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Syrie : un bombardement de clichés !


robert_fisk-article-854a4Robert FISK

Peut-être enverrons-nous des missiles… Mais le bombardement de clichés est lui, bien réel – d’assez mauvaise qualité pour ne faire de mal à personne, sauf à ceux qui les envoient. Vraiment, qui donc prépare d’aussi mauvais scripts pour Kerry ? Il était question « d’isolationnisme dans un fauteuil » . Pourquoi un fauteuil ? Et qui donc était la cible de cette étrange référence à l’isolationnisme américain post-première guerre mondiale ?

Kerry essayait-il de présenter Obama comme un Roosevelt après le « jour d’infamie » de 1941 ( là, un véritable non-cliché de ce vieux Franklin D) ? Puis – rappelé par le chef de la majorité Eric Cantor – nous avons eu notre vieil ami « l’État qui sponsor le terrorisme » de l’époque de Saddam. Pas étonnant qu’un ministre britannique ait confondu Assad avec le dictateur irakien assassiné. Et il suffit d’écouter ce qui vient de Kerry : « Ce n’est pas le moment d’être spectateurs d’un massacre. Ni notre pays ni notre conscience ne peuvent se permettre le coût de silence. » Ouais, quel figure de style, les gars : spectateurs+massacre, le pays+conscience+coût.

Devant des manifestants, le secrétaire d’État américain John Kerry s’adresse au Comité des affaires étrangères de la Chambre à propos de la Syrie

Et puis une fois de plus – comment pouvez-vous ne pas être lassé de cette soupe ? – Kerry a estimé qu’il pouvait comparer Assad à Hitler. C’est absurde. Plus de cent mille Syriens peuvent être morts dans cette guerre terrible, mais Hitler déclencha une guerre qui a tué 70 millions de personnes. Peu-être Kerry pense-t-il que Hitler est encore en vie ? L’ ancien Premier ministre israélien Menahem Begin avait fantasmé dans une lettre envoyée à Ronnie Reagan, que quand il était en train d’envahir le Liban, en 1982, il avançait en fait sur Berlin (et Arafat était bien sûr l’homme dans le bunker). Et il n’y a pas longtemps le désormais Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu nous avait déclaré que le président de l’’Iran (Mahmoud Ahmadinejad à l’époque) était « pire que Hitler ». Donc, nous allons encore une fois devoir le rappeler à tout le monde : Hitler est mort !

Et notez bien cela. Obama ne demande pas à l’Amérique d’entrer en guerre, mais de « dégrader et dissuader » la capacité d’Assad à utiliser des armes chimiques. Nous sommes allés « dégrader » dans la guerre du Golfe en 1991, puis nous l’avons à nouveau fait lorsque l’OTAN a bombardé les copains de Milosevic en Serbie (des objectifs, vous vous en souvenez peut-être, qui comprenaient une station de télévision, un train express et un hôpital). Et : « les coûts de l’inaction sont plus grands et plus graves encore » – celui-ci venant du président démocrate de la commission du Sénat, Robert Menendez. Mais est-ce que tout cela est bien sincère ? Quand Saddam a utilisé des gaz contre les Kurdes de Halabja, les États-Unis ne voyaient pas cela comme une « grave coût » pour leur nation. En effet, il a fallu attendre des années avant d’entendre une condamnation, parce que Saddam était notre bon copain à l’époque.

Mais cela ne s’arrête pas là… Nancy Pelosi parle de cette « ligne rouge » à nouveau et, bien sûr, que « toutes les options sont sur la table » – je n’ai aucune idée de qui a inventé cette vieille ânerie – mais les potentats du Moyen-Orient ne sont pas en reste. Nous avons eu Assad lui-même qui a mis en garde pour la énième fois que la « poudrière » de la région pouvait exploser, que « le chaos et l’extrémisme » pouvaient se propager. La condamnation de « l’extrémisme » est bien dans l’air du temps et devrait certainement permettre à Assad d’obtenir la citoyenneté américaine.

Puis, brusquement, apparaît – à Beyrouth – le président de la commission parlementaire iranienne pour la sécurité nationale, Alaeddin Boroujerdi, annonçant qu’une attaque américaine pourrait « embraser toute la région ». Ce qui, comme je l’ ai déjà dit, laisserait la partie belle pour le gouvernement syrien pour lancer des attaques avec des armes chimiques. Mais jusqu’à présent, nous avons dû compter sur ces fameux « agents de renseignement » pour les détails, les mêmes escrocs et abrutis qui nous parlaient des armes de destruction massive en Irak, tout en étant incapables de relever les indices qui leur crevaient les yeux dans des rapports sur leurs bureaux faisant état de19 ressortissants arabes qui prévoyaient d’envoyer des avions sur des buildings, il y a 12 ans.

