Archives du mot-clé Saddam Hussein

Les sanctions, c’est de l’arnaque !


Tribune libre Résistance

iran-sanctio07fc-a2d53Par une dépêche de l’IRIB, l’agence de presse iranienne, on apprend qu’en 1967, l’Iran, alors dirigé par le shah, avait acheté des armes aux Britanniques. Une grosse commande quand même puisqu’elle portait sur 1.500 chars d’assaut et 250 véhicules blindés. Tout est en règle, tout est payé, les armes vont être livrées. Lire la suite Les sanctions, c’est de l’arnaque !

La bataille de Syrie marque la fin de l’unilatéralisme occidental


Tribune libre Marseille Albatros

fe1072ebc2a248e6e9cedaccd23cba90-1378480724Interview pour la revue France- Arménie : «La bataille de Syrie marque la fin de l’unilatéralisme occidental » : René naba : Ecrivain et journaliste spécialiste du monde arabe, René Naba (1) a été correspondant tournant au bureau régional de l’AFP à Beyrouth (1969-1979) et conseiller du directeur général de la radio arabophone RMC Moyen-Orient. Dans son analyse de l’évolution du conflit syrien, il livre un regard sans concession sur l’action de la diplomatie française. Lire la suite La bataille de Syrie marque la fin de l’unilatéralisme occidental

L’Iran va vendre de l’eau déssalée aux pays du Golfe


waterfromthetapL’Iran vend de l’eau dessalée aux pays du Golfe arabo-persique.
S’il fallait trouver des qualificatifs, on pourrait dire Révolution, avec un grand R.

C’est précisément ce que l’oligarchie mondialiste a toujours voulu éviter, que des pays du Tiers monde deviennent indépendants sur le plan énergétique, et sur le plan technologique. La vraie indépendance. Lire la suite L’Iran va vendre de l’eau déssalée aux pays du Golfe

Irak: plus de 40 morts dans les célébrations de l’Achoura


565459-des-irakiennes-chiites-a-karbala-pour-celebrer-l-achoura-le-14-novembre-2013L’Irak a été endeuillé jeudi par une série d’attentats ayant fait 44 morts, en majorité des fidèles chiites célébrant l’Achoura, la plus importante cérémonie religieuse pour cette communauté musulmane souvent visée par des attaques d’extrémistes sunnites.

Les nouvelles attaques sont survenues alors que près de deux millions de pèlerins étaient rassemblés dans la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de Bagdad, où de strictes mesures de sécurité ont été prises pour l’occasion. Lire la suite Irak: plus de 40 morts dans les célébrations de l’Achoura

L’Irak depuis l’intervention étasunienne : une décennie mortifère


Tribune libre Résistance

IRAQ-US-WAR-MASSIVE RE-CROPDix ans ont passé depuis l’invasion de l’Irak par les États-Unis. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les objectifs officiels de l’époque, à savoir la libération du peuple irakien de l’oppression de la dictature de Saddam Hussein pour en faire un pays moderne et démocratique, ont lamentablement échoué. Pis, c’est chaque jour un peu plus le chaos dans un pays en ruine.

Les chiffres parlent malheureusement d’eux-mêmes. Ce sont ainsi plus de 4.700 personnes qui ont perdu la vie dans des attentats depuis le début le l’année. 638 victimes sont à inscrire sur le compte du seul mois d’octobre. Personne n’est en mesure de déterminer exactement combien de personnes ont été tuée en Irak depuis l’invasion étasunienne. Selon une enquête menée conjointement par le gouvernement iraquien et l’Organisation mondiale de la santé, 151.000 Irakiens seraient morts de mort violente entre mars 2003 et juin 2006. Les Nations-Unies ont confirmé qu’en 2006 (dernière année où les données sont réputées fiables), au moins 35.000 personnes avaient été tuées.

Dix ans ont passé. Les media occidentaux semblent avoir perdu tout intérêt pour l’Irak, se concentrant sur des sujets plus consensuels ou attrayants. Entre les rives du Tigre et de l’Euphrate, au cœur du Moyen-Orient, une longue et laborieuse transition démocratique est en train de prendre forme depuis la fin officielle de la guerre, le 1er mai 2003.

Un parcours non sans obstacles tant sont nombreuses les contradictions de l’Irak moderne. Le pays est divisé par une guerre civile féroce entre fractions sunnites et chiites. La violence s’est intensifiée après que les forces de sécurité ont violemment réprimé le 23 avril dernier une manifestation sunnite contre le gouvernement, provoquant la mort de dizaines de personnes. Cet épisode a provoqué la réaction des sunnites, qui se sentent marginalisés par le gouvernement chiite. Les milices d’al-Qaïda tentent de tirer profit de la situation, ce qui touche par ricochet le gouvernement.

Les forces d’intervention étasuniennes n’ont jamais vraiment réussi à stabiliser la situation, allant parfois jusqu’à s’engager dans des opérations contraires au droit des conflits armés. Elles ont ainsi utilisé en novembre 2004 des armes chimiques lors de l’assaut de la ville de Falloujah, considérée par les troupes américaines comme un bastion d’insurgés sunnites. Un an plus tard, une folle équipée de Marines tuaient à Haditha vingt-quatre civils irakiens sans défense. Difficile d’apparaître dans ces conditions comme des libérateurs animés des plus nobles sentiments…

Ni les États-Unis, ni même les Nations-Unies n’ont porté un intérêt suffisant à l’actuel gouvernement irakien du Premier ministre Nouri al-Maliki, rongé par la corruption, par la répression et par la longue série de violations des droits humains. Les forces de police, contrôlées par les ministères de l’intérieur et de la défense, sont intervenues massivement entre la fin 2011 et mars 2012 avant un sommet de la Ligue arabe à Bagdad, et ont arrêté des centaines de personnes manifestant contre le gouvernement comme une mesure pour prévenir d’éventuels attentats terroristes. L’ONG étasunienne Human Rights Watch a critiqué très sévèrement dans son rapport annuel le nouvel Irak, l’accusant de devenir un état policier. Plusieurs détenus ont même témoigné avoir été torturés.

Rien d’étonnant à ce que la peine capitale soit dans ce contexte un sujet brûlant. Au moins 125 personnes ont été exécutées depuis le début de l’année ; quarante-deux l’ont été la semaine où on a célébré la journée mondiale contre la peine de mort. Amnesty international fait notamment remarquer qu’en violation des normes internationales, la loi institue la peine de mort pour certaines infractions dont on ne peut considérer qu’elles entrent dans la catégorie des crimes les plus graves, notamment l’enlèvement n’entraînant pas la mort. La peine capitale est ainsi devenue pour le gouvernement un moyen d’asseoir sa mainmise sur le pays.

Le bilan qu’on peut tirer de ces dix années en Irak ne peut être que négatif. L’intervention étasunienne n’a pas apporté que la misère et et la corruption. Il n’y a pas un eu un jour depuis 2003 sans que le pays ne perde une vie des suites des violences terroristes. Si c’est ça le modèle de démocratie que l’Occident s’évertue à exporter depuis des décennies, il n’y a vraiment pas de quoi s’émerveiller tant l’échec de ce système politique, économique et social, est patent.

Capitaine Martin

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Les attaques chimiques de la Ghouta : Une opération sous fausse bannière appuyée par les États-Unis? Tuer des enfants syriens pour justifier une intervention militaire « humanitaire »


Tribune libre Byblos

SAMère Agnès Mariam de la Croix, auteure du rapport controversé d’ISTEAMS

Les attaques chimiques qui ont eu lieu dans la Ghouta orientale le 21 août, 2013 pourraient constituer l’opération sous fausse bannière la plus horrible de l’histoire.

