Archives du mot-clé Pékin

Pékin prépare l’extension de sa zone de défense aérienne


i12_RTR34Q2VLes États-Unis ont multiplié les messages de mise en garde à Pékin alors que celui-ci se prépare à étendre sa zone de défense aérienne au Sud de la mer de Chine, au risque d’entrer en conflit avec le Vietnam, les Philippines et la Malaisie. Lire la suite Pékin prépare l’extension de sa zone de défense aérienne

Chine: une armée de l’ombre?


chinese_soldierCe n’était qu’une rumeur très limitée, voire une petite légende urbaine au sein des cadres « branchés » du Parti communiste chinois. Cependant, à l’académie des sciences militaires de Pékin, on commence à peine à évoquer ce sujet « sensible »: la Chine serait-elle en train de constituer dans le plus grand secret une seconde armée de l’ombre? Où bien s’agit-il d’une sorte de milice de défense civile utile en période d’urgence, de crise ou de catastrophe naturelle? Lire la suite Chine: une armée de l’ombre?

Incident évité de peu entre des navires militaires chinois et américain (Pentagone)


CHINA-ADIZUn bateau de la Marine chinoise s’est dangereusement rapproché d’un navire de guerre américain la semaine dernière en mer de Chine, évitant de peu l’incident en pleines tensions entre Pékin et Washington, ont annoncé des responsables du Pentagone vendredi.

L’USS Cowpens, un croiseur lance-missiles, a été forcé de manoeuvrer pour éviter d’entrer en collision avec le navire chinois qui lui avait coupé la route avant de s’arrêter, selon des officiers de marine et des responsables de la Défense. Lire la suite Incident évité de peu entre des navires militaires chinois et américain (Pentagone)

La Chine veut devenir un géant mondial de l’or


La Chine a lancé une vaste offensive sur le marché de l'or ces derniers mois.  Reuters
La Chine a lancé une vaste offensive sur le marché de l’or ces derniers mois.                Reuters

Depuis deux ans, la Chine s’est lancée dans une politique d’achats massifs d’or. Les acquisitions de métal précieux auraient permis à l’Empire du milieu de devenir officieusement le 2e pays au monde pour ses réserves.

Métaux précieux

Une première salve avait été tirée en 2009: 454 tonnes d’or acquises en quelques mois. Pour les analystes, cette offensive corrigeait une incohérence économique: géant économique, l’Empire du milieu restait une puissance modeste sur le plan des réserves en métal précieux.

Sur les derniers mois, le stock a gonflé de près de 100 tonnes par mois.      Reuters
Sur les derniers mois, le stock a gonflé de près de 100 tonnes par mois. Reuters

Ces deux dernières années, les autorités financières chinoises ont passé la vitesse supérieure: plus de 2500 tonnes d’or auraient rejoint les réserves nationales chinoises, soit autant que le montant total des stocks d’or français (2435,4 tonnes d’or). Et en 2013, la barre des 1000 tonnes devrait être franchie. Jamais aucun pays n’avait acheté un tel volume de métal jaune en une année. Le seul premier semestre avait vu les réserves gonfler de 700 tonnes (54% de plus que sur la même période de 2012).

L’or est au plus bas depuis trois ans

L’Asie se positionne désormais comme le continent qui attire le métal jaune: en dehors des pays du Moyen-Orient très gourmands traditionnellement, les deux principaux importateurs mondiaux sont désormais l’Inde et la Chine.

Des achats d’or renforcés par la moindre tension sur le marché du métal précieux: à moins de 1300 dollars l’once d’or lundi 11 novembre, les circonstances sont favorables à des acquisitions, plus qu’elles ne l’ont été depuis plus de trois ans… et la dernière vague d’achat massif.

