la ligne (Bill) Clinton et de l’initiative de paix panarabe.

Si John Kerry est incapable d’exercer cette pression, il ne devrait même pas essayer. C’est vraiment une improvisation que de venir ici pour faire bouger les choses lorsque vous n’avez aucun moyen d’imposer une solution. Quelle Impertinence.

Ou, comme on dit en hébreu, chutzpah.

Uri Avnery est un écrivain israélien et militant pour la paix avec Gush Shalom. Il est un contributeur au livre de Counterpunch The Politics of Anti-Semitism.

Traduit par Avic

Source : http://www.counterpunch.org/

Christophe Oberlin : Israël … est un état maffieux


800px-mur_separation_jerusalem_est1Le 28 mai 2013 a eu lieu à Paris à l’Institut du Monde Arabe une commémoration du 65ème anniversaire de la Nakba. Ont été invités à s’exprimer notamment Hael Al Fahoum, ambassadeur de Palestine en France, et Christophe Oberlin (*), chirurgien français qui s’est rendu plus d’une trentaine de fois à Gaza. Voici le texte de son excellente intervention qui se démarque des propos convenus habituels.

Christophe_Oberlin_3_texteLa cause palestinienne est une cause universelle, et à ce titre tout citoyen du monde a le droit de faire connaître son avis. Je m’inscris dans cette démarche. Mes voyages réguliers en Palestine, et notamment à Gaza, ont fait l’objet de conférences et de quelques livres, qui ont naturellement la subjectivité et la fragilité du témoignage, j’en suis conscient. Mais ils ont aussi l’avantage de constituer un point de vue « de l’intérieur », de rapporter peut-être ce qui se passe réellement dans l’esprit des Palestiniens du terrain, de ceux qui y vivent et résistent au quotidien.

Mais je voudrais ici évoquer des questions qui, bien que d’ordre général, ne sont que rarement abordées ou approfondies dans nos médias et par nos élus en Occident.
La première question est celle du droit.

Je ne reviendrai pas sur la trentaine de résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU négligées par Israël, où sur le droit International Humanitaire bafoué. Je voudrais insister sur d’autres aspects juridiques.

Au plan international, le conflit israélien « bénéficie » d’un traitement exorbitant. Alors que depuis la fin de la 2ème guerre mondiale l’Organisation des Nations Unies est censée arbitrer les conflits internationaux, voilà que pour le cas unique du conflit israélo-palestinien on a confié la résolution du problème aux Russes, aux Américains, à l’Europe de l’OTAN…. Et enfin à l’ONU qui n’a plus qu’un strapontin à la table de négociation. On mesure ici le succès de l’entreprise de dé-légitimation de l’ONU effectué par Israël. Certains pseudo professeurs de Droit international s’y emploient à temps plein !

Un deuxième pan du droit qui mériterait sans doute aussi d’être respecté est celui… du Droit palestinien lui-même. Sans cela, son propre gouvernement prêterait le flanc à la même critique que ces nombreux gouvernements arabes issus de la décolonisation, et qui sont ébranlés aujourd’hui par les révolutions.

Il faut le dire et le répéter : les lois fondamentales palestiniennes qui font office de Constitution nous disent que, lorsque le président de l’Autorité Palestinienne a terminé son mandat et que de nouvelles élections ne peuvent être tenues, c’est le président du parlement qui lui succède : Aziz Duweik devrait être aujourd’hui le président de l’Autorité Palestinienne.

Les élections législatives de 2006, et les élections municipales qui les ont précédées, ont désigné un vainqueur qui a souhaité intégrer au gouvernement le parti minoritaire. C’est le parti minoritaire qui a refusé, et qui a essayé de refaire les élections dans la rue, de faire un coup d’état, j’en ai été le témoin. Cette tentative a été un échec : le peuple n’en voulait pas. Il faut le reconnaître !

