Archives du mot-clé Prix Nobel De La Paix

Micro-crédit, macro-arnaque


micro_creditUn jour le prix Nobel de la paix tombera en désuétude à force de se discréditer par des attributions où le grotesque le dispute à l’impensable. Un sommet a été atteint en 2012 avec l’attribution à l’UE « Pour avoir contribué pendant plus de six décennies à promouvoir la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme en Europe » (sic !). Lire la suite Micro-crédit, macro-arnaque

Hassan Rohani, peut-être bien le futur Prix Nobel de la Paix


nobel-de-la-paix--qui-recevra-le-prix-au-nom-de-lue-_trt-francais-5049Contrairement aux autres prix Nobel (médecine, physique, littérature…), qui sont décernés pour récompenser un travail accompli, le prix Nobel de la paix n’a rien à voir avec un quelconque mérite. Il sert, le plus souvent, d’outil dans les rapports de force internationaux, précédant, accompagnant ou couronnant des campagnes médiatiques pour des buts purement géopolitiques.

Le prix de cette année n’échappe pas à la règle. The Guardian a ouvert les hostilités avec un sondage en proposant une liste de personnalités parmi lesquels ses lecteurs doivent choisir. Sans trop de surprise, c’est Hassan Rohani, la nouvelle coqueluche de l’Occident, qui arrive en tête avec 63% des votes, suivi de très loin par la pakistanaise Malala Yousafzai. (20%).

Est-ce le début d’une campagne pour nobéliser Rohani, ou juste l’opportunisme d’un journal qui veut surfer sur la notoriété du président iranien ? Nous verrons bien.

Avic

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Grosse rigolade à Téhéran…


5F1FB838-B830-4846-8ABD-2A213ACF8F27_mw1024_n_sPour son premier contact avec le monde occidental en tant que président, Hassan Rohani a fait carton plein. Il est rentré de New-York les mains chargées de cadeau pour le guide suprême Ali Khamenei.

Le premier d’entre eux concerne bien sûr le nucléaire iranien qui semble se diriger vers une solution rapide. Rohani se permet même de fixer des échéances. 3 mois, dit-il, peut-être 6.  On parle déjà d’allègement des sanctions.

Les relations irano-américaines, ensuite. Les Etats-Unis font tout pour faire baisser la tension en vue d’un dialogue. Il y a d’abord eu des rumeurs persistantes sur une rencontre entre les présidents des deux pays en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Mais l’Iran a poliment décliné l’offre, sans fermer la porte. Malgré la ‘’rebuffade’’ de Rohani, Barack Obama a finalement pris l’initiative de lui téléphoner alors qu’il était sur le chemin de l’aéroport pour quitter le sol américain.

Enfin, cerise sur le gâteau, ces bonnes nouvelles ont eu pour effet de provoquer la zizanie parmi les responsables israéliens. Comme il fallait s’y attendre, le bonheur de l’Iran ne pouvait que faire le malheur du gouvernement israélien et de son premier ministre. Netanyahou n’a pas été avare de propos acerbes contre l’attitude de Washington. Ce qui n’a pas eu l’heur de plaire au président israélien, Shimon Peres, qui a vivement réagi aux propos tenus contre le partenaire américain. «  Vous pouvez être pour ou contre les américains mais je n’aime pas le ton offensant de nos responsables », dit-il.  Peres, qui n’est pourtant pas un tendre au point que l’on en oublie qu’il fut prix Nobel de la Paix, a même une position diamétralement opposée à celle du gouvernement Netanyahou, en estimant qu’une reprise des relations irano-américaine était une bonne chose.

Qu’ont fait les iraniens pour en arriver là ? Ils n’ont renoncé à aucune de leurs prétentions et n’ont cédé en rien dans les exigences américaines. Leur discours vis-à-vis d’Israël et de toutes les forces hégémoniques est resté le même. Ils continuent, plus que jamais à soutenir la résistance palestinienne et la Syrie. Ce qu’il y a de changé, ce n’est pas ce que font les iraniens, mais celui qui dit ce que font les iraniens.  L’ancien et le nouveau président, Ahmadinejad et Rohani, disent pourtant la même chose, mais chacun à sa manière.

Le guide suprême nous aurait-il fait, volontairement ou non, le coup du bon et du méchant flic ? Le méchant, l’ogre, l’infréquentable, c’est bien sûr Ahmadinejad, celui dont mêmes les propos les plus gentils ne pouvaient qu’être mauvais. C’était un des rares personnages au monde qui, quand il disait ‘’paix’’, ‘’concorde’’, ‘’amitié’’, était traduit en langage occidental en ‘’guerre’’, ‘’discorde’’, ‘’ennemi’’.