La Chine est devenue le premier importateur mondial d'or, tandis que le produit de ses mines est conservé dans le pays.     Reuters
La Chine est devenue le premier importateur mondial d’or, tandis que le produit de ses mines est conservé dans le pays. Reuters

Mais la Chine ne se contente pas d’acheter l’or à l’étranger. La production de ses mines monte en puissance: elle «devrait atteindre 430 tonnes cette année, contre seulement 403 tonnes l’an dernier», explique Du Haiqing, vice-directeur général de China Gold Group Corp, l’un des principaux producteurs.

Pékin maintient le flou sur ses stocks

Difficile pourtant de mesurer précisément le stock d’or détenu par Pékin: le pays conserve une certaine opacité en matière d’achats mais aussi de volume des stocks. Pour mesurer les fluctuations, les experts en sont réduits à scruter les transactions sur le marché de Hong-Kong, porte d’entrée de l’or mondial en Chine.

La banque centrale des Etats-Unis stocke le plus d'or au monde: 8133,5 tonnes en octobre 2013.     Keystone
La banque centrale des Etats-Unis stocke le plus d’or au monde: 8133,5 tonnes en octobre 2013. Keystone

Tenu à s’en fier aux informations officielles, le World Gold Council continue donc d’afficher début novembre un stock d’or de 1054,1 tonnes pour la Chine, ce qui placerait le pays au 6e rang mondial, juste devant la Suisse (1040,1t).

En fait, des estimations d’experts basées sur les mouvements du marché de l’or à Hong-Kong et la production des mines chinoises chiffrent le stock de Pékin à plus de 3390 tonnes. Ce qui propulserait le pays au 2e rang mondial, derrière les États-Unis (8133,5t), mais désormais devant l’Allemagne (3390,6t).

La Deutsche Bundesbank détient 3390,6 tonnes d'or.      Reuters
La Deutsche Bundesbank détient 3390,6 tonnes d’or. Reuters

Du dollar à l’or, pour soutenir le yuan

Et ces achats d’or s’intègrent dans une stratégie globale: fondé en 2002, le Shanghai Gold Exchange (SGE) est devenu la première place d’échange mondial du métal jaune, avec 1000 tonnes qui changent annuellement de mains (40% de la production mondiale annuelle). De plus, les banques chinoises ont des consignes pour investir dans les mines à travers le monde.

La banque centrale de Chine aurait désormais amassé plus de 3390 tonnes d'or, dépassant l'Allemagne, mais le pays ne publiant pas ses stocks, ce chiffre est basé sur des estimations d'experts.     AFP
La banque centrale de Chine aurait désormais amassé plus de 3390 tonnes d’or, dépassant l’Allemagne, mais le pays ne publiant pas ses stocks, ce chiffre est basé sur des estimations d’experts. AFP

Avec une augmentation estimée à 100t par mois en moyenne ces derniers temps, la Chine pourrait rattraper et supplanter les États-Unis à l’horizon 2017. Mais quel est le but poursuivi par les dirigeants de Pékin? Pour obtenir la réponse, il convient de passer du métal précieux au papier-monnaie: le yuan.

Pendant des décennies, la Chine a bâti sa politique monétaire sur le dollar, multipliant les achats de billets verts (les réserves seraient de plus de 5000 milliards de dollars). Or, les émissions massives de dollars par la Fed (réserve fédérale américaine) ont eu pour effet de faire chuter la valeur de ces réserves.

Zhou Xiaochuan, directeur de la banque centrale chinoise, pilote une politique visant à assoir la stabilité du yuan en s'appuyant sur le stock d'or.     Reuters
Zhou Xiaochuan, directeur de la banque centrale chinoise, pilote une politique visant à assoir la stabilité du yuan en s’appuyant sur le stock d’or. Reuters

Convertibilité en vue pour la devise chinoise

Pour Pékin, il s’agit donc de miser sur d’autres garanties. Après le billet vert, place au métal jaune. Et ce dernier pourrait offrir une plus grande stabilité au yuan, notamment en vue de sa convertibilité.

