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De JFK à 9/11, la marque du Système


Tribune libre Byblos

UA_Flight_175_hits_WTC_south_tower_9-11Il y a tout juste cinquante ans, le 22 novembre 1963 à Dallas, le «Potus» de l’époque John Fitzgerald Kennedy était assassiné. Une heure trente après le drame, on avait miraculeusement arrêté le coupable, qui devait être rapidement assassiné à son tour. Lire la suite De JFK à 9/11, la marque du Système

Opération Tomahawk au fromage – Pepe Escobar


030323-N-6946M-001Ce spectacle assourdissant et hystérique sur la Syrie, l’Irak 2.0, ne se produit que parce qu’un président des États-Unis (POTUS) a créé un problème de  » crédibilité » lorsque, par imprudence, il a décrété ‘’ une ligne rouge’’ concernant l’utilisation d’armes chimiques en Syrie.

Aussi, le gouvernement américain a un besoin urgent de punir le transgresseur – au diable les preuves – pour maintenir sa ‘’crédibilité ». Mais cette fois, ce sera  » limité ».  » Mesuré ». Juste pour  » quelques jours ». Un  » coup de semonce » – comme l’a qualifié POTUS. Pourtant, certaines – mais pas toutes – » cibles de grande valeur », incluant des centres de commandement et de contrôle ainsi que des installations logistiques en Syrie devront accueillir un barrage de missiles de croisière Tomahawk (dont 384 sont déjà positionnés en Méditerranée orientale).

Nous savons tous comment le Pentagone aime à baptiser son assortiment de libérations humanitaires à travers le monde avec des noms comme Renard du Désert, Vautour Invincible ou quelque autre idiotie fumeuse. Donc cette fois nous allons l’appeler Opération Tomahawk au fromage.

C’est comme commander une livraison de pizza.

– Bonjour, je voudrais un Tomahawk au fromage.

– Bien sûr, elle sera prête dans 20 minutes.

– Attendez, attendez! Je dois d’abord berner l’ONU. Puis-je la prendre la semaine prochaine? Avec un supplément de fromage ?

En 1988, l’opération Renard du Désert – lancé par Bill  » Je n’ai pas eu des relations sexuelles avec cette femme » Clinton – a été conçu pour ‘’affaiblir », mais pas détruire la capacité de Saddam Hussein à fabriquer des armes inexistantes de destruction massive. Maintenant, le déploiement de ces Tomahawks profondément moraux est également conçu pour ‘’affaiblir » la capacité du gouvernement de Bachar al-Assad à lâcher les non prouvées attaques aux armes chimiques.

Pourtant, il y a toujours cet agaçant problème d’arabes perpétuellement ingrats qui, selon le New York Times, » sont émotionnellement opposés à toute action militaire occidentale dans la région, malgré l’humanité de la cause ».

La profondément humanitaire opération Tomahawk au fromage se heurte à toutes sortes de problèmes avec le calendrier. POTUS part mardi prochain en Suède – et de là il se rendra à Saint-Pétersbourg pour le sommet du Groupe des 20, le jeudi et le vendredi de la semaine prochaine. La horde proverbiale des  » fonctionnaires anonymes de la Maison Blanche » a tourné comme des centrifugeuses folles, soulignant que POTUS doit boucler Tomahawk au fromage avant de rassembler son courage pour affronter le président russe Vladimir Poutine et d’autres dirigeants des puissances émergentes.

Evaluant ses impossibilités – avec un œil sur le calendrier et un autre à la résistance pour agrandir sa mini-coalition des bonnes volontés – maintenant POTUS semble être à la recherche d’une stratégie de sortie qui serait en fait tout sauf abandonner l’opération Tomahawk au fromage.

D’autres sont beaucoup plus résolus. Un groupe prévisible de 66 anciens ‘’fonctionnaires du gouvernement » et  »d’experts en politique étrangère » – tous des siocons sous l’égide du Foreign Policy Initiative – a publié une lettre exhortant POTUS à aller bien au-delà de l’opération Tomahawk au fromage, argumentant pour une pizza n’épargnant aucun ingrédients mortels. Ce serait une véritable mission humanitaire, capable d’appuyer les  » rebelles »  syriens  » modérés » et surtout de  » dissuader l’Iran de développer des armes nucléaires ».

