Archives du mot-clé Printemps arabe

Après avoir raté son coup en Algérie et en Syrie, BHL s’attaque à l’Ukraine.


Bernard-Henri Lévy in Kiev on Maïdan squareAvec des aventuriers sans foi ni loi tels que BHL, on pourrait croire que le philosophe des bobos est un opportuniste qui va là où les possibilités semblent plus ouvertes qu’ailleurs. Mais si l’on suit ce monsieur à la trace, on constate que rien n’ est dû au hasard ou à l’opportunisme. Il nous étale, sans le vouloir, tout ce qui se trouve derrière les évènements de ces dernières décennies. On peut dire que tous les coups tordus au niveau international dans lesquels sont impliqués l’Europe, Israël ou les Etats-Unis ont une constante : la présence, d’une façon ou d’une autre, de BHL. Lire la suite Après avoir raté son coup en Algérie et en Syrie, BHL s’attaque à l’Ukraine.

Edward Snowden et la théorie des dominos


Domino-Chain-ReactionEst-ce qu’un seul lanceur d’alerte peut, à travers ses révélations, provoquer la chute de tout le système mondial de l’espionnage? Réponse: avec l’affaire de la NSA, on pourrait en effet penser qu’Edward Snowden a enclenché, de manière plus ou moins évidente et irrémédiable, la chute de tout un système injuste élaboré par les services secrets américains et destiné à la collecte illégale des données privées des citoyens dans le monde entier. Il a suffi d’une personne et d’une seule révélation pour enclencher toute une série d’autres révélations sur la NSA, des révélations toutes plus fracassantes les unes que les autres, et qui s’emboîtent les unes après les autres, enchaînant pays après pays les scandales liés à l’espionnage, et on ne sait pas encore où cela s’arrêtera. Car, effectivement, le jeu du domino semble loin d’être terminé. Lire la suite Edward Snowden et la théorie des dominos

Syrie : une carte révélatrice


Cliquer sur la carte pour agrandir
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J’avais suggéré dans un article précédent que les vrais buts de guerre contre la Syrie étaient la Syrie elle-même. Tous les autres objectifs annoncés à grand renfort d’analyses pertinentes et souvent par les agresseurs eux-mêmes sont de la poudre aux yeux. Et pour cause. Aucun agresseur au monde, ni maintenant, ni au cours de l’Histoire, ne va attaquer l’ennemi en annonçant clairement pourquoi il le fait et comment il va s’y prendre. La Syrie serait-elle une exception dans l’Histoire de l’humanité ? Je ne le crois pas.

Aujourd’hui, la question syrienne est ramenée à quelque chose de fort simple : y aura-t-il une intervention extérieure et quelles en seront les conséquences. Tout le reste n’a plus cours. Adieu les considérations sur Al-Qaïda et la guerre contre le terrorisme. Exit le printemps arabe et la chute des ‘’dictateurs’’. Même l’Egypte, pourtant encore en pleine ébullition, rejoint dans l’oubli la révolte turque. En fait nous revenons au point de départ d’il y a deux ans et demi en Syrie, avec ses fondamentaux de base : On veut la Syrie et Bachar Al Assad doit céder la place de lui-même ou il en sera délogé.

Pourquoi ? Passons en revue toutes les raisons qu’on nous donne.

– L’Iran, d’abord. La guerre contre la Syrie serait pour priver l’Iran d’un allié. C’est ce qui nous est soufflé. Le premier souffleur est bien sûr Israël. C’est aussi Israël qui menace l’Iran. C’est toujours Israël qui fait capoter les négociations pour le nucléaire iranien, ce nucléaire militaire qui n’existe que dans les discours entretenus par les autorités israéliennes. Les embargos sont suggérés par Israël et ses alliés sont régulièrement poussés à en inventer d’autres. Pourquoi tout ça ? On sait qu’Israël peut envoyer quelques coucous déposer leurs œufs sur quelques cibles, mais pas d’envahir l’Iran. Il en est de même pour les Etats-Unis. Ils le savent, tout le monde le sait et même nous, nous le savons. Puisque nous le savons, pourquoi croyons-nous le contraire, à chaque fois que le sujet revient sur le tapis ? Mystère. Personne n’attaquera l’Iran. Le nucléaire iranien n’est pas un problème, pas plus que le nucléaire pakistanais (bien réel celui-là) qui est pourtant entre les mains de musulmans, dans un pays islamique qui grouille de talibans. La bombe iranienne n’est évoquée que pour justifier les embargos, d’une part et, d’autre part créer un ennemi artificiel pour détourner les regards. En outre, avec les embargos, on espère affaiblir le soutien que pourrait apporter l’Iran à celui qui est vraiment visé.