La devise chinoise souffre actuellement d’un manque de confiance de la part des marchés financiers. Des réserves d’or conséquentes pourraient changer la donne. Et certains prévoient déjà un basculement entre le dollar et le yuan comme monnaie de référence mondiale entre 2025 et 2030.

Matthieu Hoffstetter

http://www.bilan.ch/argent-finances/la-chine-veut-devenir-un-geant-mondial-de-lor

La Chine part en guerre contre l’hégémonie du dollar


china_-_yuan_and_dollarsRécemment, Pékin a annoncé qu’il allait autoriser, dans une région incluant la ville de Shanghai une expérience y autorisant les entreprises et les banques, chinoises ou étrangères, à convertir librement des devises en yuans et des yuans en devises.

Et ce non seulement pour leurs opérations commerciales avec l’étranger mais aussi pour toutes leurs opérations financières. Cela constitue un pas considérable en direction de la pleine convertibilité du yuan.

Pour comprendre ce qui se passe, il faut répondre successivement à deux questions.

Pourquoi Pékin a-t-il maintenu le yuan inconvertible jusqu’à ce jour ?

Depuis qu’en 1978, Pékin a abandonné le collectivisme pour revenir au capitalisme, il a opté avec succès pour une stratégie de développement mercantiliste. En clair, Pékin s’est employé à dynamiser fortement et durablement ses exportations de produits manufacturés tout en limitant le plus possible ses importations ; grâce à cela, Pékin a obtenu des excédents commerciaux colossaux et renouvelés.

Cela a contribué à la fois à une formidable dynamisation de la production et de l’emploi et à la constitution de réserves de change colossales et croissantes. Succès multidimensionnel : industriel, commercial, économique et financier. Mais si Pékin a pu renouveler de tels succès depuis 1978 et plus encore depuis 2001 (et son entrée à l’OMC), c’est parce qu’il s’est protégé. En effet, la rançon habituelle pour un pays qui marque des scores favorables en matière de commerce extérieur, c’est que sa monnaie subit de fortes pressions haussières sur le marché des changes. Si le pays considéré ne parvient pas à contrecarrer ces pressions haussières sur sa monnaie, sa monnaie s’apprécie, sa compétitivité initiale se résorbe, et in fine, son commerce extérieur risque de devenir déficitaire.

C’est pour cette raison que les pays mercantilistes se donnent les moyens de résister à cette « rançon du succès » en matière commerciale. Le plus souvent, ils décident de pratiquer des interventions de change : la banque centrale du pays se charge de vendre sa monnaie nationale contre devises pour équilibrer les achats de sa monnaie par les opérateurs étrangers. La Chine a pratiqué à très grande échelle de telles interventions depuis 1978 et plus encore depuis 2001.

C’est d’ailleurs le cumul de toutes ces opérations quotidiennes qui a constitué des réserves de change colossales au nom de la Chine : 3.000 milliards de dollars américains officiellement, 5.000 milliards en réalité (si on ajoute les réserves de Hong Kong à celles de la République populaire de Chine et si on tient compte des réserves stockées dans les Sovereign Wealth Funds à côté de celles qui sont stockées dans les banques centrales). Encore ce gonflement énorme des réserves de change de la Chine a-t-il été fortement limité par l’inconvertibilité du yuan qui prévaut en Chine depuis 1949 : les opérations financières qui ne sont pas expressément autorisées y sont interdites.

En clair, Pékin laisse entrer en Chine les flux de capitaux étrangers qui correspondent aux investissements des multinationales occidentales en joint-ventures (opérations que Pékin autorise et qu’il recherche) ; mais Pékin interdit les flux de capitaux étrangers qui correspondraient à de simples placements financiers en yuan (particulièrement ceux cherchant à spéculer sur une appréciation du yuan). Si le yuan avait été rendu très tôt convertible, on aurait sans doute eu à la fois une appréciation beaucoup plus importante du yuan contre dollar et contre euro et un gonflement encore plus important des réserves de change de la Chine, toutes choses que Pékin redoutait et refusait.

