Archives du mot-clé Qatar

L’éléphant saoudien dans un magasin de porcelaine arabe


Tribune de Byblos

MAE-Arabie-SaouditePrise dans son obsession de la « menace iranienne », qui l’a conduite à adopter une attitude belliciste vis-à-vis de la Syrie, l’Arabie Saoudite se comporte comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, perturbant sérieusement l’environnement politique d’ores et déjà délicat dans le monde arabe. Elle déclenche ce que George Joffé, chercheur au Centre d’Études Internationales de l’Université de Cambridge, qualifiait le 30 décembre dernier de « seconde guerre froide arabe », la première étant celle menée depuis les années 1960 par l’Arabie Saoudite contre le panarabisme égyptien de Gamal Abdel Nasser. Lire la suite L’éléphant saoudien dans un magasin de porcelaine arabe

La bataille de Syrie marque la fin de l’unilatéralisme occidental


Tribune libre Marseille Albatros

fe1072ebc2a248e6e9cedaccd23cba90-1378480724Interview pour la revue France- Arménie : «La bataille de Syrie marque la fin de l’unilatéralisme occidental » : René naba : Ecrivain et journaliste spécialiste du monde arabe, René Naba (1) a été correspondant tournant au bureau régional de l’AFP à Beyrouth (1969-1979) et conseiller du directeur général de la radio arabophone RMC Moyen-Orient. Dans son analyse de l’évolution du conflit syrien, il livre un regard sans concession sur l’action de la diplomatie française. Lire la suite La bataille de Syrie marque la fin de l’unilatéralisme occidental

Préparer Genève 2


UN Geneva Office and Flags 2A la conférence de Genève II, ce sera l’apothéose du cynisme de la réal-politique. Au nom de l’intérêt général, tous les protagonistes vont tenter de faire comme s’il ne s’était rien passé en Syrie. Trois ans de guerre, des dizaines de milliers de morts ? Oubliez cela. Il y a avant tout un pays à reconstruire, avec tous ses contrats juteux qui feront l’objet d’âpres combats entre les loups qui apparaîtront comme des hommes de paix dont la seule préoccupation est le bien-être des syriens. Lire la suite Préparer Genève 2

Les fondements et les raisons complexes du Jihad


Tribune libre

1-4153-c1323-944d2par Ghaleb Kandil

Les Saoud et le fantôme de Jouheiman

Le comportement de l’Arabie saoudite dans la région fait l’objet d’une attention et d’un suivi particuliers, après que la dynastie des Saoud soit devenue la principale source de l’escalade et de la violence exercées ces derniers temps par les groupes terroristes-takfiristes en Irak, en Syrie, au Liban et jusque dans certaines régions de Russie. Lire la suite Les fondements et les raisons complexes du Jihad

La perversion des Valeurs par l’inculture arabo-bédouine des monarchies du Golfe


Tribune libre Dierrad Amar

Il y a Kotb ce maitre penseur du désordre dans le monde arabo-musulman. Il y a aussi Ibn Taymmiya et Ibn Abdelwahab. Actuellement c’est le courant wahabo-takfiriste qui commande la pensée de la plupart des musulmans souvent par ignorance. D’où ce désordre sur lequel profitent, en l’encourageant, l’occident et le sionisme pour assurer leurs intérêts et leur domination ! Ils ne trouvent pas meilleurs alliés que les arabo-musulmans eux-mêmes. C’est parce que l’on est inculte, y compris en religion, que l’on suit comme des moutons de Panurge, que l’on se joue de nous. Lire la suite La perversion des Valeurs par l’inculture arabo-bédouine des monarchies du Golfe

Ce malin petit Qatar…


Khaled ben Mohamed Al-AttiyaLes choses ont changé pour le richissime émirat du golfe. Et c’est radicalement qu’il change lui aussi sa politique interventionniste à l’égard des conflits qui agitent la sphère arabo-musulmane. Après s’être séparé, contre toute attente, de son émir cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, forcé d’abdiquer au début de l’été au profit de son fils, voilà que le Qatar entame le lifting de sa politique étrangère. Lire la suite Ce malin petit Qatar…

Guerre de Syrie : une guerre israélo-syrienne


msjwz23v-1377934534Va-t-on enfin dépasser les tabous et appeler les choses par leur nom ? L’histoire de la guerre de Syrie nous a été présentée sous différentes formes successives, chaque narration venant faire oublier la précédente. Lire la suite Guerre de Syrie : une guerre israélo-syrienne

Le Moyen-Orient en voie de balkanisation


15 avril 2013 - Des insurgés irakiens ont déployé une série d’attentats à la voiture piégée en Irak, faisant au moins 55 victimes
15 avril 2013 – Des insurgés irakiens ont déployé une série d’attentats à la voiture piégée en Irak, faisant au moins 55 victimes

Les eaux chaudes du Golfe paraissent paisibles à l’endroit où je suis assis, à Doha, mais cette tranquillité ne reflète guère les conflits que cette région continue de générer. L’euphorie du soit-disant printemps arabe est révolue depuis longtemps, et ce qui subsiste est une région dans une phase transitoire pleine de risques. Personne ne peut voir ce à quoi l’avenir va ressembler, mais les éventualités sont nombreuses, et peut-être tragiques.

Au cours de mes nombreuses visites dans la région, je n’ai jamais ressenti une telle difficulté à imaginer l’avenir, alors que les lignes d’affrontements se sont affirmées comme jamais auparavant. Des gouvernements , des intellectuels, des communautés religieuses ou autres se regroupent de part et d’autres des nombreuses lignes de fracture. Cela se produit à divers degrés, dans tout le Moyen-Orient, selon le lieu du conflit.

Certains pays sont directement engloutis dans des conflits sanglants et qui vont durer – qu’il s’agisse de révolutions perdues comme en Égypte ou de soulèvements transformés en une guerre civile des plus destructrices comme en Syrie. Inversement, ceux qui sont pour l’instant épargnés par les affres de la guerre sont très impliqués dans le financement des divers protagonistes, envoyant des armes, formant des combattants et lançant des campagnes médiatiques en faveur d’un parti contre l’autre. L’objectivité des médias n’a jamais été aussi inexistante, même en termes relatifs.

Pourtant, dans certains cas , les lignes ne sont pas tracées avec beaucoup de certitude non plus. Dans les rangs de l’opposition syrienne au régime baasiste de Damas, les groupes sont trop nombreux pour être comptés et leurs propres alliances changent à une rapidité que les médias semblent peu remarquer ou sont peu soucieux de signaler. Nous parlons arbitrairement d’une « opposition » , mais en réalité il n’y a pas de programme politique ou militaire véritablement unificateur, qu’il s’agisse du Conseil militaire suprême, du Conseil national de la Syrie ou de la Coalition nationale syrienne.

Dans une carte interactive, mise en forme par Al Jazeera et qui reprend surtout ce qui semble être des conclusions un peu hâtives, le Conseil militaire « affirme qu’il commande à environ 900 groupes et à un total d’au moins 300 000 combattants ».

Il est facile de prétendre avoir un pouvoir effectif sur tous ces groupes, mais de nombreux autres fonctionnent selon leurs propres agendas, ou sont unifiés sous différentes plates-formes militaires sans aucune allégeance à une structure politique, qu’elle vienne d’Istanbul ou d’ailleurs.

Il est facile toutefois d’associer l’idée d’un conflit perpétuel avec la soi-disant violence inhérente au Moyen-Orient. Pendant près de deux décennies, nombreux sont ceux qui avaient prévenu que l’intervention militaire américaine en Irak finirait par « déstabiliser » la région tout entière. Le terme « déstabiliser » était bien sûr tout à fait à propos, et Israël a fait plus que sa part pour déstabiliser plusieurs pays, occuper les uns et détruire les autres. Mais les perspectives de déstabilisation politique étaient encore beaucoup plus inquiétantes lorsque c’est le pays le plus puissant au monde qui investit une grande partie de ses forces et ressources financières pour faire le sale boulot.

En 1990-91, puis à nouveau en 2003, et une fois de plus en 2006, l’Irak a été utilisé comme un immense champ d’expérimentation pour la guerre, pour le « state building » et la guerre civile sous patronage américain. La région n’avait jamais connu une telle division pouvant se transformer en lignes de séparation sectaire comme il est advenu par la suite. Le discours qui accompagnait la guerre américaine était sans aucun complexe totalement sectaire. Il modifia l’un des paysages politiques les plus complexes dans le monde en l’espace de quelques semaines, en se basant sur un modèle imaginé par des « experts » vivant à Washington et avec peu d’expérience de la vie réelle. Non seulement l’Irak a été mis en lambeaux, mais il a été remodelé à plusieurs reprises pour être mis en conformité avec la compréhension historique inepte qui est celle des États-Unis.

L’Irak continue de souffrir , même après que les États-Unis aient prétendument retiré leur armée. Des milliers de personnes ont péri en Irak ces derniers mois, les victimes appartenant à une communauté religieuse ou à une autre.

Mais le mal irakien est devenu une maladie régionale. Et comme les États-Unis quand ils envahirent des pays souverains et réorganisèrent les frontières politiques, des groupes comme l’État islamique d’Irak et Al -Sham (ISIS) sont actifs partout où ils trouvent matière à l’être, sans aucun respect pour les frontières géographiques.

Formée en Irak en 2006 comme une plate-forme pour les différents groupes jihadistes comme Al-Qaïda en Irak, l’ISIS a été un élément puissant de la terrible guerre qui sévit en Syrie. Le groupe semble avoir peu de problème pour circuler librement et trouver des ressources. Pire encore, dans certaines parties de la Syrie, il gère de fait une économie relativement stable qui lui donne une meilleure position que les groupes syriens locaux.

Ces groupes n’aurait jamais vu le jour en Irak et se seraient encore moins déplacés avec une telle aisance d’un pays à l’autre, s’il n’y avait pas eu l’invasion américaine. Ils fonctionnent comme des armées privées, réparties en petits groupes de combattants aguerris qui sont capables de trouver leur chemin à travers les frontières et de prendre le contrôle de communautés entières. Al-Qaïda, un groupe que l’on connaissait à peine il y a 12 ans – est devenu partie prenante de l’avenir de l’ensemble des pays du Moyen-Orient.

Quant aux pays qui ne subissent pas le type de bouleversement que connaissent la Syrie et l’Irak, ils ont toutefois compris qu’il était trop tard pour jouer le rôle du spectateur.

Il s’agit d’une guerre tous azimuts qui est en train de se déployer, et il n’est plus temps de rester au bord.

D’inquiétantes prévisions peuvent être faites sur l’évolution de toute la carte de la région, et seuls quelques pays semblent en être épargnés.

Le récent article de Robin Wright dans le New York Times, « Imaginer une nouvelle carte du Moyen-Orient », est une spéculation typique produite par les élites politiques et les médias américains sur le Moyen-Orient. Ils ont appliqué ce type de spéculation avec application avant et après l’ invasion américaine de l’Irak, où ils ont sculpté les pays arabe de façon à se conformer aux intérêts américains, divisant et ré-assemblant. Cette fois, cependant, les perspectives sont terriblement sérieuses et réelles. Tous les principaux acteurs, même s’ils dont en apparence opposés l’un à l’autre, peuvent contribuer à ces possibles redistributions. Selon Wright, il se pourrait non seulement que certains pays diminuent de taille, mais aussi que certains des territoires découpés s’assemblent avec d’autres territoires séparés de pays voisins .

Même « des cités-États – oasis de multiples identités comme Bagdad, des enclaves surarmées comme Misrata, la troisième ville de Libye, ou des zones homogènes comme Jabal Al-druze dans le sud de la Syrie – pourraient faire un retour, même si ce n’est que techniquement à l’intérieur des pays, » écrit-il. L’illustration info-graphique accompagnant l’article était intitulée : « Comment 5 pays pourrait devenir 14 ».

Quelle que soit l’évolution des évènements, la prédiction est elle-même révélatrice de la nature changeante des conflits au Moyen-Orient, où ce sont les pays entiers qui sont désormais mêlés à la guerre. Les nouvelles lignes de bataille sont aujourd’hui sectaires, portant les symptômes de la guerre civile implacable qui règne en Irak. En fait, les acteurs sont toujours plus ou moins les mêmes, sauf que le « jeu » a désormais été étendu de façon à dépasser les frontières poreuses de l’Irak et à être transposé vers des espaces beaucoup plus vastes où les militants ont la main haute.

Vues d’ici, les eaux chaudes du Golfe paraissent calmes, mais c’est un calme trompeur …

* Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Fnac.com

http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14121

La Syrie, pays de tous les enjeux


Tribune libre Almutanabi Jasmin

carte_syrie_relief_altitude_metreLe 07 Octobre 2013, le ministre Français de la défense était reçu en Arabie Saoudite par le roi Abdallah. Le ministre a ensuite déclaré à propos de la Syrie : « Notre approche sur la situation est identique. Nous sommes dans la logique de renforcer la Coalition nationale Syrienne et l’état-major du général (Sélim) Idriss (chef d’état-major de l’ASL) ». Rappelons que l’Arabie Saoudite est une monarchie absolue, promouvant un Islam radical (le Wahhabisme), qu’elle pratique la discrimination ethnique, prive les femmes des droits les plus élémentaires, emprisonne et torture les opposants, réduit en esclavage les travailleurs étrangers, offre des spectacles de décapitation sur la place publique … Si la France et l’Arabie Saoudite sont en « grande convergence » au sujet de la guerre menée en Syrie, on peut finir par douter de son mobile humanitaire et chercher d’autres explications.

La guerre du gaz

Le gaz apparait aujourd’hui comme une alternative à la diminution des réserves mondiales de pétrole et possède en outre l’avantage d’être une énergie propre. Ce sera la principale ressource d’énergie du XXIème siècle et l’Union Européenne devrait en être le plus gros consommateur.

Actuellement, la Russie est le pays qui dispose des plus grosses réserves en gaz et sa société étatique Gazprom en assure l’exploitation. L’exportation du gaz Russe est quant à elle permise grâce à deux grands projets de gazoduc :
– Nord Stream passant par l’Allemagne et censé alimenter le nord de l’Europe.
– South Stream qui doit se diriger vers l’Europe occidentale via la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Slovénie.