Et pendant ce temps, planant au-dessus de l’horizon, il y a ce missile mystérieux qu’Israël a tiré sur la Méditerranée mardi dans un « exercice conjoint » avec les États-Unis. Ce sont les Russes qui ont révélé l’affaire, bien sûr. Mais pourquoi ce missile est-il tiré maintenant, à ce moment précis, alors que le régime syrien prévoit de recevoir des missiles de croisière lancés à travers les airs ? Il a été tiré pour évaluer les défenses antimissiles d’Israël, selon le Pentagone. Mais une défense contre qui ? Le Hezbollah ? Le Hamas ? La Syrie ? L’Iran ? Eh bien, cela prouve une chose : si Obama décide de foncer, nous aurons heureusement les Russes pour nous informer en direct. Mais s’il vous plaît, pas de clichés !

Robert Fisk

Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

http://www.independent.co.uk/voices…
Traduction : Info-Palestine.eu – al-Mukhtar

info-palestine.net

 

John Kerry devrait être traité pour ce qu’il est : un escroc ! Robert Fisk


Kerry n’est pas simplement de leur côté. Il va tout faire pour la « paix » aux conditions du gouvernement israélien.

JKerry_IsraelJohn Kerry n’a-t-il pas de honte ? D’abord, il câline les Palestiniens et les Israéliens jusqu’à pouvoir annoncer la reprise d’un « processus de paix » auquel les Palestiniens n’accordent aucune confiance et dont les Israéliens ne veulent pas. Alors qu’Israël annonce qu’il va construire 1200 nouveaux logements pour les Juifs – et les Juifs seulement – sur la terre palestinienne occupée, Kerry explique maintenant aux Palestiniens – ceux qui sont occupés et en position de faiblesse – que le temps jouent contre eux s’ils veulent un État à eux.

Toute autre « homme d’État » impliqué dans tout autre conflit, qui dirait à un peuple occupé que s’il ne fait pas la paix avec ses occupants, il se ferait encore voler encore plus de sa terre, serait considéré comme un paria, un escroc, un criminel. Mais non. John Kerry annonce que les colonies juives illégales – ou « implantations » comme il aime à les appeler et comme le fait la presse complaisante avec Israël – sont « illégitimes ». Je crois qu’il voulait dire dans sa tête « illégales ». Mais ce n’est pas grave. Au cours des 10 premières années du « processus » d’Oslo, le nombre d’Israéliens installés sur des terres volées aux Palestiniens a doublé pour atteindre 400 000. Pas étonnant que Kerry murmura à propos de la dernière annonce de vols de terres par Israël, que c’était « dans une certaine mesure [sic] prévu ».

Bien sûr que ça l’était ! Israël a pris le dessus sur les trouillardes administrations américaines depuis des décennies, ignorant l’embarras de Washington qui se tortille à chaque fois qu’Israël s’accapare des terres sur les propriétés d’autrui. Les accords d’Oslo, rappelez-vous, prévoyaient une période de cinq ans durant laquelle les Israéliens et Palestiniens s’abstiendraient de prendre « toutes les mesures unilatérales qui pourraient préjuger du résultat des négociations ». Israël a tout simplement ignoré cela. Comme il le fait toujours. Et qu’est-ce que Kerry conseille aux Palestiniens ? Qu’ils ne devraient pas « réagir négativement » !

C’est absurde. Kerry doit savoir – comme l’ONU et l’UE le savent – qu’il n’y a pas la moindre chance d’une « Palestine » existant comme un État, parce que les Israéliens ont déjà volé trop de terres en Cisjordanie. Quiconque se promène dans les territoires occupés se rend compte à la fois (sauf si on est politiquement aveugle) qu’il y a autant de chance de construire un État en Cisjordanie – dont la carte des colonies et des zones non colonisées ressemble au pare-brise fracassé d’une voiture – que de voir le retour de l’Empire ottoman.