A l’opposé, nous avons le gentil Rohani. Avant même son investiture, bien que ce soit un parfait inconnu, les médias avaient décidé que c’était un gentil. Quand il dit ‘’paix’’, tout le monde entend ‘’paix’’. On va même jusqu’à déformer certains de ses propos qui ne sont pas assez gentils pour les édulcorer. Ainsi, après avoir tenté à différentes reprises dans différents interviews, de lui faire reconnaître l’holocauste, de guerre lasse on arrange sa réponse à CNN en une reconnaissance en bonne et due forme, même si ce n’est pas tout à fait vrai. Une sorte de repêchage. Tout sera fait pour que Rohani reste ce gentil futur interlocuteur qui justifie qu’on lui tende la main.

Le guide suprême doit rire sous sa barbe. Finalement, il est dans une position confortable. Il lui suffit d’attendre et de voir venir. Quant à Hassan Rohani, quel que soit son portrait réel, il semble parti pour être un saint, du moins tant que l’occident a besoin de se rapprocher de l’Iran.

Avic

Poutine en appelle au Prix Nobel de la Paix et non au Président des Etats-Unis


obama-nobel-930_scalewidth_630Avant de décider de frapper la Syrie, les Etats-Unis devraient se rappeler leurs opérations d’autrefois qui n’ont  réglé aucun problème dans le monde, a estimé samedi devant les journalistes à Vladivostok (Extrême-Orient) le président russe Vladimir Poutine.

« On doit se souvenir des événements de ces dernières décennies, se rappeler combien de fois les Etats-Unis ont pris l’initiative de conflits armés dans différentes parties du monde », a déclaré M.Poutine vouloir dire, si possible, par téléphone à son homologue américain, en s’adressant à lui non comme au président des Etats-Unis, mais comme au prix Nobel de la paix. « Est-ce que cela a résolu au moins un seul problème ? En Afghanistan, en Irak, il n’y a pas d’apaisement, pas de démocratie tant recherchée par nos partenaires, il n’y a même pas la paix civile la plus élémentaire ni d’équilibre », a-t-il ajouté.

Le président russe a appelé les Etats-Unis à bien réfléchir avant de décider des frappes aériennes qui ne manqueraient certes pas de faire des victimes, notamment parmi la population civile.

Négociations israélo-palestiniennes ? Pourquoi faire ?


608124-president-autorite-palestinienne-mahmoud-abbasIl y a des cycles comme ça, incontournables. Les jeux olympiques, les jeux d’hiver, la coupe du monde de Football… Et aussi les négociations de paix israélo-palestiniennes. Régulièrement, on les remet sur le tapis, au rythme des présidents américains. C’est leur chasse gardée, leur prérogative absolue. Il ne peut y avoir négociations qu’avec et par l’intermédiaire d’un président américain. Et chaque président se doit d’avoir ses négociations à lui. Ce n’est pas seulement une question de prestige, c’est presque un devoir sacré devenu routine. S’il y a deux choses qu’un président américain doit avoir fait avant de se retirer c’est d’avoir bombardé au moins un pays et avoir fait dialoguer israéliens et palestiniens. Le dialogue terminé, il peut partir l’âme en paix, à défaut de l’avoir obtenue entre les deux protagonistes. Son successeur reprendra tout à zéro quand son tour sera venu, et le cycle recommence.

Ils sont donc toujours trois à participer à ces négociations dites de paix. Ils sont aussi trois à savoir qu’elles ne mèneront à rien. Ils savent que c’est du cinéma, mais ils joueront leurs rôles le plus sérieusement du monde. Ils le feront parce qu’il y a tout de même des enjeux, même s’ils sont très éloignés des objectifs avoués. Après la mascarade des pourparlers, tous en sortiront gagnants, mais la Palestine restera toujours occupée, Gaza sera toujours bombardée avant chaque investiture présidentielle américaine, et les colonies continueront à se développer, pendant que l’Europe enverra Mme Ashton à Tel-Aviv pour demander quelle est la conduite à tenir à chaque évènement concernant la région.

Que gagneront nos trois larrons ?