Les données disponibles à ce jour, indiquent que de nombreux enfants ont été tués par des « rebelles de l’opposition », que leurs corps ont été manipulés et filmés en vue de blâmer le gouvernement syrien pour les attaques, provoquant ainsi l’indignation et galvanisant l’opinion publique mondiale en faveur d’une autre guerre impériale sanglante menée par les États-Unis.

Tout en confirmant l’utilisation d’armes chimiques contre des civils, le rapport de l’ONU n’a pas identifié les auteurs de ces attaques:

Au lieu de procéder à une enquête non politisée et à une analyse en laboratoire, l’ONU a confié l’enquête sur les allégations d’attaques au gaz neurotoxique en Syrie au professeur Ake Sellstrom, un homme mystérieux cultivant le secret entourant ses recherches et ses relations politico-militaires […]

Ce vernis cosmétique de neutralité suédoise a été habilement exploité par Israël et l’OTAN, lesquels ont inventé des faussetés par le biais des travaux de Sellstrom à l’ONU, dont le déni des causes chimiques et biologiques du « syndrome de la guerre du Golfe » et les livraisons d’armes chimiques étasuniennes au régime de Saddam Hussein […]

Il est connu que Sellstrom est le biochimiste à la tête du European CBRNE Center [Centre d’études avancées sur la sécurité et la vulnérabilité sociétale, particulièrement sur les incidents majeurs impliquant des substances (C)himiques, (B)iologiques, (R)adiologiques, (N)ucléaires et (E)xplosives], à l’Université d’ Umeå au nord de la Suède, financé par le ministère suédois de la Défense (FOI) […]

En recherche, l’Université d’ Umeå collabore étroitement avec Technion (l’Institut israélien de technologie), l’université de Haïfa fournissant la technologie de pointe à la Force de Défense d’Israël (FDI) et ses agences de renseignement. Plusieurs ministères, collaborant avec Israël dans la recherche, participent à des études multidisciplinaires au Centre CBRNE de Sellstrom […]

L’ambassadrice étasunienne à l’ONU Samantha Power a dit très clairement que la « concentration du gaz neurotoxique utilisé en Syrie était plus élevée que celle de l’Irak ». Sa déclaration devrait être reformulée comme suit : « Saddam a peut-être transbordé en Syrie du gaz neurotoxique fourni par les États-Unis, mais le gaz neurotoxique utilisé contre les civils syriens n’était pas le nôtre. »

Il s’agit là du point essentiel du rapport Sellstrom : enlever toute responsabilité à Washington, le principal fournisseur des précurseurs, de la préparation, des technologies de lancement et des systèmes de stockage des gaz neurotoxiques au Moyen-Orient, y compris en Israël, en Égypte, en Libye, en Irak et fort probablement en Syrie (pendant l’ère de bonne volonté de Clinton).

Le rapport de l’ONU sur les armes chimiques utilisées en Syrie manque fondamentalement de crédibilité en raison du bilan trompeur de son inspecteur en chef, Ake Sellstrom, politiquement et financièrement compromis à tous les niveaux. (Yoichi Shimatsu, The Sellstrom Report: The United Nations’ Syria Inspector Shills for NATO and Israel)

A la veille de la publication du rapport de la Mission de l’ONU, un autre rapport soigneusement documenté par Mère Agnès Mariam de la Croix et l’Équipe internationale d’appui à Mussalaha en Syrie (International Support Team for Mussalaha in Syria, ISTEAMS) a été publié et très peu couvert par les médias. (Pour lire le rapport intégral en format PDF, cliquez ici, pdf lourd, téléchargement lent.)

Les conclusions de ce rapport sont sans équivoque : les vidéos que les États-Unis et leurs alliés ont utilisées comme preuve pour accuser le gouvernement syrien son des mises en scène.

L’étude indique :

« Nous avons décidé d’examiner minutieusement ces vidéos dès que certaines familles dont les enfants ont été enlevés nous ont contactés pour nous informer qu’ils y avaient reconnu les enfants parmi ceux présentés comme victimes des attaques chimiques de la Ghouta orientale […]

Notre première préoccupation était le sort des enfants que nous voyons dans les images. Ces anges sont toujours seul entre les mains d’hommes qui semblent être des éléments de groupes armés. Les enfants décédés sont sans leur famille et ne sont pas identifiés, et ce jusqu’à ce qu’ils soient enveloppés dans des linceuls blancs pour l’enterrement. De plus, notre étude souligne sans aucun doute que les petits corps ont été manipulé et disposé de manière théâtrale afin de figurer dans la vidéo.

Si les images étudiées ont été éditées et publiées dans le but de présenter des éléments de preuve pour accuser l’État syrien d’avoir perpétré les attaques chimiques dans la Ghouta orientale, nos découvertes incriminent les éditeurs et les acteurs pour avoir falsifié les faits en tuant et en manipulant des enfants non identifiés . […] (Mother Agnes Mariam de la Croix and the International Support Team for Mussalaha in Syria (ISTEAMS), The Chemical Attacks in East Ghouta Used to Justify a Military Intervention in Syria)

Mahdi Darius Nazemroaya a étudié le rapport. Il écrit :

En faisant de simples observations des images contenues dans les vidéos présentées comme preuve par les États-Unis, l’étude indépendante d’ISTEAMS contredit les affirmations de l’administration Obama et de l’ensemble de la communauté étasunienne du renseignement […]

Le rapport d’ISTEAMS ne nie pas que des armes chimiques ont été utilisées ou que d’innocents Syriens ont été tués. L’étude fait remarquer logiquement par ses observations qu’il existe des preuves empiriques que les images de l’échantillon de vidéos analysées et qualifiées d’authentiques par la communauté étasunienne du renseignement ont été mises en scène.

Cette constatation est importante, car elle réfute les affirmations des représentants des agences de renseignement étasuniennes ayant déclaré que les vidéos qu’ils ont authentifiées prouvent que le gouvernement syrien a perpétré une attaque à l’arme chimique dans la Ghouta orientale. (Mahdi Darius Nazemroaya, Look With Your Own Eyes: The Videos of the Chemical Attacks in Syria Show Tampered Scenes)

Dans les images présentées par le gouvernement étasunien, de nombreux éléments n’ont aucun sens.

 Le même petit garçon en rouge se trouve dans deux endroits différents
Le même petit garçon en rouge se trouve dans deux endroits différents


Au moins neuf de ces enfants apparaissent dans deux séquences différentes, dans deux endroits différents
Au moins neuf de ces enfants apparaissent dans deux séquences différentes, dans deux endroits différents

 

 Un petit garçon qui apparaît dans deux vidéos différentes avec deux scénarios différents
Un petit garçon qui apparaît dans deux vidéos différentes avec deux scénarios différents

Parmi les importantes conclusions du rapport d’ISTEAMS, on note que malgré les affirmations voulant que les attentats aient tué jusqu’à 1400 personnes, se sont essentiellement des enfants qui apparaissent dans les vidéos et plusieurs cadavres sont présentés dans différentes vidéos, lesquelles auraient été tournées dans des lieux divers.