Un rebelle, mais pas un salaud

Voyons ce qu’un  » rebelle modéré »  syrien’ pense de tout cela. Haytahm Manna, en exil depuis 35 ans, est un membre clé de l’opposition syrienne non-armée (oui, il y en a). Mais il ne suit pas le script, il est résolument contre l’opération Tomahawk au fromage et même avec un supplément de fromage. (Voir ici ).

Pire, il démystifie les  » preuves » du gouvernement américain d’une attaque aux armes chimiques qu’il qualifie de  » propagande » et de  » guerre psychologique ». Il insiste sur le fait que les produits chimiques ont été lancés avec des  » armes artisanales »; Ce qui rejoint les conclusions des renseignements russes qui sont sûrs que le  gaz a été tiré par un missile artisanal à partir d’une base sous contrôle de l’opposition (de nombreux détails compilés ici , faites défiler jusqu’à ‘ «Qaboun rocket launches »).

Manna souligne également le fait que  » les vidéos et les photos étaient sur Internet avant les attaques », l’utilisation antérieure d’armes chimiques par al-Qaïda, et les russes qui » travaillent sérieusement pour les négociations de Genève II », contrairement aux Américains.

Oups. Ce n’est pas exactement ce que les concepteurs de l’opération Tomahawk au fromage attendaient. Si un exilé syrien tire ces conclusions, il va en être de même pour les civils  syriens qui sont sur le point d’être accueillis par les Tomahawks profondément moraux.

Le Pentagone pourrait toujours opter pour le plan B. Un seul Tomahawk coûte au moins 1,5 million de dollars. Multipliez ce chiffre par 384. Ce n’est pas un bon rapport qualité/prix – parce que même s’ils vont tous à l’humanitaire, le gouvernement Bachar al-Assad resterait toujours en place.

Alors, pourquoi ne pas larguer des cargaisons de Ferraris California sexy dessinées par Pininfarina ? Elles se vendent aux alentours de 200.000 dollars. Imaginez la frénésie parmi les forces d’élite d’Assad se battant pour saisir le Gros Lot. Le regard concupiscent de ces derniers ayant été détourné, les « rebelles » pourraient facilement se faufiler partout et prendre Damas. Et peut-être même mettre en scène la parade de victoire sur une flotte de Ferraris photogéniques. Appelons ça une amélioration par rapport à la Libye.

L’Opération Tomahawk au fromage peut encore arriver, même avec le calendrier pressant, même sans passer par l’ONU, même avec une mini-coalition de volontaires, même en se moquant totalement du droit international. La Maison Blanche a clairement fait savoir que la  » paralysie diplomatique  » ne peut pas porter atteinte à sa ‘’crédibilité ».

Quant à ce qui est en train de se passer 10 ans après l’invasion et l’occupation de l’Irak, c’est au gouvernement américain, une partie de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Grande-Bretagne et France) et une partie du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite et les Émirats arabes unis), d’enterrer le précédent, le tant vanté  » dialogue » euro-arabe et le transformer en une sombre cabale  atlanto – islamiste s’évertuant, encore une fois, à réduire en miette une autre république arabe laïque. Du fromage qui pue.

Pepe Escobar

Traduction : Avic

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-04-290813.html

Vlad le Cogneur vs Obama la Mauviette – Par Pepe Escobar


Faites un plan ; puis faire un autre plan. Les deux ne fonctionneront pas.
Bertolt Brecht

Poutine-Obama02Cela devient ridicule. Le président des États-Unis (POTUS) a hurlé et crié parce qu’il voulait qu’on lui rende son espion (Edward Snowden). Snowden, en accord avec les lois russes, a obtenu l’asile temporaire. La Maison Blanche a été «déçue».

Donc POTUS a snobé le sommet bilatéral avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou qui coïncide avec le G20 à Saint-Pétersbourg au début de Septembre. Le Kremlin a également été «déçu».

