Archives du mot-clé Résistance

Le coup de maître de l’axe de la résistance à la conférence de Genève 2


20140221Mouallem-LavrovLa conférence de Genève 2 s’est terminée sur un échec, selon les divers analyses et commentaires parus dans les médias. Le constat d’échec semble d’autant plus évident qu’aussitôt la conférence terminée, les principaux acteurs occidentaux se précipitaient pour l’annoncer dans des déclarations dépitées accusant la délégation syrienne d’en être la cause. A les entendre, il y a eu échec à la recherche de la paix en Syrie. Lire la suite Le coup de maître de l’axe de la résistance à la conférence de Genève 2

Juifs de France, réveillez-vous !!! Votre pays est en danger


56a528_f6b45411ce81357791b0b6bb68fa7126.jpg_1024N’est-il pas temps de comprendre enfin que l’on se sert de vous, comme ça a été le cas depuis toujours ? Voici un peu plus d’un siècle que vous êtes instrumentalisés par un groupe oligarchique qui n’a de passion et de foi que dans ses intérêts, vous  faisant parfois payer le prix fort pour renforcer ses plans. Il n’est pas besoin de décortiquer l’Histoire pour constater cette vérité tout au long de cette période. Lire la suite Juifs de France, réveillez-vous !!! Votre pays est en danger

Jeremy Hammond, héros de la résistance


f1bc3389ec78d75f19eb534a35420496b272ab55Jeremy Hammond a été condamné à dix ans de prison pour son rôle dans l’énorme fuite des Stratfor Files en 2011. Son procès n’a guère été plus qu’une mise en scène pour le public. L’importance des millions d’emails rendus publics par Hammond n’est toujours pas entièrement appréhendée. Lire la suite Jeremy Hammond, héros de la résistance

Briseurs de silence


Tribune libre Byblos

Entretien avec Yehuda Shaul, de l’association israélienne Breaking the Silence

arton393-0ab7a-resp560Le livre noir de l’occupation israélienne. Les soldats racontent, sorti le 9 octobre dernier aux éditions Autrement, donne un aperçu des neuf cent cinquante histoires collectées par l’association israélienne Breaking the Silence (« Briser le silence ») depuis 2004. Yehuda Shaul, ancien soldat de l’armée israélienne de mars 2001 à mars 2004 a voulu montrer le vrai visage de l’occupation militaire : ses buts véritables, ses exactions et son inefficacité. Une démarche compliquée dans un pays où le service militaire est obligatoire et dure deux ans pour les filles, trois pour les garçons. Au mieux, les briseurs de silence sont traités de menteurs, au pire de traîtres. Rencontre avec l’un d’entre eux.

Émilie Baujard.— Est-il facile de critiquer l’armée israélienne en Israël aujourd’hui ?

Yehuda Shaul.— Au sein de la société israélienne, l’armée a un rôle très important. Elle est très respectée, c’est sûrement l’une des institutions les plus respectées dans notre pays. Et ce pour plusieurs raisons liées à notre histoire et à la façon dont elle a défendu notre pays dans le passé. C’est ce qui rend la critique difficile. Quand vous parlez des exactions de l’armée, personne ne veut vraiment voir ni écouter.

E. B.—Les témoignages du Livre noir de l’occupation israélienne1 couvrent une période qui va de 2000 à 2010. Certains soldats ont attendu dix ans avant de parler…

Y. S.— Beaucoup de soldats ont servi dans les territoires palestiniens et se rendent compte aujourd’hui que ce qui s’y passe est moralement condamnable. Une fois que vous y réfléchissez, que vous êtes à nouveau un civil, vous voyez les choses de manière différente. Vous ne les envisagez plus à travers le prisme du cercle militaire. À ce moment-là, de nombreux soldats, y compris moi, ne peuvent plus cautionner ce qu’ils ont fait. La terminologie militaire qu’on nous a rabâchée n’a soudain plus aucun sens. Et on se met à parler.

E. B.—Vous décrivez plusieurs tactiques militaires qui permettent à l’armée de « contrôler » les Palestiniens. Pouvez-vous donner un exemple ?

Y. S.— Tous les jours, les soldats sont envoyés « marquer notre présence », comme dit l’armée. L’idée est que si les Palestiniens ont le sentiment que l’armée est partout, ils auront peur d’attaquer. Par exemple, on entre dans une maison palestinienne choisie au hasard. On réveille la famille, on met les femmes d’un côté, les hommes de l’autre, on fouille la maison, puis on ressort. On frappe ensuite à d’autres portes, on lance des grenades assourdissantes, on fait du bruit et on entre dans une autre maison. Voilà comment on passe nos huit heures de patrouille. Tous les jours, toute l’année, et ça ne s’est pas arrêté une seconde depuis le début de la deuxième Intifada en 2000.

E. B.—L’armée israélienne est appelée « forces de défense israélienne ». Le terme « défense » est-il approprié ?

Y. S.—Nous avons grandi avec l’idée que l’armée israélienne est dans les territoires palestiniens pour protéger Israël contre des actes terroristes. Mais quand on lit les témoignages, on comprend très vite que la partie « défense » de l’armée est très réduite. Nous faisons surtout de l’offensif, et pas seulement contre le terrorisme. L’objectif principal est d’empêcher la création d’un État palestinien indépendant.

L’occupation israélienne est pensée de telle façon qu’elle ne laisse aucune place pour l’émergence d’une force politique qui pourrait la remplacer. L’occupation agira militairement contre toute opposition à son contrôle absolu sur les Palestiniens.

E. B.—Finalement, votre livre dévoile la part sombre de l’occupation israélienne ?

Y. S.—Non, le livre montre le vrai visage de l’occupation. Et une occupation militaire longue est mauvaise. Le seul moyen de contrôler les gens, c’est de leur faire peur. Une fois qu’ils sont habitués à un certain niveau de peur, vous devez alors leur faire encore plus peur. Encore et toujours. C’est un puits sans fond. Un puits que l’on creuse depuis déjà plus de quarante-six ans. Je vous donne un exemple : quatre soldats sont à un checkpoint et une centaine de personnes attendent pour passer. La seule façon pour vous de vous faire entendre, c’est qu’elles aient peur de vous. Alors vous attrapez la cinquième personne dans la queue et vous la frappez. Ou vous demandez à quelqu’un sa carte d’identité et si ce quelqu’un sourit un peu trop, vous le laissez au soleil pendant huit heures. Ainsi, il comprend qui est le boss.

E. B.—Breaking the Silence a été beaucoup critiqué. L’une des critiques qui revient souvent est que les témoignages remontent à plus de dix ans, à l’époque de la seconde Intifada, et que c’est différent aujourd’hui.

Y. S.—Pour beaucoup d’Israéliens, l’occupation fait partie de l’histoire, du passé. L’occupation, c’était en 1967, après la guerre. Et aujourd’hui, c’est le statu quo. Nous disons « non, non et non ! » L’occupation des territoires palestiniens se poursuit partout et tous les jours. Chaque maison construite dans une colonie en Cisjordanie est une occupation. Toutes les maisons palestiniennes fouillées au milieu de la nuit dans le seul but de persécuter la population, c’est l’occupation. Tous les checkpoints volants installés pour bloquer l’accès à un village, c’est l’occupation.

E. B.—Les témoignages sont anonymes. Pourquoi ce choix ?

Y. S.—Ces centaines de témoignages émanent de toutes les unités, de tous les territoires (Cisjordanie et Gaza) et de tous les grades : du simple soldat au commandant de brigade en passant par des réservistes. Les soldats qui sont toujours réservistes et qui viennent témoigner violent le protocole militaire. Ils peuvent donc être envoyés en prison. Et puis, la plupart des actions rapportées sont des crimes au regard du droit international et même parfois du droit israélien. Donc les soldats peuvent être poursuivis, c’est pourquoi certains veulent rester anonymes. Et il y aussi la pression de la société, de l’unité, de la famille, des amis…

E. B.—Effectivement, de nombreuses actions rapportées sont illégales, comme l’utilisation de Palestiniens comme boucliers humains, les destructions arbitraires de maisons palestiniennes…

Y. S.—Dans le livre, il y a l’épisode d’une action menée pour venger la mort de six soldats israéliens tués près de Ramallah en février 2002. La nuit suivante, trois bataillons des forces spéciales sont envoyées à Gaza, Ramallah et Naplouse pour venger leur mort. L’ordre est très clair : « ils ont tué six des nôtres, on va tuer six des leurs  ». La mission l’est aussi : 2 h du matin, checkpoint palestinien, toutes les personnes qui s’y trouvent seront abattues, qu’elles soient en uniforme ou non, armées ou non. Au final, quinze Palestiniens ont été tués. Ce genre d’opération, cette revanche, c’est ce que font les gangs, ce n’est pas ce que doit faire l’armée d’un pays démocratique.