Et Kerry ? C’est un homme dont chaque déclaration doit être affublée su mot « sic ». Prenez, par exemple : « Nous savions [sic] qu’il y allait y avoir une poursuite de certaines [sic] constructions [sic] dans certains endroits [sic], et je pense que les Palestiniens comprennent cela. » Je suppose qu’il doit y avoir un « sic » après « comprennent » aussi. Et puis Kerry nous dit que « cela » – il parle du vol des terres – « souligne, en fait [sic nouveau], l’importance de se rendre à la table [des négociations] … rapidement ». En d’autres termes, faites dès aujourd’hui ce qu’on vous dit, ou nous allons laisser les Israéliens vous arracher encore plus de terres. Dans le monde normal, cela s’appelle du chantage…

Puis vint le mensonge ultime : que la « question des colonies » sera « mieux résolue en résolvant le problème de la sécurité et des frontières ». Une profonde idiotie ! Les colonies – ou établissements, comme Kerry qualifient ces vols – ne sont pas décidées par Israël en raison de la « sécurité » ou des « frontières », mais parce que la droite israélienne, qui continue de dominer l’administration Netanyahu, veut la terre pour elle-même . Certains Israéliens ne sont pas de cet avis. Ils voient la bassesse de ces vols de terres et les condamnent. Ils méritent la paix et la sécurité que le monde leur souhaite, mais ils ne l’obtiendront pas avec la colonisation, et ils le savent.

Et Kerry n’est pas de leur côté. Il va tout faire pour la « paix » aux conditions du gouvernement israélien. Et les Palestiniens – « mis en cage, enfermés » – ont appris à se taire et à prendre ce qu’on voulait bien leur laisser. Et ils recevront quelques petits morceaux. Vingt-six prisonniers âgés seront remis aujourd’hui en liberté. Des miettes pour Abbas et ses joyeux drilles. Mais plus de colonies pour Israël, un pays qui n’a pas encore dit à John Kerry – ni à nous – où se trouvait sa frontière orientale. Sur l’ancienne « ligne verte »de 1967 ? Le long de « la ligne » de colonies à l’est de Jérusalem ? Ou le fleuve Jourdain ? Mais pour Kerry, c’est « vite, vite, vite ». Réservez vos places dès maintenant, ou ce sera bientôt à guichets fermés. Quel est le prix pour une « Palestine » ?

* Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

 The Independent – Vous pouvez consulter cet article à : http://www.independent.co.uk/voices…

Traduction : Info-Palestine.eu

Egypte : vers un avenir de plus en plus sanglant – Par Robert Fisk


v2-egypt1-EPAAlors que la foule des pauvres se rassemble en soutien de Mohamed Morsi, les bien-nantis marchent derrière les images de leur général. Des centaines de milliers soutiennent le coup d’Etat – juste comme beaucoup ne le font pas.

Des centaines de milliers de personnes se sont rendues hier autour de la mosquée de Rabaa au Caire pour protester contre le coup d’Etat en Egypte, tandis que des centaines de milliers d’autres se déversaient dans la place Tahrir pour soutenir leur général favori , Abdel Fattah El-Sisi, qui a organisé le ‘’coup-d’état-que-nous-ne-devons-surtout-pas-appeler-coup-d’état’’.

Grotesque, sans précédent, bizarre. Appelez ça comme vous voulez. Mais, d’un côté, les hélicoptères plongeant joyeusement au-dessus Tahrir, et de l’autre, la ligne de la police anti-émeute avec leurs casques à visière et les troupes debout en face des barricades des Frères Musulmans, deux histoires différentes. Les journalistes ne devraient pas être des marchands de malheur, mais les choses n’avaient pas l’air trop bonnes au Caire hier soir.

La chose la plus triste – le plus tragique, si vous voulez -, c’est que les foules dans Nasr City, à proximité de la route de l’aéroport où se situe la mosquée, étaient aussi gaies et accueillantes que les masses dans Tahrir qui considèrent leurs homologues comme des «terroristes» plutôt que des partisans de Mohamed Morsi, le Président légalement et démocratiquement élu de l’Egypte qui a été renversé par l’armée il y a trois semaines. Les dizaines de milliers d’Egyptiens traversant les ponts sur le Nil ou transpirant sous une chaleur de 40°C sur la route de l’aéroport étaient aussi heureux que s’ils se rendaient à un match de football.

Mais la gaieté s’arrête là. Les Frères musulmans, hommes et femmes, avaient amené des photos de Morsi et avaient peint des étoiles de David sur la caserne militaire près de la mosquée. Ils avaient empilé des milliers de sacs de sable autour de leur campement de tentes et des tas de pierres à lancer à tous ceux qui essaient de les déplacer. Mais les soldats sur la route – eux aussi, il faut le dire, gais et très amicaux – tenaient des armes automatiques à côté de véhicules blindés français et de fabrication américaine, et des matraques en bois, et étaient flanqués de policiers en uniformes noirs de mauvaise qualité.