– L’énergie. La guerre contre la Syrie et, de manière générale, toutes les luttes dans cette partie du monde, seraient pour la maîtrise de l’énergie et le pillage des ressources. Il faut être frappé d’amnésie pour gober ça.  Il faudrait juste rappeler que l’occident a déjà fait ce qu’il fallait et les guerres qu’il fallait pour ça. Nul besoin d’autres guerres pour avoir ce qu’ils ont déjà. Non seulement leurs compagnies sont présentes partout et en bonne place, mais ce sont elles qui dictent les règles et les prix de ce qu’ils vendent et de ce qu’ils achètent via des entités qu’ils ont créées. Alors, guerre de pillage, en Syrie ? Piller quoi ? Les ressources énormes de la Méditerranée orientale ? Il n’y a pas que la Syrie qui est concernée par ces ressources qui, en passant, n’ont pas encore vu le jour.

– Les Gazoducs. La Syrie serait le passage obligé de tous les gazoducs venant du golfe. Il suffit de regarder une carte pour voir que ce n’est pas tout à fait vrai. En outre, on se rappelle que pour la guerre d’Afghanistan, il avait été soufflé que l’une de ses vraies causes serait une histoire de gazoducs. On a vu ce qu’il en était. Des analystes spécialisés dans ce domaine nous ont montré des tracés compliqués de gazoducs existants et potentiels pour acheminer l’énergie vers l’Europe. Il suffit de les regarder pour voir tout de suite que la Syrie n’est pas centrale, même si elle est importante.

– l’Axe de la résistance. C’est le dernier argument que l’on donne, mais vite évacué car la Syrie ne serait qu’un appoint à celui que l’on a défini comme ennemi : L’Iran et son prolongement armé, le Hezbollah. La boucle est bouclée. Circulez, il n’y a rien à voir. Les problèmes géopolitiques du Moyen-Orient et du monde arabe ne sont que cela, présentés, décortiqués, analysés et commentés dans tous les médias du monde.

Pour faire oublier l’essentiel.

Un problème vieux de plus de 60 ans dont il faudra bien sortir un jour. Le problème palestinien. La seule solution pour le régler apparait être, aux yeux de ceux qui organisent ce chaos, le remodelage, non plus du Grand Moyen-Orient, mais de la Syrie, la Jordanie, de la Palestine (dont Israël), et peut-être de l’Egypte. Remodelée, la région offrirait aux palestiniens une terre et Israël pourrait s’étendre jusqu’au Jourdain. Aux yeux d’Israël et de ceux qui sont derrière lui, cela se fera, Il n’y a aucun doute là-dessus. Ce qui explique que la colonisation ne s’est jamais arrêtée, et ne s’arrêtera pas. Pour eux c’est une expansion naturelle pour quelque chose d’inéluctable.

Dès lors beaucoup d’évènements s’expliquent, y compris certaines alliances contre nature. Et, par-dessus tout, le printemps arabe prend tout son sens.

En observant la carte ci-dessus, on constate que tous les navires de guerre occidentaux sont situés loin des côtes syriennes, se mettant hors de portée des missiles de l’armée syrienne. Pour leur sécurité, il fallait donc qu’il n’y ait aucun allié potentiel de la Syrie dans le secteur, et cet allié aurait très bien pu être Mouammar Kadhafi.  Il fallait éliminer ce risque. Avant de s’en prendre à la Libye, on fait dégager des amis, complices, par des pseudo-révoltes. En Tunisie, on oublie trop souvent, comme toujours, les snipers qui ont mis le feu aux poudres, et qui ont été exfiltrés très vite. Avec l’effervescence médiatisée des foules tunisiennes et égyptiennes, c’était tout le peuple arabe qui était censé se révolter contre des ‘’dictateurs’’ qui hier encore étaient considérés comme des amis et des modérés. Ca n’étonne personne que les islamistes qui ont pris le pouvoir en Tunisie soient financés par le Qatar, et que dans le même temps, la victime de ces qatari, Ben Ali, soit hébergé dans des palais des mille et une nuit au Qatar.