E. B.—Certaines personnes en Israël vous accusent d’être un traître à la patrie. C’est comme ça que vous vous voyez ?

Y. S.—Si j’avais l’impression d’être un traître pour mon pays, je ne ferais pas ce que je suis en train de faire. C’est exactement l’inverse. Je pense que c’est la ligne politique de notre gouvernement qui est la plus grande traîtrise faite à l’État d’Israël. Cette ligne politique nous dit : « le droit d’Israël à exister équivaut au droit d’Israël à occuper les Territoires pour toujours  ». En fait, le gouvernement nous dit : « c’est soit nous, soit les Palestiniens ». Voilà pourquoi, de la mer Méditerranée au fleuve du Jourdain, il ne peut y avoir qu’une seule souveraineté et que cette souveraineté, c’est à nous de l’obtenir. Les Palestiniens ne seront donc jamais libres et l’occupation ne s’arrêtera jamais.

Je pense que cet agenda politique est totalement destructeur. Cette volonté de prolonger l’occupation délégitime l’État d’Israël. Si on veut être patriote, il faut casser cette équation. D’un côté, il y a le droit d’Israël à exister, mais ce droit n’implique pas celui d’occuper les Palestiniens. Rien ne peut justifier une occupation aussi longue.

1Le livre noir de l’occupation israélienne. Les soldats racontent, éditions Autrement, octobre 2013.

http://orientxxi.info/lu-vu-entendu/briseurs-de-silence,0393

Sommes-nous encore libres ?


Tribune libre Résistance

stasi3J’ai écrit cet article pour Résistance depuis mon ordinateur, puis l’ai mis en ligne sur le site. Un certain nombre de webmestres l’ont également reçu et peut-être ont-ils fait la même chose que moi. Nos lecteurs respectifs ont pu lire cet article le lendemain. Quelqu’un cependant l’a lu avant eux, ou était tout du moins en mesure de le faire. Ce n’était pas ni un membre de Résistance, ni les webmestres qui en ont été destinataires. Je ne connais pas ce quelqu’un. Il ne vit certainement pas en Franc. Il opère loin d’ici, au-delà de l’océan… Je ne suis pas un terroriste, je ne suis pas recherché et je paie mes impôts. Bref, je suis un citoyen lambda. Mais ce quelqu’un sait tout de moi. Il sait à qui je téléphone parce qu’il a accès à mes données sur mon smartphone. Il sait à qui j’écris et surtout ce que j’écris, car il est capable de surveiller tous mes mouvements sur Internet. Il prend note de mes achats en ligne, consigne tout et scrute mes mouvements sur mon compte bancaire de telle sorte qu’il sait ce que je gagne. Mon patrimoine n’a aucun secret pour lui.

L’utilisation de Facebook lui facilite grandement la tâche. Parce que l’internaute met sa vie à nu sur le plus grand réseau social du monde. Il nous renseigne sur son cercle d’amis, publie des photos amusantes, insolites, et parfois intimes, sans se rendre compte qu’un jour, tout ceci pourrait un jour se retourner contre lui. Il ne se doute pas que ce qui est posté sur Facebook ne peut être supprimé, même lorsque ses contacts ou le quidam n’y ont pas accès. Toutes ses informations restent gravées dans une énorme mémoire, suspendues en quelque sorte sur un nuage virtuel qu’il ne peut atteindre. Il perd ainsi le contrôle de son passé et du présent.

Certains se remémoreront immanquablement la Vie des autres, film dans lequel la Stasi surveillait dans le Berlin des années quatre-vingt les intellectuels soupçonnés de critiquer le régime d’Erich Honecker. Le parallèle avec l’URSS, la Chine et tous les pays supposés autoritaires ou dictatoriaux sera rapidement fait. On leur oppose notre culture démocratique et la liberté. Les lois sont d’ailleurs censées nous préserver de toute intrusion. L’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme ne proclame-t-il pas le droit de toute personne au respect « de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance » ?

Les révélations faites par l’ancien employé de la CIA et de la NSA Edward Snowden sont pourtant inquiétantes. Microsoft, Google, Apple, Yahoo, BlackBerry, Facebook, etc., collaborent, de leur plein gré ou sous la contrainte, avec la National Security Agency (NSA), la super agence des services secrets étasuniens, lui octroyant un accès privilégié à leurs données. Un peu comme si un étranger avait accès à une porte secrète de votre maison sans que vous n’en déteniez les clefs…

Aujourd’hui, un agent secret n’aurait plus besoin d’allumer mon ordinateur et de télécharger mon disque dur. Le processus est en grande partie automatique. De temps à autre et à mon insu, mes données peuvent être collectées et transmises je ne sais où. Ce qui est remarquable, c’est que tout cela se produit dans les pays qui ne sont apparemment pas totalitaires. Ces derniers se revendiquent au contraire tous de la démocratie. Pourtant, ces faits s’inscrivent dans un processus aux conséquences potentiellement désastreuses.

Le 11 Septembre en a été l’acte fondateur. Capitalisant sur le choc provoqué par les attentats dans les opinions internationales, la lutte contre le terrorisme a permis de justifier la plupart des actions menées par les États-Unis. Les menaces terroristes qu’on brandit à dessein permettent de renforcer les structures de contrôle de la population. Nous ne savons pas aujourd’hui ce que la NSA, le FBI ou  la CIA ont pu faire de nos informations personnelles, ce qui, dans un État de droit, relève de l’inconcevable. Les conséquences de ce paradoxe sont colossales. Notre intimité est désormais mise à nu et partagée par autrui sans qu’on puisse y faire quoi que ce soit. Plus personne ne pourra désormais se sentir totalement en sécurité. Sommes-nous tout simplement encore libres ?

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-sommes-nous-encore-libres-120836680.html

Les poseurs de mines US au Moyen-Orient – Par Bachar al-Assad


Le Président syrien a accordé une longue entrevue d’environ 2 heures à la chaîne Al-Mayadeen dans la soirée du 21 Octobre. Il a été interrogé par son Directeur, M. Ghassan Ben Jedo. Voici la traduction de certains points essentiels abordés dans la deuxième partie [*], en réponse aux questions posées.

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La Ligue des États arabes

Dire ce que signifie l’exclusion de la Syrie de la Ligue des États arabes dépend de la façon dont vous considérez cette Ligue. Est-ce le lieu qui délivre le baptême de l’arabité ? Ce n’est certes pas le cas. Alors que cette Ligue a été constituée pour représenter et unir les efforts du monde arabe, elle s’est progressivement transformée – au moins depuis les « Accords de Camp David » –  en Ligue au service des politiques occidentales et de leurs guerres contre les États arabes. C’est ce que nous avons constaté avant la guerre contre l’Irak. C’est aussi ce que nous avons vu quand Israël a répondu à l’Initiative arabe de 2002 par les massacres de Jénine, et à maintes autres occasions où ses réunions au sommet ne visaient qu’à couvrir les massacres contre des populations arabes. Ses dernières performances ont frappé la Libye et, aujourd’hui, là voilà qui sert de couverture à la guerre contre la Syrie.

Oui, nous disons que cette Ligue couvre les menaces et la guerre contre la Syrie, abstraction faite de certains États arabes qui ne souhaitaient pas suivre cette tendance mais qui n’ont pas osé dire « le mot de vérité ». En pratique, les États dominants au sein de cette Ligue sont responsables de l’assassinat de citoyens arabes. C’est cela la vérité. Oui, nous disons que la ligue des États arabes a servi tout récemment de couverture à ce qui aurait pu être une frappe guerrière US contre la Syrie.