Bien qu’il remette sérieusement en question l’affirmation selon laquelle le gouvernement syrien était derrière les attaques, le rapport n’a pas été couvert par les médias occidentaux, qui se soumettent à l’empire en répétant les allégations de Washington, lesquelles demeurent sans preuves et n’ont aucune crédibilité.

En outre, une controverse a vu le jour concernant les allégations voulant que les rebelles soient responsables des attaques et qu’ils aient utilisé des armes chimiques fournies par les services secrets saoudiens. Dale Gavlak, co-auteure d’un article contenant ces allégations, veut maintenant se dissocier de l’article et fait face à des menaces. Sa carrière est en péril :

L’article de MintPress, publié le 29 août, contenant des entrevues avec les rebelles, des membres des familles des victimes et des villageois de la Ghouta orientale, allègue que des éléments au sein de l’opposition sont responsables de la présumée attaque aux armes chimiques du 21 août, et que ces munitions ont été fournies par le chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan […]

Dale fait l’objet de pressions de plus en plus fortes de la part d’un tiers pour avoir écrit cet article. Le 30 et le 31 août, elle nous a informés, les rédacteurs de MintPress et moi-même, par courriel et par téléphone, que des tiers faisaient d’énormes pressions sur elle relativement à l’article et menaçaient de mettre fin à sa carrière. Elle a ajouté qu’elle croit que ce tiers était lui-même sous la pression du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar lui-même, accusé dans l’article d’avoir fourni des armes chimiques aux rebelles.

Le 30 août, Dale a demandé à MintPress de retirer son nom complètement de l’article, affirmant que sa carrière et sa réputation étaient en danger. Elle a ajouté que ces tierces parties réclamaient qu’elle se dissocie de l’article ou ils mettraient fin à sa carrière. Le 31 août, j’ai informé Dale par courriel que je préciserais qu’elle était l’auteure et chercheure de l’article et que Yahya [Ababneh] était le journaliste sur le terrain, mais que nous n’enlèverions pas son nom puisque cela constituerait une violation de l’éthique journalistique. (Phil Greaves, Syria: Controversy surrounding MintPress Chemical Weapons Ghouta Report)

L’information selon laquelle le renseignement saoudien aurait été impliqué dans les attaques chimiques de la Ghouta a été mentionnée par un fonctionnaire de l’ONU ayant requis l’anonymat :

Un haut fonctionnaire des Nations Unies directement lié aux affaires syriennes a déclaré à Al-Akhbar que le gouvernement syrien n’était pas impliqué dans la prétendue attaque aux armes chimiques de la Ghouta : « Bien sûr que non, il (le président Bachar Al-Assad) commettrait un suicide. »

Lorsqu’on lui a demandé qui selon lui était responsable de l’utilisation de munitions chimiques dans la Ghouta, le responsable de l’ONU, qui n’a pas permis que l’on divulgue son identité, a déclaré : « Le renseignement saoudien était derrière les attaques et malheureusement personne n’osera le dire. » Le représentant officiel affirme que cette information lui a été fournie par des rebelles de la Ghouta […]

Les accusations du représentant officiel de l’ONU reflètent les déclarations faites plus tôt cette année par un autre haut représentant de l’ONU, Carla del Ponte. Dans la foulée des attaques présumées à l’arme chimique à Khan al-Asal, Cheikh Maqsoud et Saraqeb, elle a déclaré à la télévision suisse à qu’il existait « des doutes sérieux et concrets, ne constituant toutefois pas encore des preuves irréfutables », que les rebelles avaient perpétré l’attentat. Mme Del Ponte avait également observé que les inspecteurs de l’ONU n’avaient vu aucune preuve indiquant que l’armée syrienne utilisait des armes chimiques, en ajoutant qu’une enquête plus approfondie était cependant nécessaire. (Sharmine Narwani and Radwan Mortada, Questions Plague UN Syria Report. Who was behind the East Ghouta Chemical Weapons Attack?)

Tout ce qui précède porte à croire cette attaque est l’un des crimes les plus horribles de l’histoire moderne, une mise en scène diabolique qui consistait à tuer de petits enfants, à produire de fausses séquences vidéo et des séances de photos de cadavres, le tout en vue de fabriquer un prétexte pour une intervention militaire en vertu d’un mandat humanitaire.

Les médias de masse ayant occulté ces crimes portent une lourde responsabilité. Le New York Times a calomnié les conclusions de Mère Agnès et son équipe, l’accusant de « défendre le régime » et de « jouer la carte chrétienne ». Le NYT rejette nonchalamment la preuve que les vidéos sont fausses. Lisez le rapport d’ISTEAMS, puis jugez par vous-même.

Les criminels de guerre qui ont conçu et utilisé cette mise en scène diabolique doivent faire face à la justice.

Les procédures du Conseil de sécurité des Nations Unies à l’encontre du gouvernement syrien doivent être suspendues.

Julie Lévesque

Michel Chossudovsky

Article initialement publié en anglais :

The Ghouta Chemical Attacks: US-Backed False Flag? Killing Syrian Children to Justify a “Humanitarian” Military Intervention, 25 septembre 2013

Traduction par Mondialisation.ca

Nous invitons nos lecteurs à consulter le rapport d’ISTEAMS, ainsi que les articles et vidéos du Centre de recherche sur la mondialisation ci-dessous. Partagez ces articles et le rapport d’ISTEAMS!

En français :

Question au Premier Ministre sur la Syrie : Le gouvernement français a t-il présenté un faux à la représentation nationale ?

L’opposition syrienne soutenue par les États-Unis rejette les chefs politiques et s’aligne sur Al Qaïda

Syrie: Fabrication de « mensonges chimiques ». Qui est derrière les attentats de la Ghouta?

Convention sur l’Interdiction des Armes chimiques : Le président syrien répond aux questions de Fox News

Des vidéos de l’attaque chimique de Damas ?

Les crimes de la rébellion que les gouvernements, les médias et les ONG humanitaires ont ignorés

Le prince Bandar est-il derrière les attaques chimiques en Syrie ?

Armes chimiques, les vérités cachées sur les arsenaux et sur la Convention

Comment les services occidentaux ont fabriqué « l’attaque chimique » de la ghouta

Ce n’est pas le gouvernement Assad qui a utilisé le gaz sarin

Les membres du Congrès qui ont eu accès aux preuves classées secret défense sur la Syrie déclarent qu’elles ne prouvent rien du tout.

Syrie : Sans couverture internationale, les terroristes n’auraient jamais osé franchir les lignes rouges !

Les armes chimiques : Pédagogie de l’horreur et humanisme tardif

Syrie : Que s’est-il vraiment passé le 21 Août dans le Ghouta de Damas ?