Une fois que la mayonnaise a bien pris dans les esprits, il pouvait donc sembler naturel que les libyens suivent cette tendance arabe en voulant se débarrasser, eux aussi, de ‘’leur dictateur’’.

Si cette hypothèse est exacte, tout ce cinéma a dû être planifié depuis très longtemps en vue de la guerre contre la Syrie. La guerre de Libye nous a été présentée comme une guerre de pillage des ressources du pays. On constate simplement que ce sont toujours les mêmes compagnies pétrolières qui sont sur place, qui continuent à faire exactement ce qu’elles faisaient avant la guerre. S’il y a eu quelques remaniements contractuels, l’essentiel n’a pas bougé. Avaient-ils besoin de piller ce qui leur était offert par négociations ? Tout le monde a constaté que Kadhafi était prêt à négocier sur tout avec l’occident et était prêt à tous les compromis, ce qui fit qu’il ne vit rien venir de la part de ceux qui, eux, suivaient un agenda très précis.

D’après ce que nous constatons aujourd’hui, dans une sorte de timing parfait, tous les évènements qui se sont déroulés dans le monde arabe ressemblent fort à une préparation de ce que va faire Obama, c’est-à-dire attaquer la Syrie. Ce que nous voyons dans la carte ci-dessus ne pouvait être possible que sans Kadhafi sur les flancs.

Avec cette hypothèse, on comprend aussi pourquoi la Libye était si importante pour Bernard Henri Lévy et Israël. Tripoli n’aurait été qu’une étape sur le chemin de Damas.

Avic

Négociations israélo-palestiniennes ? Pourquoi faire ?


608124-president-autorite-palestinienne-mahmoud-abbasIl y a des cycles comme ça, incontournables. Les jeux olympiques, les jeux d’hiver, la coupe du monde de Football… Et aussi les négociations de paix israélo-palestiniennes. Régulièrement, on les remet sur le tapis, au rythme des présidents américains. C’est leur chasse gardée, leur prérogative absolue. Il ne peut y avoir négociations qu’avec et par l’intermédiaire d’un président américain. Et chaque président se doit d’avoir ses négociations à lui. Ce n’est pas seulement une question de prestige, c’est presque un devoir sacré devenu routine. S’il y a deux choses qu’un président américain doit avoir fait avant de se retirer c’est d’avoir bombardé au moins un pays et avoir fait dialoguer israéliens et palestiniens. Le dialogue terminé, il peut partir l’âme en paix, à défaut de l’avoir obtenue entre les deux protagonistes. Son successeur reprendra tout à zéro quand son tour sera venu, et le cycle recommence.

Ils sont donc toujours trois à participer à ces négociations dites de paix. Ils sont aussi trois à savoir qu’elles ne mèneront à rien. Ils savent que c’est du cinéma, mais ils joueront leurs rôles le plus sérieusement du monde. Ils le feront parce qu’il y a tout de même des enjeux, même s’ils sont très éloignés des objectifs avoués. Après la mascarade des pourparlers, tous en sortiront gagnants, mais la Palestine restera toujours occupée, Gaza sera toujours bombardée avant chaque investiture présidentielle américaine, et les colonies continueront à se développer, pendant que l’Europe enverra Mme Ashton à Tel-Aviv pour demander quelle est la conduite à tenir à chaque évènement concernant la région.

Que gagneront nos trois larrons ?

Obama a déjà été payé. Il a à rembourser une grosse dette qui, par ses faits de guerre, s’est alourdie au point de ressembler à la dette américaine. Cette dette c’est ce prix Nobel de la paix qu’on lui a octroyé à peine élu. Un beau piège, finalement. Un président américain a toujours une guerre en cours ou en prévision ici ou là. Lui coller un prix Nobel de la paix, c’est lui lier les mains, l’empêcher de faire son job de président des Etats-Unis. Obama a quand même fait son boulot comme si de rien était. Mais pour que ce prix Nobel encombrant ne devienne pas une imposture historique, l’étape obligée du ‘’processus de paix’’ israélo-palestinien tombe à pic. Pour les vieillards d’Oslo, une rencontre entre un dirigeant palestinien et un dirigeant israélien vaut, à elle seule, au minimum dix prix Nobel. Obama sera donc cet homme de paix qui réussira à arracher, au forceps, la promesse (seulement la promesse) à Netanyahou de ne pas construire plus de 100 logements supplémentaires en territoire palestinien d’ici Décembre.