Maintenant, vous pouvez me demander pourquoi avions-nous accepté de continuer à participer aux réunions ordinaires et extraordinaires de cette ligue ? En toute franchise, bien que nous n’ayons jamais espéré qu’elle serve les peuples arabes en quoi que ce soit, notre action politique a toujours eu pour but de diminuer les pertes. Toutes ses réunions et à n’importe quel niveau étaient minées par avance, des mines fabriquées par des pays étrangers et confiées à certains de ses États membres traditionnellement experts en la matière. Par conséquent, il fallait que nous restions présents pour tenter de déminer et ainsi minimiser les pertes subies dans un contexte qui allait de pire en pire.

Vous voulez savoir si nous pensons réintégrer cette instance au cas où elle nous inviterait à le faire. Je pense que le mieux serait d’écarter le côté émotionnel de la question et de consulter le peuple syrien par un référendum ou équivalent, car une telle décision doit, de préférence, être nationale et populaire. Que la Syrie soit intégrée ou non à la Ligue arabe ne témoigne en rien de son arabité. Le sujet est tout autre, pour la simple raison que la Ligue arabe ne s’est jamais exprimée en faveur de l’arabité sauf peut-être à l’époque de Gamal Abdel Nasser. Mais depuis les années soixante-dix et, plus précisément, depuis la Guerre de 1973 et l’intégration de l’Égypte au chapitre de Camp David, la Ligue arabe n’est plus sur cette ligne.

L’Arabie saoudite

Vous évoquez la période où existait un axe tripartite «  Arabie saoudite-Égypte-Syrie » au sein de la Ligue arabe, oubliant que deux de ces États étaient soumis au bon vouloir des USA et que la formation de cet axe était, elle-même, soumise à l’approbation de l’administration US ; celle de Bush [père] puis celle de Bill Clinton. Je suis persuadé que votre étonnement n’est pas sérieux, car tout citoyen arabe est parfaitement au courant de cette réalité !

Oui, les relations entre les pays arabes sont absolument soumises aux caprices de l’Occident et des USA en particulier. Lorsque l’administration US n’est pas d’accord avec l’une de nos politiques, certains États sont invités à s’écarter de nous, à moins qu’ils ne soient chargés de leur servir d’intermédiaires dans un but très précis. Tous les États de la ligue ne sont pas également obéissants, mais nous ne pouvons pas dire que l’un quelconque d’entre eux soit totalement indépendant.

Ainsi lorsqu’en 2003, l’administration Bush [fils] est entrée en « colère » contre la Syrie, nos relations avec la ligue ont commencé à décliner. Elles se sont plus clairement détériorées après la guerre contre l’Irak, puis l’ « Affaire Hariri » montée de toutes pièces pour servir de prétexte à notre rupture avec l’Arabie saoudite et à notre mise à l’index.

Certes, nos relations se sont rétablies mais uniquement en périodes d’ouverture à l’Occident. Plus généralement, si vous examinez la courbe de nos relations avec ce pays, vous constaterez  qu’elle est parfaitement superposable à celle des relations syro-occidentales. Y-a-il quelqu’un qui oserait affirmer que l’Arabie saoudite est un État indépendant ? C’est un État qui exécute consciencieusement les directives de la politique US.

Il est évident qu’ici j’ai parlé de l’Égypte d’après les années 1990. L’Égypte d’aujourd’hui est en pleine mutation. Nous devons attendre avant d’en juger. Quant à l’Arabie saoudite, je ne vous apprends rien. Son Histoire est connue de tous, depuis son alliance avec les administrations US successives datant de plus de six décennies.

Oui, j’affirme qu’aujourd’hui l’Arabie saoudite soutient médiatiquement, politiquement, militairement et financièrement les terroristes en Syrie, et qu’elle mène une guerre contre la Syrie. Dire que Bandar bin Sultan se tient tout seul derrière tout cela, revient à exagérer son rôle d’un point de vue médiatique. Il est l’un des éléments de tout un système international soumis aux ordres des USA, et ce système travaille actuellement contre la Syrie.

Vous vous interrogez sur l’éventuelle pérennité de notre rupture avec l’Arabie saoudite qui serait un axe de force essentiel dans la région arabe. Concernant la force, je réponds qu’une telle force est censée travailler à construire et non à détruire ; une telle force est censée travailler à la stabilité et non à semer l’extrémisme, le terrorisme, et l’ingérence dans les affaires intérieures des pays voisins. Quant à la rupture, je rappelle que la finalité des relations entre États réside dans l’intérêt de leurs peuples et ne dépend pas de l’humeur de leurs dirigeants. Ce n’est pas une affaire entre personnes mais une affaire d’institutions étatiques et d’intérêts réciproques. Personnaliser une telle relation est un discours inacceptable et hypocrite.

De plus, parler de pérennité des comportements de l’Arabie saoudite suppose que ses donneurs d’ordre ne modifient pas les leurs. Elle est obligée de s’incliner devant le système auquel elle appartient, au risque de se retrouver écartée et isolée. Par conséquent, si vous devez négocier, autant négocier avec le commandant de l’opération qu’avec l’exécutant.

Vous citez tous les griefs de l’Arabie saoudite contre la Syrie : nous réprimerions notre peuple, nous soutenons l’Iran qui chercherait à dominer notre région, nous sommes coupables d’ingérence au Liban et nous serions impliqués dans certaines opérations préjudiciables à leurs alliés, nous soutenons le Hezbollah qui serait une organisation terroriste, nous aurions une position critiquable à l’égard de l’Irak… L’État saoudien et ses semblables n’ont franchement pas le droit d’aborder l’un quelconque de ces sujets et notamment l’Arabie saoudite, où la répression et l’asservissement ne manquent pas. Ils ne connaissent rien de la démocratie, des constitutions, des élections… Quant à nos relations avec l’Iran, comment se fait-il qu’ils se sont empressés de tenir la main de son Président et sont allés jusqu’à l’inviter au pèlerinage de la Mecque ? Tout cela ne pèse pas lourd et reste pure hypocrisie.

Le Liban

Le fait est que le Liban ne s’est pas « maintenu à distance » et a contribué directement à allumer l’incendie en Syrie, en laissant faire les provocateurs et en permettant aux terroristes et aux armes de passer par son territoire et de traverser notre frontière commune. Même en admettant qu’il s’est maintenu à distance, qu’a-il-fait quand l’incendie s’est propagée pour le toucher à son tour ?

Quant au Hezbollah, la Résistance ne consiste pas uniquement à se battre sur le terrain de l’ennemi, mais aussi à se défendre. Or l’agression contre la Syrie, est une agression contre le concept même de la politique de résistance de ce pays. Autrement, il n’a aucun intérêt à venir combattre en Syrie. Il n’est pas le seul intéressé par cette démarche, l’Iran aussi. Chacune de ces parties est tenue de défendre les autres parties. C’est dans ce cadre que vous pouvez comprendre le rôle assumé par le Hezbollah ainsi que le soutien de l’Iran, en Syrie.

Ceci dit, lorsque le Général Michel Aoun était en désaccord avec la Syrie, c’était par conviction personnelle et non pour satisfaire un État étranger qui l’aurait sollicité. Et lorsqu’il s’est trouvé en accord avec la Syrie une fois les causes du désaccord réglées, c’était aussi par conviction ! C’est un comportement d’une sincérité permanente que nous respectons au plus haut degré. Ses prises de position actuelles, en faveur de la Syrie, démarrent de l’intérêt qu’il porte à sa patrie et de sa conscience que le Liban pourrait subir les retombées négatives de ce que qui s’y passe…

Vous dites que le Président Michel Sleimane attend un appel de notre part depuis environ une année et plus particulièrement depuis l’« Affaire Michel Smaha ». Nous, nous attendons toujours les preuves de l’implication syrienne dans cette affaire, où la Syrie a été injustement accusée.