Or, dans le but de concurrencer South Stream, l’Union Européenne a soutenu le projet Nabucco. Ce projet visait principalement le gaz de l’Azerbaïdjan (champ de Shah Deniz) et devait se diriger vers l’Europe occidentale en passant par la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. La guerre entre South Stream et Nabbuco a nettement tournée à l’avantage de la Russie. Initialement prévu pour 2014, Nabbuco a été sans cesse repoussé en raison de difficultés techniques et de l’absence de clients clairement définis. De plus, l’Azerbaïdjan a finalement choisi le gazoduc Trans-Adriatic Pipeline (TAP) pour acheminer son gaz vers l’Europe au détriment de Nabucco. Cela a peut être signé l’arrêt de mort de ce projet.

Au Moyen-Orient, l’Iran est un grand producteur de gaz. En Juillet 2011, l’Iran, l’Irak et la Syrie ont signé un projet de gazoduc : l’Islamic Gas Pipeline ou « Gazoduc Chiite ». Après un temps de réalisation estimé 3 ans, ce projet devrait permettre à l’Iran d’alimenter l’Irak et la Syrie. Grâce aux ports méditerranéens de la Syrie ou du Liban, il pourrait même alimenter l’Union Européenne. Par ailleurs, la Syrie a découvert en Août 2011 un vaste champ gazier à Qaraa, près du port de Tartous. Partenaire économique de la Syrie, la Russie pourrait alors jouer un rôle important, non seulement dans l’exploitation de ce gaz, mais aussi dans son exportation vers l’Europe par la mise à disposition de sa flotte en méditerranée.

C’est avec le Qatar que l’Iran partage le plus grand champ gazier du monde (il est nommé South Pars côté Iran et North Dome côté Qatar). Pour l’instant, le Qatar exporte son gaz par des méthaniers, ce qui n’est déjà pas sans risques. En plus, ces bateaux doivent transiter par le détroit d’Ormuz, qui est sous contrôle de l’Iran. En 2009, le Qatar a alors présenté un projet de gazoduc terrestre devant le relier à la Turquie. Le tracé incluait initialement l’Arabie Saoudite, mais après son refus, il devrait finalement passer finalement par l’Irak, la Jordanie et la Syrie. C’est dans cette optique que le Qatar s’est rapproché en 2010 de la Syrie par un « pacte de défense ». Mais cette dernière a ensuite préféré se joindre au projet de Gazoduc Chiite.

Deux autres puissances régionales sont intéressées par le projet Qatari : la Turquie et Israël. La Turquie cherche a diminuer sa dépendance au gaz Russe et au gaz Iranien. De plus, elle toucherait des royalties pour permettre le transit de gaz vers l’Europe. Partie prenante du projet Nabbuco puis du projet Qatari (qui devait rejoindre Nabbuco sur son territoire) la Turquie a également signé un contrat avec l’Azerbaïdjan pour l’achat de grosses réserves de gaz en 2017. Quant à Israël, il a découvert fin 2010 un énorme champ gazier au large de ses côtes. Il pourrait donc rejoindre le projet Qatari pour l’exportation de son gaz vers l’Europe.

Ainsi, le Qatar, la Turquie et Israël voient d’un très mauvais oeil la réalisation du gazoduc Iran-Irak-Syrie, complètement indépendant de leurs routes de transit vers l’Europe. Quant à l’Union Européenne, elle cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et donc à diminuer sa dépendance au gaz Russe. Comme d’habitude, les USA chapeautent le tout en cherchant à soutenir leurs alliés (Israël, Turquie, Qatar) et affaiblir leurs concurrents (Russie, Iran). Dans tous les cas, la question du gaz semble partie intégrante du conflit actuel en Syrie. Selon le journaliste Algérien Noureddine Merdaci, le protocole de Doha, signé en Novembre 2012 par la majorité des groupes de l’opposition Syrienne prévoyait, dans la Syrie post-Al-Assad , « la permission du passage du gazoduc Qatari à destination de la Turquie puis de l’Europe ».

Un Moyen-Orient instable

Avec les deux tiers des ressources mondiales en pétrole et 40% des réserves de gaz connues, le Moyen-Orient est le lieu majeur de production d’hydrocarbures. Il couvre et couvrira certainement pendant plusieurs décennies encore, la plupart des besoins énergétiques de la planète. Or, ce début de 21ème siècle voit l’apparition de grandes puissances émergentes, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) dont les besoins en énergie ne cessent de croître. La Chine par exemple est aujourd’hui derrière les USA, le deuxième plus gros consommateur mondial de pétrole. Alors que le Moyen-Orient est depuis longtemps le théâtre de tensions et d’affrontements pour le contrôle de ses ressources énergétiques (opération AJAX en 1953, guerre d’Irak en 2003 …), la situation ne risque pas de s’améliorer.

Au sein même de cette région, s’ajoute une fracture religieuse entre musulmans Sunnites et Chiites. Les Sunnites considèrent qu’il ne doit pas y avoir d’intermédiaires entre le croyant et dieu, tandis que pour les Chiites, c’est l’Iman qui est le véritable guide de la communauté. Dans le monde, la plupart (environ 80-90%) des musulmans sont Sunnites, mais les Chiites sont majoritaires (environ 70%) dans les pays du Golfe. Les deux communautés ne s’aiment pas. Persécutés par les Sunnites, les Chiites minoritaires ont longtemps dû se réfugier dans la clandestinité, tandis que certains Sunnites vont jusqu’à considérer les Chiites comme des mécréants et se méfient de leur expansion. En Iran où le Chiisme est la religion d’état, Khomeini avait présenté en 1979 la révolution comme un « modèle à exporter ». Aujourd’hui, l’Iran, l’Irak, les Alaouites de Syrie et le Hezbollah Libanais forment un croissant Chiite, lequel est fortement combattu par l’arc Sunnite qui englobe l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Emirats Arabes Unis. Les pétromonarchies du golfe dépensent beaucoup d’argent pour la propagation du Wahhabisme (c’est une forme radicale du Sunnisme, il est par exemple interdit d’invoquer le prophète, les saints ou les anges, de sculpter des décorations dans une mosquée …). Elles n’hésitent d’ailleurs pas à soutenir les impérialistes occidentaux dans les guerres qui les opposent à leurs rivaux régionaux (la Syrie en fait aujourd’hui les frais).

Régional, ce clivage devient même national puisqu’il y a dans les pays majoritairement Sunnites des minorités Chiites et inversement (les Chiites d’Arabie Saoudite qui sont d’ailleurs plus nombreux dans les régions pétrolifères de l’est, les Chiites du Pakistan …). Parfois, ces minorités sont au pouvoir (les Sunnites en Irak sous Saddam Hussein ou au Bahreïn actuellement, les Alaouites en Syrie actuellement …). Certains pays sont alors le lieu de favoritisme, de discriminations, voire de persécutions ou d’affrontements violents. Actuellement, cette violence touche principalement l’Irak (majorité Chiite) et le Pakistan (majorité Sunnite). L’influence étrangère joue parfois un rôle dans la fracture confessionnelle (la révolution Iranienne de 1979 a radicalisé les Chiites du Pakistan …), cela pouvant même aller jusqu’à de l’ingérence (l’Arabie Saoudite a soutenu militairement le régime du Bahreïn dans sa féroce répression contre les Chiites lors du printemps Arabe en 2011).

La présence Kurde est une autre source d’instabilité au Moyen-Orient. Au lendemain de la première guerre mondiale, le traité de Sèvres avait prévu un découpage de l’empire Ottoman comptant un état Kurde. Cependant, les Français et les Britanniques avaient en 1916 signé un accord secret (Sykes-Picot) qui procédait à un autre découpage. Les Kurdes furent répartis dans 4 pays (Turquie, Iran, Irak et Syrie) et le Kurdistan n’est resté depuis qu’une simple zone géographique. Mais le nationalisme Kurde est resté présent. Aux soubresauts nationaux (affrontements entre le PKK et le gouvernement Turc depuis 1984, soulèvements Kurdes en Irak durement réprimés avec notamment le massacre par arme chimique à Hallabja en 1988, soulèvements en Syrie durement réprimés en 2004 et 2005) s’ajoute un activisme transnational (projet du PKK d’un grand Kurdistan, soutiens à cette organisation hors de la Turquie …).

Enfin, Israël est depuis sa création un important facteur de tensions régionales : guerre de 1948 après la création de l’état, guerre du canal de Suez en 1956, guerre des six jours en 1967, guerre de Kippour en 1973, guerres au Liban en 1982 et 2006 et surtout l’interminable conflit Israëlo-Palestinien. Si les relations entre Israël et ses voisins ont dès le départ été mauvaises, sa politique de grignotage territorial n’a fait depuis qu’empirer les choses. Actuellement, le projet de création d’un état Palestinien est au point mort. Les territoires Palestiniens sont divisés entre d’un côté la Cisjordanie, partiellement contrôlée par l’autorité Palestinienne (un mur de séparation prive la Cisjordanie d’une partie de son territoire de 1967), et de l’autre la bande de Gaza, entièrement contrôlée par le Hamas. Au Moyen-Orient, la solidarité envers la Palestine dépasse parfois le clivage entre Chiites et Sunnites. l’Iran et le Hezbollah Chiites sont par exemple en bons termes avec le Hamas Sunnite. Mais d’autres pays gardent leurs distances. C’est le cas de l’Egypte (accord de paix avec Israël en 1979) ou l’Arabie Saoudite (qui coopère avec Israël contre l’Iran), pourtant tous les deux Sunnites.

Le jeu des alliances

Dans le monde de demain, qui risque progressivement d’échapper à la toute puissance Etasunienne, deux pays sont particulièrement redoutés : la Chine et la Russie. La première est aujourd’hui 2ème puissance mondiale et devrait passer au premier rang d’ici 2040, tandis que la seconde réorganise depuis les années 2000 sa sphère d’influence géopolitique perdue aux lendemains de la guerre froide. Les deux voisins, membres du conseil de sécurité de l’ONU, établissent non seulement des liens avec des pays stratégiques (La Russie est présente au Moyen-Orient où elle vend par exemple des centrales nucléaires à l’Iran, la Chine est très présente en Afrique) mais aussi entre eux (la Russie et la Chine collaborent par exemple dans de grands projets d’acheminement du gaz entre leurs deux pays). Quels pays pourraient rejoindre ces alliances dans le futur ? L’Inde ? Et pourquoi pas le Japon ?

C’en est trop pour les maîtres du monde qui se sont donné pour mission de contenir la progression Sino-Russe et d’affaiblir ses alliances. En plus des sanctions diplomatico-économiques (que l’Iran connait bien) et des tentatives de déstabilisation sur les questions des minorités et des droits de l’homme (que la Chine et la Russie ont eux aussi expérimentés), les USA ont une stratégie qu’ils ont bien rôdée pendant la guerre froide : celle de l’encerclement. Pour illustrer cette stratégie, il suffit d’observer le voisinage géographique de l’Iran. En plus des pétromonarchies du golfe et du Pakistan, les guerres d’Afghanistan et d’Irak ont poursuivi l’encerclement de ce pays par des régimes pro-Etasuniens et l’installation de nouvelles bases militaires. Levier de la politique étrangère Etasunienne, l’OTAN met en oeuvre cette stratégie à grande échelle. Du rôle clé de la Turquie qui accueille le grand bouclier anti-missile, en passant par l’Initiative de coopération d’Istambul (Barheïn, Qatar, Koweit, Emirats Arabes Unis) jusqu’aux partenariats militaires en extrême-orient et dans le pacifique (Australie, Nouvelle Zélande, Singapour, Corée du sud et Japon) c’est toute la partie Moyen Orient – Russie – Chine qui est ainsi prise en étau.

Depuis longtemps, les occidentaux sont proches des pétromonarchies du golfe. En 1945, les USA avaient conclu avec l’Arabie Saoudite (premier producteur mondial de pétrole) le pacte « protection militaire contre accès exclusif au pétrole », puis avaient commencé à y installer leurs bases militaires. Vers 2003, diverses raisons (fin de la guerre d’Irak, sentiment anti-Etasunien croissant dans la population Saoudienne, guerre contre les Talibans dont l’idéologie est proche du régime Saoudien …) les avaient poussés à un redéploiement de leurs forces au Qatar, pays où ils viennent encore récemment d’installer un radar anti-missile pour contrer l’Iran. Les USA ont quand même conservé des troupes en Arabie Saoudite. Cela leur permet de ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier, d’autant qu’ils doivent parfois jouer les équilibristes entre Israël, le Qatar et l’Arabie Saoudite qui sont tantôt alliés, tantôt rivaux. Quant à la France, est-il besoin de rappeler qu’elle vient de signer en Juillet 2013 un contrat d’un milliard d’Euros avec les Emirats Arabes Unis puis en Août un contrat du même montant avec l’Arabie Saoudite et qu’on ne compte plus dans l’hexagone les investissements Qataris (clubs de foot, banlieues …) ?

L’organisation des Frères musulmans est un autre levier de la politique Etasunienne au Moyen-Orient. Contrairement aux Wahhabites, ceux-ci prônent une progression de l’Islam par le haut, politisée. Rejetant l’influence occidentale et souhaitant des républiques Islamistes dans les pays à majorité musulmane, ils s’opposent parfois durement aux courants laïcs de ces pays (Egypte, Syrie). En Syrie, ils ont été interdits en 1980 suite à une série d’attentats sanglants, puis massacrés dans les soulèvements qui ont suivi (20.000 morts à Hama en 1982). Mais avec un programme politique plutôt bien accepté par l’occident, les Frères musulmans sont des alliés potentiels contre les ennemis du moment. Dès les années 50, les USA s’en étaient rapprochés pour lutter contre les régimes socialistes et panarabes du Moyen-Orient (Nasserisme, parti Baas) ; plus récemment en Egypte (présidence de Mohamed Morsi), les USA se sont bien accommodés de leur association entre conservatisme religieux et libéralisme économique ; aujourd’hui en Syrie, leur rôle est dominant dans le conseil de transition (CNS/CNFOR). Au niveau régional, les Frères musulmans peuvent compter sur le soutien de la Turquie (l’AKP quoique plus laïc, est également Sunnite et libéral), celui du Qatar (essentiellement Wahhabite mais socialement et politiquement stable), mais pas de l’Arabie Saoudite. Touchée par le printemps Arabe (où la police a d’ailleurs tué quelques manifestants), celle-ci redoute en effet leur activisme politique (hier du côté des militaires en Egypte, l’Arabie Saoudite soutient aujourd’hui les Salafistes en Syrie).