Poutine a envoyé un télégramme à George « Dubya » Bush – lui souhaitant un prompt rétablissement de son intervention cardiaque. [1] POTUS est allé à un talk-show américain et déclaré que la Russie avait tendance à « glisser de nouveau dans la pensée de la guerre froide et une mentalité de guerre froide».

La distanciation brechtienne nous dit que le mot  « ridicule » ne commence même pas à le décrire. La mentalité de la guerre froide est effectivement imprégnée dans les gènes de Beltway (NDT : Washington) – du Capitole jusqu’au Pentagone. En ce qui concerne le POTUS, il a agi comme un dilettante diplomatique au mieux. « Yes, We Can» s’est transformé en «Yes, We Scan » et maintenant c’est « Yes, We Scorn» (Oui, Nous Méprisons). Cela peut s’appliquer aux différents caniches d’élevage européen, mais ça ne colle pas à Vlad le Cogneur.

La Maison Blanche a justifié sa décision par le « manque de progrès » sur tout, dont la défense antimissile, le contrôle des armements, le commerce et les relations commerciales, les questions de sécurité mondiale, les droits de l’homme et de la société civile. N’importe quoi ; tout cela c’était parce qu’un POTUS impuissant a été empêché de mener sa guerre contre les lanceurs d’alerte. Le conseiller des affaires étrangères de M. Poutine, Iouri Ouchakov, était plus proche de la vérité quand il a dit: «Les États-Unis ne sont pas prêts à construire des relations sur un pied d’égalité. »

Vlad le Cogneur peut sentir une mauviette de proportions Carter-esques comme un ours polaire chassant le phoque. Il a rapidement évalué la façon dont l’administration Obama a réduit en cendres sa crédibilité déjà fragile sur deux fronts en même temps ; à cause de l’ampleur du complexe orwellien / Panopticon détaillé par les fuites de Snowden, et à cause de la façon dont il a été impitoyablement pourchassé.

Ajoutant quelques clous dans le cercueil de médias mainstream, le New York Times a publié un éditorial – sans doute «suggéré» par la Maison Blanche – justifiant l’annulation du sommet, en disant: « M. Poutine est un leader répressif et arrogant qui traite son peuple avec mépris « . [2] Ouais ; et c’est Blanche-Neige qui est à la Maison Blanche.

Tous à bord du Transsibérien

La colère d’adolescent du POTUS n’a rien à voir avec la guerre froide. Pour commencer, les États-Unis et la Russie sont interdépendants sur un vaste éventail de questions. Au moins en théorie, certains adultes vont en discuter à Washington ce week-end, car le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou rencontreront le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le patron du Pentagone Chuck Hagel.

Vlad n’a qu’un mot à dire pour transformer le déjà humiliant retrait d’Afghanistan des forces  US / OTAN – qui se sont fait botter le cul par une bande de Pachtounes avec de fausses Kalachnikovs – en un désastre cataclysmique.

Vlad peut subtilement calibrer le soutien de la Russie pour Bachar al-Assad en Syrie – en particulier après que le chef des renseignements saoudien, le prince Bandar « Bush » bin Sultan lui ait rendu visite à Moscou et lui aurait offert d’acheter plein d’armes russes tant que la Russie pourra continuer. [3] Poutine n’a pas été impressionné. Pourtant, Bandar n’aurait pas fait ces propositions sans « consultation » avec ses maîtres américains.

Vlad peut offrir beaucoup de soutien extra diplomatique à la nouvelle présidence de Rouhani en Iran – y compris, surtout, de nouvelles ventes d’armes, et consolider la position de Téhéran à d’éventuelles négociations avec Washington.

Dans le Caucase, Vlad a le vent en poupe. La Géorgie montre bien moins d’antagonisme envers Moscou. Et dans Pipelineistan, la Russie a influencé la décision de l’Azerbaïdjan de privilégier le Trans-Adriatic Pipeline (TAP) sur le Nabucco Ouest perpétuellement condamné, et a immédiatement entrepris de consolider la coopération énergétique entre la société azerbaïdjanaise SOCAR et la société russe Rosneft. La Géorgie et l’Azerbaïdjan sont considérés comme de proverbiaux «loyaux» alliés américains.