La deuxième notion que je voudrais discuter est la notion d’état. Contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, il n’y a pas de définition précise, réglementaire, juridique de la notion d’état. En particulier il n’entre pas dans les prérogatives de l’ONU de faire ou de défaire les états. Un état, c’est une population animée par un sentiment d’appartenance, sur un territoire donné, sous une loi commune, une force unique chargée de faire respecter la loi, etc. Un état, nous disent les meilleurs juristes, c’est comme un enfant : il est né, il est sous nos yeux : son existence ne dépend ni de sa reconnaissance par ses parents, ni de son enregistrement à l’état civil : un état, c’est un fait ! La Palestine, Philistia, avec ses cinq villes historiques, Gaza (mentionnée sur les temples égyptiens), Ashquelon, Ashdot, Ekron et Gath, existe depuis trois mille ans ! Et elle figure sur toutes les cartes du Proche-Orient sans interruption depuis la plus ancienne carte du monde gravée sur le temple de Karnak en Egypte ! A l’époque moderne, en 1922, la Société des Nations issue de la première guerre mondiale, a reconnu l’état de Palestine, même si elle en a confié le mandat aux Britanniques. Et jusqu’en 1948 les Palestiniens ont bénéficié d’un passeport portant sur sa couverture la mention : « Etat de Palestine ». Un état est un fait, même s’il est sous mandat, ou sous occupation. Et il n’est pas nécessaire d’être enregistré à l’ONU pour constituer un état : les iles COOK, état indépendant, ne sont pas membres des Nations Unies. Elles ont préféré confier leur sécurité et leur politique étrangère à la Nouvelle Zélande toute proche. Mais ceci n’empêche pas les Iles Cook, le cas échéant, de saisir la Cour Pénale Internationale.

Alors bien entendu on ne peut que se réjouir de l’entrée progressive de la Palestine dans les organisations internationales. Mais ceci appelle aussi des commentaires. Par exemple l’intégration de la Palestine à l’UNESCO est une excellente chose. Elle a eu une conséquence imprévue, je dis bien imprévue : la suspension du versement de la cotisation américaine. Mais il faut savoir que la réglementation de l’UNESCO prévoit qu’un état, s’il souhaite se retirer, dépose un préavis de trois ans. Actuellement les Etats-Unis devraient continuer à payer, ce qu’ils ne font pas. Et des programmes entiers de l’agence ont dû être amputés. Logiquement une action juridique de l’UNESCO à l’encontre des Etats Unis devrait être engagée pour non-paiement illégal de leur contribution ; action juridique que la direction actuelle de l’UNESCO n’a pas souhaitée.

Concernant l’intégration de la Palestine à L’ONU, on nous a fait croire que cette intégration était nécessaire pour pouvoir saisir la juridiction internationale pour les crimes de guerre commis par Israël notamment à Gaza en 2009. C’est faux : les mouvements de libération nationale, comme le Fatah, peuvent parfaitement saisir la Cour Pénale Internationale. L’Autorité Palestinienne a d’ailleurs ébauché une demande en ce sens au printemps 2009, avant de faire marche arrière, alors que cette démarche avait été jugée recevable par la CPI.

En face du désormais état palestinien, quelle est la nature de l’état d’Israël ? Nombreux sont ceux qui parlent d’un « état colonial ». Certes en Cisjordanie il existe des colonies. Mais le terme de « colonies » implique une métropole : est-ce le territoire situé à l’intérieur des frontières de 1967 ? Ce serait rayer d’un trait les millions de Palestiniens qui vivent dans des conditions de discrimination inacceptables notamment au Liban, en Syrie, en Jordanie, en Israël même. Non Israël n’est pas un « état colonial » : Israël se dit un « état juif ». Un état réservé à un groupe constitué à titres divers sur les bases d’une religion, d’une philosophie, d’un sentiment d’appartenance. Je refuse pour ma part la constitution d’un groupe sur une base matri-linéaire, génétique. Les races humaines n’existent pas. La race juive n’existe pas. L’ethnie, version actualisée de la race, n’existe pas non plus. Alors l’état d’Israël est le produit d’un Lobby. Et un lobby, par définition, on ne le convainc pas. La « négociation », ça ne sert à rien. On n’oppose pas une diplomatie honnête au mensonge diplomatique. Israël n’est donc pas, stricto sensu, un état colonial, c’est un état tribal, qui utilise des moyens illégaux, c’est un état maffieux.

