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Quand l’Europe s’est-elle fourvoyée ?


traites-europeensQuand l’Amérique du Sud nous donne des leçons…tout à fait pertinentes.

Aujourd’hui, le même constat s’applique à l’Europe. Les diagnostics divergent : tandis que certains s’indignent de la paresse des peuples du Sud qui, corrompus par la sieste et l’air méditerranéen, vivraient au-dessus de leurs moyens – un discours que nous avons tant entendu ici en Amérique latine, et depuis si longtemps –, d’autres mettent en cause la rigidité de la banque centrale allemande (la Bundesbank) qui, via la « troïka » (Banque centrale européenne, Commission européenne, Fonds monétaire international), imposerait ses vues à l’ensemble des économies. Pour autant, les solutions proposées ne se distinguent qu’à la marge. Et, quel que soit le chemin emprunté, la pilule sera difficile à avaler, car tout le monde s’accorde sur un point : l’Europe s’est fourvoyée. Lire la suite Quand l’Europe s’est-elle fourvoyée ?

Paul Craig Roberts : «Obama utilise les mêmes procédés que Bush».


Tribune libre Béatrice Doinette

P.Craig RobertsL’ancien conseiller de Reagan, Paul Craig Roberts, à Algeriepatriotique : «Barack Obama n’est pas crédible»

Notre correspondant à Bruxelles a pu entrer en contact avec l’éminent économiste politique et ancien conseiller du président Ronald Reagan pour connaître sa position sur la guerre imminente que s’apprête à livrer l’establishment américain et son allié français contre la Syrie. Bien qu’ayant été au cœur du système capitaliste dont il est l’un des théoriciens aux Etats-Unis, sa vision du monde a totalement changé face aux périls que traverse notre planète. Cet ancien secrétaire adjoint au Trésor sous Reagan a opéré une rupture totale avec l’idéologie hégémoniste des Etats-Unis. Ce changement de la part d’un homme qui a reçu de nombreux prix économiques et décorations prouve à quel point la réflexion peut amener un individu aussi important et autant honoré soit-il à se transcender en défendant le bien de l’humanité dans sa diversité et non une caste privilégiée ou un pays dominant, fût-il le sien. Le docteur Roberts est un homme très écouté dont les opinions font référence dans les think tanks et les centres de recherche mondiaux.

Interrogé par Algeriepatriotique sur l’attaque qui se prépare contre la Syrie, Paul Craig Roberts estime que «le régime de Barack Obama et Israël ont encore fabriqué de fausses preuves pour justifier une attaque contre un autre pays, exactement comme les preuves que le régime Bush avait utilisées pour attaquer l’Irak et qui étaient totalement fausses». Selon lui, Barack Obama «utilise le même procédé pour attaquer la Syrie à son tour». M. Roberts explique que «cette offensive contre la Syrie est motivée par la dangereuse idéologie néoconservatrice qui proclame le droit de l’Amérique à assurer son hégémonie sur le monde». «Cette idéologie, poursuit-il, sert aussi les intérêts de l’industrie américaine de l’armement et du pétrole, ainsi que les intérêts d’Israël au Moyen-Orient».

Pour cette éminente personnalité, «chaque fois que les Etats-Unis attaquent un autre pays sur base de mensonges, ils détruisent leur crédibilité dans le reste du monde». «La Russie et la Chine ont maintenant compris qu’ils ne peuvent pas leur faire confiance et que Washington a l’intention d’étendre son emprise sur le monde entier», ajoute-t-il, soulignant que «Moscou et Pékin ont compris que Washington était en train de les entraîner dans la guerre». Ce farouche opposant à la guerre en Irak qui a appelé les élus du Congrès à voter la mise en accusation de George W. Bush est convaincu que la Syrie n’est que la première étape : «Après, ce sera le tour de l’Iran, le talon d’Achille de la Russie et qui fournit 20% du pétrole à la Chine», prévient-il.