Pressions, guerres et chaos

Les enjeux au Moyen-Orient permettent de mieux comprendre l’épicentre actuel en Syrie. Partenaire économique de la Russie (qui est elle même proche de la Chine) et intégrée au croissant Chiite où elle participe avec l’Iran et l’Irak à la réalisation d’un grand Gazoduc, la Syrie échappe au Grand maître Etasunien. Les manoeuvres de déstabilisation visant la Syrie ou ses alliés ne sont d’ailleurs pas récentes. A la stratégie d’encerclement de la Russie et de la Chine précédemment évoquée, on peut ajouter les sanctions économiques contre l’Iran (embargo pétrolier, boycott bancaire) ou encore la résolution 1559 (Franco-Etasunienne) votée à l’ONU en 2004 afin d’obtenir le retrait des troupes Syriennes du Liban (qui y étaient déployées depuis la fin de la guerre civile en 1990). Le prétexte pour passer à un niveau supérieur a été fourni pendant le printemps Arabe en Mars 2011. Alors que les premières manifestations étaient pacifistes et légitimes (manque de démocratie, hégémonie du clan Al-Assad et de la communauté Alaouite …) le parti pris de l’occident a alimenté l’escalade de violence et a fortement contrasté avec son silence lors des répressions sanglantes au Bahreïn, ou au Yémen. En reprenant systématiquement les déclarations de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (proche des frères musulmans et basé à Londres), les occidentaux se sont alors empressés de proposer des résolutions à l’ONU. Mais la Russie et la Chine y ont cette fois-ci opposé leurs vétos, échaudées par l’aventure Lybienne où la résolution censée protéger les populations civiles s’était transformée en blanc-seing pour un renversement de régime.

Si le droit international n’est que la codification d’un rapport de forces, Carl Von Clausewitz disait de la guerre qu’elle est « la continuation de la politique par d’autres moyens ». Les Etats-Unis ont montré avec la guerre d’Irak en 2003 qu’ils étaient bien capables de se passer de l’aval des Nations Unies. Dans les années 2000, l’administration Bush avait établi un projet de « grand Moyen-Orient » où il était question d’exporter la démocratie par la guerre. Mais cette stratégie a montré ses limites. D’abord, de telles guerres se sont révélées longues, coûteuses et aux issues incertaines. En Afghanistan (2001-), les troupes Etasuniennes ne se sont toujours pas retirées et le gouvernement d’Hamid Karzaï est toujours en lutte contre les Talibans ; en Irak (2003-2011), la guerre directe a ensuite cédé place aux attentats anti-Etasuniens et aux affrontements « Chiites contre Sunnites ». Ensuite, il y a le risque d’une déstabilisation régionale qui peut se retourner contre l’occident. L’Iran a par exemple tiré avantage de la chute du pouvoir Taliban en Afghanistan et de celui de Saddam Hussein en Irak (où l’actuel gouvernement est Chiite). Enfin, il y a pour les occidentaux le risque d’une démocratie qui ne les arrange pas (les législatives de 2006 en Palestine ont par exemple été remportées par le Hamas) ; on se souvient aussi de Mohammad Mossadegh renversé en 1953 par l’Angleterre et Etats-Unis pour avoir voulu nationaliser le pétrole Iranien.

En Syrie, une guerre directe parait une fois de plus compliquée. Tout d’abord, Bachar al-Assad est soutenu par une majorité de la population. La Syrie compte plusieurs minorités (Druzes, Chrétiens, Kurdes, Alaouites, …) et l’état laïc leur assurait jusqu’ici la paix civile. De plus, contester le régime en place ne signifie pas soutenir une agression étrangère, laquelle engendre au contraire un fort sentiment d’union nationale. A l’étranger, la Syrie bénéficie de soutiens importants : ceux de l’Iran et du Hezbollah (qui ont reconnu être ouvertement impliqués dans le conflit) et celui de la Russie (qui lui fournit une grande partie de son équipement militaire). Quant aux ennemis d’Al-Assad, ils n’ont pas toujours les mêmes intérêts dans le conflit. La Turquie soutient les Frères musulmans mais redoute la montée en puissance des Kurdes (qui avaient pu créer un gouvernement régional en Irak après la chute de Saddam Hussein), le Qatar soutient aussi les Frères musulmans tandis que l’Arabie Saoudite soutient les salafistes ; Israël quant à lui redoute peut être plus la confrérie (le Hamas Palestinien est une branche de cette organisation) que le régime actuel qui ne le menace pas directement ; enfin, si les occidentaux ont montré qu’ils pouvaient s’entendre avec certains courants politiques comme les Frères musulmans, leur présence s’est plutôt révélée impopulaire dans la région où ils ont été la cible de nombreuses attaques.

Rien de tel dans ces cas là qu’une guerre indirecte : on économise ses troupes tout en entretenant le chaos à distance, chaos duquel on finira bien par tirer notre épingle du jeu. L’Arabie Saoudite et le Qatar ont reconnu armer les opposants depuis le début ; la Turquie permet aux combattants étrangers de traverser son territoire puis de s’y replier lors des combats ; quant aux Etats-Unis et à la France, d’abord fournisseurs d’armes « non létales », ils ont décidé plus récemment de passer à la vitesse supérieure. Encourager les défections est aussi un moyen d’affaiblir le régime tout en recyclant le savoir-faire politique et militaire. Si apprendre du plus fort qu’on est dans le mauvais camp donne déjà à réfléchir, l’argument financier fait aussi son effet. Lorsqu’en Mai-Juin 2011, l’Union Européenne et les USA avaient adopté des sanctions financières contre les dignitaires du régime, le parti Baas avait alors connu des défections massives. Quant à l’ancien premier Ministre Riyad Hijab, ses avoirs ont été dégelés au lendemain de sa défection en Août 2011. Enfin, le conseil de transition (CNS devenu CNFOR) est pour les puissances étrangères un moyen de contrôler l’issue du conflit, militairement d’une part (contrôle de la livraison d’armes, pilotage des opposants armés de l’ASL, …) et politiquement d’autre part (mise à l’écart de certains groupes tels que les Kurdes lors du remodelage du CNS en CNFOR, élection d’un expatrié Etasunien – Ghassan Hito – comme premier ministre, …).

En continuant d’armer l’ASL et en refusant toute négociation avec le régime, l’opposition écarte durablement toute possibilité d’apaisement. L’attaque chimique du 21 Août 2013 fait d’ailleurs figure de prophétie auto-réalisatrice après la menace d’Obama un an plus tôt (franchissement de la « ligne rouge »). Peu importe le manque de preuves, les déclarations de Carla del Ponte (ancienne procureur du TPI, membre de la commission d’enquête en Syrie) ou l’arrestation à la frontière Turque de membres du Front al-Nosra en possession de gaz Sarin ; c’est à mettre une fois de plus sur le compte de Al-Assad. Sauf que la situation n’a pas avancé sur le terrain où les djihadistes (non contrôlés par la CNFOR) semblent par ailleurs devenus la force d’opposition majoritaire. Après le refus du parlement Anglais de toute action militaire, les USA décident eux aussi d’attendre l’avis de leur congrès, tirent quelques missiles en Méditerranée (peut être pour tester la défense anti-aérienne de l’ennemi) puis acceptent finalement la proposition Russe de désarmement de l’arsenal chimique Syrien. Quant à la France, voyant écarté son projet de résolution particulièrement belliciste, elle n’en demeure pas moins déterminée à lutter contre la tyrannie … avec l’Arabie Saoudite.

Jérôme HENRIQUES

http://alvinet.com

Syrie : En prévision des élections présidentielles de 2014, l’Occident cherche les voix des « électeurs syriens déplacés » !


Par Nasser Charara

ElectionsEuropeenes_VoteBureauLa carte de l’option militaire est tombée des mains des ennemis occidentaux et régionaux du Président Bachar al-Assad, déterminés à l’éliminer du pouvoir dans l’espoir évident de détruire l’État syrien comme ce fut le cas pour tant d’autres États avant lui. Mais pour Washington reste une autre option ; celle de l’éliminer politiquement lors des prochaines élections présidentielles prévues en 2014, à condition de pouvoir compter sur l’ « électeur syrien déplacé » plongé dans l’environnement pro-opposition de divers pays, bien obligés de souffrir l’accueil de la « diaspora syrienne » qu’ils continuent à encourager…

Avant de vous livrer la traduction de l’article de M. Charara traitant de ce sujet, j’aimerais raconter une petite histoire à tous ces politiciens qui se justifient en prétendant vouloir sauver le « Liban ami » des griffes de la « Syrie ennemie ». Elle m’est revenue en mémoire lorsque j’ai lu la liste des membres du dernier né des « clubs de calomniateurs » apparemment chargé de cette besogne de détournement de l’électorat syrien à l’étranger, sous l’égide de Madame Elizabeth Guigou en personne. En quoi notre ex-ministre de la Justice est-elle directement concernée par la destruction de la Syrie ? Mystère !?

En bref, une réunion débat a été organisée le 1er Octobre à l’Assemblée nationale pour soi-disant « Soutenir le peuple syrien… Faire entendre les voix de la Syrie libre… Faire entendre la voix de l’opposition démocratique en Syrie… » ! Les liens [1] et [2] donnent la liste de ces valeureux démocrates qui appellent à frapper leur patrie ou tentent de mettre en échec les attendus de la Conférence de Genève 2, parmi lesquels une animatrice d’une prétendue « radio libre syrienne Rozana » émettant de Paris. Rozana !!! Une fois la surprise passée, l’on se dit qu’elle porte bien son nom.

En effet, à l’époque de l’occupation ottomane, un navire chargé à Izmir s’est dirigé vers la ville de Beyrouth avec pour seul objectif d’inonder son marché de denrées de première nécessité, notamment alimentaires, vendues à très bas prix pour en étrangler l’économie. Cette invasion surprise aurait pu être catastrophique pour les commerçants de Beyrouth, si la « Chambre de commerce d’Alep » n’avait envoyé ses délégués pour acheter, au plus haut prix, leurs marchandises devenues invendables et à la limite de la péremption [3]. Ensuite, c’est par camions entiers que ces denrées prirent la route vers les villes syriennes… Le navire prédateur ottoman était surnommé « Rozana » !

Depuis, Rozana est aussi le titre de l’une des chansons les plus populaires au Liban et en Syrie. Elle a été écrite en reconnaissance de la solidarité des commerçants d’Alep pour leurs frères beyrouthins. M. Eric Chevallier, ex-ambassadeur de France en Syrie devant honorer de sa présence ce club de calomniateurs, n’a pas pu ne pas l’entendre au décours de l’une ou l’autre des nombreuses soirées chaleureuses où il était reçu en ami.

Écoutez cette version originale de l’incomparable Sabah Fakhri, devenue l’un des symboles d’Alep, aujourd’hui détruite par les bons soins des néo-ottomans avec l’approbation du gouvernement français [4]. Puis, écoutez cette deuxième version moderne interprétée par une citoyenne arménienne [5], alors que les Syriens arméniens déplacés en Arménie ont fui une guerre, peut-être pour une autre… [6].Merci. [NdT].

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Une sorte de guerre froide règne au sein des relations internationales quant à la question de la candidature du Président Bachar al-Assad pour un nouveau mandat en 2014. En effet, depuis le début des événements en Syrie, les prétendus « Amis du peuple syrien » font une fixation sur sa destitution ; ceci, après avoir échoué à modifier ses positions selon l’agenda formulé par l’ancien secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, lors de leur célèbre rencontre en 2003.

Nombre de conversations entre diplomates indiquent que suite à l’échec de l’option militaire pour l’écarter du pouvoir comme le voulait la théorie de Robert Ford, ex-ambassadeur des USA à Damas, Washington se dirige aujourd’hui vers une nouvelle option consistant à le renverser politiquement, soit en l’empêchant de se porter candidat aux élections présidentielles prévues en 2014, soit en mobilisant tous les moyens qui pourraient les lui faire perdre si l’Occident n’arrivait pas à empêcher la tenue de ces élections avec Bachar Al-Assad comme candidat.

Ce n’est plus un secret pour personne que la Russie, l’Iran et les Etats-Unis sont divisés sur cette candidature mais, jusqu’à présent, beaucoup ignoraient que Washington et ses alliés occidentaux et arabes cherchent à dépasser cet obstacle en travaillant secrètement et de concert, au sein de leurs « salles d’opération » respectives, à échafauder des plans susceptibles de leur garantir la défaite du Président syrien au cas où ces élections auraient lieu.

Sondages occidentaux payés avec l’argent du Qatar

L’année dernière, la « Fondation du Qatar » supervisée par Cheikha Mozah, l’épouse de l’ex-Émir, a commandé une enquête d’opinion ciblant les résultats probables d’une élection présidentielle « libre » en Syrie. À remarquer que c’est une entreprise et une équipe US qui ont été chargées de cette enquête, et que le sondage devait porter sur deux échantillons de citoyens syriens : les électeurs de l’intérieur de la Syrie, et les électeurs de l’extérieur de la Syrie déplacés ou réfugiés dans les pays du Golfe, d’Afrique, et dans les États du Levant.

Le sondage avait montré que 54 % des Syriens de l’intérieur étaient pour la candidature du Président Al-Assad et son maintien pour un nouveau mandat, alors que 46% étaient contre. En revanche, 83% des Syriens déplacés dans les pays du Golfe, 93% de ceux déplacés en Afrique, et 64% de ceux déplacés dans les pays du Levant étaient contre.

Cette première enquête a été suivie par d’autres sondages non publiés, commandés auprès de sociétés françaises et étatsuniennes, et toujours financés avec l’argent arabe. Ces sondages auraient montré sensiblement les mêmes résultats : plus de 50% des Syriens de l’intérieur étaient favorables à Al-Assad, et plus de 60% des Syriens déplacés à l’étranger étaient défavorables.

Ces pourcentages sont fondamentalement très importants, car ils ont poussé Washington à insister sur deux questions particulières dans son approche de la crise syrienne : empêcher Al-Assad de se porter candidat en 2014 de peur qu’il ne gagne les élections sur la base de ces chiffres considérés fiables, et poursuivre une politique encourageant les pays voisins de la Syrie à accueillir encore plus de déplacés syriens. Politique justifiée par des considérations humanitaires mais, en réalité, liée au fait que la coalition anti-Assad a été obligée d’accepter la solution politique qui implique des élections présidentielles avec sa participation. Dans ce cas, le « meilleur électeur » pour renverser Al-Assad devient « l’électeur déplacé » !