Il semblait qu’ils n’étaient qu’à quelques heures du moment où ils allaient charger les frères musulmans, et peu importe combien d’hommes barbus étaient en train de lire le Coran sur la chaussée – ce qu’ils étaient effectivement en train de faire – et il était difficile d’imaginer les heures qui allaient venir autrement que mortelles.

Un point qui se distingue – et ce n’est peut-être pas à la mode de dire ça -, c’est que les partisans des Frères musulmans étaient généralement pauvres et avaient l’air pauvres dans leurs abayas sales et sandales en plastique. Certains des manifestants de la place Tahrir, qui étaient vraiment révolutionnaires contre Moubarak en 2011, ont paradé sur les ponts du Nil brandissant des affiches du général al-Sisi. Et il faut dire, aussi douloureux que cela puisse être, que la vue de gens bien nantis brandissant la photo d’un général en lunettes de soleil – quoique merveilleux et très démocratique général – était profondément déprimante. Qu’est-il vraiment arrivé à la révolution du 25 Janvier 2011?

«Nous aimons les soldats, mais nous n’avons pas besoin du général », a crié une femme en foulard près de la mosquée Rabaa, mais Sisi est maintenant un visage bien connu, l’homme qui va faire revenir l’Egypte dans sa véritable voie révolutionnaire, si vous pouvez oublier pour le moment que le premier président réellement élu dans l’histoire égyptienne moderne est probablement incarcéré dans une de ces baraques que nous longeons si allègrement sur ​​la route de l’aéroport.

Mais l’Egypte a besoin d’un gouvernement. En revenant de Nasr City pour me rendre au centre du Caire, ce soir, ma voiture a été bloquée dans un embouteillage parce que les familles rivales se battaient dans une fusillade à travers l’autoroute. Environ 1.000 Cairotes s’y étaient joints en jetant des pierres à partir d’une passerelle. Deux miles plus loin, une femme d’âge moyen avait été traînée par une moto et était allongée, souffrante, sur la chaussée. Bon nombre de conducteurs qui l’ont vue ont continué leur chemin, le nez de leurs familles pressé contre la vitre pendant que cette dame gisait bras et jambes écartés sur l’autoroute dans sa robe noire. Le proche avenir se présente mal.

Traduction Avic

Par Robert Fisk

http://www.independent.co.uk/news/world/africa/robert-fisk-on-egypt-as-impoverished-crowds-gather-in-support-of-mohamed-morsi-the-wellheeled-march-behind-their-images-of-the-general-8734453.html

Les “progressistes” au lit avec Bibi


Gilad Atzmon

Tikun-OlamUne fois de plus émerge un schéma familier: Nos “progressistes” unifiés, une véritable synagogue, un collectif de grands humanistes, prêtent leur soutien aux opprimés. Cette fois-ci c’est le “peuple syrien” qu’ils désirent libérer et leur ennemi est de manière évidente Bachar Al-Assad.

C’est un schéma que nous ne connaissons que trop bien maintenant. Avant la “guerre contre la terreur” nous avons été les témoins des intenses campagnes des groupes d’activistes féministes et homosexuels pour le droit des femmes en Afghanistan. Le type progressiste n’approuve pas non plus l’état actuel des affaires de la révolution iranienne. Trop souvent les voyons-nous insister pour nous pousser à libérer les Iraniens. Cette semaine, nous voyons une fois de plus le front uni de Tariq Ali, Ilan Pappe, Frederic Jameson, Norman Finkelstein et d’autres gens bien intentionnés. Ils veulent clairement que “nous libérions les Syriens”. Ils font ouvertement campagne pour renverser le régime de Bachar Al-Assad ( to topple Bashar al-Asad’s regime). Ils en appellent aux “peuples du monde” de faire pression sur le régime syrien afin de faire cesser l’oppression et la guerre contre “le peuple syrien”. “Nous demandons, disent-ils, que Bachar Al-Assad quitte immédiatement le pouvoir sans aucune excuse ainsi, la Syrie pourra commencer une convalescence rapide vers un futur démocratique.”

Nous y sommes. Ali, Jameson, Pappe, Finkelstein et compagnie, à la lumière des récentes attaques israéliennes sur la Syrie, seriez-vous assez gentils, gentlemen, de nous dire qui soutenez-vous ? Est-ce Assad ou Netanyahou que vous épaulez ?

On peut se demander comment nos progressistes, malgré leur bonne volonté et leurs crédits humanistes, ont pu faire pour se retrouver une fois de plus au lit avec Bibi ?