Oui, nos relations avec le Hezbollah sont toujours aussi solides qu’en 2006. Notre position à l’égard de la Résistance à Israël est connue de tous. Tout soutien dont la Résistance aurait besoin sera accordé par la Syrie, hier comme aujourd’hui et demain.

Le Golan et la Résistance

Certains disent que l’État syrien soutient la Résistance au Liban et en Palestine alors qu’il néglige le Golan. Partout dans le monde, les résistances ne se déclarent ni ne se décident par décret, mais naissent de la volonté du peuple. Or, la résistance a besoin de raisons objectives pour émerger comme, par exemple, un État qui se désintéresse de ses territoires occupés ou une armée non concernée par leur libération. Ce n’est pas le cas de la Syrie et c’est ce qui explique qu’une résistance populaire pour libérer le Golan n’ait pas émergé jusqu’ici, contrairement à ce qui s’est passé en Palestine et au Liban devant les agressions répétées d’Israël.

Mais maintenant que l’Armée nationale syrienne doit se battre contre les terroristes et vu les récentes agressions d’Israël, le ressentiment populaire fait que les conditions sont réunies pour l’émergence d’une résistance syrienne sur le front du Golan, que nous l’approuvions ou pas.

Le Hamas

Concernant le Hamas, nous ne pouvons parler que de notre propre relation avec ce mouvement. Une relation qui s’est muée en méfiance dès le début de la crise, quand le Cheikh Qaradawi a comparé ce qui se passait à Daraa au siège de Gaza, et que le Hamas a opté pour le silence. Il s’est tu et a été avare vis-à-vis de la Syrie qui a beaucoup sacrifié pour la cause palestinienne. Ce mouvement nous a démontré que sa fidélité vis-à-vis de la Confrérie des Frères Musulmans primait sur sa fidélité à la Résistance pour sa terre.

Les circonstances ont fait que le Hamas a dû trouver refuge hors de son territoire alors que la logique voudrait l’inverse, puisque toute résistance suppose que l’on se batte sur la terre à défendre. Aujourd’hui, ce n’est pas à moi qu’il faut demander s’il pourrait être de nouveau accueilli en Syrie. Cette question est à poser au peuple syrien qui lui a accordé un soutien nettement plus important que l’État syrien lui-même

Le Qatar

Suite à ce qui s’est passé en Tunisie et en Égypte, le Qatar s’est imaginé être en mesure de reconcevoir les États arabes à sa guise pour, en cas de réussite, devenir le garant des intérêts US dans le monde arabe. C’est ce qui lui a fait croire que la Syrie était le meilleur gage à offrir aux USA pour s’assurer leur bénédiction.

Une étrange réunion a eu lieu entre l’ex-Émir du Qatar, Erdogan et moi-même. Ils avaient sollicité séparément cette rencontre prétendument fortuite, mais ont tous les deux commencé par demander à ce que la Syrie intervienne auprès de ses alliés pour plaider en faveur du retour de Saad Hariri au Liban. Nous avons évidemment répondu que nous n’allions pas nous ingérer dans cette affaire qui relevait des affaires intérieures de ce pays et que ce n’était pas dans notre intérêt. Ensuite, et c’est beaucoup plus important, ils ont demandé à ce que nous laissions faire en Libye étant donné que la Syrie a été le seul pays à s’opposer catégoriquement contre la guerre en Libye au sommet de la Ligue arabe. Notre refus d’obtempérer fut considéré par le Qatar comme un défi destiné à entraver ses projets. Vous connaissez la suite… Le Qatar est intervenu directement en Syrie, ne serait-ce qu’en finançant les achats d’armes introduites en Syrie. Nous en avons les preuves !

Que nous puissions rétablir nos relations avec le Qatar, comme d’ailleurs avec l’Arabie saoudite ou la Turquie, n’est pas chose facile. Ces trois États ont contribué à faire couler le sang syrien et, par conséquent, une reprise des relations nécessitera l’assentiment du peuple syrien. Pour cela, le minimum requis est qu’ils arrêtent de soutenir et de financer les terroristes et qu’ils cessent toute forme d’ingérence en Syrie. Nous ne savons pas encore dans quelle mesure le Qatar a vraiment été remplacé par l’Arabie saoudite. La réponse viendra de l’expérience sur le terrain.

M. Erdogan

Le secret de l’inimitié d’Erdogan envers la Syrie réside dans son idéologie doctrinaire. Il est inféodé à sa Confrérie qu’il fait passer avant même l’intérêt du peuple turc. La preuve en est qu’il n’a en rien modifié sa politique malgré les répercussions négatives, morales et matérielles, de ce qui se passe en Syrie sur la Turquie. Son désir de voir les Frères Musulmans prendre le pouvoir en Syrie dépasse toute autre considération.

Vous dites qu’Erdogan est une personne « souple » et vous vous interrogez sur ce que je viens d’avancer. Dire de quelqu’un qu’il est souple ne prouve rien. Le sincère et l’opportuniste peuvent démontrer de la souplesse, et Erdogan incarne la mentalité opportuniste des Frères Musulmans qui utilisent la religion pour arriver à leurs fins. Il a modifié la constitution pour satisfaire sa soif de pouvoir, non les intérêts de son peuple. Sa vision est que les Frères Musulmans renforceraient son pouvoir aussi bien en Turquie que dans tout le monde islamique, et lui permettraient de subtiliser le rôle essentiel de l’Égypte en tant que grande nation islamique au profit d’un nouvel État ottoman dont il restaurerait la gloire passée sous la bannière de l’Islam.

Au début des événements il nous a envoyé son ministre des Affaires étrangères, David Oglu, pour un laïus de trois heures sur la démocratie en Turquie et les réformes qu’il nous conseillait de mettre en route, réformes toujours axées sur la modification de notre propre vision en faveur des Frères Musulmans. Depuis, nous avons pu observer sa démocratie en Turquie qui est devenue l’une des plus grandes prisons pour journalistes. Nous avons pu voir comment elle traitait les manifestants place Taksim, et surtout comment elle continue à traiter les Kurdes en les réprimant et en les assassinant par centaines ; alors que lorsque nous avons décrété l’amnistie, la seule chose qui intéressait Erdogan était de s’enquérir de la libération des seuls Frères Musulmans.

C’est cela la réalité. Les faits disent que la Turquie a installé sur son territoire des camps pour les terroristes, qu’elle leur a grand ouvert ses aéroports et ses frontières, qu’elle leur a assuré toute la logistique nécessaire à leur mobilité et leurs opérations…

L’Irak

Les déclarations de l’Irak concernant la Syrie sont objectives et honnêtes, car tous les courants politiques au pouvoir considèrent que le danger qui guette la Syrie est aussi dangereux pour l’Irak. Par conséquent, soutenir la Syrie revient à soutenir l’Irak. C’est ce qui explique la fermeté du soutien constant et déclaré du Président Maliki à la Syrie.

Al-Assad sûr de sa victoire ?

Chacun pense selon sa propre logique. Il y a ceux qui pensent que les projets nourris contre la Syrie ont échoué momentanément et il y a ceux qui pensent que cet échec est une victoire en soi ; ces projets ayant indifféremment consisté à nous disloquer, à nous plonger dans une guerre civile, à renverser l’État syrien… Je pense que nous faisons des progrès sur le terrain, notamment contre les terroristes qui ont perdu leur environnement incubateur. C’est donc une avancée non négligeable au niveau intérieur.

Une autre avancée concerne le monde extérieur trompé par les mensonges de certains médias et de certains États. Les citoyens des pays étrangers sont désormais mieux informés sur ce qui se passe en Syrie et sur la situation sur le terrain. Est-ce une victoire ? Je dis que peu importe les annonces, le terrain est la seule chose qui compte.

Quant à l’Iran ; oui,  je pense que le rapprochement iranien avec n’importe quel pays du monde est une chose positive pour la région, à condition que l’autre côté soit sincère.