Alors dans ce contexte, dans ce conflit dont je viens de rappeler les protagonistes, se pose inévitablement la question de donner la parole au peuple, de rentrer dans le Droit, de reconnaître la victoire du parti qui a gagné les élections. La diplomatie occidentale s’est tiré une balle dans le pied en plaçant un mouvement de libération nationale, le Hamas, sur la liste des organisations terroristes. Dix ans plus tard, la position de notre diplomatie est intenable : le Hamas est le parti majoritaire en Palestine, jusqu’à preuve du contraire, et les pays arabes font massivement leur révolution et désignent démocratiquement des dirigeants politiquement proches du Hamas.

Quelle cohérence y-a-t-il à reconnaître la victoire d’Enahda en Tunisie, du PJD au Maroc, de Morsi en Egypte, sans reconnaitre le Hamas ?

Le crime originel du Hamas est de ne pas avoir accepté les accords d’Oslo. Mais aujourd’hui qui peut contester que le Hamas avait raison ? Même l’Autorité palestinienne le reconnaît ! Leila Chahid le dit : « 20 ans de négociations n’ont servi à rien » ! Alors, bien entendu, l’idéal serait un retour aux urnes. Et le Fatah, s’il était éventuellement battu aux élections, et le reconnaissait, retrouverait incontestablement sa légitimité politique. Mais c’est justement parce que cette défaite est hautement probable qu’Israël ne laissera pas avant longtemps des élections libres se tenir en Cisjordanie.

On parle beaucoup d’une soi-disant réconciliation qui serait nécessaire entre Palestiniens. Mais je peux témoigner qu’il n’y a pas eu divorce entre les Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie, sympathisants du Fatah ou du Hamas, des camps de réfugiés, des prisons, des Palestiniens israéliens. Ils souhaitent tous s’exprimer, dans le calme et la fraternité.

Alors si Israël ne veut pas d’élections, peut-on au moins avancer vers la réunion des forces palestiniennes ? Mais qui empêche le Hamas d’intégrer l’OLP ? Combien de représentations diplomatiques à l’étranger ont-elles été confiées au parti qui a gagné les élections ? Quand sera levée cette mesure de Ramallah qui consiste à ne payer les fonctionnaires de Gaza qu’à la condition expresse qu’ils ne travaillent pas ? Quand l’Autorité Palestinienne va-t-elle entreprendre une action devant la juridiction internationale pour les crimes de guerre commis par Israël à Gaza ? « Nous ne le ferons pas, dit-on, ce serait une déclaration de guerre à Israël ». Parce que la Palestine n’est donc pas en guerre ? Les massacres, le siège, la torture, ce n’est pas la guerre ? Si, c’est la guerre, et dans cette logique l’Autorité Palestinienne pourrait aussi démissionner, replaçant alors la Cisjordanie dans sa situation réelle qui est celle de la guerre et de l’occupation, replaçant Gaza dans sa situation réelle qui est celle de la guerre et du siège, replaçant Israël devant ses propres responsabilités.

Alors quelles conclusions peut-on tirer aujourd’hui ?

Il est inutile de se limiter à brandir face à Israël l’argument du droit international. Non seulement c’est inefficace, mais la politique de conquête et d’annexion, alors que le droit est bafoué, contribue peut-être même à renforcer les faits accomplis israéliens. Aux yeux des sionistes se trouve accréditée l’idée de la relativité du droit. Une sorte de jurisprudence du « Non-Droit ». En substance : « Vous vous rendez-compte, si on avait appliqué les résolutions de l’ONU, Israël n’existerait pas, ou si peu ! »

Mais ce n’est pas parce qu’Israël ne respecte pas le droit que les autres parties ne doivent pas le faire : l’ébauche d’un droit de nature démocratique en Palestine, même imparfait, doit être respectée : respect des lois fondamentales palestiniennes, respect du résultats des élections, respect de l’alternance politique, consultation des citoyens sur les questions fondamentales.