En Europe, chaque pilote de bateau de croisière sur le Rhin connaît le partenariat stratégique entre la Russie et l’Allemagne. Concernant les négociations sur les transactions de gaz naturel avec l’Italie, la France ou la Pologne, par exemple, le jeu russe est d’obtenir des contrats à long terme avec beaucoup de réductions de prix et des régimes fiscaux.

En Europe centrale et orientale Vlad a aussi – quoi d’autre – le vent en poupe, avec la Russie achetant quantités d’actifs stratégiques de transport des usines, de l’industrie chimique.

Puis il y a la pièce maîtresse, cruciale, le Transsibérien. J’ai fait le Transsibérien deux fois, en hiver, au début des années 1990, puis plus tard dans le courant des années 1990, c’est un enfer de voyage. A l’époque c’était surtout des russes pauvres achetant tout ce qui bouge en Chine et le rusé chinois vendant tout ce qu’il pouvait en Russie. Aujourd’hui, il n’est question que de fret lourd. Le Transsibérien déplace pas moins de 120 millions de tonnes de fret par an ; c’est au moins 13% du trafic de conteneurs entre l’Europe et l’Asie. La Russie investit dans une extension de 17 milliards de US $ et rajoute 55 millions de tonnes supplémentaires de capacité de chargement.

Ajoutez à cela le triplement de la capacité des terminaux de la côte du Pacifique de la Russie en 2020, l’expansion du port de Saint-Pétersbourg; Siemens fournit 675 locomotives électriques de fret supplémentaire dans le cadre d’un accord de 3,2 milliards de dollars.

Le jeu russe ici est d’augmenter ses exportations de produits bruts par tous les moyens disponibles. Au moins 250.000 barils de pétrole par jour sont acheminés de la Russie vers l’Asie. La mise à niveau du Transsibérien fera des merveilles pour les échanges Europe-Asie. Via le Transsibérien, les produits asiatiques arrivent en Europe en 10 jours ; par mer, de la Corée du Sud ou du Japon jusqu’en Allemagne, c’est au moins 28 jours. Pas étonnant que le Japon et la Corée du Sud sont de grands fans du Transsibérien. Et d’un point de vue européen, rien ne vaut la voie du Transsibérien moins chère, plus rapide vers l’Asie.

Complètement paumé

Guerre froide? Cela fait partie de la nostalgie business. Avec une Europe comateuse; les multiples frictions entre l’Europe et les Etats-Unis, Pékin regardant à l’intérieur pour tenter de résoudre le casse-tête du peaufinage de son modèle de développement et une administration Obama paralysée, Moscou a identifié l’ouverture parfaite et s’est engagé sans retenue dans l’expansion commerciale stratégique.

L’ignorance de l’administration Obama – pour ne pas mentionner le Think Tankland américain  – ne peut pas être surestimée. Personne dans le Beltway ne parle de la politique russe – en dehors de diaboliser Poutine. Ce qui convient tout à fait à Vlad le Cogneur, il est occupé à construire avec soin une nouvelle réalité stratégique, non seulement dans la périphérie de l’Europe, mais au cœur aussi. La Russie est de retour – avec éclat.

Dans ce grand schéma des choses, la dérive vers un environnement post-post guerre froide, l’affaire Snowden n’est qu’une pièce du puzzle. Et c’est ici que le personnel reflète parfaitement la politique. Vlad le Cogneur sait exactement ce qu’il fait – alors que Obama la Mauviette ressemble à un cerf pris dans les phares d’une locomotive Transsibérien.

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Vlad et Momo

1. In wishing Bush well, Putin has message for Obama, Reuters, August 8, 2013.
2. What’s the Point of a Summit?, The New York Times, August 7, 2013.
3. Saudi offers Russia deal to scale back Assad support – sources, Reuters, August 7, 2013.

Pepe Escobar

Traduction : Avic

http://www.atimes.com/atimes/World/WOR-01-090813.html

Bradley Manning lynché par le gouvernement américain


manning-lynched-by-us-government.siLe verdict de Manning était prédéterminé, et le procès-spectacle dans un tribunal bidon – un remix américain post-moderne de la Chine dans les années 1960 pendant la Révolution culturelle – vient de nous être offert, signé et scellé.