Pourquoi Pékin choisit-il désormais de rendre prochainement le yuan convertible ?

Essentiellement parce que depuis 2005 et plus nettement encore depuis 2008, Pékin multiplie les initiatives pour détrôner le dollar de son statut privilégié de monnaie du monde en sorte que ce soit sa monnaie, le yuan, qui à son tour devienne la monnaie du monde.

La Chine a déjà dépassé les Etats-Unis sur le plan industriel (1er rang pour la production manufacturière depuis 2010), sur le plan commercial (1er rang pour les exportations de produits manufacturés, avec 15,4% des exportations mondiales de produits manufacturés en 2011), sur le plan économique (le PIB officiel de la Chine en 2012 est encore inférieur de 20% à celui des Etats-Unis mais son PIB bien calculé dépasse déjà sans doute celui des Etats-Unis) et sur le plan financier (avec ses réserves de change colossales, la Chine est désormais devenue la puissance financière incontournable de la planète).

Dans sa stratégie qui vise à ravir aux Etats-Unis leur hégémonie mondiale, Pékin s’est assigné de longue date de dépasser les Etats-Unis y compris sur le plan monétaire. En clair Pékin s’efforce à ce que le yuan ravisse au dollar son statut privilégié de monnaie du monde.

Quel est l’enjeu ? Muni de sa puissance financière, Pékin marque déjà beaucoup de points face à Washington. C’est Pékin et non plus le FMI ou encore moins Washington qui se trouve désormais sollicité par les gouvernements des pays étrangers quand ils se trouvent en difficulté pour financer leur dette publique et/ou leur dette extérieure ; c’est donc Pékin et non plus Washington qui se trouve en situation de vassaliser les pays de la planète les plus affaiblis. Cela s’était déjà vérifié en 2011 quand Pékin s’était fait prier pour accorder des financements aux pays de l’Europe du sud en détresse.

Cela se vérifie aujourd’hui avec la création à l’initiative de Pékin d’un fonds de solidarité financière pour 100 milliards $ en faveur des BRICS (la Chine contribuant à ce fonds à hauteur de 44 milliards $ à elle seule). De la même façon, Pékin peut se permettre des budgets militaires qui restent très dynamiques et très ambitieux du fait qu’il dispose de réserves de change colossales et croissantes alors même que Washington, enfoncé dans une dette extérieure qui devient vertigineuse, s’est vu obligé de réduire son budget militaire en 2012/2013.

A travers ces deux exemples, on mesure déjà comment, pour s’être assuré la suprématie financière, Pékin bénéficie d’une dynamique géopolitique très favorable. Mais si à sa suprématie financière, Pékin ajoutait maintenant une suprématie monétaire, la dynamique géopolitique évoluerait plus nettement encore en sa faveur.

On oublie trop facilement le privilège dont bénéficient les Etats-Unis, celui d’émettre la monnaie du monde, la monnaie dans laquelle sont facturées et réglées les matières premières qui sont exportées sur la planète, la monnaie que les banques centrales des pays tiers acceptent d’accumuler, en bonne part parce qu’elle constitue un bon d’achat sur les matières premières.

C’est en recourant à ce privilège que les Etats-Unis ont par exemple pu financer sans ambages la guerre des étoiles (qui leur permit de défaire l’URSS) : entre 1980 et 1989, Washington n’eut pas besoin de recourir à une augmentation de la pression fiscale ; les dollars nécessaires furent émis par le système bancaire américain et les banques centrales étrangères s’empressèrent d’accumuler dans leurs caisses, ceux des dollars qui aboutissaient à l’extérieur des Etats-Unis. Washington put ainsi financer sa course aux armements sans douleur fiscale.