Netanyahou, par la seule tenue des négociations, a déjà gagné. Un faucon cherche-t-il à dialoguer ? Un belliqueux va-t’en guerre discute-t-il avec l’ennemi ? Voilà déjà de quoi édulcorer, sinon changer, son image. De plus, il connait par cœur ce que veulent ceux d’en face. Il lui suffit, pour bloquer les négociations dès les premières minutes, d’arriver avec des propositions qu’ils ne peuvent ni personnellement, ni politiquement accepter. A supposer que Netanyahou ait vraiment envie de mener de vrais négociations en vue de la paix (ce qui serait quand même  étonnant), il n’a aucun moyen, ni lui, ni aucun homme politique aujourd’hui en Israël, d’accéder aux demandes du peuple palestinien pourtant simples. Citons-en deux. Disparition de ces enclaves que sont les colonies qui font ressembler la Palestine à du gruyère.  Techniquement Netanyahou n’a pas les moyens de s’y attaquer, et économiquement Israël n’a pas la capacité de le supporter. L’autre exemple concerne le retour des réfugiés ou leurs descendants. L’accepter signifie, dans un premier temps, dire adieu à la notion d’état juif et, dans un deuxième temps, la mort du sionisme dans cette partie du monde. Ce que les promoteurs du sionisme, dans leurs bureaux à New-York ou Londres, n’accepteront jamais.

Et justement, ces promoteurs qui sont les principaux intéressés par ces négociations, y sont absents. Physiquement seulement. Mais leur ombre est omniprésente. Si Netanyahou joue bien son rôle, son avenir politique sera assuré, et les dollars pleuvront sur Israël.

Et Mahmoud Abbas ? Puisqu’il est dit qu’il y aura dialogue, il faudra un interlocuteur. Ce sera donc lui. Il n’est là d’ailleurs que pour être interlocuteur en cas de besoin. Après les pourparlers, on le rangera au placard en attendant la future séance. Aucune de ses revendications n’aboutira et il le sait, il connait trop son monde. Il sait aussi que son protagoniste va essayer de le tourner en bourrique. Mais qu’à cela ne tienne. Ces pourparlers, malgré tout, assoiront un peu plus l’image de la Palestine du point de vue diplomatique et politique. C’est peu et beaucoup à la fois. Pour lui et son parti, ces négociations renforceront encore un peu plus une légitimation de représentants du peuple palestinien qui ne repose sur rien.  Les pourparlers pourront même repousser d’éventuelles élections aux calendes grecques. Là aussi, il est primordial de bien jouer son rôle, sans couacs. Si tout se passe bien, c’est, comme pour Israël, une pluie de dollars et aussi d’euros qui pleuvra sur la Palestine. Par ces euros, les européens auront l’impression d’avoir participé et d’avoir encouragé la paix, tout en satisfaisant leurs grands sentiments humains mis à mal par les raids israéliens sur Gaza.

Puisque seule la cause palestinienne (comme d’habitude) n’y gagne rien, pourquoi avoir entamé les négociations si tard ? Pour Obama, ça n’a pas dû être simple. Les printemps arabes qui n’en finissent pas, les positions russes et chinoises qui compliquent l’équation, l’attentat de Benghazi et, surtout, ce maudit Bachar Al Assad qui a tout fait capoter. S’il était parti tout de suite, comme cela avait été prévu, les choses auraient été plus faciles. On y aurait vu beaucoup plus clair dans le nouveau paysage qui se serait dessiné. Il aurait même été possible de trouver des solutions qui satisfassent tout le monde : Israël, les palestiniens, les colons et même les réfugiés. Mais avec l’entêtement des russes et des chinois, deux ans après Assad est toujours là, malgré les rappels incessants de ‘’Bachar Al Assad doit partir’’. Deux ans de perdus. On ne peut plus attendre. Il faut s’entendre avec les russes, peut-être même les iraniens  (horreur !), car le temps passe vite. Une négociation à minima vaut mieux que pas de négociation du tout.