D’autre part, ces sociétés de sondage occidentales estimant que 83% des Syriens résidant dans les pays du Golfe et que 68% des Syriens résidant dans les pays du Levant s’opposeraient à cette réélection, cela explique l’insistance de Washington pour que le Liban ouvre ses frontières à tous les Syriens sans aucune restriction… Les USA cherchent donc à augmenter au plus haut ces chiffres d’opposants de sorte que le moment venu, les réfugiés syriens représentent le bloc capable de démentir les prévisions de victoire de Bachar Al-Assad. La Turquie et la Jordanie refusant de recevoir davantage de réfugiés pour des raisons de sécurité intérieure, le Liban reste le seul pays susceptible de leur permettre d’atteindre cet objectif.

Ainsi, l’un des plans actuellement avancés par les USA, en prévision de la Conférence de Genève 2 et de la « transition politique par la mise en place d’un organe de gouvernement transitoire », serait d’imposer un accord octroyant aux réfugiés le droit de voter à partir de l’étranger et d’organiser les bureaux de vote dans les pays où ils résident. Mais Damas insistera pour que le vote ait lieu en territoire syrien et s’il faut une supervision internationale, elle sera syrienne et internationale à la fois !

Ceci, parce que le conflit est désormais essentiellement centré sur le climat dans lequel les réfugiés devront voter. Il est certain que la plupart des pays qui accueillent un nombre significatif de réfugiés syriens sont hostiles à Al-Assad, en particulier les pays du Golfe et la Turquie qui travaillent à sa défaite. En outre, les réfugiés en Jordanie et au Liban sont volontairement poussés à s’installer dans les zones où l’environnement politique est défavorable au gouvernement syrien et qui sont ouvertement impliquées dans le soutien de l’opposition syrienne.

D’ailleurs, le Premier ministre libanais Najib Mikati a déclaré, en public et en présence de diplomates, que le flux des Syriens vers le Liban était traité en dehors des normes internationales régissant l’accueil des réfugiés. Un diplomate aurait rétorqué : « D’après les déclarations de M. Mikati, il est clair que cette manière de traiter le flux entrant de réfugiés n’est pas innocente ! ».

Washington et ses alliés réalisent parfaitement que le climat politico-électoral en Syrie s’oriente de plus en plus en faveur du régime actuel, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas compter sur les électeurs syriens à domicile. La meilleure preuve en est que le Dollar a chuté de 50% par rapport à la Livre syrienne depuis que Washington a retiré sa menace de frappe aérienne sur la Syrie [le Dollar est passé de 300 Livres syriennes à 150]. La lecture politique de ce fait, entre autres faits, indique que l’élite urbaine syrienne, majoritairement sunnite, est soulagée maintenant que la menace du renversement du gouvernement par la force s’est dissipée, et considère que le retour partiel à la stabilité est dû à la continuité et à la solidité du gouvernement qui s’est imposé sur la scène internationale.

Par conséquent, si le « meilleur électeur » anti-Assad est le « l’électeur déplacé », reste un électeur encore meilleur ; celui qui appartient à un bloc plus important qu’il n’est plus possible de manipuler pour le pousser à voter contre un nouveau mandat du Président syrien. Un bloc fondé sur une base sociale large et plurielle qui n’a qu’un seul ennemi ; à savoir, « le substitut inconnu » et le « terrorisme » qui promet à la Syrie le destin de l’Afghanistan, de la Libye, et de Irak.

La force d’Al-Assad vient de l’intérieur

Il est donc clair que la théorie de la destitution du Président syrien consiste désormais à créer un « levier électoral » à l’extérieur du territoire syrien pour qu’il vote en chœur avec son environnement pro-opposition. Mais d’autres facteurs sont à prendre en compte.

L’un des facteurs principaux relève du fait que de larges zones du territoire syrien sont sous contrôle direct ou indirect du dit État Islamique d’Irak et du Levant [EIIL], du Front al-Nosra ou d’autres groupes de terroristes radicaux pour lesquels voter ou participer à des élections est interdit par la religion ! Par conséquent, il est probable que le jour du scrutin en Syrie, l’EIIL puisse commettre contre les bureaux de vote le même genre d’attentats-suicides sanglants qu’en Irak ; cela aurait une incidence sur le taux de participation dans les zones tenues par les terroristes.

Un autre facteur qu’il faut appréhender est qu’Al-Assad risque de se retrouver le seul candidat « pro-stabilité » contre plusieurs candidats représentant l’inverse. De plus, il sera facile pour des pays comme la Turquie, l’Arabie saoudite, la France, et les Etats-Unis de se mettre d’accord sur un seul candidat anti-Assad pour éviter la dispersion des voix de l’opposition ; ceci, si ces pays arrivent à faire en sorte que les opposants votent à partir de leurs territoires respectifs ou de pays sur lesquels ils exercent leur influence. Certaines sources rapportent que Riyad prêche pour des élections à deux tours parce que cela servirait justement à s’entendre sur un candidat unique anti-Assad, une fois que nombre de candidats de l’opposition auront été éliminés au premier tour.

Une chaîne de télévision pour les « minorités »

Des rapports récents indiquent que dans le cadre des préparatifs électoraux du camp anti-Assad, une figure marquante de l’opposition syrienne envisage – à la demande de l’Arabie saoudite et de la France – de mettre en place un réseau de télévision par satellite destiné à ceux qu’elles considèrent comme des « minorités » en Syrie et au Moyen-Orient. L’objectif serait d’attirer un plus grand nombre de voix chrétiennes et kurdes, et surtout de contrer le discours du Vatican soucieux de l’avenir des chrétiens en Syrie et au Moyen-Orient depuis le soi-disant printemps arabe.

Nasser Charara

04/10/2013

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Article original : Al-Akhbar [Liban]

http://www.al-akhbar.com/node/192615

Notes :

[1] Invitation à la réunion débat à l’Assemblée nationale : les voix de la Syrie libre !

http://www.inscription-facile.com/form/cxtHEwA8PqT362KRDCne

[2] Le blog de Philippe Baumel

http://www.philippebaumel.fr/Reunion-debat-Les-voix-de-la-Syrie

Extrait de l’invitation justifiée, entre autres, par l’’administration « des zones soustraites au contrôle du pouvoir ». Autrement dit les fameuses « zones libérées » par les zombies assassins et voleurs de pétrole vendu à bas prix dans le Nord de la Syrie… qui ont peut-être échappé au contrôle de leurs commanditaires. Mais ça, Monsieur Baumel s’en fiche. Il est dans le vent et prétend amener le progrès là où on ne l’a pas attendu :

« La politique de fermeté prônée par le Président de la République à l’égard du régime de Bachar Al-Assad, qui n’a pas hésité à lancer des attaques au gaz massives contre les populations civiles, a favorisé la mise au point d’un plan de contrôle de ses armes chimiques, négociée à Genève entre les Russes et les Américains. Sans la menace d’un recours à la force, qui a convaincu Moscou de faire pression sur Damas et de renouer le dialogue avec Washington, ce plan redeviendra vite lettre morte, comme les accords précédents. Sans préjuger de ses chances de réussite dans un pays à feu et à sang, force est de constater que le dictateur a résolument repris les bombardements et les massacres, les arrestations et les tortures.

Aucune solution politique ne saurait prévaloir si elle ne prend pas en compte les aspirations du peuple syrien et les souffrances qu’il endure depuis deux ans et demi dans sa quête de liberté. Il faut aider l’opposition démocratique syrienne à se faire entendre davantage. Luttant pied à pied contre les apologues de la répression et les fanatiques du djihad, elle s’efforce malgré tout de défendre et d’administrer les zones soustraites au contrôle du pouvoir, en tentant de tracer les perspectives d’une société de tolérance et de progrès en Syrie. Ses appels à l’aide peuvent-ils être ignorés ? »

[3] As-Safir du 27/09/2013 : La dette morale des Beyrouthins envers Alep…

http://www.assafir.com/Article.aspx?ArticleId=2636&EditionId=2576&ChannelId=62249#.Uk_3575OLSc

[4] Rozana : version interprétée par Sabah Fakhri dans Alep

[5] Rozana : version moderne interprétée par Lena Chemamian

« Que Dieu punisse Rozana pour ce qu’elle nous a fait…

Vous qui partez pour Alep, mon amour s’en est allé avec vous…

Sous les raisins que vous transportez, des pommes… »

[6] AFP : L’Azerbaïdjan accuse l’Arménie d’installer des réfugiés syriens au Nagorny Karabakh

http://www.lorientlejour.com/article/835827/lazerbaidjan-accuse-larmenie-dinstaller-des-refugies-syriens-au-nagorny-karabakh-.html

Monsieur Nasser Charara est analyste politique et journaliste libanais.

Le nouvel Axe du Mal – Pepe Escobar


Dotz29.10.12-1J’ai fait valoir que ce qui vient de se passer en Egypte est un bain de sang qui n’est pas un bain de sang, mené par une junte militaire responsable d’un coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat, sous couvert d’une «guerre contre le terrorisme » en Egypte. Pourtant, ce gambit novlangue – qui pourrait facilement avoir été écrit à la Maison Blanche – n’est qu’une partie du tableau.

Au milieu d’un épais brouillard de déclarations et de programmes concurrents, un fait surprenant se démarque. Un sondage il y a seulement 10 jours par le Centre égyptien pour les études sur les médias et l’opinion publique avait déjà montré que 69% des égyptiens étaient contre le coup d’Etat militaire du 3 Juillet orchestré par le Pinochet-esque Abdel Fattah al-Sisi.

Ainsi, le bain de sang qui n’est pas un bain de sang ne peut absolument pas être considéré comme légitime – à moins d’une coterie privilégiée des Moubarakistes (la soi-disant fulool), un bouquet d’oligarques corrompus et « l’État profond» contrôlé par l’armée égyptienne.

Le gouvernement des Frères musulmans (FM) dirigé par Mohamed Morsi a peut-être été tout à fait incompétent – en essayant de réécrire la constitution égyptienne, favorisant les fondamentalistes purs et durs, et s’avilissant en courbettes devant le Fonds monétaire international. Mais il ne faut pas oublier le fait que cela a été couplé avec un sabotage permanent, tous azimuts par « l’état profond ».

Il est vrai que l’Egypte était – et reste – au bord de l’effondrement économique, le bain de sang qui n’est pas un bain de sang n’a fait que suivre le changement des signataires des chèques, le Qatar remplacé par l’Arabie Saoudite (et les Emirats arabes unis). Comme Spengler a démontré sur ce site (voir déplace de la guerre civile de l’islam en Egypte , Asia Times Online, 8 Juillet 2013), l’Egypte restera une république bananière sans les bananes et dépendante des étrangers pour tout, même pour manger. Le désastre économique ne va pas disparaître- le ressentiment cosmique des FM, non plus.

Le gagnant, en l’état, est l’axe Maison des Saoud / Israël / Pentagone. Comment ont-ils réussi ?

En cas de doute, appelez Bandar

En théorie, Washington avait gardé le contrôle  (relatif)  à la fois des FM et de l’Armée de Sisi. Ainsi, en surface c’est une situation gagnant-gagnant. Dans l’essentiel, les faucons de Washington sont pro-armée de Sisi, tandis que les «impérialistes libéraux» sont pro-FM; la couverture parfaite, parce que les FM sont islamiques, indigènes, populistes, économiquement libéraux, ils veulent travailler avec le Fonds monétaire international, et n’ont pas menacé Israël.

Les FM n’étaient pas exactement un problème, ni pour Washington ni pour Tel-Aviv, après tout alliés de l’ambitieux Qatar qui était là comme un tampon. La politique étrangère du Qatar, comme chacun sait, se résume à faire le supporter des FM partout.

Aussi Morsi a dû avoir franchi une ligne rouge assez grave. Cela pourrait avoir été son appel aux sunnites Egyptiens à se joindre au jihad contre le gouvernement Bachar al-Assad en Syrie (même si c’est officiellement en phase avec la politique de « Assad doit partir » de Barack Obama). On pourrait dire que c’est sa poussée à installer une sorte de paradis djihadiste du Sinaï jusqu’à Gaza. Le Sinaï, à toutes fins pratiques, est géré par Israël. Alors, ça pointe vers un feu vert pour le coup d’état à la fois du Pentagone et de Tel-Aviv.

Tel-Aviv est totalement à l’aise avec l’Armée de Sisi et les supporters saoudiens de la junte militaire. La seule chose qui compte pour Israël est que l’armée Sisi fera respecter les accords de Camp David. Les FM, d’un autre côté, pourraient entretenir d’autres idées dans un proche avenir.

Pour la Maison des Saoud, en revanche, cela n’a jamais été une situation gagnant-gagnant. Les FM au pouvoir en Egypte étaient un anathème. Dans ce triangle fatidique – Washington, Tel Aviv et Riyad – ce qui reste à établir c’est de savoir qui a été le plus rusé dans ce jeu de dupes.

C’est là que s’intègre l’acte de l’Incroyable Disparition du Qatar. La montée et la (soudaine) disparition du Qatar des projecteurs de la politique étrangère est strictement liée à l’absence de leadership actuel dans le cœur de ce qui s’est auto-défini comme « l’arc d’instabilité» du Pentagone. Le Qatar était, au mieux, un extra dans un blockbuster – compte tenu des dérives de yo-yo de l’administration Obama et que la Russie et la Chine ne font que jouer un jeu d’attente.

Cheikh Hamad al-Thani, l’émir qui a fini par se destituer lui-même, est clairement allé trop loin, non seulement en Syrie mais aussi en Irak ; il ne finançait pas seulement les filiales FM mais aussi les djihadistes purs et durs à travers le désert. Il n’y a pas de preuve concluante parce que personne, ni à Doha ni à Washington ne parle, mais l’émir a certainement été «invité» à se déposer lui-même. Et ce n’est pas par accident si les «rebelles» syriens ont été entièrement pris en charge par la Maison des Saoud, via Bandar Bush, alias le prince Bandar bin Sultan qui a spectaculairement refait surface.

Ainsi, les gagnants une fois de plus étaient les Saoudiens – alors que l’administration Obama calculait que les FM et la nébuleuse al-Qaïda disparaîtraient dans l’oubli en Syrie. Cela reste à voir ; il est possible que l’Egypte à partir de maintenant puisse attirer un grand nombre de djihadistes de Syrie. Encore, ils resteraient dans la région MOAN (Moyen-Orient-Afrique du Nord).