Et c’est à nouveau grâce à ce privilège que depuis 2008, les Etats-Unis ont pu solliciter massivement leur planche à billets de la Federal Reserve pour financer leurs énormes déficits budgétaires.

On constate ainsi les multiples avantages que les Etats-Unis retirent du statut privilégié du dollar. Cela n’échappe pas à la vigilance de Pékin. Très logiquement, dans la confrontation croissante qu’il impose aux Etats-Unis, Pékin est bien décidé à enlever aux Etats-Unis leur privilège monétaire pour se l’attribuer.

Depuis 2005 et plus encore depuis 2008, l’axe principal de son offensive consiste à disqualifier le dollar pour convaincre les banques centrales des pays tiers de délaisser le dollar et de diversifier davantage leurs réserves de change.

Dans cette optique, Pékin, aidé par Moscou, a en particulier catalysé le formidable mouvement haussier sur le prix de l’or en dollar. La hausse du cours de l’once d’or de 250 à 1900 $ entre début 2001 et début 2011 était un formidable camouflet infligé au dollar : elle constituait pour Pékin un formidable argumentaire pour affirmer, devant les banques centrales des pays tiers, que le dollar ne méritait plus de rester la monnaie de réserve du monde.

La Federal Reserve et la Maison Blanche ne s’y sont pas trompées. Cette hausse de l’or devenait très embarrassante et très inquiétante pour le statut du dollar. C’est en bonne part pour cette raison que selon nous ils précipitent, plus vite qu’anticipé, le retrait progressif des Etats-Unis de la planche à billets. Les premières annonces en cette matière datent du 10 avril 2013 quand le prix de l’or était encore à 1.577 $. Dans les deux séances qui suivirent, l’or chuta de 8%. La confirmation du plan de la Federal Reserve au fil des semaines finit même par ramener le prix de l’or à 1.200 $ le 19 juin. Depuis, l’or s’est un peu renchéri mais ne parvient plus à casser durablement la barre de 1.400 $.

Pour le moment, pour avoir ainsi réussi à ramener en 30 mois le prix de l’once d’or de 1.900 à 1400 $, les autorités américaines marquent un point important contre Pékin et sont peut-être en train de mettre en échec l’offensive chinoise sur le front de l’or. Parce que la monnaie du monde constitue un enjeu décisif, la Chine contre-attaque. Puisque les Etats-Unis sont décidés à résister et à protéger le statut privilégié du dollar, Pékin se décide à jouer un atout majeur : il annonce, plus tôt qu’anticipé, un plan de passage du yuan inconvertible au yuan convertible.

Jusqu’à présent, Pékin opposait seulement l’or au dollar. Désormais, Pékin proposera aux banques centrales des pays tiers, une deuxième alternative concrète au dollar, celle du yuan convertible.

La longue bataille pour la monnaie du monde entre dans une nouvelle phase.

Antoine Brunet

IRIB

Via Cameroon Voice

À Pékin, le métro se paie en échange de bouteilles en plastique


Tribune libre Résistance

pekin_recyclageUn État digne de ce nom est un État qui résout (ou tente de résoudre) les problèmes systémiques en imposant des politiques visant à obtenir des résultats. Un exemple qui nous vient de Chine – pays me direz-vous qui a encore beaucoup de progrès à faire en matière de protection des travailleurs et de l’environnement – illustre « plastiquement » ce concept.

Le métro de Pékin permet aux passagers de voyager gratuitement en échange de bouteilles de plastiques usagées. Les voyageurs peuvent de cette façon contribuer à la préservation de l’environnement tout en économisant de l’argent.

Ainsi, chaque usager pourra recharger sa carte de transport en insérant des bouteilles dans des machines futuristes. Se déplacer librement sur les huit lignes et cent-cinq stations de la capitale chinoise « coûtera » ainsi une vingtaine de bouteilles plastiques.