Il ne sera pas dit que Barak Hussein Obama, prix Nobel de la Paix, n’aura pas rajouté son nom dans la longue liste des négociateurs de paix au Proche Orient.

Avic

Et ça repart !


Tribune libre Chérif Abdedaïm

printemps-arabe_1Fin 2011, les forces maléfiques s’enorgueillirent en miroitant le mirage « révolutionnaires » aux pauvres populaces et en les félicitant d’avoir mené de véritables « révolutions » en Tunisie, en Egypte et en Libye. Mais voilà, la réalité qui revient au galop avec un vrai revers des pseudo-révolutions arabes.

Les marionnettes mises en place par les Occidentaux n’ont pas su mener les missions qui leur ont été imparties, les revendications auxquelles aspiraient les populations n’ont pas été satisfaites et bien entendu, on retourne à la case de départ avec cette fois-ci , le coup de starter égyptien et le « coup d’Etat » qui a mis à l’écart le leader des frères musulmans Mohamed Morsi.

Et c’est donc le coup d’envoi d’une guerre civile aux lendemains incertains.

Ces derniers jours, l’Egypte traverse une profonde crise politique. Le président Mohamed Morsi a été écarté du pouvoir le 3 juillet par l’armée après des manifestations de grande ampleur réclamant son départ. Il a été placé en résidence surveillée dans un site militaire sans aucune décision judiciaire. Le parquet général du pays examine plusieurs plaintes de particuliers contre Mohammed Morsi pour « espionnage », « incitation au meurtre de manifestants » et « mauvaise gestion économique ».

Chaque jour qui passe nous amène donc son lot macabre. Ainsi, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, au cours des affrontements opposant les manifestants aux policiers égyptiens sur la place Rabia al-Adawiya du Caire on a dénombré environ 120 morts et près de 4.500 blessés, a annoncé le site internet des Frères musulmans se référant au médecin en chef de l’hôpital déployé sur place.
Le mouvement islamiste a qualifié de massacre les événements de la place Rabia al-Adawiya, lieu de rassemblement permanent des partisans du président déchu Mohamed Morsi. Selon les Frères musulmans, les réseaux Internet et de téléphonie étaient coupés dans les quartiers attenants à la place de Rabia al-Adawiya, il était impossible d’appeler les secours.
Aussi, des manifestations importantes d’adversaires et partisans du président déchu Mohamed Morsi se sont tenues vendredi dans plusieurs villes égyptiennes. Selon les militaires, près de 35 millions de personnes sont descendues dans la rue. Des affrontements ont éclaté tard dans la nuit. Des combats de rue les plus acharnés ont opposé manifestants et policiers à Alexandrie et au Caire.
Le ministère égyptien de l’Intérieur affirme n’avoir utilisé que des gaz lacrymogènes et rejette la responsabilité de l’emploi des armes à feu sur des civils.

En Tunisie, après l’assassinat de l’opposant Mohamed brahmi, le pays renoue avec une violence allant crescendo. Dans la capitale de la Tunisie, une voiture piégée a explosé près d’un poste de police samedi dernier. Selon la police, l’explosion n’a pas fait des victimes, en endommageant plusieurs voitures et brisant les vitres des maisons avoisinantes. L’explosion s’est produite plusieurs heures avant les funérailles du chef de l’opposition Mohamed Brahmi, qui a été tué jeudi dernier.
Les autorités ont déclaré qu’Al -Qaïda est responsable de sa mort. Ah, l’éternelle Al Qaïda !
Aussi, dans la ville de Gafsa, l’un des participants à des actions anti-gouvernementales a été tué, en devenant ainsi la première victime des émeutes, qui ont commencé après le meurtre du député de l’opposition, Mohamed Brahmi.
Mohamed Mufli (45 ans) a péri lorsque la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. La cause de la mort de l’homme n’est pas déclarée.