En anglais :

GRTV VIDEO: How the Syrian Chemical Weapons Videos Were Staged By James CorbettMother Agnes Mariam, and Prof Michel Chossudovsky, September 19, 2013

The Full ISTeam Report The Chemical Attacks in East Ghouta Used to Justify a Military Intervention in Syria, Mother Agnes Mariam and the International Support Team for Mussalaha in Syria (ISTEAMS), Geneva, 15 September 2013  [pdf slow download]

The Chemical Attacks in East Ghouta Used to Justify a Military Intervention in Syria By Mother Agnes Mariam, September 16, 2013

One Nun Puts the US Intel Community to Shame Over “Stage-Managed” Syria Footage By Mahdi Darius Nazemroaya, September 24, 2013

Syria: Fabricating Chemical Lies. Who is Behind the East Ghouta Attacks? By Prof Michel Chossudovsky, September 17, 2013

The Sellstrom Report: The United Nations’ Syria Inspector Shills for NATO and Israel By Yoichi Shimatsu, September 18, 2013

The Syria Chemical Weapons Attack: Human Rights Watch is Manipulating the Facts By Richard Lightbown, September 24, 2013

Saudi Arabia’s “Chemical Bandar” behind the Chemical Attacks in Syria? By Mahdi Darius Nazemroaya, September 06, 2013

Syria: Controversy surrounding MintPress Chemical Weapons Ghouta Report By Phil Greaves, September 22, 2013

Article original: The Ghouta Chemical Attacks: US-Backed False Flag? Killing Syrian Children to Justify a “Humanitarian” Military Intervention

http://www.mondialisation.ca/les-attaques-chimiques-de-la-ghouta-une-operation-sous-fausse-banniere-appuyee-par-les-etats-unis-tuer-des-enfants-syriens-pour-justifier-une-intervention-militaire-humanitaire/5352971

Irak : la guerre la plus « humaine » de l’histoire


Tribune libre Résistance

1544352812L’Armée-État d’Israël se bat pour la démocratie et « une proposition de paix totale » contre les Palestiniens et les Libanais. Ses guerres, chacun le sait, lui sont imposées et ne sont que « légitime défense ». En 2003 en Iraq, les États-Unis d’Amérique étaient guidés par les mêmes nobles objectifs… Retour sur la « guerre la plus humaine de l’histoire ».

Ils nommèrent l’opération « Spectre et effroi ». Motivations : détruire les armes de destruction massive, montrer la connexion du régime avec Al Qaïda, instaurer la démocratie. Ils ont fait tout faux. Erreur. Dès le début, ils savaient que tout était faux.

Trois années d’invasion-occupation plus tard, qu’est-ce que l’Irak sinon une infinie flaque… de sang, un corps déchiqueté sur un interminable champ de ruines ? Un pays où se ramassent à la pelle des corps qui n’en sont plus, et où la nuit venue dansent, au rythme des Top 50 des bouquets satellites dans des campements-supermarchés retranchés, cent quarante mille « boys » bourrés, c’est selon, de préjugés, de mépris, d’arrogance, d’ignorance crasse, de bonne conscience, d’alcool et de drogues ? On leur a dit, dès le début : « Vous êtes là pour libérer l’Irak. Vous menez un combat pour la naissance d’un pays. »

Pauvre Mésopotamie, te faire naître, toi qui les as mis au monde.

Aujourd’hui, après le délire métaphysique de la victoire, certains d’entre eux, de retour au pays, regardent, qui leurs jambes débitées, qui leurs bras charcutés. Ils ne pourront plus danser, mais savent qu’un jour ceux qui dansent encore dans ces camps bunkérisés subiront le même sort. D’autres, physiquement indemnes, dansent quotidiennement avec le suicide ou la détraque. C’est leur unique horizon.

D’horizon, les Irakiens n’en ont plus, alors que l’horreur d’une guerre civile interreligieuse dans laquelle aucun Dieu ne reconnaîtra les siens est déjà là. Danser. C’est aussi ce que firent, de joie démocratique, il y a trois ans devant leur écran TV, le jour où Bagdad fut prise, nombre d’intellectuels, de politiciens et autres experts en fripouilleries et bas stratagèmes politico-médiatiques. Ils ont dansé, disaient-ils, par « solidarité » pour ces pauvres Irakiens écrasés par un régime dirigé par un tyran « fou de sang et d’orgueil », avec lequel leurs puissants pays, mine de rien, ont commercé, échangé, comploté des années durant, en se souciant comme d’une guigne de la terreur, de la torture et des meurtres dont était victime l’élite progressiste et démocratique de ce pays.

Quelle issue aujourd’hui pour un peuple prisonnier d’une guerre totale entre une puissance impériale prédatrice et les terroristes de l’ordre théocratique qui, fanatisés par une idéologie infrahumaine, libèrent chaque jour leurs pulsions criminelles, au lieu de leur pays, en pulvérisant d’explosifs des dizaines de paisibles gens ? Ces danses macabres rythmées par les canons des chars démocratiques étaient les prémices, nous disaient ces esprits sérieux, de jours meilleurs, d’une ère radieuse « l’Irak est une immense chance pour les Arabes. », « Pour une fois qu’un pays arabe va devenir démocratique, il faut être optimiste ». Optimiste, la belle affaire. « …La situation demeure grave en Irak, mais je suis « optimiste ». Ainsi parlait le chorégraphe en chef de ce ballet mortifère, George W. Bush, le 22 février 2006, au lendemain de l’attentat contre le mausolée chiite de Samara.

Trois années plus tôt, ou presque, le 17 avril 2003, Richard Myers, chef d’état-major interarmes, exprimait également son optimisme lors de la chute de Bagdad : « C’est la guerre la plus humaine de « l’Histoire »». En déclarant que cette tempête de feu, de fer et de sang, de corps brûlés, démantibulés, de vies ravagées était « la guerre la plus humaine de l’Histoire », le général, probablement bon père de famille, peut-être même amateur d’opéra, de poésie et de barbecue, ne savait peut-être pas qu’il venait d’inventer l’oxymoron de la terreur absolue et du crime de guerre banalisé. Il nous disait que cette guerre est humaine, parce qu’elle est USaméricaine. Qu’USaméricaine, elle ne peut qu’être humaine.

Nous savons maintenant que chaque guerre que les USA déclencheront sera une manifestation d’humanité. Qu’importent le carnage absolu de dizaines de milliers de personnes, le déferlement et le largage de milliers de tonnes de bombes et de feu, les humiliations, les tortures, les dévastations, les destructions inouïes de violence, l’ensauvagement du quotidien, la livraison des villes et des musées aux pillards encastrés, encadrés, comme de nombreux journalistes le furent, par une armée formée pour partie de soudards et de paumés, désaffiliés pour certains, détraqués pour d’autres, et de mercenaires en quête de la « green card », que de nombreux, rappelons-nous, reçurent six pieds sous terre.

Dans cet  enfer moderneallumé par cette lâche hyper puissance, comment ne pas associer l’obscène formule du général au sort et à l’avenir disloqués du petit Ali Ismaïl. Un gamin devenu, malgré lui, la proie des médiatisations les plus infâmes, et l’objet de la compassion d’un premier ministre britannique soudain attentif aux malheurs que cette guerre à bout portant avait provoqués. L’hyper médiatisation de la bonne conscience des fauteurs de guerre passée, que faut-il retenir du malheur indicible et indélébile de cet enfant, sinon que sa vie entière sera la synthèse d’une guerre qui s’est incorporée, incrustée, cristallisée pour toujours dans son corps physique et social.

Mutilé, réduit, ce corps prothétique exprime-t-il autre chose que l’extrême « brutalisation » de cette guerre ? En ce sens, cette guerre participe pleinement à un retour à l’état de nature, à une « bestialisation », à un ensauvagement des rapports sociaux et humains.

Pendant l’agression coloniale de l’Algérie, Alexis de Tocqueville, théoricien de la démocratie et polémologue du libéralisme, déclarait : « Le second moyen en importance après l’interdiction du commerce est le ravage du pays. Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire ». Si les temps et les technologies ne sont plus les mêmes, les méthodes et l’état d’esprit, à quelques nuances près, demeurent et ont encore de l’avenir.