La réponse est en fait simplement embarrassante. La philosophie progressiste est la dernière forme avancée de choix idéologique. S’auto-étiqueter progressiste implique de manière évidente que quelqu’un d’autre doit être un “réactionnaire”, C’est un point de vue élitiste auto-suggéré qui est intolérant et suprémaciste de manière inhérente.

Le progressisme est un précepte dévoué à l’idéologie du “Tikun Olam” (changer le monde). Il est fondé sur l’idée que ceux qui ont des idées progressistes “savent mieux”. Ils savent ce qui est bien et mal, juste et incorrect. Le progressisme sait comment différencier entre le kosher et le taref. Les voix progressistes dans ce cas précis, ne veulent pas voir le fait, embarrassant, que c’est actuellement l’armée syrienne, largement sunnites, qui combat les soi-disant “rebelles syriens”, qui ne sont en grande partie qu’un rassemblement de mercenaires étrangers.

Peut-être que nos interventionnistes progressistes pourraient lire un peu plus souvent quelqu’un comme Robert Fisk – après tout, Fisk pourrait aussi bien être le seul journaliste fiable de langue anglaise dans la région. “Le mot démocratie et le nom d’Assad ne sont pas compatibles dans une grande partie de la Syrie.” Nous dit Fisk, mais il continue: “Je pense plutôt que les soldats de ce qui est officiellement nommé l’Armée Arabe Syrienne, se battent plus pour la Syrie que pour Assad. Et ils se battent et peut-être même maintenant, sont-ils en train de gagner une guerre ingagnable.”

En gardant ceci à l’esprit, je m’attendrais à ce que les intellectuels progressistes, dont certains sont des historiens et politologues respectés, soient un peu plus sophistiqués et se posent un peu plus de questions avant que de donner un feu vert moral à Israël pour déclencher un nouveau conflit mondial.

Je tendrais à penser qu’il serait grand temps que nos humanistes progressistes s’engagent dans une enquête éthique préliminaire. Ils se rendraient compte une fois pour toute, ce qui constitue les bases morales pour toute forme d’intervention. Je pense qu’avant que vous ne prêchiez le “Tikun Olam” et clamiez de “rendre le monde meilleur” au nom de ce qui est habituellement cité comme étant la “société civile” et le “droit international”, vous devriez penser à vous corriger en premier lieu.

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

http://www.informationclearinghouse.info/article34858.htm

Syrie : Israël entraîne les US et l’UE dans la guerre


Robert Fisk –

Le silence des États-Unis et de l’Union Européenne équivaut à une claire approbation.

Bâtiments de la banlieue de Damas, bombardés par l’aviation sioniste - Photo : AFP/SANA
Bâtiments de la banlieue de Damas, bombardés par l’aviation sioniste – Photo : AFP/SANA

Des lumières d’incendies dans le ciel de Damas. Un autre raid israélien – « audacieux » bien sûr, pour les pro-Israéliens, et le second en deux jours – contre l’armement de Bachar al-Assad, des installations militaires et des dépôts d’armes. L’histoire est bien connue : les Israéliens voulaient empêcher une cargaison de missiles Fateh-110 de fabrication iranienne et envoyés par le gouvernement syrien, de parvenir au Hezbollah au Liban. Lire la suite Syrie : Israël entraîne les US et l’UE dans la guerre

Syrie : l’Occident retire ses billes


Par Robert Fisk

Alep - Les destructions affectent à présent les parties les plus anciennes et les plus chargées d’histoire de la ville - Photo : AFP
Alep – Les destructions affectent à présent les parties les plus anciennes et les plus chargées d’histoire de la ville – Photo : AFP

On sent de la trahison dans l’air. Parce que – soyons francs à ce propos – quelque chose va très mal avec le récit de la guerre de Syrie. Nos seigneurs et maîtres occidentaux – aussi indignes de confiance aujourd’hui qu’ils l’étaient quand ils ont vendu la Pologne à Staline à Yalta – ont commencé à parler un peu moins de leur désir de faire disparaître Bachar al-Assad et beaucoup plus de leur crainte d’une présence corrosive d’al-Qaïda au sein des forces rebelles.

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Mali : ces «centaines de morts» jihadistes que personne n’a vus


Soldats MaliUne chose est sûre : à chaque fois que des morts sont reconnus au Mali par la coalition franco-africaine, celle-ci annonce simultanément le double, le triple, voire le quintuple de victimes dans les rangs jihadistes. Mais qui les a vus, tous ces cadavres ? Où sont-ils diable passés ?