Obama a déjà été payé. Il a à rembourser une grosse dette qui, par ses faits de guerre, s’est alourdie au point de ressembler à la dette américaine. Cette dette c’est ce prix Nobel de la paix qu’on lui a octroyé à peine élu. Un beau piège, finalement. Un président américain a toujours une guerre en cours ou en prévision ici ou là. Lui coller un prix Nobel de la paix, c’est lui lier les mains, l’empêcher de faire son job de président des Etats-Unis. Obama a quand même fait son boulot comme si de rien était. Mais pour que ce prix Nobel encombrant ne devienne pas une imposture historique, l’étape obligée du ‘’processus de paix’’ israélo-palestinien tombe à pic. Pour les vieillards d’Oslo, une rencontre entre un dirigeant palestinien et un dirigeant israélien vaut, à elle seule, au minimum dix prix Nobel. Obama sera donc cet homme de paix qui réussira à arracher, au forceps, la promesse (seulement la promesse) à Netanyahou de ne pas construire plus de 100 logements supplémentaires en territoire palestinien d’ici Décembre.

Netanyahou, par la seule tenue des négociations, a déjà gagné. Un faucon cherche-t-il à dialoguer ? Un belliqueux va-t’en guerre discute-t-il avec l’ennemi ? Voilà déjà de quoi édulcorer, sinon changer, son image. De plus, il connait par cœur ce que veulent ceux d’en face. Il lui suffit, pour bloquer les négociations dès les premières minutes, d’arriver avec des propositions qu’ils ne peuvent ni personnellement, ni politiquement accepter. A supposer que Netanyahou ait vraiment envie de mener de vrais négociations en vue de la paix (ce qui serait quand même  étonnant), il n’a aucun moyen, ni lui, ni aucun homme politique aujourd’hui en Israël, d’accéder aux demandes du peuple palestinien pourtant simples. Citons-en deux. Disparition de ces enclaves que sont les colonies qui font ressembler la Palestine à du gruyère.  Techniquement Netanyahou n’a pas les moyens de s’y attaquer, et économiquement Israël n’a pas la capacité de le supporter. L’autre exemple concerne le retour des réfugiés ou leurs descendants. L’accepter signifie, dans un premier temps, dire adieu à la notion d’état juif et, dans un deuxième temps, la mort du sionisme dans cette partie du monde. Ce que les promoteurs du sionisme, dans leurs bureaux à New-York ou Londres, n’accepteront jamais.

Et justement, ces promoteurs qui sont les principaux intéressés par ces négociations, y sont absents. Physiquement seulement. Mais leur ombre est omniprésente. Si Netanyahou joue bien son rôle, son avenir politique sera assuré, et les dollars pleuvront sur Israël.

Et Mahmoud Abbas ? Puisqu’il est dit qu’il y aura dialogue, il faudra un interlocuteur. Ce sera donc lui. Il n’est là d’ailleurs que pour être interlocuteur en cas de besoin. Après les pourparlers, on le rangera au placard en attendant la future séance. Aucune de ses revendications n’aboutira et il le sait, il connait trop son monde. Il sait aussi que son protagoniste va essayer de le tourner en bourrique. Mais qu’à cela ne tienne. Ces pourparlers, malgré tout, assoiront un peu plus l’image de la Palestine du point de vue diplomatique et politique. C’est peu et beaucoup à la fois. Pour lui et son parti, ces négociations renforceront encore un peu plus une légitimation de représentants du peuple palestinien qui ne repose sur rien.  Les pourparlers pourront même repousser d’éventuelles élections aux calendes grecques. Là aussi, il est primordial de bien jouer son rôle, sans couacs. Si tout se passe bien, c’est, comme pour Israël, une pluie de dollars et aussi d’euros qui pleuvra sur la Palestine. Par ces euros, les européens auront l’impression d’avoir participé et d’avoir encouragé la paix, tout en satisfaisant leurs grands sentiments humains mis à mal par les raids israéliens sur Gaza.

Puisque seule la cause palestinienne (comme d’habitude) n’y gagne rien, pourquoi avoir entamé les négociations si tard ? Pour Obama, ça n’a pas dû être simple. Les printemps arabes qui n’en finissent pas, les positions russes et chinoises qui compliquent l’équation, l’attentat de Benghazi et, surtout, ce maudit Bachar Al Assad qui a tout fait capoter. S’il était parti tout de suite, comme cela avait été prévu, les choses auraient été plus faciles. On y aurait vu beaucoup plus clair dans le nouveau paysage qui se serait dessiné. Il aurait même été possible de trouver des solutions qui satisfassent tout le monde : Israël, les palestiniens, les colons et même les réfugiés. Mais avec l’entêtement des russes et des chinois, deux ans après Assad est toujours là, malgré les rappels incessants de ‘’Bachar Al Assad doit partir’’. Deux ans de perdus. On ne peut plus attendre. Il faut s’entendre avec les russes, peut-être même les iraniens  (horreur !), car le temps passe vite. Une négociation à minima vaut mieux que pas de négociation du tout.