Mohsen Abdelmoumen

http://algeriepatriotique.com

Barack Obama et Xi Jinping à la recherche d’un nouveau modèle de relations


Xi Jinping ObamaIl faudra attendre longtemps avant de savoir à quel point l’entretien à huis clos entre les présidents des deux plus grandes puissances mondiales, les Etats-Unis et la Chine, sera « historique ». Il est déjà clair que la rencontre de ce week-end est inhabituelle : Barack Obama et Xi Jinping s’entretiendront pendant deux jours, isolés du monde et des témoins.

But annoncé ? Rechercher un « nouveau modèle » de relations entre les deux puissances. Rechercher un modèle, certes, mais sera-t-elle productive? Rien n’indique pourtant que la solution surgira comme par magie dès dimanche ou lundi prochain. Ce ne sera très certainement pas le cas. Et le public n’apprendra ce qui s’est dit à Sunnylands que plus tard – et progressivement.

Deux jours sans protocole

Jamais encore dans l’histoire des relations sino-américaines deux dirigeants n’avaient passé ensemble deux jours sans protocole ni pourparlers formels. Mais c’est exactement ce qui se passera en Californie ce week-end.

Un lieu historique a été choisi pour cet événement historique : le ranch Sunnylands, isolé au milieu du désert, qui ne fait pas partie des résidences officielles du président américain.

Il appartient à la fondation républicaine du défunt magnat des médias, Walter Annenberg.

Le ranch, traditionnellement, était donc républicain. Richard Nixon, Ronald Reagan et leurs amis, Margaret Thatcher et d’autres dirigeants s’y sont déjà rendus et par ce séjour, le démocrate Obama empiète sur le territoire républicain.

Ces mêmes républicains qui ont le mieux réussi à faire progresser les relations sino-américaines. Même George W. Bush, qui pouvait faire autant de stupidités que possible en politique étrangère, n’a jamais sérieusement taquiné la Chine. Le lieu de la rencontre est symbolique, d’une certaine manière.

On se demande alors : a-t-on besoin d’un progrès ? Oui. A travers les innombrables articles publiés à la veille de la rencontre californienne résonne la pensée suivante : les Etats-Unis et la Chine ne sont pas satisfaits de leurs relations mutuelles. Il faut en discuter.

Que faire après le départ d’Hillary Clinton ?

Tous les sommets du monde se ressemblent : la liste de problèmes à régler s’accumule. Aujourd’hui l’Amérique accuse la Chine de perpétrer des attaques cybernétiques depuis son territoire contre des sites sensibles, entre autres. Quand Thomas Donilon, conseiller du président Obama à la sécurité nationale, s’est rendu à Pékin la semaine dernière pour préparer le sommet, Xi Jinping lui a dit : « Je voudrais discuter avec Obama d’un nouveau modèle pour les relations sino-américaines ». Et il a écarté de manière ostentatoire les documents préparés par le conseiller.

Quel est donc ce modèle qu’évoque Xi Jinping ? En quoi l’ancien ne convient-il pas ?

La question est intéressante puisque dans le cas présent les deux parties sont convaincues qu’il faut changer quelque chose.

Hillary Clinton, quand elle était secrétaire d’Etat des USA, a marqué par une diplomatie très intelligente autour du concept de « tournant des USA vers l’Asie ». Cet axe reste la priorité de toute la politique étrangère d’Obama, qui porte moins d’attention au Proche-Orient – désespérant – pour se tourner davantage vers l’Asie où l’influence de la Chine est devenue dominante pendant que les Américains essuyaient des défaites dans d’autres régions.

Dans les faits, les Etats-Unis continuent de transférer 60% de leur puissance militaire vers le théâtre du Pacifique et la politique de Clinton se poursuit : Obama exprime son soutien à tous les pays d’Asie, petits et grands, qui ont des réclamations territoriales ou autres à l’égard de la Chine.

Cette politique est logique mais ne peut fonctionner que jusqu’à un certain point : tout va bien tant que les pays d’Asie voient qu’il existe un contrepoids à la toute-puissance de la Chine, qu’ils peuvent choisir entre Pékin et Washington et qu’il leur est possible de manœuvrer entre ces deux concurrents pour en tirer profit. L’horizon s’assombrirait inévitablement si l’équilibre cédait la place à la tension – et menaçait de dégénérer en guerre.