Les révolutions arabes ont commencé en Palestine, et la bande de Gaza, même si elle ne s’étend que sur 1% du territoire de la Palestine historique, constitue la tête de pont de la libération de la Palestine : une population, des frontières, une administration, une force de protection unifiée : l’état palestinien est là, en attendant plus.

Alors la seule manière de résoudre équitablement les conflits est de recourir au Droit, à la Justice, en utilisant les outils que les hommes ont construits. L’Organisation des Nations Unies en fait partie. Sa charte en constitue le socle fondamental. Mais certaines règles doivent évoluer, en particulier le fonctionnement du Conseil de Sécurité, ne serait-ce que le droit de véto qui doit être réformé.

Alors, les milliards de la guerre ne pourraient-ils pas être investis dans une paix élaborée par la représentation des nations ? Basée sur une consultation de toutes les populations concernées par le conflit, y compris les réfugiés palestiniens ?

Les peuples, comme les espèces, sont en permanente évolution. L’état de guerre perpétuel n’existe pas. Au bout de la guerre, ou de la négociation pacifique, il y a l’égalité des droits. L’état juif, c’est fini. La libération de la Palestine est inéluctable

Christophe Oberlin
28 mai 2013

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(*) Chirurgien des hôpitaux et professeur à la faculté Denis Diderot à Paris, Christophe Oberlin enseigne l’anatomie, la chirurgie de la main et la microchirurgie en France et à l’étranger. Parallèlement à son travail hospitalier et universitaire, il participe depuis 30 ans à des activités de chirurgie humanitaire et d’enseignement en Afrique sub-saharienne, notamment dans le domaine de la chirurgie de la lèpre, au Maghreb et en Asie. Depuis 2001, il dirige régulièrement des missions chirurgicales en Palestine, particulièrement dans la bande de Gaza où il a effectué près d’une trentaine de séjours.

Christophe Oberlin a écrit de nombreux ouvrages.
Il est notamment coauteur avec Jacques-Marie Bourget de Survivre à Gaza, (éditions Koutoubia, 2009) la biographie de Mohamed al-Rantissi, le chirurgien palestinien frère du dirigeant historique du HAMAS assassiné par l’État d’Israël.
Auteur de Chroniques de Gaza, 2001-2011, (éditions Demi-Lune, 2011)
Coauteur avec Acacia Condes de Bienvenue en palestine, destination interdite. (éditions Encre d’Orient, 2012) http://www.encredorient.com
Il est également le traducteur de Gaza, au carrefour de l’histoire du journaliste anglais Gerald Butt, (éditions Encre d’Orient, 2011).

URL de cet article : http://www.silviacattori.net/article4492.html

Source : Christophe Oberlin

Pourquoi la désinformation fonctionne


Dr. Paul Craig Roberts

Illustration: Truth and LieVous êtes-vous jamais demandé comment la désinformation gouvernementale gagne du terrain ?

Ce que j’ai remarqué, c’est que chaque fois qu’un évènement extraordinaire se produit, tel que le 11/9 ou les attentats  de Boston, presque tout le monde, qu’il soit de droite ou de gauche, adopte l’explication du gouvernement, car ils peuvent accrocher leur ordre du jour à celui du gouvernement.

La Gauche aime les histoires officielles de musulmans créant le chaos terroriste en Amérique, car elles prouvent leur théorie du retour du bâton et les confortent dans l’idée que  les déshérités et les opprimés peuvent se battre contre l’impérialisme.

La droite patriotique aime la version officielle, car cela prouve que l’Amérique est attaquée à cause de sa bonté ou parce que les terroristes sont entrés dans le pays à cause des autorités d’immigration et nourris par le système social, ou parce que le gouvernement, qui ne peut jamais rien faire de bien, a ignoré un certain nombre d’alertes.

Quoi que le gouvernement dise, quel que soit le problème, la version officielle trouvera sa compatibilité avec des prédispositions existantes et les différents agendas politiques.

Dans un tel pays, la vérité n’a aucune importance. Seuls les agendas ont une importance.

On peut le voir partout. Je pourrai écrire des volumes illustrant comment des écrivains motivés par un agenda spécifique à travers le paysage politique, soutiendront des histoires improbables racontées par le gouvernement et ce malgré l’absence de toute preuve, simplement parce que la ligne du gouvernement peut être exploitée pour soutenir leurs programmes.