Seule la ligne 10 est actuellement concernée par l’installation de ces machines à recycler. Le service est encore en phase d’essai. Mais les autorités chinoises comptent bien équiper dans les prochains mois le réseau métropolitain de quelque 3.000 machines, tout en envisageant la possibilité d’étendre ce service aux autobus et aux autres transports en commun.

Cette innovation permet non seulement de favoriser le recyclage en incitant le public à acquérir les réflexes écologiques, mais aussi de favoriser l’utilisation des transports en commun.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/

Syrie : le nerf de la guerre


homs combatsFace à une nouvelle tentative américaine de faire chuter un régime ami, Moscou et Pékin n’ont aucune envie de se limiter comme jadis à des protestations à l’Onu. Ils ont mis en oeuvre un programme coordonné à long terme –visiblement- visant à octroyer à la Syrie une aide économique, politique, militaire et technique.

Fin juin, le vice-premier ministre syrien Qadri Jamil expliquait au Financial Times le mécanisme de survie de l’économie et de l’Etat syriens dans le contexte de guerre. Ces informations permettent de tirer quelques constats sur la nature du conflit syrien.

Qadri Jamil a notamment indiqué que la Russie, la Chine et l’Iran mettaient en oeuvre un programme d’aide à l’économie syrienne et fournissaient au pays tout le nécessaire pour poursuivre la guerre: des produits pétroliers, des aliments et des fonds financiers.

Les échanges avec ces pays s’effectuent avec leurs devises nationales, ce qui permet d’éviter d’éventuelles sanctions de la part des Etats-Unis. «L’appui des Russes, des Chinois et des Iraniens est toujours une bonne chose», affirme Qadri Jamil.

Ces livraisons sont assurées par les navires russes, ce qui explique la nécessité d’une présence continue de la marine russe près des côtes syriennes, aussi bien que le sens réel des déclarations des chefs militaires russes concernant une présence permanente des bâtiments de guerre russes en Méditerranée. Les fournitures de pétrole, à elles seules, atteignent 500 millions de dollars par mois.

Si les actions de l’Iran dans le conflit syrien -ce dernier a octroyé à Damas un crédit illimité – sont tout à fait compréhensibles, l’attitude de la Russie et de la Chine pourrait révéler le début d’une nouvelle étape de leur coopération internationale.

Face à une nouvelle tentative américaine de faire chuter un régime ami, Moscou et Pékin n’ont aucune envie de se limiter comme jadis à des protestations à l’Onu. Ils ont mis en oeuvre un programme coordonné à long terme –visiblement- visant à octroyer à la Syrie une aide économique, politique, militaire et technique. Le tout malgré une pression montante de la part des Etats-Unis. La Russie a donc envoyé ses navires vers la zone de conflit afin de garantir la réalisation de ce programme et il est possible que la Chine ait joué un rôle plus important dans les efforts économiques visant à épauler la Syrie.

A l’heure actuelle, il semble que cette première tentative de confrontation ouverte avec l’Occident sur le territoire d’un pays tiers fonctionne. Les troupes de Bachar al-Assad ont en effet enregistré un certain nombre de succès militaires ces derniers temps. Et même si l’Etat syrien chutait, sa résistance de deux ans démontrerait que la Russie et la Chine sont en mesure de soutenir de manière efficace leurs amis sous pression occidentale.

Si le gouvernement syrien l’emportait, cela créerait une situation inédite: jusqu’à présent les capacités politiques et militaires des Etats-Unis ont toujours suffit pour isoler et écraser n’importe quel régime indésirable dans un pays du tiers-monde. Aujourd’hui l’exemple syrien témoigne du fait qu’un régime sous pression américaine pourrait compter sur une aide efficace.

Mais pourquoi la Syrie est-elle le lieu de cette confrontation des intérêts occidentaux avec ceux de la Russie et de la Chine? Moscou et Pékin considèrent probablement les actions américaines en Syrie comme une composante importante d’un plan stratégique de Washington, qu’il faut torpiller à tout prix.