De toute évidence aujourd’hui « tout va mal ». Les Chinois soulignent que dernièrement de nombreux litiges territoriaux ont éclaté dans la région sans que la Chine en ait pris l’initiative. Qui les a lancés ? Les pays qui comptent sur l’aide américaine.

Le dossier probablement le plus complet sur le sommet californien à venir se trouve sur le site de l’organisation sino-américaine Chine-US Focus. L’article le plus important, écrit par un Américain annonce : « La politique du « tournant vers l’Asie » a provoqué une crise géopolitique et géostratégique à travers toute l’Asie, affectant les petits et les grands pays. Tout le monde craint une guerre suivie d’un effondrement économique ».

Bref, quelqu’un y est allé trop fort et il faut corriger le tir.

Surtout que l’économie, elle, va bon train. Chaque jour qui passe affiche des échanges commerciaux supérieurs à 1 milliard de dollars, et les investissements chinois aux Etats-Unis ont augmenté l’an dernier de 6,5 milliards de dollars. Sans compter la dette américaine de 1 000 milliards de dollars envers la Chine.

Les « questions concrètes »

Mais que pourrait proposer la Chine aux USA en échange de la politique de Clinton, même si celle-ci s’enfonce ? Certains chercheurs japonais pensent notamment que l’Amérique doit simplement s’en aller et ne pas gêner l’Asie. C’est un peu excessif.

Du peu qu’on connaît que la position de la Chine à la veille du sommet, on distingue l’idée de Xi Jinping d’identifier les intérêts chinois fondamentaux et les laisser de côté. Le plus souvent cela concerne les territoires de la Chine. Pour tout le reste on peut s’entendre et rester prudent, sans déséquilibrer l’économie et la sécurité mondiales.

Etrangement, cette idée simple a d’ores et déjà provoqué une rage très propre à l’Amérique et à sa réflexion. On pourrait ignorer un auteur du Foreign Policy qui ne comprend pas dans quel monde il vit depuis des années et qui pense qu’Obama a tort d' »offrir » deux jours de son temps personnel pour s’entretenir avec le dirigeant d’un pays avec lequel les USA n’ont pas de valeurs et d’intérêts communs. Mais il y a plus intéressant. L’article du chercheur américain

Michael Richardson paru dans un quotidien japonais interroge : les « intérêts fondamentaux » de la Chine ne seraient-ils pas trop larges ? Autrefois, seul Taïwan la préoccupait vraiment, tandis qu’aujourd’hui cette inquiétude s’étend à la mer de Chine méridionale et d’autres mers voisines…

A l’époque de Bush, la Russie avait proposé une idée identique aux Etats-Unis : la région qui entoure le pays relève de sa responsabilité, restez en dehors. Et l’idée générale de la Russie consistait à dire que le monde devait être régi par des associations régionales, présentes partout et seulement soumises à l’Onu.

La réaction américaine fut très révélatrice : on a commencé – et on continue – à expliquer à la Russie qu’aucun pays n’a et n’aura aucune sphère d’influence. Sauf qu’il existe une exception : devinez laquelle.

Cette fois aussi il est question de territoires et de conflits à la périphérie de la Chine. Les intérêts américains dans cette région sont pourtant indiscutables… Obama devra faire un effort surhumain s’il veut renoncer ouvertement à l’approche habituelle des Etats-Unis.

Par conséquent, il ne faut pas espérer que dimanche ou lundi un modèle complètement nouveau sera annoncé. Même si cette rencontre sera tout de même importante.

Le livre La Russie et la Chine. Quatre siècles d’interaction vient d’être publié à Moscou. Il met notamment en évidence la manière dont la Chine pense et applique sa politique étrangère : d’année en année, de décennie en décennie si besoin, en la transmettant d’un chef de l’Etat à l’autre. Il ne faut donc pas croire que si Xi Jinping ne reçoit pas de réponse à ses initiatives en Californie cette fois-ci, ses initiatives tomberont dans l’oubli. La discussion entre Pékin et Washington ne fait que commencer.

Dmitri Kossyrev
RIA Novosti