Quant à Sisi, il a été assez intelligent pour saisir le thème «terrorisme» et à titre préventif assimiler les FM avec Al-Qaeda en Egypte, ouvrant ainsi la scène pour le bain de sang qui n’est pas un bain de sang. Dans le fond on peut dire que l’administration Obama a en fait sous-traité la majeure partie de sa politique au Moyen-Orient à la Maison des Saoud.

Choisissez votre axe

Deux jours seulement avant le bain de sang qui n’est pas un bain de sang, le chef d’état-major interarmées, le général Martin Dempsey était en Israël en compagnie du général Benny Gantz, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, discutant des proverbiales « menaces qui pourraient provenir de la région – pour le monde et pour nous – et comment nous pouvons continuer à travailler ensemble pour rendre nos deux pays plus sûrs ». Il est impensable qu’ils n’aient pas discuté de la façon dont ils bénéficieraient de bain de sang qui n’est pas un bain de sang qui se prépare.

Au même moment, le ministre israélien de la Défense Moshe Yaalon annonçait pompeusement un nouvel « axe du mal », l’Iran, la Syrie et le Liban. Cela implique Téhéran, Damas et, de manière significative, Beyrouth dans son ensemble (pas seulement les chiites prédominant dans les banlieues sud). Ya’alon a explicitement dit à Dempsey : il leur est « interdit » de gagner la guerre civile en Syrie.

Considérant que la CIA elle-même a jugé que la guerre civile en Syrie était la « plus grande menace » pour la sécurité nationale américaine dans le cas où des groupes style Al-Qaïda et leurs copies prendraient le relais dans une éventuelle situation post-Assad, et qu’en même temps Washington est extrêmement réticent à arrêter « de piloter les évènement en sous-main », on peut penser qu’Israël pourrait être tenté de préparer une autre invasion du Liban. Le toujours vigilent Sheikh Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, a déjà parlé de cette possibilité.

Ensuite, Dempsey est allé en Jordanie – qui abrite déjà près de 1000 soldats américains, des F-16 avec leurs équipages, et un éventail de missiles Patriot. Le discours officiel est que le Pentagone veut aider Amman avec « les techniques de contrôle des frontières », usant de ces acronymes favoris du Pentagone, ISR («intelligence, surveillance et reconnaissance»).

Ce n’est qu’un discours. Dempsey est surtout allé surveiller la progression du récent lot de missiles anti-chars, acheté par – qui d’autre – les Saoudiens et fournis par la CIA, via la Jordanie, pour (en théorie) ceux qui ont été sélectionnés comme « bons rebelles » dans le sud de la Syrie. Ces «rebelles», en passant, ont été formés par les forces spéciales américaines à l’intérieur de la Jordanie. Évidemment, Damas va préparer une Contre-attaque à cette offensive de l’axe américain / saoudien / jordanien.

Choisissez votre mal

Il ne reste pratiquement plus aucune «crédibilité américaine» au Moyen-Orient – à l’exception des entités fantoches comme la Jordanie et les élites sélectionnées dans le golfe féodal, ce royaume «démocratique» de la corruption, des mercenaires et des prolétariats importés traités comme du bétail.

Ca n’aide guère que le secrétaire d’Etat américain John Kerry ait recommandé Robert Ford, l’ancien ambassadeur américain en Syrie, comme le prochain ambassadeur américain en Egypte.

La perception est tout. Tous ceux qui ont une opinion éclairée dans le Moyen-Orient identifient immédiatement Ford comme un sinistre animateur d’escadrons de la mort. Son CV avant la Syrie – où il a légitimé les «rebelles» – est imbattable; acolyte du sinistre John Negroponte dans la promotion de l ‘«option Salvador» en Irak en 2004. « L’Option Salvador » est un code pour les escadrons de la mort parrainés par les Etats-Unis, une tactique appliquée la première fois au Salvador (par Negroponte) dans les années 1980 (provoquant au moins 75.000 morts), mais avec des origines profondes en Amérique latine à la fin des années 1960  et durant les années 1970.

Sisi va continuer à jouer son jeu en fonction de son propre plan directeur – renforcer le mythe de la narration que l’armée égyptienne défend la nation et ses institutions alors qu’elle défend ses immenses privilèges socio-économiques. Oubliez la gouvernance civile. Et oubliez toute possibilité de parti – ou mouvement – politique indépendant en Egypte.

Quant à Washington, FM ou «État profond», et même une guerre civile en Égypte – des arabes tuant des arabes, diviser pour mieux régner ad infinitum – c’est très bien, tant qu’il n’y a pas de menace pour Israël.

Avec Israël peut-être en train de ruminer une autre invasion du Liban ; le « processus de paix » de Kerry comme excuse pour plus de colonies en Palestine; Bandar Bush de retour pour pratiquer ses sombres menées ; Compromettre toute solution possible au dossier nucléaire iranien ; l’Égypte dans la guerre civile; la Syrie et l’Irak aussi en train de saigner à mort, ce qui reste est la prolifération certifiée de toutes sortes d’axes, et toutes sortes de mal.

Pepe Escobar

Traduction Avic

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-04-160813.html

Arabie : un scénario à la qatarie?


le-roi-d-arabie-saoudite-abdullahMoins d’un mois après le transfert, sans précédent,du pouvoir de l’Emir du Qatar à son fils, des sources bien informées font état de la répétition de ce scénario, en Arabie, et des efforts du roi Abdallah Bin Abdel Aziz, pour renforcer la place et l’influence militaire du prince Mot’ab, son fils.

Selon l’hebdomadaire palestinien, « Al-Manar », qui suit le processus des changement de pouvoir, dans les pays arabes, le roi Abdallah, en jouissant du soutien des Etats-Unis et en suivant le scénario du Qatar, tente, contrairement aux traditions des pays arabes où le pouvoir est transféré au fils aîné de la famille, de le transférer à son fils Mot’ab, d’autant plus que le prince Salman est atteint d’Alzheimer. De ce fait, le roi d’Arabie, avec cette démarche, tout en mettant fin  à l’influence et au pouvoir de la famille de Sultan Bin Abdel Aziz, prince héritier défunt, dans la structure militaire et sécuritaire du pays, aplanit, ainsi, le terrain au transfert du pouvoir de la nouvelle génération des Al-e Saoud, à la deuxième génération, dans une conjoncture où le prince Mot’ab a été désigné, récemment, au poste de ministre de la Garde nationale, ministère fondé, il y a un mois et demi, par son père, le roi Abdallah.

Avec l’application de ce plan, il faut s’attendre à ce que des dizaines d’officiers proches de la famille de Sultan Bin Abdel Aziz soient écartés de leurs postes, à l’état-major des forces armées saoudiennes. Ce, alors que « Le Figaro » avait fait, également, état, auparavant, de changements, en Arabie, avant de préciser que le roi Abdallah cherche à changer la loi du transfert du pouvoir du frère au frère à la loi du transfert du pouvoir du père au fils. Dans une telle conjoncture, on peut s’attendre, dans un proche avenir, au transfert du pouvoir, en Arabie, comme ce qui s’est passé, au Qatar, surtout que les sources bien informées françaises ont confirmé que  le processus du transfert du pouvoir, au Qatar, s’est effectué, sous la supervision minutieuse des Etats-Unis, qui cherchent, maintenant, à le répéter, en Arabie, considéré, par Washington, comme  le plier principal de sa politique et de sa stratégie, au Moyen-Orient, et dans les deux  mondes  islamique et arabe.

D’autre part,  le remplacement des princes âgés, par la jeune génération, notamment, dans les affaires sécuritaires, en Arabie, est influencé par la mort des deux princes Sultan et Nayef, au cours de ces dernières années. Et ce, alors que les milieux politiques et sécuritaires, aux  Etats-Unis, sont inquiets de la situation, en Arabie, car ils savent bien que la mort du roi nonagénaire d’Arabie signifiera la guerre du pouvoir entre les princes et la mise en danger de leurs intérêts, dans ce pays, et dans toute  la région.

Les nouveaux  »printemps arabes » : Où sont les russes et les chinois ?


APTOPIX Pakistan US Prophet FilmDepuis quelques semaines, personne ne comprend plus rien aux bouleversements en cours au Moyen-Orient. Sur 10 analystes, il y en a 5 qui avancent une hypothèse et 5 autres qui avancent une hypothèse exactement contraire, toutes étant étayées par des arguments solides. La vérité c’est qu’ils sont perdus. Rien ne colle vraiment à 100%, et aucune de leur logique ne tient la route jusqu’au bout.

Si on récapitule tous ces événements, certains points clé échappent à la compréhension si l’on se réfère à la grille de lecture dont nous disposons et à ce que nous savons aujourd’hui. Que savons-nous ? Depuis deux ans, la Syrie fait l’objet d’une agression délibérée de la part de l’Empire. Pour la mener à bien, une coalition a été créée de toute pièce, puis équipée et entraînée par le même Empire. L’Empire, c’est bien sûr l’OTAN + Israël + les satellites du golfe. La coalition, quant à elle, est composée de mercenaires issus pour la plupart des mouvements extrémistes du monde musulman. Leur recrutement et leur financement n’est plus un mystère pour personne.

Nous savons également que cette coalition est très mal en point en ce moment, tant du point de vue politique (ça l’a toujours été) que du point de vue militaire. Récemment, Morsi et les Frères Musulmans d’Egypte, qui affichaient jusqu’ici une attitude plutôt floue vis à vis de la Syrie, se sont déclarés ouvertement, de manière beaucoup agressive, pour la rébellion syrienne armée.

Ça c’est ce que nous savons.

Quels sont les faits ?

Depuis quelques temps, il se passe, au Moyen-Orient, beaucoup de choses qui touchent les protagonistes de ce conflit syrien. On a d’abord vu une sorte de printemps turc dont on a encore du mal à comprendre la vraie teneur. Après deux ans d’acharnement anti-Assad, en première ligne, Erdogan se retrouve soudain avec des problèmes internes, certes prévisibles, mais ressemblant de manière suspecte à toutes ces  »révolutions colorées » dirigées de l’extérieur. Et, de fait, le rapprochement a été très vite fait, et les pourquoi n’ont pas eu trop de mal à trouver leurs réponses, tellement le dossier Erdogan était chargé.

Peu après, on assistait à l’incroyable et soudaine destitution de l’émir du Qatar Cheikh Hamad au profit de son fils, suivie presque immédiatement par la disgrâce du boosteur idéologique des djihadistes : le cheikh Quardawi. Tout le monde a vu la main de Washington derrière cette révolution de palais. Parallèlement à ce changement de régime, d’autres événements, passés presque inaperçus se déroulaient chez les voisins. En Arabie Saoudite on annonçait l’incroyable mandat d’arrêt lancé contre le prince saoudien, ancien vice-ministre de la Défense : Khaled Ben Sultan Ben Abdel Aziz. Au Bahrein c’était le Premier ministre qui était en difficulté.

Et maintenant, c’est l’Egypte. Après tout juste un an de présidence, Morsi et les frères Musulmans sont éjectés du pouvoir, avec une sorte de chasse aux sorcières à la clé, et ce, juste après leur engagement plus ferme dans le camp anti-Assad. Quelles que soient les motivations des égyptiens pour vouloir se libérer des Frères Musulmans, on n’a pas pu s’empêcher de constater que leur nouvelle révolution était calquée sur le modèle déjà connu des autres  »révolutions colorées », donc organisée et dirigée par une tête pensante.Et bien sûr, comme on ne prête qu’aux riches, tous les regards se sont tournés vers l’Ouest.

C’est bien beau tout cela, mais si on met tous les éléments ensemble, ça ne colle pas, et tout le monde en est conscient.En résumé, ce sont tous les alliés objectifs de fraîche (Morsi) et longue (Erdogan) date qui subissent des secousses révolutionnaires. Il semblerait même que d’autres alliés, en Tunisie et en Libye, soient sur le qui-vive. Question : pourquoi Washington fomenterait-il des révolutions ici et là qui, en fin de compte, sont en tout néfastes à sa politique moyen-orientale, et dont la Syrie, pour ne prendre qu’elle, est le premier bénéficiaire ?

Rien qu’à poser cette question, on a tout de suite envie de loucher vers une autre direction, vers l’Est par exemple. Il est vrai qu’aucun élément ou indice ne nous permet de voir une main russe, iranienne ou chinoise dans tout ça. Mais tout semble s’agencer dans le sens des intérêts de ce camp. Hasard ? Peut-être. Mais trop de hasard qui s’emboîte si parfaitement est troublant.

Avic

Le nouvel émir du Qatar va-t-il fermer Al Jazeera ?


Tribune libre de Djerrad Amar

al_jazeera_blueTout indique que le nouvel émir du Qatar envisage d’effacer toute trace du règne chaotique de son père. La nouvelle de la passation du pouvoir entre Hamad Ben Khalifa Al-Thani était, en elle-même, il y a déjà plusieurs mois, un indice de taille sur les nouvelles orientations politiques internationales que Doha a été sommé de mettre en œuvre à la lumière des derniers changements survenus dans le monde arabe.

La guerre imposée à la Syrie étant sur le point d’être gagnée par le pouvoir en place, les Etats-Unis ont dû, forcés, revoir leur stratégie de fond en comble dans cette partie du monde d’où la première puissance mondiale puise l’essentiel de ses ressources et de sa force de frappe pour maintenir son hégémonie sur l’ensemble de la planète. Les premiers signes de ce changement sont les décisions successives du nouvel homme fort du Qatar qui vont toutes dans le sens contraire de son prédécesseur. Le nouvel émir du Qatar a salué, hier, ce qui est qualifié de «transfert du pouvoir» en Egypte, après la déposition du président issu de la secte des Frères musulmans, Mohamed Morsi. Une réaction qui a étonné plus d’un, mais qui entre en droite ligne dans le réajustement géostratégique de circonstance voulu par Washington. Cette position pour le moins surprenante intervient après une série d’informations faisant état de l’extradition du prédicateur égyptien Youssef Al-Qaradawi, porte-voix exégétique de l’émir déchu.