Les élections présidentielles de 2014

Ma candidature aux élections présidentielles de 2014 repose sur deux points. Le premier est ma propre motivation, or personnellement je ne vois aucune objection à cela. Le deuxième dépend de la volonté populaire, et il est trop tôt pour en parler. Ce ne sera possible qu’à partir du moment où la date de ces élections sera fixée.

Le regard porté sur la région

Nous vivons une période de grands changements qui ne sont pas nécessairement nés du dit « Printemps arabe », termes que nous n’approuvons évidemment pas car le printemps ne véhicule pas la mort. Ces changements ont commencé depuis quelques générations. Les plus dangereux sont ceux qui touchent à l’appartenance et à l’identité pour la partager entre arabité et Islam, entre patriotisme et nationalisme, entre arabes et Kurdes, etc. C’est un grand danger pour notre région, car c’est le meilleur moyen de détruire notre civilisation de coexistence depuis des siècles, et donc le meilleur moyen de faire exploser la société arabe de l’intérieur. L’arme de destruction massive est, en l’occurrence, l’extrémisme religieux. Nous devons donc absolument régler ce problème.

Ce n’est qu’ensuite que nous pourrons travailler au développement social et politique devant mener à la participation des citoyens aux décisions et à l’édification de la patrie, de l’État et de la nation. La vraie démocratie n’est pas uniquement affaire d’intellect, elle est l’affaire de toute la société. Nous ne pouvons pas avancer si les courants obscurantistes continuent à nous faire reculer.

Ce qui me préoccupe est la notion d’arabité dont la relation avec l’Islam avait réussi à créer un équilibre entre toutes les composantes ethniques et religieuses de nos sociétés arabes, et qui maintenant se trouve menacée d’un schisme destructeur initié par les Frères Musulmans. Ce n’est que lorsque nous aurons compris l’essence de cette relation que nous pourrons offrir aux générations futures l’avenir de progrès et de stabilité que nous leur souhaitons.

Dr Bachar al-Assad

Président de la République arabe syrienne

21/10/ 2013

Transcription e traduction : Mouna Alno-Nakhal

Source : vidéo 2ème partie / Présidence de la République arabe syrienne

[*] : 1ère partie de cette entrevue

https://avicennesy.wordpress.com/2013/10/23/syrie-ladministration-us-cree-les-conditions-favorables-au-terrorisme-par-bachar-al-assad/

La résistance contre-attaque


parlement irakien
parlement irakien

Dans une guerre, on ne peut rester indéfiniment en position défensive. Il faut bien, à un moment ou à un autre, tenter de se dégager par des contre-offensives. C’est ce que semble vouloir faire le camp des amis de la Syrie. En effet, L’Irak veut demander à l’ONU des sanctions contre l’Arabie saoudite pour son soutien du terrorisme en Syrie et dans le monde. C’est ce qu’a déclaré mercredi à RIA Novosti un représentant de la coalition majoritaire du parlement irakien, Kazim Al-Shamri.

Il y a peu de chances de voir un jour des sanctions votées au Conseil de Sécurité de l’ONU contre l’Arabie Saoudite, mais la démarche est d’une importance capitale. Il s’agit là d’utiliser la méthodologie habituelle de l’Occident contre elle, c’est-à-dire la menace permanente de sanctions. Outre le fait que cela mettra un peu plus en exergue leur politique de deux poids deux mesures et l’illégalité des sanctions unilatérales, cette démarche montrera aussi qu’aucun pays, fût-il  un protégé de l’oncle Sam, n’est plus à l’abri de ces menaces de sanctions qui, jusqu’ici, n’étaient brandies que contre les ennemis de l’Occident.

Ça promet quelques nuits d’insomnie à Ban Ki Moon.

Avic

Syrie : L’initiative russe dans sa véritable dimension !


344gnkkmerica-national-symbolic.jpg.740x-x1Par Ghaleb Kandil

L’initiative avancée par la Russie, pour contrer les États-Unis décidés à attaquer la Syrie, établit de nouvelles équations et de nouveaux équilibres traduisant les nouvelles réalités imposées par l’Axe de la résistance sur le terrain ; équations qui ont révélé  le coût d’une telle agression pour les États-Unis, leurs alliés, leurs agents dans la région et surtout pour l’entité sioniste, maintenant que la Syrie, l’Iran et la Résistance libanaise ont fait comprendre que cette entité recevra sa part de « la contre-attaque défensive » en réponse à l’agression étatsunienne.

Premièrement, par cette initiative la Russie a réussi à reprendre les rênes de l’offensive au niveau international et à imposer à Obama et à l’Empire US de nouvelles donnes qui devraient les ramener à « obéir » au Conseil de sécurité de l’ONU.

En effet, il est clair que l’équation révélée hier par M. Poutine, qui se résumerait à dire « l’arrêt de votre agression contre des accords avec la Syrie sur les armes chimiques », est le prélude à une entente globale qui  dissuaderait  toute ingérence en Syrie sous n’importe quelle forme que ce soit – aussi bien politique que financière ou militaire – et à la reprise du processus de Genève 2 perturbé par les USA depuis des mois.

De nombreux détails mériteraient plus d’attention et de suivi, notamment celui qui témoigne que la Russie a réussi à montrer que la crise est la résultante du conflit entre la Syrie et ses alliés d’une part, et les USA et leurs agents d’autre part ; en même temps qu’elle est apparue comme un référent essentiel pour les ajustements dictés par une nouvelle réalité internationale. Le tout, suivi d’une gifle retentissante assénée par son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, au triangle colonialiste US-France-GB lorsqu’il a refusé de placer tout projet concernant les armes chimiques dans le cadre du chapitre VII de la charte des Nations Unies.

Deuxièmement, l’ensemble des données disponibles révèlent que le « projet de solution russe »  vise à dissuader toute agression contre la Syrie et certainement pas à l’encourager ou à s’y associer. Ceci est très clair et le deviendra de plus en plus, car les USA ne devront pas se contenter de déclarer publiquement leur abandon des hostilités, retirer leurs navires de guerre et leurs destroyers ; ils devront aussi cesser tout financement, armement et soutien prodigués aux bandes terroristes. C’est en tout cas le premier point sur lequel repose l’entente préalable, sur cette initiative, entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie et des USA.

Soutenir les efforts de l’Etat syrien dans son combat contre le terrorisme sera, dans les prochaines semaines, le cadre des activités de la Russie sur le plan international ; cette initiative ayant créé les conditions de nouvelles avancées sur le terrain en faveur de la Syrie. En l’occurrence, c’est ce dont témoignent les cris, les jérémiades et l’hystérie des pays impliqués dans l’agression, qui ont vu échouer leurs tentatives de destruction de l’État syrien et dont le dernier espoir était de faire pencher la balance en faveur des gangs terroristes d’Al-Qaïda dirigés par Bandar bin Sultan.

Troisièmement, l’abandon par la Syrie de son arsenal d’armes chimiques est compensé par une modification qualitative de ses capacités de défense et de dissuasion du fait de l’implication directe de la Russie dans des projets de renforcement de ses systèmes de défense et de sécurité. Ceci, que ce soit en missiles, en avions de combat, en armes sophistiquées, et même en connexion à l’immense réseau de stations radar russes comme l’a démontré le test des deux missiles [*] lancés par Israël.

Par conséquent, la Syrie – qui a annoncé sa volonté d’adhérer au Traité de non-prolifération des armes chimiques et d’abandonner son arsenal chimique sous contrôle international – dispose déjà de moyens, et disposera de tous les moyens qui seront mis à sa disposition par son allié russe. Par ailleurs, l’indéfectible partenariat qu’elle a construit avec l’Iran et la Résistance libanaise constitue une organisation hautement performante en cas d’agression sioniste, si bien qu’une des constantes des équations régionales et internationales est désormais que toute ingérence isolée ou groupée, d’Israël, des USA ou de l’OTAN en Syrie, rencontrera une douloureuse réaction à laquelle participeront l’Iran et la Résistance libanaise, alors que la Russie sera présente en appui de la défense syrienne par tous les outils et moyens disponibles. D’ailleurs, c’est ce que la Russie a déjà fait en dépêchant sa flotte face au danger US et en fournissant des armes modernes à l’Armée arabe syrienne, en plus de ses formateurs et experts travaillant avec leurs homologues syriens à développer différentes techniques en fonction du plan de défense syrien.