Smaïl Hadj-Ali

http://www.resistance-politique.fr/article-irak-la-guerre-la-plus-humaine-de-l-histoire-120005553.html

Quand François Hollande disait non à la guerre !


ASSEMBLEE-POLITIQUE-HOLLANDEFrançois Hollande

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE DU JEUDI 27 FÉVRIER 2003 – Débat sur l’Irak

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mes chers collègues, la guerre peut-elle être évitée ? Telle est la terrible question qui se pose.

Face à la détermination américaine de recourir – c’est dit et répété – à bref délai à la force, face à l’inconstante volonté irakienne de désarmer, il est vrai que les chances de paix peuvent paraître faibles. A moins que l’on pense, comme nombre d’entre nous ici, que la primauté du droit, que le rôle des Nations unies, que le poids des opinions publiques peuvent l’emporter sur le déchaînement irréfléchi des armes.

Une guerre, surtout lorsqu’elle procède de la communauté internationale elle-même, est un acte grave. Elle ne peut être justifiée que par des motifs impérieux, c’est-à-dire par des dangers majeurs pour la sécurité du monde et par des violations caractérisées du droit international.

Ce furent ces raisons-là qui nous conduisirent, en 1991, à approuver une intervention militaire au nom de l’ONU en Irak, après l’invasion du Koweït par les troupes de Saddam Hussein. Ce furent aussi ces considérations qui nous conduisirent à participer aux opérations du Kosovo. Ce furent également ces raisons qui, après l’abominable attentat du 11 septembre, justifièrent l’intervention des Nations unies pour renverser le régime des talibans en Afghanistan, dès lors que les liens entre ce régime et Al Qaïda étaient non seulement démontrés mais encore proclamés.

Nous sommes pour la paix. C’est notre tradition, notre volonté, notre aspiration. Mais nous avons toujours su prendre nos responsabilités en acceptant le conflit avec ses risques, chaque fois qu’il pouvait permettre de préserver la stabilité et la primauté du droit.

Or, aujourd’hui, rien ne justifie la guerre et tout commande de la prévenir, c’est-à-dire de l’empêcher.

Les conditions, nous l’avons dit, ne sont pas réunies.

Aucune preuve n’a été apportée que l’Irak possède toujours des armes de destruction massive et a les capacités de les utiliser. Les inspections ont pu reprendre leur travail. Elles obtiennent des résultats et même, cela a été dit ici, plus de résultats depuis dix ans en termes de désarmement que n’en avait eus l’intervention militaire en Irak en 1991. Les inspecteurs doivent pouvoir bénéficier du temps nécessaire. Aujourd’hui, Hans Blix a fixé le calendrier et annoncé qu’il avait besoin pour son travail de plusieurs mois encore.

Aucun lien n’a pu être établi, malgré toutes les affirmations américaines, qui n’ont jamais été avérées, entre le régime irakien et Al Qaïda.

Pourquoi faire la guerre si le désarmement par la paix avance et que le monde et les voisins de l’Irak ne sont pas aujourd’hui directement menacés ?

Comment faire comprendre aux peuples, et notamment à l’opinion arabe, que le désarmement en Irak devrait être organisé par la force quand il est entravé en Corée du Nord ou ignoré tout simplement au Pakistan, alors même que les armes concernées sont nucléaires ?

Comment faire admettre qu’une guerre serait nécessaire pour chasser un dictateur, Saddam Hussein, quand tant d’autres sont tolérés voire encouragés ou utilisés dans cette partie du monde ?

Comment faire partager l’objectif d’une intervention militaire au nom d’un respect insuffisant des résolutions de l’ONU quand des manquements sont aussi relevés au Proche-Orient, dans la totale indifférence de la seule puissance, en l’occurrence les Etats-Unis d’Amérique, qui pourrait se faire entendre dans cette région, notamment d’Israël ?

Pourquoi, François Mitterrand le demandait déjà en 1991, deux poids, deux mesures ? Pourquoi faudrait-il faire la guerre en Irak quand ailleurs on essaie de procéder autrement ?

Nous devons poursuivre, vous l’avez dit, monsieur le Premier ministre, tous les efforts de désarmement par la paix.

La France a pris des initiatives, l’ONU les a approuvées, il faut marquer jusqu’au bout le refus de cette guerre dans le contexte international actuel.

La guerre, si elle se produisait, aurait bien évidemment des conséquences graves sur les populations civiles en Irak. Elle offrirait à Saddam Hussein une nouvelle occasion de créer une solidarité morbide dans le cadre d’une tragédie humaine. La guerre déstabiliserait profondément l’Irak, nous le savons, avec un risque d’éclatement et de séparatisme. Elle aurait des effets directs dans la région, avec une possible intervention turque au Kurdistan et une réaction des Iraniens dès lors que les chiites pourraient être éventuellement impliqués. Elle risquerait de renforcer les tensions entre Israéliens et Palestiniens, avec, là aussi, la tentation de passer en force. Elle accentuerait la prolifération de la menace terroriste alors que cette guerre prétend précisément la prévenir. Elle consacrerait l’unilatéralisme des Etats-Unis d’Amérique pour décider du sort du monde, c’est-à-dire de la paix ou de la guerre, en fonction des seuls critères, des seuls intérêts de la puissance principale.

Ce qui est en cause, ce n’est pas simplement le désarmement nécessaire de l’Irak, ce n’est pas simplement le renversement souhaitable de Saddam Hussein. Ce qui est en cause, c’est une conception du monde, c’est une forme de régulation des conflits internationaux, c’est le rôle des Nations unies, c’est la primauté du droit.

C’est une véritable bataille pour la paix et pour le droit qui est engagée.

Il faut croire en notre capacité de gagner cette bataille-là. On peut, on doit y arriver. C’est ce que disait Gerhard Schröder il y a deux jours.

Nous avons, monsieur le Premier ministre, suffisamment de critiques à l’encontre de notre politique économique et sociale pour, aujourd’hui, vouloir joindre tous nos efforts aux vôtres, sur cette question aussi essentielle que la paix ou la guerre, afin d’essayer de peser davantage.

La France est forte chaque fois qu’elle est unie sur une ligne claire. Dès lors que nous pouvons aujourd’hui, avec l’appui de l’opinion publique, avec une majorité de Français, défendre ensemble certaines positions, ne nous privons pas de cette chance.

Des foules considérables se sont mobilisées ces dernières semaines. Elles se sont mises en marche notamment dans les pays où les gouvernements étaient plutôt enclins à suivre les Etats-Unis d’Amérique : je pense à l’Angleterre, à l’Italie, à l’Espagne, et aux Etats-Unis mêmes.

Cette mobilisation des opinions publiques, cette prise de conscience citoyenne à l’échelle du monde constitue un atout décisif pour la période qui s’ouvre. Désormais, il s’agit de tenir bon. Le choix est, comme vous l’avez dit, monsieur le Premier ministre, entre une deuxième résolution à l’initiative de l’administration américaine ou le renforcement de l’action des inspecteurs du désarmement pour la paix. Toutes les initiatives doivent être prises, toutes les négociations engagées pour éviter une deuxième résolution et, si celle-ci était déposée, pour constituer une majorité qui la repousse.

Mais nous devons aussi savoir que, si nous voulons repousser cette résolution, les pressions se feront plus intenses sur les pays récalcitrants au Conseil de sécurité. Nous imaginons bien comment les manquements, même partiels, de l’Irak aux contrôles des inspecteurs pourront être utilisés. Nous savons la confusion que peuvent entretenir les Etats-Unis d’Amérique, notamment, entre le refus de la résolution et le soutien implicite de Saddam Hussein.