En Libye, des milliers de personnes sont descendues dans les rues des plus grandes villes de Libye samedi dernier pour dénoncer la responsabilité des forces politiques du pays dans le chaos et persistant dans le pays et la situation de la criminalité en nette progression.
Ces manifestations ont éclaté après le meurtre de l’avocat Abdulsalam al-Mismarin vendredi dernier. Ce dernier était pourtant parmi les premiers opposant à Kadhafi. Ce dernier à été assassiné à la sortie de la prière du vendredi. Ses assassins lui ont placé deux balles dont l’une en plein cœur.
Et la raison ? Selon toute vraisemblance, il a payé le prix de son opposition aux frères musulmans qui, selon lui, ne devraient pas faire partie du CNT. Cet acte a incité des centaines de manifestants à Benghazi, à réclamer la démission du nouveau pouvoir, l’accusant de fricoter avec les islamistes. A Benghazi, les manifestants ont brûlé le siège des Frères musulmans, à savoir le Parti de la justice et de la construction (JCP), deuxième parti avec le plus grand nombre de sièges à l’Assemblée législative de la Libye. La foule a également saccagé le siège de l’Alliance nationale des forces libérales (NFA), le plus grand parti à l’Assemblée législative.
A Tripoli, un grand rassemblement a eu lieu à la Place Verte, que les renégats nomment désormais « place des martyrs ». L’Occident a détruit la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste en connaissance de cause, hélas, avec l’aval de ses propres enfants, qui en payent le prix aujourd’hui…Ils disaient vouloir la liberté, la justice et la démocratie. Ils ont hérité de la haine, la mort et la pauvreté. Leurs « sauveurs » d’hier, pompent toujours le pétrole et le gaz…

Dans cette atmosphère signalons également qu’à Benghazi, les habitants se sont barricadés chez eux. Les gardiens de prison sont tétanisés. Une foule nombreuse, après avoir détruit le siège des Frères musulmans, a pris d’assaut la prison de Koyfiya où, elle a libéré plus de 1000 prisonniers. Ce qui va jeter davantage de l’huile sur le feu.

C’est cela la « révolution » !

Article publié sur la Nouvelle République

Les nouveaux  »printemps arabes » : Où sont les russes et les chinois ?


APTOPIX Pakistan US Prophet FilmDepuis quelques semaines, personne ne comprend plus rien aux bouleversements en cours au Moyen-Orient. Sur 10 analystes, il y en a 5 qui avancent une hypothèse et 5 autres qui avancent une hypothèse exactement contraire, toutes étant étayées par des arguments solides. La vérité c’est qu’ils sont perdus. Rien ne colle vraiment à 100%, et aucune de leur logique ne tient la route jusqu’au bout.

Si on récapitule tous ces événements, certains points clé échappent à la compréhension si l’on se réfère à la grille de lecture dont nous disposons et à ce que nous savons aujourd’hui. Que savons-nous ? Depuis deux ans, la Syrie fait l’objet d’une agression délibérée de la part de l’Empire. Pour la mener à bien, une coalition a été créée de toute pièce, puis équipée et entraînée par le même Empire. L’Empire, c’est bien sûr l’OTAN + Israël + les satellites du golfe. La coalition, quant à elle, est composée de mercenaires issus pour la plupart des mouvements extrémistes du monde musulman. Leur recrutement et leur financement n’est plus un mystère pour personne.

Nous savons également que cette coalition est très mal en point en ce moment, tant du point de vue politique (ça l’a toujours été) que du point de vue militaire. Récemment, Morsi et les Frères Musulmans d’Egypte, qui affichaient jusqu’ici une attitude plutôt floue vis à vis de la Syrie, se sont déclarés ouvertement, de manière beaucoup agressive, pour la rébellion syrienne armée.

Ça c’est ce que nous savons.

Quels sont les faits ?

Depuis quelques temps, il se passe, au Moyen-Orient, beaucoup de choses qui touchent les protagonistes de ce conflit syrien. On a d’abord vu une sorte de printemps turc dont on a encore du mal à comprendre la vraie teneur. Après deux ans d’acharnement anti-Assad, en première ligne, Erdogan se retrouve soudain avec des problèmes internes, certes prévisibles, mais ressemblant de manière suspecte à toutes ces  »révolutions colorées » dirigées de l’extérieur. Et, de fait, le rapprochement a été très vite fait, et les pourquoi n’ont pas eu trop de mal à trouver leurs réponses, tellement le dossier Erdogan était chargé.