Toujours en Egypte, les autorités militaires ont – sans que cela ait donné lieu à une quelconque condamnation de la part des autorités qataries – pris la décision judicieuse de fermer le bureau d’Al Jazeera, la chaîne de propagande créée par Hamad Ben Khalifa Al-Thani aux fins d’appuyer une politique moyen-orientale américaine programmée de longue date et qui devait aboutir à ce que les laboratoires spécialisés dans la communication subliminale ont appelé le «printemps arabe». Mais, comme de coutume, les calculs des services secrets américains se sont, encore une fois, révélés faux. Le réveil, bien qu’un peu tardif, de l’armée et d’une bonne partie de la société civile et de la classe politique en Egypte a sonné le glas d’un plan d’envergure qui devait assujettir tous les pays arabes qui peuvent former une force de frappe arabe redoutable face à Israël s’ils venaient à s’unir.

C’est ainsi que l’Irak a été laminé, la Syrie affaiblie, l’Algérie soumise à un terrorisme sans égal dans l’histoire de l’humanité, la Libye désintégrée et l’Egypte offerte à la confrérie religieuse des Frères musulmans qui allaient enfoncer le pays dans une crise d’une gravité telle que des experts – y compris égyptiens – parlent même d’une probable famine dans les années à venir pour au moins deux raisons : l’insuffisance des ressources hydriques qui se feront de plus en plus rares dans le pays et la non-maîtrise des naissances encouragée par un pouvoir islamiste qui interdit tout recours aux moyens contraceptifs. Le renversement du président Mohamed Morsi et l’emprisonnement des principaux leaders de la confrérie des Frères musulmans marquent la fin de l’islam politique en Egypte et l’échec d’un plan ourdi de longue date. La défaite proche de l’opposition islamiste armée en Syrie achèvera de confirmer le revers de cette machination diabolique dont les prémices remontent au début des années 1990, lorsque les puissances étrangères tapaient du pied pour que fût rétabli un processus électoral impropre et malhonnête arrêté in extremis par l’armée en Algérie.

M. Aït Amara

http://www.algeriepatriotique.com/article/le-nouvel-emir-du-qatar-va-t-il-fermer-al-jazeera#comment-21484

La farce démocratique égyptienne


Tribune libre –  Pierre MILLE

Mohamed-MorsiLe 30 juin 2012, Mohammed Morsi prit le pouvoir en tant que successeur de Moubarak. A l’occasion du 1er anniversaire des élections quand cet entretien a eu lieu, des affrontements sanglants sont survenus dans le pays. Samir Amin, philosophe et économiste égyptien, directeur du Forum du Tiers Monde à Dakar, parle de l’année passée en Egypte avec les Frères au pouvoir, interrogé par Giuseppe Acconica.

Acconcia : Que pensez-vous de la campagne de manifestations Tamarod?

Samir Amin : La campagne  pour la demission de Morsi est magnifique. Des millions de gens ont signé leurs noms après avoir mûrement réfléchi à la question : quelque chose que les médias grand public internationaux ont complètement ignorée. Ils représentent la majorité des électeurs mais ils n’ont aucune voix. Les Frères Musulmans ont le pouvoir et aiment à penser qu’ils contrôlent 100% des voix.  C’est ainsi qu’ils ont placé leurs membres dans tous les secteurs publics. Leur façon de gérer le pays provient d’une sorte de capitalisme de connivences qui ne laisse aucune place à des figures de l’opposition ou à des technocrates qui même sous le regime de Moubarak avait un peu de pouvoir.

Acconcia : Cela se passe lors de la pire crise économique depuis des décennies.

Samir Amin : C’est plus qu’une crise économique. Les islamistes n’ont que des réponses ultra-libérales à donner à la crise : ils ont remplacé la clique de bourgeois capitalistes qui étaient les amis de Moubarak par des hommes d’affaires réactionnaires. De plus, leur but est  tout simplement de vendre tout le secteur public. Les frères sont détestés par les égyptiens parce qu’ils continuent les mêmes politques que leur prédécesseur.

Acconcia: Peut-être pire encore dans le cas du projet de loi de finance islamique?

Samir Amin : C’est du vol que de metre un prix de vente dérisoire sur des biens qui valent des miiliards de dollars. Il ne s’agit pas des privatisations habituelles que les régimes réactionnaires affectionnent, vendre des biens au prix du marché. C’est une fraude pure et simple, bien plus qu’une privatisation.

Acconcia: Si on se rappelle les étapes de l’année passée avec les Fréres au pouvoir : Morsi a gagné au bout de 8 jours d’incertitude qui ont abouti à l’élimination du nassériste Hamdin Sabbah, au premier tour. Les élections de 2012 ont-elles fait l’objet de manipulations?

Samir Amin : Il y a eu une fraude électorale massive. Hamdin Sabbahi aurait pu passer pour un deuxième tour, mais l’ambassade américaine ne voulait pas. Les observateurs européens ont écouté leurs collègues américains et regardé de l’autre côté pour ne pas voir la fraude en question. De plus, les cinq millions de votes pour Sabbahi étaient parfaitement honnêtes et le fruit d’une grande motivation. D’un autre côté, les cinq millions de votes pour Morsi proviennent du segment le plus misérable de la population, dénuée de conscience politique : le vote de gens que l’on peut acheter pour un peu de pain et un verre de lait.

Acconcia : Diriez-vous que les heurts les plus violents entre la présidence et les manifestants ont eu lieu en novembre dernier comme conséquence du décret présidentiel qui a étendu les pouvoir de Morsi?

Samir Amin : Morsi a démarré par quelques semaines de rhétorique démagogique promettant d’écouter les autres mouvances électorales. Après cela, il est devenu rapidement évident que le Président était une marionnette  entre les mains des pays du Golfe qui tiraient les ficelles en cachette. Il était devenu un simple instrument de la volonté du murshid, Mohammad Badie, guide suprême des Frères Musulmans.

Acconcia : Le soutien aux palestiniens a été terminé aussi?

Samir Amin : les Frères Musulmans égyptiens soutiennent Israël, tout comme les pays du Golfe et le Qatar. Ils ont toujours adopté un discours anti sioniste mais c’était juste une tromperie à long terme. L’émir du Qatar, par exemple, est habitué à dire des choses puis à faire l’opposé étant donné l’absence totale d’opinion publique. Maintenant l’Egypte  soutient la pire faction des opposants en Syrie à l’instar de la plupart des puissances occidentales réactionnaires. Le résultat final est que la majorité des armes occidentales fournies aux rebelles est utilisée pour financer le pire résultat en Syrie.

Acconcia : Est-ce pour cela que Morsi a soutenu la création d’une zone franche au Sinaï, pour favoriser les relations économiques avec Israël?

Samir Amin : C’est une grande perte pour l’Egypte. Les effets de la nouvelle zone franche ne seront pas l’industrialisation telle qu’on nous le laisse l’imaginer mais la mise en œuvre d’une gigantesque fraude fiscale. Cela va renforcer les petites mafias et le démantèlement du secteur public. En fin de compte, les frères vont accepter toutes les conditions de l’IMF et les prêts attendus seront en conséquence débloquer malgré le fait que la corruption et les scandales financiers se soient propagés dans tout le pays.

Acconcia : Donc comment voyez-vous l’acceptation de la Constitution telle qu’elle a été rédigée par les Frères Musulmans en décembre dernier?

Samir Amin : C’est la dictature de la majorité. Toutefois, les juges ont affiché une très forte résistance et une lutte sans précédent contre la ratification des résultats du référendum constitutionnel.  Mais il est clair que le but ultime de Liberté et Justice est de construire une théocratie sur le modèle iranien.

Acconcia : Pour conclure,  n’y a-t-il rien à garder de cette année sous le gouvernement Morsi?

Samir Amin : le prolétariat analphabète est facilement manipulé et a fortiori n’obtiendrait pas grand-chose d’un bouleversement suite au renversement de Morsi. De plus, la division qu’entretiennent les Frères Musulmans avec l’armée qui reste dans les coulisses prête à intervenir, est pleine d’ambiguïtés. Le personnel militaire, en tant que classe, est corrompu; une corruption garantie par l’aide américaine, et cette classe est soigneusement composée des différentes classes, divisée en courants politiques dont beaucoup d’entre eux sont proches des Frères et des Salafistes. Cependant, avec des élections normales, et avec une période de préparation démocratique, les Frères seront battus. Mais si ce n’est pas le cas, alors en octobre il y aura un climat plus répressif et le vote sera manipulé par une falsification massive comme la dernière fois.

Traduction : Pierre MILLE

Bahreïn : vers un coup d’état à la qatarie?


bahrain_0216Selon des sources bien informées , les Etats Unis envisageraient de reproduire le scénario qatari à Bahreïn et de remplacer le premier ministre par le prince héritier. selon le site Maraat al bahrein, qui cite ces sources, ce sont les Américains qui sont à l’origine du coup d’état qui a coûté le trône à Hamad ben Khalifa et ce sont toujours les américains qui entendent exiger au PM bahreini Khalifa Ben Salman Al Khalifa d’abdiquer au profit de Salman Ben Khalifa. cela fait quarant ans que Bahrein a le même premier ministre, c’est à dire depuis la fin du colonialimse britannique. mais qu’a dit le PM bahreini? selon ces sources,  » la réaction du PM bahrein a été diamètralement opposée à celle de l’émir Hamad Ben Al Thani!! le PM a menacé de mettre à feu et à sang Bahreïn si on « touche à son fauteuil de premier ministre » le PM a la possibilité de mettre en branle  » les extrémistes salafistes à Bahrein et en ce sens il pourrait provoquer une guerre confessionnelle » le PM a même affirmé aux autorités saoudiennes au cours d’un récent voyage à Riyad que le prince héritier de Bahreïn n’est pas prêt à assumer son rôle et qu’il lui faudrait encore du temps pour diriger le pas » le PM bahreini réclamerait en outre un demi milliards de dollars à titre de récompense pour ses loyaux services avant de se retirer !!

IRIB

Syrie Guerre Du Gaz : Assad Obstacle Au Gazoduc Qatar Turquie


oleoduc.arabie-saoudite.zoo

Dans sa boulimie d’investissements/retours sur investissements et ses velléités dominatrices comme premier producteur exportateur mondial de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) le Qatar a déjà misé plus de 3 milliards de $ sur le djihad takfiriste pour renverser le président syrien Bashar al Assad seul obstacle à la mise en route du gazoduc Qatar Turquie dont la partie turque est déjà prête à recevoir le gaz qatari pour l’acheminer en Europe de l’Ouest connecté au Nabucco.

La dimension énergétique de la guerre contre le gouvernement syrien de Bahsar al Assad a été dés le début marginalisée dissimulée sous le qualificatif de « guerre civile » ou « guerre interreligieuse sunnite shi’ite ». Des millions de militants anti guerre étaient descendus dans la rue en 2003 pour tenter d’empêcher une guerre contre l’Irak de Saddam Husseim scandant partout : « pas de guerre pour le pétrole ».

La majeure partie des voix anti guerre se sont tues soutenant en Libye et maintenant en Syrie les « guerres humanitaires » (R2P) inclus les « anticapitalistes » – Français notamment- qui roulent désormais pour l’Axe Washington Tel Aviv Paris Londres Ankara Doha Ryadh.

La Syrie a des réserves pétrolières estimées en 2010 à 2 500 000 000 barils et des réserves gazières importantes. Mais surtout le territoire de la Syrie est le plus approprié pour exporter le pétrole et le gaz du Golfe Persique dont celui du Qatar mais aussi de l’Iran vers les pays d’Europe de l’Ouest gros consommateurs de ces ressources énergétiques via la Turquie.

En 2009 le Qatar et la Turquie avaient entamé des négociations avec l’Arabie Saoudite – concurrent direct du Qatar dans le financement et l’armement des takfiristes en Syrie – pour la construction d’un gazoduc Qatar Arabie Saoudite Syrie Turquie qui devait être rattaché au gazoduc Nabucco Azerbaïdjian Turquie.

Selon Oilprice.com l’Arabie Saoudite a refusé que ce gazoduc en provenance du Qatar traverse son territoire. Le tracé de ce dernier inclue donc désormais le Sud de l’Irak, la Jordanie, la Syrie, la Turquie. La partie turque du gazoduc est déjà construite prête à recevoir le gaz du Qatar.

Seule obstruction : Assad.

Le champ gazier du Qatar North Dome – 3ème plus grande réserve de gaz mondiale avec 900 mille milliards de M3 – au milieu du Golfe Persique adjacent à celui de l’Iran de South Pars constituent à eux deux la plus vaste réserve mondiale de gaz.

En 2011 le Qatar a lancé un ultimatum au président syrien Bashar al Assad pour faire passer le gazoduc Qatar Turquie sur le territoire syrien. Assad a refusé et défiant le Qatar a décidé de s’allier avec l’Iran et l’Irak pour construire un gazoduc amenant le gaz de South Pars jusqu’en Méditerranée direction les marchés européens. La déferlante takfiriste financée armée par le Qatar a submergé la Syrie.

Le Qatar veut doubler sa production et son exportation de Gaz Naturel Liquéfié. Le Qatar s’est positionné comme premier exportateur mondial de GNL et cherche donc à consolider sa domination dans ce domaine par un programme de construction visant à accroître sa production pour passer de 31 millions à 77 millions de tonnes

Le putschiste à la tête du Qatar Hamad bin Khalifa al Thani- plus pour longtemps Washington et Londres l’ont déposé et ont désigné son successeur qui doit prendre ses fonctions début Juillet – a déclaré à la suite d’entretiens avec le président turc Abdullah Gul et le premier ministre dictateur Tayyip Erdogan :

 » nous sommes pressés d’avoir ce gazoduc du Qatar à la Turquie. Nous en avons discuté dans le cadre de la coopération dans le domaine de l’énergie. Pour se faire un groupe de travail va être mis en place qui présentera rapidement des solutions concrètes. »

Erdogan à lui-même affirmé que la Turquie souhaitait établir avec le Qatar « une relation à long terme et stable » en matière énergétique. « Dans ce but je pense qu’un gazoduc Qatar Turquie résoudra la question une fois pour toute »

PipelineParmi ces solutions il y a celle de relier le gazoduc Qatar Turquie – via la Syrie – au projet de gazoduc Nabucco pour transporter le gaz provenant de l’Asie Centrale et du Moyen Orient en Europe concurrençant directement le gaz russe. Un accord de transit pour le Nabucco a déjà été signé par Erdogan et 4 premiers ministres de pays européens pour permettre une décision finale sur les investissements à faire pour réaliser ce projet soutenu par l’UE et qui vise à réduire la dépendance européenne au gaz russe. Autre gazoduc qui pourrait être relié au Nabucco celui transportant le gaz egyptien via la Jordanie et la Syrie.