Si nous voulons que la résolution américaine ne soit pas adoptée, tout dépend de nous, de notre capacité de conviction, de notre détermination. La France doit prendre ses responsabilités et aller jusqu’au bout : c’est-à-dire user, le cas échéant, du droit de veto pour éviter l’aventure, la fuite en avant et le déchaînement des passions et des armes.

Monsieur le Premier ministre, le droit de veto n’est pas simplement, comme on le dit souvent, une arme de dissuasion, ni une menace, un moyen de chantage ou, pire encore, une agression. Le veto, c’est d’abord une façon de dire non à la guerre préventive. Le veto, c’est le moyen que possède la France – mais pas seulement elle – de ne pas donner une couverture légale à une intervention militaire illégitime. Le veto, c’est ne pas fournir le drapeau de l’ONU à une cause qui n’est pas celle du monde, mais celle de l’administration Bush. Le recours éventuel au veto, comprenons-le tous, est la suite logique de la position de la France, dès lors qu’elle considère sincèrement que cette guerre est inutile et dangereuse.

Certes, nous n’en sommes pas encore là. Mais le moment décisif approche, à mesure que la discussion de la résolution au Conseil de sécurité se précise. C’est pourquoi je demande, au nom des socialistes, qu’un autre débat, cette fois-ci avec vote, puisse être prévu au Parlement avant que la France n’ait à faire connaître sa décision.

Mais je le dis fermement dès à présent, exclure a priori le droit de veto, comme je l’entends parfois, c’est affaiblir la position de la France dans la négociation diplomatique qui s’engage.

On nous objectera que l’opposition de la France créerait une rupture irréversible dans nos relations avec les Etats-Unis. Mais ce ne serait pas la première fois dans notre histoire. Je me souviens du départ de la France des instances militaires de l’OTAN, en 1966, et de nos contentieux à l’occasion de la guerre du Vietman. Nous avons toujours réussi, entre alliés, à surmonter ces querelles parce que nos deux pays, cela a été dit avant moi, sont liés par leur histoire, par des dettes respectives et qu’ils partagent, heureusement, sur la liberté, les mêmes valeurs.

En l’occurrence, il ne s’agit pas d’un conflit d’intérêts, ni d’un défaut de solidarité d’un allié à un maître. Nous avons dit notre horreur des attentats du 11 septembre. Il s’agit en fait, bien plus que d’une divergence sur la seule question irakienne, d’une divergence entre nous, Américains et Français, et je l’espère Européens, sur la conception du monde. Il s’agit d’une divergence sur l’utilisation de la force.

Nous considérons que la conception du monde qu’ont aujourd’hui les Etats-Unis est dominatrice et déstabilisatrice.

La crise irakienne est à cet égard décisive. Si elle se dénoue par la force, le processus, nous le sentons, ne s’arrêtera pas là. De nouvelles crises surgiront et il ne sera pas possible d’arrêter la stratégie américaine à l’échelle de la planète. Si, en revanche, nous obtenons que la crise irakienne se dénoue par la négociation au sein de l’ONU, c’est la communauté internationale, et pas simplement la France ou l’Europe, qui en sortira renforcée.

Certes, le rejet par le Conseil de sécurité de la résolution américaine peut ne pas décourager George Bush d’intervenir unilatéralement. Mais il sait aussi que son choix serait périlleux, pour l’ouverture même du conflit et surtout pour l’après-guerre. Comment gérer l’après-guerre dans la région sans la caution de l’ONU, sans la participation de l’Europe ?

De ce point de vue, nous avons un argument de dissuasion essentiel : les Etats-Unis ont besoin de l’ONU. Sans l’ONU, il n’est pas possible de prolonger une intervention. C’est la raison pour laquelle nous devons, au Conseil de sécurité, faire prévaloir le droit et empêcher les Etats-Unis de faire passer leur résolution.

Reste la question de Saddam Hussein.

Vouloir la paix n’est pas tolérer son régime. Saddam Hussein est un dictateur – on l’a dit et répété – de la pire espèce. Il a tué ses opposants, détourné les produits financiers de la résolution « pétrole contre nourriture », et il affame son peuple.

Il faut donc toujours donner la priorité à la pression, faire en sorte qu’il soit obligé de désarmer, soutenir l’opposition démocratique et désolidariser son peuple de ce dictateur.

Sans doute, le mieux serait qu’il parte, et même qu’il puisse être jugé par la Cour pénale internationale. Le paradoxe est que les Etats-Unis ne reconnaissent pas la Cour pénale internationale. Ils ont même signé des conventions pour assurer l’impunité de certains pays à cet égard.

Comment proclamer l’ingérence pour chasser un dictateur si, au départ, on n’affirme pas la primauté de la justice internationale pour condamner les dictateurs ? Pour nous, la paix n’est pas l’impunité. Pas plus que la guerre n’est la justice. Il faut réussir à faire la paix et à juger les responsables.

Mais la crise que nous traversons nous oblige, quelle qu’en soit l’issue, à repenser le rôle des Nations unies et l’avenir de l’Europe.

Les institutions internationales doivent être renforcées. C’est une priorité. C’est la condition indispensable pour la paix, mais aussi pour le développement, pour la stabilité financière et pour la préservation de la planète. Cela exige de compléter les traités, d’amplifier les moyens et de démocratiser le fonctionnement des institutions internationales.

Face à la stratégie américaine, qui n’est rien d’autre que le retour à l’impérialisme, à l’unilatéralisme, avec cette fois peut-être un élément personnel, presque religieux, apporté par George Bush, il convient de mettre en place un monde multipolaire. Il faut instaurer un système fondé sur le droit, qui constitue la seule protection du faible contre le fort.

La France doit promouvoir non seulement le droit international mais les institutions internationales, leur capacité d’agir. Elle doit renforcer leurs moyens et, de ce point de vue, la lutte pour une autre mondialisation est inséparable de la lutte pour la paix. C’est le même combat que lorsqu’il s’agit de fixer des règles pour la circulation des marchandises, pour la circulation des capitaux, qui doit être mené pour instaurer la paix. Nous partageons le même combat pour un autre monde, un monde de paix. De même, nous ne pouvons rester silencieux sur la question du Proche-Orient. Aucune initiative, ces derniers mois, n’a été prise. Aucune ouverture de négociation, de discussion, de dialogue n’a été encouragée. Aucune pression n’a été exercée, notamment sur le gouvernement israélien.

Là encore, monsieur le Premier ministre, la France doit jouer son rôle et pas simplement dire aux uns ou aux autres ce qu’ils ont envie d’entendre.

L’Europe doit aussi être notre prochain défi. Elle sort incontestablement affaiblie de l’épreuve de ces dernières semaines. L’unanimisme de façade n’a pas résisté, les divisions ont fait du mal et la solidarité atlantique a prévalu sur la solidarité européenne. Il faut donc ouvrir, comme cela a été dit avant moi un grand débat sur l’Europe, sur le projet européen. Et ce débat doit avoir lieu aussi dans cet hémicycle.

Voulons-nous une Europe des marchés ou une Europe de la solidarité ? Voulons-nous une Europe sociale ou une Europe qui se préoccupe simplement des acteurs économiques ? Voulons-nous une Europe qui ait un projet d’ensemble de développement ou une Europe qui se protège ?