Le président des États-Unis (POTUS) avait déjà dit qu’il était coupable. Les médias traditionnels américains avaient crié pendant trois ans qu’il était coupable. Maintenant, le gouvernement américain – qui criminalise Manning sur la base de « mauvaises intentions » – vient de montrer que l’enfer est promis à quiconque ose révéler les crimes de guerre américains, qui, par définition, sont non punissables.

Comme s’il y avait besoin de preuves supplémentaires sur le « brillant » avenir qui attend Edward Snowden – juste au tout début de la pathétique lettre du procureur général américain Eric Holder promettant que Snowden ne serait pas torturé s’il était extradé aux États-Unis.

Et, trait d’ironie jeté encore une fois par l’Ange de l’Histoire, Bradley Manning a été déclaré coupable de pas moins de 19 chefs d’accusation par un juge du Pentagone juste à côté de Spy Central, le quartier général du NSA à Fort Meade, dans le Maryland.

Vous êtes au lit avec al-Qaïda

Manning est de l’Oklahoma – tout comme la légende de la musique JJ Cale, décédé il y a quelques jours. C’était sa décision d’avoir sa cause entendue non pas par un panel de jurés militaires – plus proche de l’Inquisition espagnole – mais par un seul juge militaire qui préside, le colonel Denise Lind.

Ce n’était pas tout à fait une bonne idée – puisque Lind s’est vue offrir une carotte pour manier le bâton, sous la forme d’une promotion à la Cour d’appel de l’armée américaine après le procès-spectacle.

Sans surprise, les procureurs du Pentagone ont définis Manning comme un «traître», un hacker et un anarchiste (oui, les hackers et les anarchistes sont des criminels pires que les djihadistes d’Al-Qaïda, après tout, ils sont « nos » alliés en Syrie).

Le procès-spectacle avait une empreinte kafkaïenne tout au long de son déroulement. Le Pentagone a tout d’abord refusé de communiquer des documents judiciaires. Lind avait mis au point une nouvelle pratique de torture par la lecture pendant des heures des déclarations absconses. Ce n’est que sous la menace d’un procès par les médias dans un tribunal civil, que le Pentagone a commencé à sortir avec réticence le curieux document – évidemment expurgé au maximum.

La seule accusation qui s’appliquerait à Manning est la divulgation non autorisée d’informations classifiées. Tout le reste est une farce.

La défense de Manning a fait valoir qu’il était un lanceur d’alerte légitime, il n’avait jamais eu l’intention de provoquer une fuite de renseignements dans le but d’aider l’ennemi. Pourtant, Lind a rejeté une demande des avocats de Manning d’abandonner la charge. Elle argue que Manning, en tant qu’analyste du renseignement de bas niveau, avait appris que la publication d’informations secrètes risquerait de nuire à la sécurité nationale américaine. Le gouvernement américain a été catégorique : Manning savait qu’il aidait Al-Qaïda quand il a publié plus de 700.000 documents à WikiLeaks.

Lind a même modifié les charges, alors que le procès était terminé, pour satisfaire le gouvernement américain. Les médias traditionnels américains étaient trop occupés pour s’en apercevoir, se délectant du scandale de la course à la Mairie de New York.

Le fait que Manning ait été déclaré non coupable d’avoir aidé l’ennemi le laisse encore coupable sur pas moins de 19 chefs d’accusation, y compris « d’avoir été la cause, par malveillance, de la publication sur internet de renseignements appartenant au gouvernement américain » – assez pour éventuellement lui garantir des décennies d’emprisonnement (militaire), jusqu’au 22ème siècle.

Après la sentence, tout dépendra du major-général Jeffrey Buchanan – le nouveau commandant du district militaire de Washington. Il examinera le cas – et, en théorie, a le pouvoir de réduire la peine globale de Manning. Il n’est pas recommandé de retenir son souffle.