Par exemple, un écrivain conservateur dans le numéro de Juin de Chronicles, utilise la théorie du gouvernement au sujet des soi-disant terroristes des attentats de Boston, les frères Tsarnaev, pour argumenter contre l’immigration, l’amnistie contre les clandestins et l’asile politique pour les musulmans. Il écrit: “Même le système de sécurité le plus incroyablement sophistiqué échouera inévitablement parce qu’il sera submergé par un flot d’immigrants hostiles et dangereux.”

L’auteur accepte toutes les déclarations improbables du gouvernement comme preuve de la culpabilité des frères Tsarnaïev. Le frère blessé qui a été incapable de répondre à la propriétaire du bateau qui l’a découvert et a dû être mis sous assistance respiratoire a réussi à écrire une confession à l’intérieur du bateau.

Dès que les autorités ont eu le frère blessé bouclé dans un hôpital en soins intensifs, des “officiels anonymes” plantèrent un narratif dans les médias pour dire que le suspect était en train de signer des confessions écrites de sa culpabilité tout en étant placé en réanimation ; mais nous savons que ces confessions existent puisque le gouvernement et les médias nous le disent.

L’auteur conservateur sait que Djokhar est coupable parce qu’il est musulman et tchétchène. Ainsi, il n’apparaît aucunement à l’auteur de se demander quel pourrait bien être l’agenda des sources anonymes qui sont si occupées à créer la culpabilité des frères. Ceci assure qu’aucun juré n’osera voter un acquittement et devra expliquer son acte à sa famille et ses amis. Le concept d’innocent jusqu’à preuve du contraire dans une cour de justice, a été jeté par la fenêtre. Ceci devrait inquiéter cet auteur conservateur, mais ce n’est pas le cas.

Cet auteur voit le fait d’être tchétchène comme une indication de culpabilité alors même que les deux frères ont grandi aux Etats-Unis comme des Américains normaux, parce que les Tchétchènes sont “engagés dans un djihad anti-russe”. Mais les Tchétchènes n’ont aucune raison d’être hostiles envers les USA. Comme preuves, Washington soutient les Tchétchènes dans leur conflit contre la Russie. En soutenant le terrorisme tchétchène, Washington viole toutes les lois qu’il applique impitoyablement à des citoyens américains compatissant qui donnent aux œuvres caritatives palestiniennes que Washington affirme être gérées par le Hamas, déclaré organisation terroriste par ce même Washington.

Il n’apparaît pas à cet auteur conservateur qu’il y a quelque chose qui ne va pas lorsque la loi martiale est appliquée sur une des principales villes américaine et sa zone métropolitaine, que plus de 10 000 soldats lourdement armés sont mis dans les rues avec des véhicules blindés et les citoyens sont sommés de sortir de chez eux avec leurs mains sur la tête, tout cela pour rechercher un seul suspect de 19 ans, blessé. Au lieu de cela, l’auteur accuse “l’état de surveillance” pour “les conséquences inévitables du libéralisme suicidaire”, qui a adopté “le plus vieux pêché du monde: la rébellion contre l’autorité.” L’auteur se délecte tellement de pouvoir utiliser la ligne directrice du gouvernement comme moyen de se livrer à la romance conservatrice avec l’autorité et de porter des coups au libéralisme, qu’il ne voit pas qu’il s’est mis sur une ligne opposée de celle des pères fondateurs qui ont signés la Déclaration d’Indépendance et se sont rebellés contre l’autorité.

J’aurai tout aussi bien pu utiliser un écrivain de gauche pour montrer que des explications improbables sont acceptables si elles sont en accord avec des prédispositions et peuvent être employées pour satisfaire un agenda particulier.