Peu après, on assistait à l’incroyable et soudaine destitution de l’émir du Qatar Cheikh Hamad au profit de son fils, suivie presque immédiatement par la disgrâce du boosteur idéologique des djihadistes : le cheikh Quardawi. Tout le monde a vu la main de Washington derrière cette révolution de palais. Parallèlement à ce changement de régime, d’autres événements, passés presque inaperçus se déroulaient chez les voisins. En Arabie Saoudite on annonçait l’incroyable mandat d’arrêt lancé contre le prince saoudien, ancien vice-ministre de la Défense : Khaled Ben Sultan Ben Abdel Aziz. Au Bahrein c’était le Premier ministre qui était en difficulté.

Et maintenant, c’est l’Egypte. Après tout juste un an de présidence, Morsi et les frères Musulmans sont éjectés du pouvoir, avec une sorte de chasse aux sorcières à la clé, et ce, juste après leur engagement plus ferme dans le camp anti-Assad. Quelles que soient les motivations des égyptiens pour vouloir se libérer des Frères Musulmans, on n’a pas pu s’empêcher de constater que leur nouvelle révolution était calquée sur le modèle déjà connu des autres  »révolutions colorées », donc organisée et dirigée par une tête pensante.Et bien sûr, comme on ne prête qu’aux riches, tous les regards se sont tournés vers l’Ouest.

C’est bien beau tout cela, mais si on met tous les éléments ensemble, ça ne colle pas, et tout le monde en est conscient.En résumé, ce sont tous les alliés objectifs de fraîche (Morsi) et longue (Erdogan) date qui subissent des secousses révolutionnaires. Il semblerait même que d’autres alliés, en Tunisie et en Libye, soient sur le qui-vive. Question : pourquoi Washington fomenterait-il des révolutions ici et là qui, en fin de compte, sont en tout néfastes à sa politique moyen-orientale, et dont la Syrie, pour ne prendre qu’elle, est le premier bénéficiaire ?

Rien qu’à poser cette question, on a tout de suite envie de loucher vers une autre direction, vers l’Est par exemple. Il est vrai qu’aucun élément ou indice ne nous permet de voir une main russe, iranienne ou chinoise dans tout ça. Mais tout semble s’agencer dans le sens des intérêts de ce camp. Hasard ? Peut-être. Mais trop de hasard qui s’emboîte si parfaitement est troublant.

Avic

« Eager Lion » – Opération d’extraction de mercenaires islamistes de Syrie ? partie III


Dans la partie précédente, nous avons vu comment  ces rebelles ont été sélectionnés, formés et engagés dans les  « sales » guerres des forces des opérations spéciales des États-Unis que les Américains eux-mêmes ont vécues au Vietnam, dans les pays d’Amérique centrale et en Irak. Nous allons maintenant nous étendre sur d’autres volets qui nous permettront de répondre à beaucoup des questions qui se posent. Lire la suite « Eager Lion » – Opération d’extraction de mercenaires islamistes de Syrie ? partie III

Tunisie : selon un ancien officier français, les snipers étaient des mercenaires étrangers


sniper-tunisie1C’est un journaliste français qui a recueilli ce témoignage d’un ancien officier français et qui l’a révélé depuis deux ans, mais personne n’y avait prêté attention : les snipers étrangers n’étaient pas une désinformation mais une bien sinistre réalité. Ils étaient en mission commandée et ils ont tiré sur les manifestants pour créer une situation incontrôlable et irréversible. Comme nous l’avons déjà révélé nous-mêmes il y a quelque temps, certains de ces mercenaires ont été recrutés par le Qatar, qui a procédé de la même manière en Egypte. Olivier Piot, qui a travaillé pour « Le Monde Diplomatique » et qui a été l’un des rares journalistes étrangers à couvrir les événements sur le terrain, a été témoin d’une scène d’une extrême importance : le départ précipité de l’aéroport de Tunis-Carthage des mercenaires qui ont assassiné nos enfants. A côté de lui à l’aéroport, Pierre H. un ancien officier de l’armée française, qui se trouvait « tout à fait par hasard » en Tunisie et qui lui a confirmé qu’il s’agit bel et bien de mercenaires. Voici son récit qui a déjà été publié dans « Le Monde Diplomatique » en janvier 2011.