Quatrièmement, la fin de règne de l’hégémonie et de l’unilatéralisme US, le renforcement de l’organisation défensive régionale contre Israël et les USA, et même la contre-attaque défensive contre l’agression des États-Unis qui ont pris toutes leurs dispositions pour ce faire, sont autant de réalisations initiées et accomplies par la résistance de l’État syrien, de son Commandant en chef, de son Armée et de son peuple ; réalisations à mettre aussi sur le compte de la fermeté de ses alliés d’Iran et du Hezbollah et de l’extraordinaire courage de son allié russe. Le monde doit s’attendre à découvrir le contenu de ce que nous ont préparé, tout en finesse politique et diplomatique, le trio  formé par Sergueï Lavrov, Walid Mouallem et Hussein Abdel Lahyan dont la présence concomitante à Moscou ne relève probablement pas de la coïncidence.

Le partenariat entre la Russie et « l’Organisation de la Résistance en Orient » s’est donc renforcé. C’est un nouveau bloc qui vient de naître et c’est le bras qui se met en travers de l’agression hargneuse des israéliens et des USA.

Tout un chacun en Syrie ou ailleurs a le droit de  clamer que la Syrie en acceptant de se défaire de son arsenal chimique, au profit d’un système de défense plus performant, a capitulé. Mais cela reviendrait à refuser de reconnaître qu’une telle concession est d’un coût nettement moindre que celui que les Syriens auraient payé sans cette victoire politique, qui n’a été rendue possible que grâce à leur résistance à l’agression US.

Ce à quoi nous avons assisté, ces derniers jours, fera date dans l’Histoire moderne en ce sens que des forces de libération luttant pour leur souveraineté et leur indépendance ont réalisé cet exploit sans recourir à une guerre pour laquelle ont été mobilisés de considérables moyens une fois qu’Obama a annoncé sa décision d’attaquer la Syrie, un exploit dont le mérite revient à la Résistance syrienne !

Ghaleb Kandil

11/09/2013

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Article original : New Orient News

http://www.neworientnews.com/news/fullnews.php?news_id=112152

[*] La Russie détecte 2 missiles en Méditerranée

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/09/03/97001-20130903FILWWW00299-la-russie-detecte-2-missiles-en-mediterranee.php

Monsieur Ghaleb kandil est le Directeur du Centre New Orient News (Liban)

 

Les contradictions de l’Union européenne face au Hezbollah


Tribune libre Byblos

Durant le Conseil européen, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, se félicite de sa victoire auprès de son collègue slovénien.
Durant le Conseil européen, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, se félicite de sa victoire auprès de son collègue slovénien.
par Thierry Meyssan

En désignant la branche militaire du Hezbollah comme organisation terroriste, l’Union européenne manifeste son incompréhension de la Résistance libanaise, qui n’est pas et ne veut pas devenir un parti politique, même si elle participe au jeu politique libanais. Bruxelles exprime son allégeance au bloc anglo-saxon (incluant Israël) au détriment de ses propres principes.

C’est avec trois jours de retard que le Conseil européen a publié son relevé de décision relatif à l’inscription de la branche militaire du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes. Contrairement aux habitudes, la nouvelle avait déjà fait le tour de la terre et le Hezbollah y avait répondu.

Le document officiel a été accompagné d’une déclaration commune du Conseil et de la Commission soulignant que cela « n’empêche pas la poursuite du dialogue avec l’ensemble des partis politiques du Liban et n’affecte pas la fourniture d’assistance à ce pays ». Ce commentaire vise à expliciter la distinction entre branches civile et militaire du Hezbollah qui permet à l’Union européenne de discuter avec la première tout en condamnant la seconde.

Dans la même veine, l’ambassadrice de l’Union européenne, Angelina Eichhorst, est allée rendre visite à Beyrouth au responsable des relations internationales du Hezbollah, Ammar Moussaoui, pour lui dire que cette décision ne changeait rien à leurs relations.

Le problème, c’est que cette décision n’a aucun sens.

Masquer l’aspiration mystique du Hezbollah

Par essence, le Hezbollah n’est pas un parti politique, mais un réseau de résistance à l’invasion israélienne, constitué par des familles chiites sur le modèle des basidjis iraniens dont il a adopté le drapeau (en jaune). Progressivement, la Résistance a incorporé des non-chiites au sein d’une structure ad hoc, et s’est substitué à la défaillance de l’État libanais aussi bien pour venir en aide aux familles de ses blessés et martyrs que pour reconstruire le Sud du pays, entièrement rasé par l’aviation israélienne. Cette évolution l’a conduit à présenter des candidats aux élections et à participer au gouvernement.

Son secrétaire général, sayyed Hassan Nasrallah, n’a cessé d’exprimer sa réticence face à la politique qui n’est pour lui qu’une activité corruptrice. Au contraire, il a saisi toutes les occasions pour réaffirmer son idéal de mourir en martyr sur le champ de bataille, comme son fils aîné Muhammad Hadi, suivant ainsi la voie tracée par l’imam Hussein lors de la bataille de Kerbala.

Par essence, le Hezbollah est le fruit d’une démarche mystique et ne saurait être comparé à un parti politique européen. Ses soldats n’ont rien à gagner à se battre et ont leur vie à perdre. Ils se lancent dans la guerre parce que leur cause est juste et qu’elle est une occasion de sacrifice, c’est-à-dire de développement humain. C’était le sens de la révolution de l’ayatollah Rouhollah Khomeini et c’est le leur.

Malgré l’ambiguïté que fait surgir la traduction de son nom, Hezbollah, en « Parti de Dieu », ce réseau n’est pas une formation politique et n’entend pas le devenir. Sa dénomination, extraite du Coran, figure sur son drapeau : « Quiconque prend pour alliés Dieu, Son messager et les croyants, [réussira] car c’est le parti de Dieu qui sera victorieux ». Il faut comprendre ici l’expression « parti de Dieu » au sens eschatologique : c’est en définitive Dieu qui triomphera du Mal à la fin des temps.

Très étrangement, les Européens —qui majoritairement considèrent comme un acquis démocratique la séparation entre pouvoirs temporel et religieux—, reprochent donc au Hezbollah son essence spirituelle et veulent le « normaliser » en parti politique. Dans leur esprit, les résistants libanais ne sont pas concernés par la colonisation de la Palestine et de la Syrie. Ils feraient mieux de s’occuper de leur carrière politique que de risquer leur vie au combat.

La décision du Conseil européen sera de peu de portée pratique. Elle consiste surtout à interdire aux membres de la « branche militaire » de voyager dans l’Union et gèle leurs avoirs bancaires : mais on ne voit pas pourquoi des clandestins luttant contre les puissances coloniales iraient ouvrir des comptes bancaire chez elles.

Pourquoi donc ce remue-ménage ? L’inscription du Hezbollah sur la liste européenne des organisations terroristes est une vieille revendication de Tel-Aviv, soutenue par l’Empire anglo-saxon. C’est un effort de communication visant à affirmer que les « Bons » sont les Israéliens et les « Mauvais » ceux qui refusent de se faire voler leur terre. Elle a été présentée par le président israélien Shimon Peres aux gouvernements de l’Union, puis au Parlement européen, le 12 mars dernier. Elle a été portée au Conseil européen par les ministres britannique et français des Affaires étrangères, William Hague et Laurent Fabius. Ils ont été rejoints par leurs collègues néerlandais et autrichiens, Frans Timmermans et Michael Spindelegger, après une forte mobilisation des sionistes états-uniens, dont l’ancien gouverneur de Californie, Arnold Schwarzeneger.

Masquer l’échec israélien en Argentine

Il y avait urgence pour les communicants israéliens à agir. En effet, depuis 1994, ils accusent le Hezbollah et l’Iran d’avoir fait sauter l’immeuble de la mutuelle juive de Buenos Aires, faisant 85 morts. Cette version des faits est présentée comme une certitude dans de nombreuses encyclopédies et manuels scolaires. Pourtant, la justice argentine l’a remise en cause depuis des années. En janvier 2013, l’Argentine et l’Iran ont créé une commission de juristes indépendants pour faire toute la lumière. D’ores et déjà, il apparaît que l’attentat était une machination ourdie par l’ancien ministre de l’Intérieur, l’israélo-argentin Vladimir Corach.