On comprend dés lors l’intérêt qu’ont les dirigeants de ces deux pays -Egypte et Jordanie – à participer activement au renversement du gouvernement de Bashar al Assad. Cela vaut aussi pour la complicité de l’UE et les attitudes va-t-en guerre extrêmistes de la Grande Bretagne et de la France.

On ne le répètera jamais assez la guerre contre la Syrie du président Bahsar al Assad est une guerre pour la domination du marché des ressources énergétiques une guerre pour le gaz où chacun défend ses intérêts énergétiques soit en tant que producteur exportateur soit en tant que consommateur importateur.

Mais derrière les ambitions énergétiques du Qatar se cache aussi le maintien de l’hégémonie américaine des pétro dollars sur l’économie mondiale dont ont déjà été victimes Saddam Hussein et Muammar Khadafi.

Cette fois cependant la Russie mais aussi la Chine sont décidées à défendre leurs intérêts non seulement énergétiques mais aussi géostratégiques d’où les hésitations de Washington à lancer une guerre contre la Syrie à laquelle est hostile une grande partie de l’état major de l’armée américaine comme en témoigne la tentative récente avortée du secrétaire au département d’état John Kerry – alors même qu’il discutait hypocritement avec Moscou de la réunion d’une Conférence Genève II – de pousser Obama à prendre la décision de bombarder la Syrie. Le chef d’état major de toutes les armées américaines le Gl Martin E. Dempsey s’y est vivement opposé.

http://www.planetenonviolence.org/Syrie-Guerre-Du-Gaz-Assad-Obstacle-Au-Gazoduc-Qatar-Turquie_a3127.html

Washington pousse l’émir de Qatar à céder son trône


le-cheikh-hamed-ben-khalifa-al-thaniBye bye Hamad Bin Khalifa Al-Thani.

Rien ne va plus chez les alliés moyen-orientaux des USA. Après Erdogan, aux prises avec ses révoltes, c’est au tour de l’émir du Qatar, le cheikh Hamad Bin Khalifa Al-Thani, d’être gentiment poussé vers la porte. Selon le quotidien libanais As-Safir, il aurait annoncé lui-même la transmission de sa charge à son fils Tamim, pour cause de maladie, semble-t-il. Tiens, il n’est pas mourant le roi d’Arabie Saoudite ?

Réseau Voltaire serait d’avis que la maladie n’a rien à voir avec cette décision, mais que ce serait plutôt sur intervention US. C’est déjà plus crédible. Toujours selon Réseau Voltaire, « les États-Unis auraient « découverts » les agissements occultes de la micro-monarchie auprès des jihadistes en Syrie, ainsi que des transactions financières illégales. » La ‘’démission’’ ne concerne pas que l’émir, mais également  son Premier ministre.

bf0c1fd10568abf26b549979f92028b64e00a8e18faecEn imposant  le prince héritier Tamim pour la succession qui aura lieu début Août, il faudra s’attendre à quelques changements dans la région.

Avic

L’ex femme de Qaradawi :  »Le Cheikh est un agent du Mossad »


Asma Ben Kada députée algérienne et ex femme du Cheikh Youssef Qaradawi, a déclaré que son ex époux était un agent du Mossad. 

QaradaouiAsma Ben Kada a affirmé que le Cheikh Qaradawi, actuellement président de l’Union Internationale des Savants Musulmans, a effectué une visite à Tel Aviv début 2010. Elle a ajouté que son ex époux entretient des relations secrètes avec le service des renseignements sioniste et qu’il parle couramment l’hébreu.

C’est pourquoi, Hamad ben Khalifa Al Thani tient beaucoup à son Cheikh, a précisé Asma Ben Kada. Elle a ajouté qu’en effet, l’émir du Qatar tire profit du poste du Cheikh Qaradawi au sein de la Ligue Islamique Mondiale, afin d’exécuter le projet américano-sioniste conçu dans les coulisses du Knesset.

La même source a souligné que Cheikh Qaradawi a reçu un certificat d’appréciation du Congrès américain, au sein duquel les juifs représentent la majorité, et ce pour avoir réussi à mettre en œuvre le projet américano-sioniste, dans le monde Arabe.

par N. J.

Qui veut la tête d’Erdogan ?


Turquie576773Des révolutions de couleur, des printemps révolutionnaires, on commence à en avoir l’habitude. De la mascarade de Roumanie qui a fait tomber et assassiner Ceausescu à la comédie de Damas responsable d’une guerre encore en cours, nous avons appris beaucoup de ces révolutions toutes accompagnées de leurs snipers en mission commandée et de leurs meneurs professionnels, secondés par les technologies modernes de communication. Toutes ont visé à faire tomber un régime. Avec le recul, on a toujours fini par constater que ces ‘’révolutions’’ n’avaient de révolution que le nom, et que c’était toujours les mêmes manipulateurs qui tiraient les ficelles.

Comment alors ne pas se poser des questions devant chaque nouvelle autre révolution ? Ne pas le faire c’est penser que les précédentes manipulations n’étaient que des accidents conjoncturels. Or tout le monde sait que ce n’est pas le cas. On pourrait, également penser que ces mouvements populaires ne sont dirigés que contre des ‘’dictateurs’’, c’est à dire contre des régimes non amis de l’occident.  Les évènements récents nous ont montré qu’il n’en était rien. De grands amis tels que Ben Ali ou Moubarak ont été balayés en moins de deux, alors que tout le monde pensait qu’ils disposaient de soutiens solides. Kadhafi et Al Assad aussi étaient reçus en amis peu avant de se recevoir un coup de poignard dans le dos. Que dire de ce très grand ami que fut Saddam Hussein que l’on a amicalement poussé à envahir le Koweït pour mieux l’anéantir. Certaines amitiés sont mortelles.

Dans la marche du monde, l’amitié n’a jamais été protectrice. Elle ne le sera pas plus pour Erdogan qu’elle ne l’a été pour toutes ces personnes qui, du jour au lendemain, se sont retrouvées avec le titre de ‘’ plus grand dictateur de tous les temps’’. Fera-t-il partie du lot de ces nombreux ‘’amis’’ sacrifiés au nom des intérêts supérieurs de l’oligarchie ? Personne ne le sait encore, pour le moment. Seul l’avenir nous le dira. Mais l’on sait déjà que dans ces cas-là, l’appui des autres dirigeants mondiaux, fussent-ils  les plus puissants, ne changera rien à l’affaire. Ils pourront tout juste l’accompagner dans sa chute pour qu’elle soit moins douloureuse. On se rappelle Hosni Moubarak. On prend ici la mesure du pouvoir réel des présidents, comme s’ils n’étaient là que pour la mise en œuvre des programmes déjà décidés ailleurs et par d’autres.

Si les manifestations continuent – et elles n’ont pas l’air de vouloir se calmer, il y a de bonnes chances pour qu’Erdogan aille retrouver d’autres copains au cimetière des dictateurs, le Qatar ou éventuellement l’Arabie Saoudite, ou le bizutage risque d’être dur, vu l’appui qu’il a fourni pour la chute de certains d’entre eux. Qu’a-t-il bien pu faire pour mériter la disgrâce ? Ou peut-être, que n’a-t-il pas fait ? Lui reproche-t-on l’échec de la Syrie ? Ou d’avoir gardé deux fers au feu en maintenant des liens avec l’Iran ? Ou encore sa position vis-à-vis des gisements de gaz au large de Chypres ? On peut rajouter que beaucoup de grands projets, dans lesquels la Turquie tenait un rôle essentiel, ont capoté. C’est le cas par exemple du projet du gazoduc Nabucco, mis à mal par Gazprom, ou du projet  de percement du canal reliant la Mer de Marmara à la Mer Noire. (Voir l’article sur le remodelage de l’Europe Centrale et l’Europe de l’Est).

Comme souvent dans les changements de régimes, nous ne saurons rien avant de voir qui va être mis à sa place. Parfois il faut même attendre un certain temps, après les premières actions du nouvel arrivant, pour avoir une idée des causes de la destitution de l’ancien ‘’dictateur’’. En attendant, les évènements s’enchaîneront de manière logique, et personne n’aura rien vu venir. Pourtant, il existe des signes qui montrent que ces manifestations ne sont pas anodines. Outre que ce que nous savons de ce type de révolte-révolution, un autre évènement  noyé dans l’actualité turque devrait nous interpeler. Les attentats survenus il y a un mois à Reyhanli. Devant la cacophonie des déclarations, j’avais alors émis, dans un article à chaud, l’hypothèse qu’il pourrait y avoir des luttes internes au sein de l’élite turque.  Les médias n’en parlent presque plus et sont passés à autre chose : les manifestations. Les deux évènements, à moins d’un mois d’intervalle, pourraient bien être liés, ne serait-ce que parce que les révolutions et les attentats sont souvent manipulés et téléguidés. Il ne serait donc pas étonnant qu’une même main soit derrière tout ce qui se passe en Turquie.

Un autre signe, indirect celui-là, est la façon dont les médias traitent le sujet. Il est étonnant de constater comment Erdogan est subitement devenu ‘’orgueilleux’’, ‘’autoritaire’’, ‘’convaincu d’avoir été choisi par Dieu pour diriger la Turquie’’, ‘’formé dans le parti islamo-nationaliste extrémiste’’,  ‘’coupé de l’opinion, devenu incapable d’en saisir les humeurs’’, etc… Il n’est pas encore devenu un dictateur, mais le matériau est déjà en place. (Voir article Rue 89). Certains journaux insistent déjà sur le lâchage dont il a fait l’objet lors de son voyage au Maroc (où il n’a pas été reçu par le roi Mohamed VI) et en Tunisie (où il a fait face à l’hostilité de la foule). Pour faire bonne mesure, certains parlent de ‘’régime poutinien’’. Pourquoi se gêner quand on peut en avoir deux pour le prix d’un.

Quels que soient ceux qui veulent la peau d’Erdogan, ils travaillent sur du velours.  Le premier ministre turc a réussi l’exploit de se faire haïr par à peu près tout le monde, y compris par ceux qui l’adulaient et le mettaient sur un piédestal il y a à peine deux ans. S’il était submergé par la révolution, peu de gens le pleureront. Mais l’oligarchie aura gagné, encore une fois.

Avic

Syrie : le message US à l’Iran?


obama-ahmadinejadLes Russes ont transmis aux Iraniens le message de John Kerry…

… selon lequel Washington a décidé de changer de cap au sujet de la crise syrienne. Tandis que la Russie, l’Iran, l’Egypte et une partie de l’opposition syrienne soutiennent l’idée de l’organisation de la conférence internationale de Genève II, avec la coordination des Etats-Unis, il y a un autre groupe de pays dirigé par la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite qui semble être prêt à tout faire pour entraver la tenue de cette conférence internationale sur le règlement de la crise en Syrie. Les pays européens et une partie de l’opposition syrienne préfèrent aussi que cette conférence n’ait pas lieu.

La réussite de la conférence de Genève II n’aura qu’un résultat très concret : le dialogue syro-syrien entre le gouvernement du président Bachar al-Assad et l’opposition. Entre-temps, il paraît que les dirigeants iraniens ont reçu de la Russie un message concernant la position de Washington par rapport à la crise syrienne : les Russes ont informé les Iraniens que la Maison Blanche a décidé de changer de cap par rapport à la crise en Syrie. C’est le message que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a reçu de la part du secrétaire d’Etat américain John Kerry, le 7 mai à Moscou. Selon des sources bien informées, Kerry aurait dit à Lavrov que les Etats-Unis ont accepté la participation de la République islamique d’Iran à la conférence internationale de Genève II sur le règlement de la crise syrienne, malgré l’opposition des pays comme l’Arabie saoudite.

Les victoires successives de l’armée syrienne dans son combat contre les terroristes pourraient avoir un effet direct sur la décision de la Maison Blanche de réviser sa position vis-à-vis de la Syrie. En outre, il y a des indices qui laissent deviner qu’une nouvelle agression militaire israélienne contre la Syrie pourrait entraîner cette fois-ci une vive réaction de Damas.

Ces évolutions ont amené le Qatar à essayer de reconstruire les ponts brisés entre Doha et Téhéran. L’Iran n’a pas encore accepté la demande de l’Emir du Qatar de visiter Téhéran, mais il paraît que l’échec du Qatar dans son jeu politique autour de la crise syrienne plaît aux dirigeants iraniens. Ces derniers s’attendent à ce que le Qatar joue un rôle régional proportionnel à son potentiel géopolitique. Une autorité qatarie qui a requis l’anonymat a déclaré qu’en réponse de sa demande de visiter Téhéran, l’Emir du Qatar a reçu un message écrit de la part des dirigeants iraniens qui a mis en garde contre toute tentative de Doha de jouer un rôle régional improportionnel à son potentiel géopolitique. Cette source indique que lorsque l’Emir du Qatar a reçu ce message, il n’a rien dit. Cependant, il paraît que les Qataris sont prêts maintenant d’écouter davantage les autres acteurs régionaux.

Quant à la Turquie, les dirigeants de ce pays ont pris une position tellement radicale contre le gouvernement du président Bachar al-Assad, qu’il est très difficile maintenant de trouver un mécanisme pour un nouveau rapprochement entre Ankara et Damas. Les hautes autorités turques ont ouvertement parlé de la nécessité du renversement du gouvernement syrien. Mais bientôt, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu sera obligé de s’occuper de nouveau du dossier syrien, mais cette fois-ci dans le sens d’un rapprochement avec Damas. Ainsi, contrairement aux souhaits du Premier ministre Recep Tayyib Erdogan, Davutoglu sera obligé d’annoncer le changement de la position de la Turquie par rapport à la crise syrienne.

http://french.irib.ir/analyses/item/258652-syrie-le-message-des-russes-semble-rassurer-t%C3%A9h%C3%A9ran

Le Livre blanc de la défense français planifie une escalade des guerres et des conflits entre les grandes puissances


les-navires-de-l-operation-myrrhe-source-fdcolberLe gouvernement français du Parti socialiste (PS) a publié le 29 avril son Livre blanc sur la stratégie militaire. Après son élection, il y a un an, le président François Hollande avait mis en place une commission pour l’élaboration d’un nouveau Livre blanc tenant compte des changements intervenus dans la situation mondiale depuis la publication en 2008 du précédent Livre blanc sur la défense français.