Nous devons également avoir cette discussion sur les institutions, et pas simplement sur la présidence de l’Europe, même s’il y aurait beaucoup à dire. Nous devons aller jusqu’au bout du débat sur la défense européenne et savoir ce que nous acceptons nous-mêmes de consentir comme transferts de souveraineté.

Nous devons aussi avoir un débat sur la préparation de l’élargissement. A l’évidence, nous pouvons d’ores et déjà le dire, les travaux de la Convention devront être prolongés autant qu’il le faudra. Cette Convention européenne, qui doit déboucher sur une Constitution, est un moment trop important pour que, compte tenu de ce qui se passe, nous conservions le calendrier initialement prévu.

Si nous voulons ce grand débat, nous devons respecter les positions des uns et des autres et éviter la condescendance entre Européens, celle-là même que nous reprochons aux Américains à notre endroit. Nous devons essayer de comprendre l’histoire et la géographie de nos principaux partenaires pour ne pas les traiter comme des enfants, ce qui ne serait pas la meilleure façon de les faire grandir en bonne intelligence avec nous.

Le pire serait d’esquiver le débat, de masquer nos différences, les divergences entre Européens ou entre nous. L’essentiel est sans doute de faire vivre le couple franco-allemand, mais aussi de parler et d’agir avec tous. Il faut refonder une dynamique européenne à vingt-cinq – ce sera dur – mais aussi commencer à travailler sur l’avant-garde européenne, qui peut, notamment en matière de politique étrangère et de politique de défense, permettre un saut vers une Europe plus forte et plus solidaire.

Nous avons, monsieur le Premier ministre, mes chers collègues, des jours difficiles devant nous. Nous vivons un moment important de l’histoire du monde, qui va au-delà de la seule question irakienne. Il s’agit aujourd’hui d’éviter non pas seulement une guerre, mais une suite de conflits suscités, au nom d’un ordre décidé unilatéralement par une seule puissance. Il s’agit non pas simplement d’empêcher les Etats-Unis d’intervenir en Irak, mais de régler, par la paix, un problème qui est posé à l’ensemble de la communauté internationale, celui du désarmement.

Il s’agit non pas uniquement d’arrêter une crise, mais de préserver la stabilité du monde. En cet instant, l’ONU doit se faire respecter. Elle joue là son avenir dans la période de l’après-guerre froide. L’Europe doit comprendre qu’elle est l’instrument d’un monde multipolaire et qu’elle ne peut pas être simplement une union agglomérant des intérêts de marché. L’Europe doit également comprendre que de sa capacité à intervenir dépend aussi la stabilité du monde. Enfin, la France doit porter son message universel, celui de la paix, du droit, de la justice internationale contre la force. Cette position, nous, les socialistes, nous voulons qu’elle soit tenue jusqu’au bout, sans relâche, sans faiblesse, sans fléchissement. Cette position, la nôtre, monsieur le Premier ministre, ne variera pas. C’est et ce sera toujours « Non à la guerre ! », et je souhaite, au plus profond de mon cœur, que ce soit aussi celle de la France.

François Hollande,
Assemblée Nationale,
Le 16 février 2003

Source : Non à la guerre !

L’Iran peut aider Obama à affiner son héritage


2013-06-05T114009Z_1_APAE9540WEZ00_RTROPTP_3_OFRWR-IRAN-NUCLEAIRE-RUSSIE-20130605Par MK Bhadrakumar

Le président Barack Obama crée un nouveau précédent dans l’histoire de l’Amérique comme puissance impérialiste. Il ne cherche pratiquement pas d’excuses avant d’ordonner une attaque militaire contre un pays souverain avec lequel les Etats-Unis ne sont pas en guerre et qui n’a pas nui aux intérêts vitaux de l’Amérique ou ses intérêts comme pays souverain, même indirectement.

L’administration Obama annonce publiquement à l’avance que cela va être une attaque militaire « limitée » de la Syrie par les États-Unis. Il est même prêt à donner un préavis du moment où l’attaque peut être prévue. Qui pourrait dire qu’Obama n’est pas un homme d’Etat plein d’humanité et de respect?

Par attaque «limitée», l’administration Obama indique qu’elle n’attaquera pas directement les stocks d’armes chimiques de la Syrie, mais seulement leur «logistique », ce qui signifie les forces aériennes syriennes et les unités de l’armée qui sont susceptibles d’être impliquées dans une attaque à l’arme chimique. En fait, n’importe qui se trouvant dans le commandement des forces armées du pays et, à plus forte raison ceux des centres de « commandement et de contrôle  » des forces armées syriennes, seront également ciblés.

En somme, le plan derrière l’attaque « limitée » est d’affaiblir les forces armées syriennes. L’objectif politique est clair. L’administration Obama insiste sur le fait que ce n’est pas un «changement de régime. » Ce que cela signifie c’est que les Etats-Unis et ses alliés espèrent que, sous une pression immense de mort et de destruction, les forces armées syriennes pourraient, enfin, commencer à remettre en question la qualité de la direction du président Bachar al-Assad, ce qui, à son tour, pourrait conduire à un coup d’Etat contre lui ; ce ne sera pas un «changement de régime» à proprement parler, mais un ‘’changement de régime’’ quand même.

L’expérience irakienne a enseigné aux Etats-Unis l’importance cruciale de maintenir intactes autant que possible les structures étatiques et les institutions – lire, les forces armées, l’appareil sécuritaire et la bureaucratie – dans un pays, même si son régime change de mains selon le désir américain.

Le risque est grand parce que dans cette situation, il y a, de manière implicite, à la fois les «connus connus» et les «inconnus inconnus» contre lesquels l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld avait mis en garde. Pour citer un extrait du communiqué de presse de Rumsfeld en Février 2002 :

Il y a des connus connus, il y a des choses que nous savons que nous savons. Il y a des inconnus connus, c’est-à-dire, il y a des choses que nous savons maintenant que nous ne savons pas. Mais il y a aussi des inconnus inconnus – il y a des choses que nous ne savons pas que nous ne savons pas.

Rumsfeld s’exprimait dans le contexte de l’Irak, où son pronostic était que les principaux dangers de la confrontation étaient les «inconnus inconnus», c’est à dire les menaces de Saddam, qui était complètement imprévisibles.

Inutile de dire que pour l’administration Obama, réussir à atteindre son objectif est loin d’être évident car, en Syrie,  les «connus connus » seuls sont très importants. Mais ce qui est clair dans un sens beaucoup plus large et profond ce sont les choses suivantes :

Premièrement, cette entreprise d’attaquer la Syrie est issue d’un plan directeur dont les Etats-Unis (et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) ont toujours prétendu qu’il n’existait pas. L’art de la dissimulation a été perfectionné au point ultime. Les États-Unis ont pris un brusque virage sur le chemin menant au sommet de Genève 2 sans se soucier le moins du monde des explications à fournir sur le pourquoi, tout en concluant unilatéralement sans aucune preuve concrète que le gouvernement syrien devrait être tenu pour responsable des dernières attaques d’armes chimiques près de Damas.

Deuxièmement, au moment décisif, les Etats-Unis rallient leurs alliés et forment une «coalition of the willing ». Les désaccords qui était supposés exister entre les Etats-Unis d’une part et ses alliés du Golfe Persique (et Israël)  d’autre part sur le changement de régime en Egypte était une petite guéguerre entre vendeurs dans un marché aux poissons, après tout. Lorsque le besoin s’en fait sentir et le moment venu, ils se déplacent immanquablement ensemble comme une meute de loups.