Puisque cette affaire ne tient pas, Tel-Aviv a accusé le Hezbollah et l’Iran d’avoir fait sauter un autobus israélien en Bulgarie, faisant sept morts (dont un kamikaze), le 18 juillet 2012. Dans un premier temps, le gouvernement de centre-droit bulgare avait relayé l’accusation, avant d’être contredit par son successeur de centre-gauche. Peu importe, pour le Conseil européen, le Hezbollah est politiquement l’auteur d’un attentat sur le territoire de l’Union à défaut de l’être judiciairement.

D’une manière générale, Israël accuse le Hezbollah d’avoir fomenté et parfois exécuté une vingtaine d’attentats contre des civils un peu partout dans le monde, en trente ans, ce que récuse la Résistance.

La encore, très étrangement, les Européens —qui considèrent la présomption d’innocence comme un acquis démocratique— condamnent le suspect avant même qu’il ait été jugé, ni même mis en examen.

Masquer l’échec européen en Syrie

Sur le fond, il n’a échappé à personne que la vraie nouveauté dans ce dossier n’y figure pas : c’est l’intervention du Hezbollah dans la guerre en Syrie. Puisque nous trahissons notre engagement de renverser le président Bachar el-Assad, apportons au moins notre soutien aux « rebelles » en condamnant le Hezbollah, pense t-on à Bruxelles. C’est cet argument qui, semble t-il, a emporté la décision du Conseil européen. A contrario, cela montre l’incapacité des Britanniques et Français à peser plus longtemps sur un conflit qu’ils ont sciemment déclenché pour s’emparer de la Syrie en brandissant le drapeau de la colonisation, qui est devenu celui de l’Armée syrienne libre.

Surtout cette condamnation a le mérite de clarifier les camps : d’un côté la résistance à l’oppression coloniale, de l’autre les puissances colonisatrices.

Si l’attitude britannique n’est pas étonnante, le Royaume-Uni revendiquant son statut colonial, elle l’est plus en ce qui concerne la France qui a alterné dans on histoire des périodes révolutionnaires et impériales.

Ainsi, la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, adoptée en 1789, énonce en son article 2 quatre droits fondamentaux, dont la « résistance à l’oppression ». C’est sur cette base qu’en 1940, Charles De Gaulle s’opposa à l’armistice entre la France et le Reich nazi, prenant la tête de la Résistance.

A l’opposé, au cours des années 1880, Jules Ferry incarna l’expansion française voulue par une faction du patronat qui y prévoyait une bien meilleure rentabilité pour ses investissements qu’en France, dans la mesure où c’était le contribuable et non lui qui payait l’armée coloniale. Pour enrégimenter le pays, Ferry rendit l’école publique gratuite et obligatoire. Les instituteurs, appelés « hussards noirs de la République » devaient convaincre les jeunes gens de servir dans les troupes coloniales. Et c’est sous les auspices de Jules Ferry que l’actuel président français, François Hollande, a placé son quinquennat.

Si la France moderne, c’est Charles De Gaulle, elle aurait pu être Philippe Pétain ; un maréchal raisonnable qui considérait la soumission au Reich victorieux d’autant plus souhaitable qu’il y voyait un moyen d’en finir avec l’héritage de 1789. Il est certainement trop tôt pour que les élites françaises le réhabilitent, mais condamner la Résistance libanaise, c’est condamner une seconde fois à mort Charles De Gaulle pour terrorisme.

En définitive, les idéaux qui firent la gloire de la France sont aujourd’hui mieux défendus à Beyrouth qu’à Paris.

Thierry Meyssan

Le Hezbollah impose les lignes rouges !


Hassan-Nasrallah« Un petit exercice de calculs : additionnez le nombre de missiles Scud

à ceux Katioucha que les Hezbollah possède, puis les additionner aux missiles Chehab et Zelzal et les diviser sur les 7 millions et demi d’habitants, vous saurez combien de projectiles chaque israélien va essuyer. Quant au problème de géométrie, il consiste à dessiner trois cercles autour de Tel Aviv : le premier pour la capacité de destruction des Shehab, le second pour celle des Scud et le troisième pour celle des Katiouchas. A supposer que l’assaut contre Israël sera cordonné entre le Hezbollah, l’Iran et la Syrie, voudriez-vous recommander au Hezbollah de ne tirer que ses Scuds et d’épargner ses Katiouchas et à l’iran de n’utiliser que ses Shehabs. Évaluer vos réponses en fonction de votre lieu de résidence et de la portée du projectile »Ce passage extrait d’un article publié dans le quotidien israélien Haaretz et signé du chroniqueur Tsevi Bareil illustre bien le degré d’inquiétude chez les Israéliens, en raison de la menace existentielle qui se présente par la force de dissuasion balistique qui s’est accumulée chez la résistance libanaise, depuis la fin de juillet 2006 et jusqu’à nos jours.

Hezb_roquetteOr « l’Etat apeuré » qu’est le gouvernement israélien veut faire préparer son opinion publique et l’armée en même temps au prochain conflit avec la résistance au Liban, et « qui sera tranché en un seul mois », selon les propos du chef d’État-major israélien Benny Gantz.

Or, entre le Hezbollah et Israël se dresse un équilibre de la terreur dont l’objectif est de dissuader tout affrontement. L’ancien secrétaire d’État à la défense américaine Robert Gates l’avait abordé lorsqu’il a dit que «  le Hezbollah détient des missiles beaucoup plus que de nombreux gouvernements ».

Du coup, Israël se trouve face à deux options : soit il cohabite avec cette force et se résigne à ce statu quo, ce qui est littéralement le contraire de sa doctrine militaire basée sur l’offensive ; soit il prend le risque de rentrer dans une confrontation, dont le commandement militaire ignore l’essence et les conséquences, en dépit des assertions de Gantz.

S. Nasrallah lance les surenchères sur les missiles de la résistance

Le Hezbollah a  maîtrisé l’art de la manipulation avec Israël. Son secrétaire général Sayed Hassan Nasrallah envoie des messages cryptés que l’ennemi sait très bien lire.

En effet, Israël a bien décrypté les propos de Sayed Nasrallah. Durant ces dernières années, il a mobilisé à pleine vitesse ses appareils de renseignements pour obtenir des informations ou des données suffisantes concernant le niveau d’armement, d’entrainement et de préparation des plans pour la prochaine confrontation.

Le commandement militaire israélien a développé un tableau censé mesurer le rythme de hausse des activités d’armement du Hezbollah. Quant à ses indicateurs, ils ont été  mesurés durant deux étapes :
La première a commencé avec la fin de l’offensive de  Juillet, et s’est poursuivie jusqu’en 2010 : le Hezbollah  y a réalisé un saut qualitatif, selon l’aveu du Shin Bet ‘ israélien.
Quant à la deuxième phase, c’est la plus importante car elle est lié à la crise syrienne, et au cours de laquelle le Hezbollah a raccourci les distances de son armement en voulant s’acquérir des systèmes de défense anti aériens super sophistiqués et des missiles de type « Scud ».

La force du Hezbollah après la guerre de juillet

hezbollah_missile_2009S’agissant de la première étape,  le témoignage de l’ancien directeur du « Service de recherches» dans le Département des renseignements le brigadier général Yossi Bedetz , a mis la lumière devant la commission des Affaires étrangères et de la Sécurité à la Knesset en 2010 sur une réalité douloureuse pour le public israélien lorsqu’il a dit franchement que le Hezbollah détient un arsenal formé  de milliers de missiles balistiques de tous les types et pour toutes les distances, y compris des missiles au combustible solide plus précis et plus long, concluant que le Hezbollah  en 2010 est tout à fait différent de celui de 2006.