Vedomosti

http://afrique-asie.fr/menu/moyen-orient/5875-syrie-le-nerf-de-la-guerre.html

Pourquoi Édouard Snowden a-t-il choisi Hong Kong ?


hong_kong_nightBeaucoup de monde dans les médias américains se demande pourquoi le plus célèbre dénonciateur de l’Amérique, âgé de 29 ans, Edward Snowden, est allé se planquer dans la ville-État de Hong Kong, appartenant à part entière à la République populaire de Chine, pour y chercher refuge, même temporaire.

Hong Kong a un traité d’extradition avec les Etats-Unis, disent-ils. Et comme pour la Chine, qui contrôle les affaires internationales de la Région administrative spéciale de Hong Kong, tout en lui accordant l’autonomie locale pour régir ses affaires internes, ses dirigeants « ne veulent pas irriter les Etats-Unis » à un moment où l’économie chinoise marque le pas.

Ces gens n’ont pas beaucoup de compréhension de Hong Kong ou de la Chine.

En tant que quelqu’un qui a passé près de sept ans en Chine et à Hong Kong, permettez-moi de présenter mes réflexions sur les raisons qui ont poussé Snowden, de toute évidence un homme très avisé en dépit de son manque d’éducation universitaire, à faire ce choix.

Tout d’abord, oubliez le traité d’extradition de Hong Kong. Quand il s’agit de décider si une personne doit être extradée, en particulier pour un crime politique, par opposition à un simple meurtre ou braquage de banque, la décision sera prise à Pékin, pas dans une salle d’audience de Hong Kong. Deuxièmement, Hong Kong a une longue histoire de fournisseur d’asile aux dissidents – même à des dissidents recherchés par le gouvernement chinois. Ça avait été le cas, par exemple, de l’activiste du mouvement ouvrier chinois Han Dongfang, qui avait fait l’objet d’un coup de filet massif après les manifestations de Tiananmen, mais qui avait réussi à s’enfuir à Hong Kong avant la rétrocession de la place par la Grande-Bretagne à la Chine, et qui continue toujours de surveiller les conflits de travail et les protestations ouvrières à partir de son domicile sur l’île Lamma de Hong Kong. Hong Kong a aussi une population très favorable aux valeurs démocratiques – certainement bien plus que la majorité des citoyens américains. Les habitants de Hong Kong peuvent ne pas accorder trop d’importance à la situation de Snowden pour le moment, mais si les Etats-Unis devaient rechercher activement à l’extrader, je suis convaincu que toute la ville se soulèverait pour le soutenir, y compris les médias locaux.

Quant à la Chine, alors que l’affaire soulevée par Snowden est en cours – l’exposition d’un programme d’espionnage orwellien ciblant le peuple américain et géré par l’ultrasecrète NSA – ce n’est certainement pas une affaire dont le gouvernement chinois aimerait discuter étant donné leur propre société verrouillée. Vous pouvez parier que les gens du Bureau de la Propagande à Pékin, et dans le cercle intime du gouvernement, se frottent les mains avec allégresse à la fois à cause de l’embarras incroyable provoqué par l’hypocrisie des Etats-Unis mise en lumière par leur hôte Snowden, et aussi à cause de la mine de renseignements de sécurité qu’il a en sa possession, et qu’ils peuvent peut-être l’amener à divulguer s’ils le traitent bien.