Depuis plusieurs jours, les médias et Internet parlent de ces snipers aperçus à Thala, Kasserine et Douz. Des images ont circulé sur Facebook, floues, imprécises. Postés sur les terrasses des immeubles, ces tireurs seraient à l’origine de nombreuses morts parmi les jeunes manifestants. La nouvelle a largement contribué à la révolte des Tunisiens face à la répression policière qui sévit dans le pays depuis plusieurs jours.

Des rumeurs ? 9 h 40, jeudi 13 janvier, devant l’entrée de l’aéroport de Tunis-Carthage. Depuis la fin du couvre-feu, les taxis déposent ici les flots de touristes et d’hommes d’affaires qui souhaitent quitter le pays. Trois 4×4 gris métallisé, vitres teintées, viennent tout juste de se ranger devant la porte principale. Brusquement, au pas de course, une dizaine de militaires en tenue de camouflage, veste jaune fluo, sortent de l’aéroport. Equipés de longues mallettes noires et de petites valises grises, ils s’engouffrent dans les 4×4 qui partent en trombe. Maîtrisée, la scène a duré moins d’une minute.

A l’intérieur, les visages anxieux des voyageurs sont tournés vers le panneau d’affichage. Le vol Air France de 9 heures a été annulé, ceux de Tunis Air sont incertains. Au bar du niveau des arrivées, Pierre H. attend des « collègues » qui doivent venir le chercher. Il débarque de Paris et vient pour affaires. Cet ancien officier de l’armée française, la soixantaine, préfère ne pas en dire plus sur son activité professionnelle. En revanche, il s’amuse du groupe de militaires qu’il vient de voir traverser le hall de l’aéroport.

« Sûrement d’Afrique du Sud, indique-t-il sans hésiter. Ces mallettes, je les connais bien. Fusils pour snipers. Les petites grises, c’est pour les munitions. »Pourquoi l’Afrique du Sud ? « Vous avez vu leurs têtes ? Tous blancs. Ce sont des mercenaires formés là-bas. Tarif : de 1 000 à 1 500 dollars par jour. »
Tunisie-Secret.com

Olivier Piot, grand reporter pour Le Monde Diplomatique, Géo, Ulysse, National Geographic, et auteur de «La Révolution tunisienne: Dix jours qui ébranlèrent le monde arabe», éditions Les Petits Matins, mars 2011.

 

http://www.tunisie-secret.com/Tunisie-selon-un-ancien-officier-francais-les-snipers-etaient-des-mercenaires-etrangers_a449.html

Le franchissement du Rubicon sur l’Ifriqiya


4ème et dernier volet de cette suite Chine-Afrique de René Naba

chine-afrique-04Chine-Afrique 4/4
La Chine et le Maghreb central
  • L’Algérie, le navire amiral e la flotte chinoise dans la zone sahélo saharienne

Des trois pays du Maghreb central (Algérie, Maroc, Tunisie), l’Algérie occupe et de loin la position de partenaire privilégié de la Chine, tant pour des raisons historiques que pour des affinités politiques. Un partenariat scellé du temps des guerres de libération post coloniales, quand la Chine s’appliquait à briser le blocus occidental dont elle était l’objet et l’Algérie menait sa guerre d’indépendance contre le pouvoir colonial français. Lire la suite Le franchissement du Rubicon sur l’Ifriqiya

Déstabiliser l’Algérie par un «Printemps» via la Tunisie?


Tribune libre de Djerrad Amar

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Depuis quelques jours, des informations font état d’une officine privée américaine liée à la CIA qui s’emploie, à partir de la Tunisie, à recruter des Algériens pour en faire, après une « formation », des acteurs et animateurs d’un « Printemps arabe » projeté en Algérie. Il s’agit bien de cette vitrine de la CIA, l’ONG « Freedom House » qui se déclare aider à la défense des droits humains, les libertés et la démocratie, dans les pays en déficit dans ce domaine. Lire la suite Déstabiliser l’Algérie par un «Printemps» via la Tunisie?