Il ne sera pas dit que Barak Hussein Obama, prix Nobel de la Paix, n’aura pas rajouté son nom dans la longue liste des négociateurs de paix au Proche Orient.

Avic

Ce que pensent les Nord-Coréens


par Stanfield Smith

Barack ObamaJe viens de rentrer de la Corée du Nord [République populaire démocratique de Corée, RPDC], à la suite d’un voyage que j’avais effectué à la fin du mois de Mars avec 45 autres personnes, par le biais de Koryo Tours. Pendant mon séjour, j’ai eu l’occasion de discuter avec les guides coréens sur leur vision de la situation actuelle. J’avais encore en tête  le point de vue de la RPDC déjà mentionné dans les grands médias, quand Dennis Rodman (NDT : ancien joueur américain de basket-ball) est revenu de Corée du Nord avec un message du nouveau président Kim Jong. Le message était: «Je ne veux pas la guerre, appelez-moi. » Le lauréat du prix Nobel de la Paix, le président Obama avait refusé de l’accepter, préférant, de toute évidence, l’accroissement de la menace d’une guerre nucléaire régionale plutôt que le dialogue. J’ai demandé à interviewer mes guides coréens afin de pouvoir rapporter leur point de vue au peuple américain.  

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Poutine, prix Nobel de la Paix 2013.


Vladimir_Putin_11_March_2008-1On peut rêver. Mais ça restera un rêve. Le prochain prix Nobel a plus de chances de se retrouver  chez un certain émir du golf ou entre les mains  de certaines stripteaseuses qui adorent chanter dans les églises.  Un chien qui mordrait Poutine aurait toutes ses chances. C’est dire… Prix Nobel pour Poutine ? Même pas en rêve. Pourtant…

Pourtant, s’il est un défenseur de la paix mondiale aujourd’hui, un parmi peu, c’est bien lui. Bien obligé. Question de vie ou de mort. Non pas pour lui, mais pour la Russie. Oui, aujourd’hui la Russie est cernée de toutes parts et la meute se  rapproche. Le dispositif d’encerclement, débuté à la chute du Mur de Berlin, s’est fait de manière insidieuse, par une annexion douce et progressive des anciens états de l’Union Soviétique. Tant qu’aucune  résistance ne s’opposait à cette dynamique, l’encerclement se faisait sans coup férir, renforcé par une présence active de divers organismes à l’intérieur même de la Russie. Les choses  se déroulaient donc normalement dans l’euphorie générale du bloc atlantiste, qui n’en finissait pas de célébrer sa « victoire » contre le Communisme, oubliant, au passage, que  le pays le plus prospère au monde est un pays communiste, géré par un parti communiste.

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Principes élémentaires de propagande de guerre ou Les dix commandements sans lesquels nos guerres sembleraient injustes


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Les dix « commandements » sont avant tout une grille d’analyse qui se veut pédagogique et critique. Elle n’a pas pour but de prendre parti, ou de prendre la défense des « dictateurs », mais de constater la régularité de ces principes dans le champ médiatique et social. Au ban des accusés, on retrouve tant les vaincus que les vainqueurs.

Principes élémentaires de propagande de guerre, (utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède…) est un livre de Anne Morelli paru en 2001, réédité en 2010 pour compléter la première édition avec les guerres d’Irak et d’Afghanistan, ainsi qu’une analyse du discours d’Obama « Prix Nobel de la paix ».

« Je ne tenterais pas de sonder la pureté des intentions des uns ou des autres. Je ne cherche pas ici à savoir qui ment et qui dit la vérité, qui est de bonne foi et qui ne l’est pas. Mon seul propos est d’illustrer les principes de propagande, unanimement utilisés, et d’en décrire les mécanismes. » [1] Il est néanmoins indéniable que depuis les dernières guerres qui ont marqué notre époque (Kosovo, guerre du Golfe, Afghanistan, Irak) ce sont nos démocraties occidentales et le champ médiatique qui leur correspond qui sont mis en question.

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