En examinant le Livre blanc de 2008 (Voir : « Livre blanc sur la Défense : La bourgeoisie française se prépare à la guerre »), le WSWS avait noté que la classe dirigeante française était en train de préparer un tournant vers la guerre afin de résoudre les contradictions qui accablent l’impérialisme mondial. Cette analyse a été confirmée dans les cinq années qui ont suivi et qui ont connu une explosion de l’agression impérialiste française après le déclenchement de la crise économique de 2008 et les luttes de classe révolutionnaires de la classe ouvrière en Egypte en 2011. En l’espace de deux ans, la France a mené des guerres en Libye, en Côte d’Ivoire et actuellement au Mali et en Syrie.

L’actuel Livre blanc présente des projets non seulement pour continuer mais pour intensifier massivement l’agression de l’armée française outre-mer. Il précise : « L’évolution du contexte stratégique pourrait amener notre pays à devoir prendre l’initiative d’opérations, ou à assumer, plus souvent que par le passé, une part substantielle des responsabilité impliquées par la conduite de l’action militaire. »

Le Livre blanc contient une liste incroyablement longue de cibles ou de cibles potentielles pour une agression militaire française. Il traite de la possibilité de nouvelles guerres en Afrique, de déploiements au Moyen-Orient et en Asie en vue de possibles conflits avec l’Iran et la Chine et de déploiements plus vastes des forces nucléaires françaises.

L’adoption du Livre blanc par le gouvernement PS et la réaction suscitée dans les médias sont les symptômes d’une classe dirigeante qui a totalement perdu la tête. Des articles parus dans les médias français ont critiqué le Livre blanc non pas parce qu’il présente un programme militariste mégalomane mais parce qu’il n’arme pas suffisamment la France pour une poursuite efficace de ces conflits.

Le Livre blanc planifie un gel des dépenses militaires à 31,4 milliards d’euros par an. Ceci entraînerait la suppression de 24.000 emplois dans l’armée entre 2014 et 2019 et une réduction du nombre de soldats pouvant être déployés outre-mer, des 30.000 actuels à 15.000.

Mais plusieurs analystes militaires ont minimisé les réductions proposées, en insistant pour dire qu’elles seraient invalidées et que d’autres réductions des dépenses seraient nécessaires pour payer la guerre. Jean-Dominique Merchet, a dit, « tous les fondamentaux seront maintenus… Il ne faut pas oublier que si le contexte géopolitique change radicalement au cours des trois ou quatre prochaines années, on ferait autrement. On sacrifierait autre chose pour avoir la capacité d’intervenir plus massivement. »

En fait, les conflits envisagés dans le Livre blanc ne pourraient être financés que par des attaques dévastatrices contre le niveau de vie de la classe ouvrière, dans une situation où l’économie européenne est déjà en train de se désagréger sous l’impact de mesures d’austérité brutales. On est en train de créer les conditions d’une opposition profonde et politiquement explosive, au sein de la classe ouvrière, contre la politique belliqueuse et d’austérité unanimement soutenue par l’establishment politique.

Le Livre blanc énumère la Méditerranée, l’Afrique du Nord, le Sahel, le Golfe persique et l’Océan indien comme les arènes d’une intervention française. La France projette de maintenir quatre bases en Afrique. Le Livre blanc souligne aussi le caractère crucial de la Mer de Chine du Sud, où les Etats-Unis ont attisé des confrontations entre la Chine et d’autres pays de la région, et des intérêts français plus larges en Asie de l’Est.

Christophe Guilloteau, député conservateur qui a contribué à la rédaction du Livre blanc a dit que la guerre de la France au Mali garantissait que l’Afrique resterait une priorité en matière de défense pour la France. Au micro de Radio-France International, il a dit que depuis la guerre au Mali « certains qui considéraient qu’on devait désengager encore plus au-delà l’Afrique, se sont aperçus que ce n’était pas une bonne idée. Si nous n’avions pas eu des forces pré-positionnées et au Tchad, et surtout en Côte d’Ivoire avec l’opération Licorne, on n’aurait pas pu répondre à l’appel des Maliens avec autant de rapidité. »

Paul Melly, membre associé du programme Afrique du groupe de pression Chatham House a expliqué : « Si ce modèle [d’une intervention au Mali] marche, c’est un modèle qui pourrait être étendu plus largement. Et donc le Mali est en quelque sorte un banc d’essai. »

Le Livre blanc confirme l’alignement de la France sur Washington conformément au prédécesseur conservateur de Hollande, Nicolas Sarkozy. Sous Sarkozy, la France avait réintégré en 2009 les structures militaires de l’OTAN avant de discuter en 2010 d’une éventuelle alliance militaire avec la Grande-Bretagne, proche allié des Etats-Unis, et de mener à partir de 2011 une série de guerres menées par les Etats-Unis.

Le Livre blanc soutient la poussée de la guerre contre l’Iran, en accusant sans preuve l’Iran de développer des armes nucléaires : « le Golfe Arabo-Persique revêt une importance stratégique particulière. Cette zone, où la course de l’Iran à des capacités nucléaires militaires engendre un risque de prolifération. »

Le Livre blanc plaide pour que la France augmente son influence dans la région en travaillant étroitement avec les Etats-Unis et leurs intermédiaires dans la région. Il fait remarquer que « la France y a renforcé sa présence et sa coopération de défense » avec les Emirats arabes unis (EAU), le Koweït et le Qatar, dont la construction d’une base militaire à Abou Dhabi, capitale des EAU.

En Asie, le Livre blanc fait l’éloge du « pivot vers l’Asie » des Etats-Unis qui vise à contenir la Chine et qui a accru les tensions entre Washington et Beijing. Tout comme Washington, Paris considère l’influence grandissante de la Chine comme une menace à ses intérêts géostratégiques, notamment en Afrique.

Il dit que « l’équilibre de l’Asie orientale a été modifié en profondeur par la montée en puissance de la Chine… Le renforcement de la présence militaire américaine dans la région peut contribuer à la maîtrise des tensions en Asie. »

En fait, le « pivot vers l’Asie » a énormément accru les tensions en Asie, faisant planer le mois dernier une importante menace de guerre sur la Corée du Nord. Le Livre blanc montre clairement que la France chercherait à se joindre à un conflit régional majeur en promettant que la France « en cas de crise ouverte, apporterait, aux côtés de ses alliés, une contribution politique et militaire. »

Le document recommande de maintenir l’armement nucléaire français, tel les programmes SN3G de sous-marin et de missile M51 qui coûtent près de 3,5 milliards d’euros (4,6 milliards de dollars) par an. Alors que le Livre blanc affirme que le programme d’armement nucléaire de la France est « strictement défensif, » il ajoute, « Certains des moyens des forces nucléaires peuvent être utilisés pour les opérations conventionnelles sur décision du Président de la République. »

L’élimination des barrières entre forces nucléaires et forces conventionnelles est une nouvelle étape vers l’utilisation de l’arme nucléaire, une menace qui a déjà été soulevée par des responsables français. En 2006, le président de l’époque Jacques Chirac avait annoncé que la France pourrait lancer des frappes nucléaires contre des terroristes, en cas de menaces à l’égard de « nos approvisionnements stratégiques et la défense de pays alliés. » (Voir : « France: Le président Chirac brandit la menace de représailles nucléaires en cas d’attaques terroristes »)

Jean-Luc Mélenchon, dirigeant du Front de Gauche petit-bourgeois a dénoncé les coupes dans les dépenses de la défense énoncées dans le Livre blanc. Il a dénoncé l’« austérité » et l’alliance américaine (l’atlantisme) comme étant « deux dangers mortels pour la souveraineté et l’indépendance de la France » – en lançant un appel réactionnaire et anti-américain, alors même qu’il a soutenu avec enthousiasme toutes les guerres menées par Paris en collaboration avec Washington, que ce soit la guerre de la Libye ou les guerres actuelles au Mali et en Syrie.

Les commentaires pro-guerre de Mélenchon reflètent le gouffre qui sépare la bourgeoisie et les couches aisées de pseudo-gauche représentées par le Front de Gauche, de la classe ouvrière. Terrifiées par les luttes qui couvent entre la classe ouvrière et le programme social et militaire réactionnaire de Hollande, elles exigent que de plus en plus de ressources soient injectées dans la machine de guerre.

Kumaran Ira et Alex Lantier

https://www.wsws.org/fr/articles/2013/mai2013/fran-m06.shtml

Syrie : Israël entraîne les US et l’UE dans la guerre


Robert Fisk –

Le silence des États-Unis et de l’Union Européenne équivaut à une claire approbation.

Bâtiments de la banlieue de Damas, bombardés par l’aviation sioniste - Photo : AFP/SANA
Bâtiments de la banlieue de Damas, bombardés par l’aviation sioniste – Photo : AFP/SANA

Des lumières d’incendies dans le ciel de Damas. Un autre raid israélien – « audacieux » bien sûr, pour les pro-Israéliens, et le second en deux jours – contre l’armement de Bachar al-Assad, des installations militaires et des dépôts d’armes. L’histoire est bien connue : les Israéliens voulaient empêcher une cargaison de missiles Fateh-110 de fabrication iranienne et envoyés par le gouvernement syrien, de parvenir au Hezbollah au Liban. Lire la suite Syrie : Israël entraîne les US et l’UE dans la guerre

LA CHUTE. Qatar: la chaîne propagandiste Al-Jazeera perd…86% de ses téléspectateurs


Tribune libre de Djerrad Amar
Al-JazeeraA force d’être le haut-parleur de la haine et du mensonge, la chaîne qatarie ne fait plus des émules, selon de nombreux rapports. L’homme arabe a bien compris, désormais, que,cette caisse de résonnance du Qatar n’est qu’un satellite supplémentaire de l’impérialisme américain et rien d’autre. Ainsi, d’Alger à Tunis, en passant par Le Caire et ailleurs, personne ne prête plus ses yeux ni ses oreilles à cette merde médiatique. Lire la suite LA CHUTE. Qatar: la chaîne propagandiste Al-Jazeera perd…86% de ses téléspectateurs

Ziad Takieddine : « Sarkozy a été acheté de toutes pièces par le Qatar »


FRANCE-PAKISTAN-POLITICS-JUSTICE-TAKIEDDINEMis en examen dans l’enquête sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, Ziad Takieddine réitère ses accusations contre l’ex-président.

Soupçonné d’avoir joué un rôle-clé dans l’affaire Karachi, le richissime homme d’affaires franco-libanais est mis en examen depuis 2011 pour complicité et recel d’abus de biens sociaux, faux témoignages et depuis 2012 pour blanchiment de fonds.

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USA. Vers l’abandon de la doctrine Carter-Brzezinski ?


Par Françoise Compoint

USA-DrapeauLes USA commencent à se désintéresser du Moyen-Orient. Croyant pouvoir se procurer à long terme du gaz de schiste et du pétrole issu des sables bitumineux. Washington a maintenant trois soucis à l’esprit, trois objectifs qui, s’ils sont menés à bien, promettent au monde musulman une restructuration des plus sérieuses.

Syrie : Qu’en est-il de l’équation syrienne maintenant que ses ennemis ont recours aux armes chimiques pour punir ses citoyens ?


Par Amin Hoteit

gaz_sarin_syrieDans sa dernière entrevue avec le Sunday Time [1], publiée le 3 Mars 2013, le Président syrien Bachar al-Assad avait précisé : « Tout ce qui a été mentionné dans les médias ou par les déclarations rhéthoriciennes de responsables politiques, sur les armes chimiques syriennes, relève de la spéculation. Nous n’avons jamais discuté, et nous ne discuterons jamais de nos armements avec qui que ce soit. Ce dont le monde devrait se soucier c’est des matières chimiques arrivées entre les mains des terroristes. Des séquences vidéos ont déjà été diffusées les montrant en train de tester des matières toxiques sur des animaux, et aussi en train de menacer le peuple syrien de mourir de cette façon ! Nous avons partagé ce matériel vidéo avec d’autres pays. C’est là-dessus que le monde devrait se concentrer au lieu de gaspiller ses efforts à créer des titres insaisissables sur les armes chimiques syriennes pour justifier n’importe quelle intervention en Syrie ».

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Alors que les sionistes se dévoilent, l’armée syrienne prête à se battre « des années »selon Damas !


Tribune libre de Djerrad Amar

partisans-de-bachar-al-assad« Face à l’agression du Front uni USA-NATO-Sionistes-Islamistes, Damas fait front !
Les « Comités de Défense » populaires appuient l’Armée arabe syrienne …
Luc MICHEL pour Syria Committees – Comités Syrie
avec PCN-SPO – SANA – AFP / 2013 03 13 /
Damas a affirmé ce mardi sa détermination à combattre les rebelles « pendant des années » si nécessaire après bientôt deux ans de conflit.
« L’armée syrienne a à sa disposition des hommes et des armes qui suffiraient à faire la guerre pendant des années pour défendre la Syrie » contre les insurgés, a affirmé le journal Al-Watan, proche du pouvoir.
Le quotidien a cependant appelé « les citoyens, chacun selon ses capacités, à défendre leurs quartiers et leurs régions comme cela s’est passé à Alep, à Hama et à Homs où les citoyens, hommes et femmes, ont pris les armes et formé des Comités de défense ». Les « Comités de Défense », qui sont des milices populaires de quartier – sur le modèle yougoslave des années 1945-70 ou cubain – sont la réponse de Damas à l’agression étrangère.

Crimes sans châtiment : Révélations sur les filières terroristes de Paris


« Les noires complicités de la France »

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Avec “Crimes sans Châtiment”, l’auteur met à jour tout un système de complicités entre les dirigeants politiques français et des groupes islamistes criminels. De 1990 à 2012, de l’Algérie à la Syrie, la confrérie des Frères musulmans reçoit le soutien de Paris dans ses coups d’Etat contre les pays du Bassin méditerranéen. Entrevue de jean-Loup Izambert par Louis Dalmas (B.I. Infos, no. 185, mars 2013).

B.I. : En juin 2012 vous annonciez la parution prochaine de votre ouvrage sous le titre provisoire de “La ligne jaune”. Le titre a changé depuis. Pourquoi ?

Jean-Loup Izambert : D’abord, il m’a fallu près d’une année avant de trouver un éditeur libre et indépendant digne de ce nom sur la vingtaine qui ont reçu mon manuscrit. (1) Pendant ce temps, l’évolution de la situation internationale a montré que les dirigeants occidentaux ne se contentaient pas de franchir la ligne jaune entre la guerre et la paix.

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