Qu’on y pense. N’est-il pas extraordinaire que les seules enquêtes réelles qui ont été faites sur des évènements comme le 11 Septembre ou le marathon de Boston, sont des enquêtes privées, comme cette enquête sur les sacs à dos:

http://whowhatwhy.com/2013/05/20/official-story-has-odd-wrinkles-a-pack-of-questions-about-the-boston-bombing-backpacks/

Il n’y a pas eu d’enquête sur le 11 Septembre. En fait, la Maison Blanche a résisté à toute demande d’enquête pendant un an et ce malgré les demandes insistantes faites par les familles des victimes. Le NIST n’a fait aucune enquête. Le NIST a juste construit un modèle informatique compatible avec la théorie du gouvernement. La commission sur le 11 Septembre s’est juste réunie pour écouter l’explication gouvernementale et la transcrire sur papier. Ceci ne constitue en rien des enquêtes.

Les seules recherches et enquêtes proviennent d’un physicien qui a prouvé que la tour 7 du WTC s’est effondrée à la vitesse de la chute libre et que c’était le résultat d’une démolition contrôlée; et par une équipe de scientifiques qui ont examinés la poussière des tours du WTC et y ont trouvé de la nano-thermite, par une équipe d’architectes et d’ingénieurs du génie civil ayant des décennies d’expérience sur le terrain, et par les équipes de premiers secours et les pompiers qui étaient sur place, dans les tours pour certains et qui ont vus et entendus des explosions partout dans les tours, y compris dans les sous-sols.

Nous avons atteint un point où la preuve n’est plus nécessaire. Les déclarations du gouvernement suffisent. Seuls des complotistes excentriques produisent de vraies preuves.

En Amérique, les déclarations du gouvernement ont une autorité unique. Cette autorité provient du chapeau blanc que portaient les Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale et la guerre froide qui s’en est suivie. Il était très facile de diaboliser l’Allemagne nazie, le communisme soviétique et le maoïsme chinois. Même aujourd’hui, lorsque des organes de presse russes me questionnent sur l’état périlleux des libertés civiles aux Etats-Unis et les attaques militaires incessantes de Washington dans des pays étrangers, je reçois parfois des messages de quelques Russes qui croient qu’un imposteur a été interrogé par leurs médias et non pas le véritable Paul Craig Roberts. Il y a des Russes qui croient que c’est le président Reagan qui a amené la liberté en Russie et comme j’ai servi dans le gouvernement Reagan, ces citoyens russes m’associent avec leur vision de l’Amérique comme étant une lumière pour le monde. Certains citoyens russes pensent vraiment que les guerres de Washington sont vraiment des guerres de libération.

Les mêmes illusions règnent parmi les dissidents chinois. Chen Guangchen est le dissident chinois qui chercha refuge dans l’ambassade des Etats-Unis en Chine. Il a été interviewé récemment par le BBC World Service. Il croit sincèrement que les Etats-Unis protègent les droits de l’Homme tandis que la Chine les supprime. Il s’est plaint à la BBC qu’en Chine la police arrête des citoyens et les maintient en détention pendant six mois sans le dire à personne. Il pense que les Etats-Unis et le Royaume-Uni devraient publiquement protester contre cette violation des droits individuels, des droits de l’Homme. Apparemment Chen Guangchen n’est pas au courant que les citoyens des Etats-Unis sont soumis à des mesures de détention indéfinie sans recours légal, sans avocat et même sujet à des assassinats extra-judiciaires.

Le gouvernement chinois a permis à Chen Guangchen de quitter la Chine sans encombre et de vivre aux Etats-Unis. Chen Guangchen est tellement imbu de ses illusions sur l’Amérique comme le phare des droits de l’Homme dans le monde qu’il ne lui est jamais apparu que le gouvernement chinois si oppresseur et violeur des droits de l’Homme lui a donné un passage libre vers l’extérieur, mais que quelqu’un comme Julian Assange, auquel l’asile politique a été accordé par l’Équateur, est toujours confiné dans l’ambassade de ce pays à Londres, parce que Washington ne permet pas à son état marionnette de Grande-Bretagne de lui donner sauf-conduit vers l’Équateur.