Et puis, il y a la question du concept confucéen du don et obligations réciproques. Ce n’était, j’en suis sûr, pas par hasard que Snowden a choisi le week-end où le président Obama avait organisé un sommet en Californie pour accueillir le nouveau président chinois  Xi Jinping, pour divulguer son identité en tant que dénonciateur de la NSA, au sujet du programme national d’espionnage, au Guardian et au Washington Post . Ce faisant, il a donné au président Xi un cadeau incroyable – la chance d’avoir le dessus dans ses négociations avec un Obama extrêmement embarrassé et compromis sur des questions telles que le piratage informatique chinois des entreprises américaines et des secrets du gouvernement, ainsi que le vol de propriétés intellectuelles. Car bien sûr, il est clair que la NSA est au moins aussi actif dans le piratage d’ordinateurs chinois et dans l’espionnage des communications chinoises.

Un cadeau tel que celui-là n’est pas facilement ignoré ou oublié dans la culture chinoise. Le Président Xi doit beaucoup à Snowden, et je crois qu’il va honorer cette dette en veillant à ce que Snowden soit à l’abri de toute menace qui pourrait provenir d’un gouvernement américain vindicatif ou apeuré.

Mais Snowden ne se fonde pas uniquement sur les valeurs culturelles chinoises pour se protéger.

Il a également pris soin d’envoyer un puissant message d’avertissement aux responsables américains dans un interview dans une  vidéo publique qu’il a sortie lui-même . Comme il l’a dit à l’interviewer Glenn Greenwald, « j’ai eu accès à des listes complètes de toutes les personnes travaillant à la NSA, la communauté du renseignement tout entier, et des agents infiltrés partout dans le monde ; les emplacements de chaque station, nous savons quelles sont  leurs missions et ainsi de suite. Si je ne cherchais qu’à nuire aux Etats-Unis? Vous pourriez arrêter le système de surveillance dans l’après-midi « .

Cette ligne à la fin a dû raidir dans leurs sièges les gens de Langley et du quartier général de la NSA, ou a dû les inciter à se diriger droit vers le bar pour un raide! Et en effet, il le pouvait. Et je peux même vous garantir, Snowden étant aussi futé qu’il est, qu’il a déjà pris cette information et dispersé à un certain nombre de personnes de confiance, peut-être même Greenwald, avec instructions de tout balancer sur le Web si jamais quelque chose devait lui arriver, comme par exemple son kidnapping, sa disparition ou son assassinat. Il s’agit d’une superbe police d’assurance et cela ne lui aura pas échappé. Il n’aurait pas pris la peine de dévoiler qu’il avait toutes ces informations à sa disposition s’il n’avait pas pensé qu’il pouvait avoir besoin de le faire.

Il serait relativement facile pour les barbouzes high-tech  de la NSA de tracer électroniquement Snowden pour voir s’il a vraiment téléchargé toutes ces informations ultrasecrètes et s’il peut vraiment faire sauter toute la machine d’espionnage américaine. S’ils découvrent qu’il a vraiment ces informations, il serait pratiquement intouchable.

La vraie question n’est pas de savoir ce qu’ils vont faire à Snowden. Mais plutôt ce que nous, Américains, allons faire maintenant que nous savons à quel point notre gouvernement est devenu réellement malsain et totalitaire.

Allons-nous revenir à notre train-train avec nos équipes sportives et nos programmes de télé-réalité, et oublier le fait que nous n’avons plus aucune intimité dans nos vies, que nos dirigeants élus et nos juges fonctionnent sur l’hypothèse que, s’ils sortent de la ligne, la machine fasciste de la NSA, qui travaille au service de l’élite corporative, pourra leur faire du chantage ou les détruire avec son accès à toutes leurs communications ? Ou allons-nous lever et exiger la fin de cette tyrannie high-tech au nom d’une «guerre» frauduleuse contre le terrorisme ?

Snowden s’est exilé et a renoncé à un excellent travail à Hawaï, dans l’espoir que nous allions nous lever quand nous aurons appris que notre démocratie a été détournée.

Espérons que ce ne sera pas en vain.

DAVE LINDORFF est un membre fondateur de ThisCantBeHappening! , et est un contributeur à Hopeless: Barack Obama and the Politics of Illusion  (AK Press).

Traduction : Avic