L’ennemi, c’est vous

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, est dans le vrai quand il déclare vendredi que si Manning a été reconnu coupable d’avoir aidé l’ennemi ce serait «la fin de la sécurité nationale du journalisme aux États-Unis. »
Pourtant, le gouvernement américain et le Pentagone, dans leur campagne visant à criminaliser le journalisme d’investigation, vont continuer à n’emprisonner aucun journaliste tant à l’intérieur (ce seront plutôt Manning et Snowden) qu’à l’extérieur (comme avec WikiLeaks et le travail de Glenn Greenwald).

La logique circulaire infernale du gouvernement américain veut que la publication des informations sur Internet signifie espionnage. Donc, si l’ennemi va sur Internet, vous êtes en train d’aider l’ennemi. Manning est reconnu non coupable d’avoir aidé l’ennemi mais surtout coupable de tout le reste, tel est le message – traduit en décennies dans une prison militaire.

Le verdict ne change pas non plus le fait que tout est un  «secret» militaire ou de sécurité nationale «profond»  si le complexe militaro-industriel-de surveillance le décide ainsi. Cela s’intègre totalement à la logique de la guerre sans fin du Pentagone – qui est en fait la même que la guerre  mondiale contre le terrorisme (GWOT : Global War on Terror) de 2001-2002, codifiée en 2002 dans la doctrine du Full Spectrum Dominance du Pentagone (dont la NSA couvre surtout la sphère du cyberespace), le tout brillamment rebaptisé par Tom Engelhardt : guerre mondiale contre vous (GWOY : Global War on You).

C’est le Paradis de la Paranoïa : une guerre sans fin avec des ennemis rôdant partout. Le continuum Bush-Obama est la vraie star de ce show ; avec la nouvelle guerre contre le terrorisme qui n’est pas une guerre contre le terrorisme – tout comme le coup d’Etat militaire en Egypte n’est pas un coup d’Etat militaire – le gouvernement Obama a déjà poursuivi plus de lanceurs d’alerte que toutes les autres administrations américaines réunies.

Pendant ce temps, même les ours polaires de l’Arctique savent que Donald Rumsfeld a institutionnalisé la torture en Irak ; que le Pentagone a tué un nombre incalculable de civils dans ce qu’il a  auto-défini comme «arc d’instabilité » ; que le Pentagone n’a jamais reconnu les dommages collatéraux (pour ne pas dire assassinats collatéraux) ; et que l’absolu majorité des prisonniers de Guantanamo sont totalement innocents.

Même si le gouvernement américain et le Pentagone ont jeté Manning dans une variante du ‘’ puits et le pendule’’ d’Edgar Allan Poe, ils ne seraient jamais capables de cacher l’ampleur de leurs crimes de guerre. Assange est confiné dans une ambassade, Snowden dans un aéroport et Manning dans une cellule de prison. Mais ne vous méprenez pas, ce sont les maîtres de l’Univers qui ont peur, très peur. Peur de quiconque a une conscience; peur de vous; peur du monde entier.

Pepe Escobar

Traduction : Avic

Source : http://rt.com/

Les menteurs professionnels s’en prennent à Téhéran


Pepe Escobar (Asia Times)

obama-israel-400x266Oncle Marx n’avait jamais pensé à cela : l’Histoire se répète comme seconde tragédie après d’abord avoir été une farce. Examinons un cas d’espèce.

Obama et Netanyahu : criminels et menteurs…

Tout d’abord, jetez un coup d’œil rapide sur cet article du Wall Street Journal daté de septembre 2002, au moment de la course hystérique pour envahir l’Irak.

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L’architecte de la Terreur


John Brennan, le fascisme libéral et la « réforme » de la CIA

par Norman Pollack

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Dans la soi-disant controverse au sujet de la confirmation de Brennan en tant que directeur de la CIA, il est une évidence qui saute aux yeux, que tout le monde fait semblant d’ignorer, et elle concerne la CIA elle-même. L’énorme quantité de preuves de torture (sous la désignation impersonnelle, E.I.T (NDT : Enhanced interrogation techniques)) devrait, si les règles démocratiques étaient véritablement appliquées aux États-Unis, exiger l’éradication complète de la CIA des structures américaines et des pratiques gouvernementales.

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