Peut-être que Chen Guangchen et les dissidents russes et chinois qui sont si épris des Etats-Unis, pourraient gagner un peu de hauteur de vue s’ils lisaient le livre du soldat Terry Holdbrooks au sujet du traitement donné aux prisonniers de Guantanamo Bay. Holdbrooks était là-bas, il fit partie du système de détention et voici ce qu’il a dit à la chaîne de télévision russe anglophone Russia Today (RT): “La torture et les méthodes d’extraction d’information que nous avons utilisées ont certainement créé beaucoup de doute et de questions dans mon esprit quant à savoir si cela était compatible avec mon Amérique. Mais j’ai bien réfléchi à ce que nous faisions là-bas et de la façon dont nous le faisions, cela ne ressemblait pas du tout à l’Amérique que je m’étais engagé de défendre. Cela ne ressemblait pas du tout à l’Amérique dans laquelle j’avais grandi et cela en soi, fut une énorme expérience de désillusion.”

http://rt.com/news/guantanamo-guard-islam-torture-608/

Dans un article du Wall Street Journal du 17 Mai, Peggy Noonan écrivit que la grandeur d’âme du président Obama en avait pris un coup. Qu’avait donc bien pu faire Obama pour l’amener à cette perte de lui-même ? Est-ce parce qu’il s’assoit dans le bureau ovale pour approuver la liste de citoyens américains qui doivent être assassinés de façon extra-judiciaire ? Est-ce parce qu’il fait détenir des citoyens américains indéfiniment sans recours judiciaire en violation du Habeas Corpus ? Est-ce parce qu’il maintient ouverte la prison de torture de Guantanamo ? Est-ce parce qu’il continue les guerres que les néo-conservateurs ont commencées, malgré ses promesses de les terminer et d’en avoir commencé de nouvelles ?

Est-ce parce qu’il fait attaquer des gens dans leur maison avec ses drones, ainsi que des centres médicaux et des endroits de la vie de tous les jours dans des pays avec lesquels les Etats-Unis ne sont pas en guerre ? Est-ce parce que son gouvernement corrompu espionne les citoyens américains sans mandats et sans cause ?

Non. C’est pour aucune de ces raisons. D’après Noonan, ceci ne constitue pas le pourquoi les présidents, même démocrates, perdent de leur âmes. On ne peut plus avoir confiance en Obama, par que le fisc a harcelé quelques activistes politiques conservateurs.

Noonan est républicaine et ce qu’Obama a fait de mal a été d’utiliser l’IRS (le fisc) contre quelques républicains. Apparemment, il ne vient pas à l’esprit de Noonan que si Obama, ou quelque président que ce soit, peut utiliser l’IRS contre ses adversaires politiques, il peut utiliser le Département de la Sécurité Intérieure et la police contre eux. Il peut utiliser la détention indéfinie contre eux. Il peut utiliser des drones contre eux.

Tous ces éléments sont des mesures bien plus graves. Pourquoi Peggy Noonan ne se sent-elle pas concernée ? Parce qu’elle pense que ces mesures ne seront utilisées que contre des terroristes, juste comme le fisc est supposé n’être utilisé que contre les fraudeurs.

Quand une population et les commentateurs qui sont supposés l’informer acceptent l’effondrement de l’autorité constitutionnelle et la mise au placard de leurs libertés civiles et fondamentales, se plaindre du fisc n’a aucun sens.

http://www.paulcraigroberts.org/2013/05/23/why-disinformation-works-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120 Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Traduction Avic

En Amerika L’état de droit n’existe plus: l’extermination de la vérité


Caricature justice et injustice

Au XXIème siècle, les Américains ont fait l’expérience d’un extraordinaire effondrement de l’Etat de Droit et de leurs protections constitutionnelles. Aujourd’hui, les citoyens américains, naguère un peuple libre et protégé par la loi, peuvent être assassinés et détenus indéfiniment en prison, sans qu’aucune preuve prouvant leur culpabilité ne soit apportée devant une cour de justice; ils peuvent être condamnés à la prison sur la seule base de témoignages secrets rendus par des témoins anonymes qui ne font l’objet d’aucun examen contradictoire. Le “système de justice” américain a été transformé par les régimes Bush et Obama en un “système judiciaire” digne de l’Allemagne gestapiste et de la Russie stalinienne. Il n’y a aucune différence.

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