Les estimations israéliennes sur la quantité des missiles existants chez la résistance ont progressé comme ci-suit: de 12 mille roquettes, selon « l’étude Aviad », elles sont passées à plus de 20 mille roquettes, selon le ministre de la Défense israélien Yehuda Barak en Août 2007. Plus tard, le chiffre s’est finalement fixé, selon des sources de renseignement, sur 42 000 roquettes de types «Katioucha», «Raad», «Zelzal , «Khayber» et «Fateh 110» , d’une portée allant de 250 à 300 kilomètres et pouvant  transporter des têtes explosives.

Ce changement de taille s’est illustré en 2010, selon les milieux des services  de renseignement israéliens, par l’acquisition de missiles M-600, qui sont considérés comme plus précis que les missiles précédents et sont capables d’atteindre une portée de 250 km et de transporter une tête explosive pesant environ une demi tonne.

Sans oublier d’autres missiles Scud transférés par la Syrie, d’une portée maximale de 500 km, et équipés d’ogives pesant une demi tonne, et des missiles de type «Zelzal » de 400 km de portée, et équipés d’une tête explosive pesant environ 300 kg.

La discussion en Israël ces jours-ci ne tourne plus autour des roquettes  «Kornet» et «Metz» que le Hezbollah possédait avant la guerre, mais  autour de types plus dangereux et mortels.

antichar_KrizantemaDepuis 2008, le Hezbollah détient  entre les mains le successeur du missile Kornet, une fusée antichar russe baptisée «Krizantema», d’une portée de six kilomètres et pouvant pénétrer l’armure de tous les types de chars.

Le tournant dans l’équilibre de dissuasion à l’avantage de la résistance s’est produit avec le lancement des événements syriens. Ce que la direction israélienne redoutait le plus est devenue une réalité, depuis  qu’Israël se trouve dans l’incapacité de faire quoique ce soit pour freiner la capacité d’acquisition d’armes par le Hezbollah et qui se développe jour après jour.

La phase d’autosuffisance

Le Hezbollah a réussi à réaliser plusieurs objectifs mortels dans le champ de la dissuasion israélienne.
L’ancien président du «département du renseignement militaire» dans l’armée israélienne le général Amos Yadlin, est parvenu dans une étude préparée sur la résistance, à une conclusion choquante pour la société israélienne. Elle dit que «toutes les armes en Syrie et en Iran, qu’elle soit conventionnelles ou pas,  sont parvenues au Hezbollah».

scud dMême de son de cloche de la part de son collègue, le président de la «direction sécuritaire et politique» du ministère israélien de la Défense, Amos Gilad, qui dans un aveu qui est le premier du genre, confirme une vérité inébranlable: « le Hezbollah détient des missiles de type « Scud D » de 700 km de distance, Ils sont  capable de transporter une tête pesant 150 kg ainsi qu’une ogive biologique et chimique, et sont aussi en mesure de prendre pour cible n’importe quel endroit en Israël, à partir de n’importe où au Liban ».

Ce «concert d’horreur» s’est clôturé par l’adhésion du commentateur des questions militaires pour le site « Walla », Amir Boukhbot, qui estime que «l’acquisition par la résistance de missiles « Scud » va modifier l’équilibre stratégique au Moyen-Orient.
« Il suffit de lancer un seul projectile pour créer un effet dissuasif vigoureux », a-t-il averti.

L’ennemi venait à peine de prendre connaissance de la présence des missiles Scud entre les mains de la résistance qu’une étude réalisée par  le directeur du « Projet d’équilibre militaire en réserve au Moyen-Orient»,  Yiftah S. Shapir mettait en garde le mois de Février dernier contre «des séquelles de l’acquisition par la résistance d’armements pouvant porter atteinte à l’équilibre stratégique dans la région ».

pantsir_DCAShapir a parlé du mal absolu, celui de nouveaux systèmes qui pourraient entre transmis au Liban, et qui feraient voler le sommeil aux décideurs à Tel-Aviv, sur les niveaux de sécurité et de politique. Ces deux systèmes sont Stirlitz et Pantsir de défense aérienne.

Shapir a mis au point dans son étude un certain nombre de lignes rouges qu’Israël ne devrait pas admettre, faute de quoi l’équilibre serait perturbé à l’avantage du Hezbollah.
La première ligne consiste à empêcher l’arrivée au Liban du système de défense aérienne SA-17, qui est l’un des systèmes de lance-roquettes  antiaériens les plus sophistiqués…

SYS_bastionLa deuxième réside dans les missiles du système sol-mer « Bastion ». Le fait de les installer sur les côtes libanaises permettra de couvrir tout le littoral israélien.

De plus, le missile supersonique russe antinavire «Yakhont» rendra la tâche de la marine israélienne de l’intercepter très difficile.
Avec l’entrée en action du drone « Ayoub », lancé par le Hezbollah en Octobre dernier dans l’espace aérien de la Palestine occupé, à une profondeur de 55 kilomètres, la résistance au Liban aura instauré la première équation de dissuasion aérienne dans l’histoire du conflit avec Israël.
Ce qui lui a permis d’ébranler le système de protection de l’espace aérien israélien, désormais pénétrable, surtout que cet avion, ainsi que son cadet  « Mersad » ne sont pas les deux seuls appareils que détient le Hezbollah, selon des sources du Département du renseignement militaire.

Al Manar

Les alliés de la Syrie restent fermes


NasrallahPendant que Téhéran élit son président avec une très forte participation, la Russie rejette d’un revers de main les prétendues preuves de Washington sur l’usage d’armes chimiques par l’Armée Arabe Syrienne. Yuri Ushakov, le conseiller de Poutine va même plus loin en affirmant : « . …nous n’aimons pas nous référer aux fameuses éprouvettes de M Collin ! les mêmes qui contenaient de la prétendue substance chimique de Saddam et qui ont justifié l’invasion de 2003 de l’Irak…..en tout cas, les preuves présentées par Washington ne nous dissuaderont pas de livrer  nos S-300 à Damas ». Et toc ! M.Collin Powell ne se doutait pas qu’il deviendrait un jour, avec ses éprouvettes, une référence historique.

De son côté, le secrétaire général du Hezbollah a réaffirmé la volonté de son mouvement de rester et de se battre en Syrie. « Là où nous devons être, nous y serons », a déclaré Sayyed Hassan Nasrallah. On ne peut être plus clair.

On constate une vraie radicalisation du front de la résistance. Quelle sera la position de l’Iran dans cette nouvelle donne après les élections. Allié indéfectible, il le restera. Mais affichera-t-il ouvertement son engagement militaire au lieu de jouer l’apaisement ?

En tout cas une chose est sûre, désormais. Toute attaque contre la Syrie se transformera en un conflit généralisé.

Avic

Le deux poids deux mesures


2 poids 2-mesuresVous ne le saviez sans doute pas. Et pour cause. Dans ce pays-là, il y a eu 250.000 disparitions forcées en 20 ans, dont 34.467 entre 2005 et 2010. Dans une seule fosse commune située près d’une caserne militaire, pas moins de 2000 corps ont été retrouvés. Lire la suite Le deux poids deux mesures

De la Françafrique à l’Afr’ance.


Drapeau Fr

La Françafrique c’est quoi ? Des mallettes qui circulent du sud au nord vers des comptes privés ? Des cadeaux et des marchés complaisamment octroyés ? Des élections gagnées à 99% ? Des destitutions organisées lors de coups d’état décidés et mis en œuvre par les soins des « Services » français ? Des messages véhiculés par l’intermédiaire d’émissaires spéciaux style « Papa m’a dit » ou « l’Elysée veut » ? Il y a de tout cela. Mais, en même temps, la Françafrique c’est tout autre chose. Tous ces clichés, pourtant réels, c’est pour la galerie. Une façade qui lui en donne une image pittoresque mais faussée. La Françafrique est avant tout un système. Un système géopolitique particulier, ne ressemblant à aucun autre dans ce monde pourtant poly-systémique. Comme pour tous les systèmes tous ceux qui sont en son sein sont réduits à n’en être que de simples acteurs.

Lire la suite De la Françafrique à l’Afr’ance.