Troisièmement, les États-Unis interprètent unilatéralement le droit international et n’ont aucun scrupule à lancer des attaques militaires sans un mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies. Alors qu’une démocratie véritable, devrait épouser les valeurs de la démocratie « inclusive », l’administration américaine agit sans prendre en considération l’opinion publique nationale. Selon les sondages d’opinion américains, pas même 10% du peuple américain ne veulent que leur pays s’implique en aucune manière dans la guerre civile en Syrie.

Quatrièmement, Obama a jeté de la poudre aux yeux de l’opinion mondiale en donnant l’impression qu’il n’y aura plus «d’Afghanistans» ni «d’Iraks » et qu’il est toujours sous le choc, à chaque fois qu’un sac mortuaire arrive de la guerre en Afghanistan et qu’il est appelé à signer la lettre de condoléances à la famille endeuillée. L’invasion américaine de l’Irak a entraîné la mort de centaines de milliers de civils innocents. Mais ça ne laisse aucune cicatrice sur la sensibilité d’Obama.

Toutefois, la leçon la plus profonde que l’on peut tirer de tout cela, alors que les Etats-Unis commencent le compte à rebours d’une attaque sur la Syrie, réside ailleurs: Pourquoi la Syrie, pourquoi pas la Corée du Nord?

La réponse est claire. Comme les analystes militaires de CNN peinent à l’expliquer, ce sera une opération militaire qui n’engendrera pas de risque de pertes américaines. L’attaque contre la Syrie aura lieu à partir de la mer bleue avec des missiles de croisière – pas même d’avions pilotés par les pilotes américains de peur qu’ils ne soient abattus.

Les analystes américains expliquent que les forces armées syriennes sont déjà débordées après deux années de combat contre les rebelles dans tout le pays. Ils font remarquer comment la Syrie n’a même pas pu enclencher des représailles contre les attaques aériennes israéliennes répétées – chose impensable il y a seulement quelques années.

En somme, la Syrie n’a pas de pouvoir de dissuasion. C’est là que Kim Il-sung et Kim Jong-il se sont avérés leaders visionnaires. Ils ont légué à la direction actuelle de Kim Jong-Un à Pyongyang une puissance de dissuasion qui fera que l’administration Obama pensera, pas deux fois, mais plusieurs fois avant de lancer une attaque militaire contre la Corée du Nord. C’est exactement là où le père de Bachar, Hafez al-Assad semble avoir faibli.

Maintenant, cela devient un jeu de moralité pour l’Iran. Bien sûr, le régime iranien prend très au sérieux les «fatwas» prononcées par leur chef spirituel et guide suprême de ne pas se lancer dans un programme d’armement nucléaire. Mais, est-ce la chose sage à faire ?

Après tout, nous devons être en vie avant que nous puissions penser à observer les « fatwas » – même Perses. Le fait est que l’attaque américaine imminente contre la Syrie devrait être un signal d’alarme pour le régime iranien  et l’alerter pour la lutte existentielle qui l’attend.

Comment Téhéran peut-il désormais prendre la parole d’Obama au sérieux? Seulement la semaine dernière, il est apparu selon des documents d’archives officielles américaines que le coup d’état de 1953 contre Mohamed Mossadegh était une opération de la CIA, et que les horribles attaques d’armes chimiques par les forces de Saddam Hussein ont été organisées avec les renseignements cruciaux de la CIA.

Y a-t-il quelque chose de vraiment changé sous Obama? Les dirigeants iraniens doivent réfléchir calmement et collectivement.

Quels que soient les résultats de l’attaque imminente des Etats-Unis contre la Syrie, qui aura, c’est certain, des conséquences dramatiques, Téhéran doit prendre une décision capitale pour se prémunir contre une telle agression. La seule façon d’y parvenir sera d’avoir le pouvoir de dissuasion que la Corée du Nord possède, ce qui maintient les prédateurs à distance.

L’opinion mondiale comprendra. Les humbles ont également le droit moral de se défendre – même s’ils sont loin d’hériter d’une terre que Dieu a prophétisée pour eux. Que ce soit le meilleur héritage présidentiel d’Obama – un Iran nucléaire.

Ambassadeur MK Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans, avec des postes dont celui d’ambassadeur de l’Inde en Ouzbékistan (1995-1998) et en Turquie (1998-2001).

Traduction : Avic

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-02-290813.html

Hans Blix juge improbable l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien


Tribune libre Béatrice Doinette

Hans Blix, ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, estime qu’une intervention militaire internationale en Syrie est peu probable.

Hans-Blix-992Directeur général de l’Agence internationale de l’Energie atomique lors de la guerre contre Saddam Hussein – qu’il a refusé de justifier – et ordonnateur du confinement de Tchernobyl, le diplomate et juriste suédois Hans Blix estime aujourd’hui négligeable la probabilité que la guerre civile en Syrie débouche sur un risque nucléaire au Proche-Orient. En revanche, il tient pour improbable que le régime de la famille Assad soit à l’origine d’une utilisation de gaz innervant contre des populations civiles dans la grande banlieue de Damas.

Par RFI

Washington pense que vous êtes stupides – Paul Craig Roberts


troupeau-de-moutons-13762235Il y a un vieux dicton qui dit que si le gouvernement craint le peuple, il y a la liberté, mais si le peuple craint le gouvernement, il y a tyrannie. Les criminels à Washington, non seulement ne nous craignent pas, ils ne nous respectent pas. Washington voit les Américains comme un troupeau de moutons stupides.

Washington estime qu’il peut dire n’importe quoi à la population et les gens vont le croire. Par exemple, la ligne officielle est que la récession, qui a commencé en Décembre 2007, s’est terminée en Juin 2009. Beaucoup d’Américains le croient alors même qu’’ils n’ont pas personnellement vécu la reprise économique. En effet, ils s’enfoncent davantage dans la pauvreté et côtoient la misère.

Et n’oubliez pas ces armes de destruction massive qui n’existent pas et que Saddam Hussein a été accusé par Washington de posséder. Ou le faux événement du golfe du Tonkin lorsque Washington a affirmé que son navire avait été attaqué par le Nord-Vietnam. Oui, la liste des mensonges officiels est très longue. Toute personne qui croit tout ce que Washington dit est trop naïve pour qu’on la laisse sortir de chez elle toute seule. Mais les Américains croient aux mensonges, parce qu’ils pensent que le patriotisme l’exige.

S’appuyant sur la crédulité éprouvée de la majeure partie de la population américaine, Washington prétend avoir découvert un complot d’Al-Qaïda pour attaquer les ambassades américaines en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Pour déjouer le complot, Washington a fermé 19 ambassades pour le week-end passé et pour cette semaine aussi.

Washington n’a pas expliqué comment le fait de fermer les ambassades déjoue l’intrigue. Si Al-Qaïda veut faire sauter les ambassades, il peut les faire sauter qu’elles soient ouvertes ou fermées.

Si Al-Qaïda veut tuer le personnel de l’ambassade, ils peut les tuer chez eux ou sur le chemin du travail ou plus tard dans les ambassades lorsque l’alerte sera passée.

J’ai vérifié dans les médias presstitués afin de m’assurer que mon estimation actuelle de leur prostitution pour Washington était exacte. Peut-être aurais-je raté quelque expression de scepticisme quant à la dernière menace terroriste. Mais j’ai entendu le NPR (NDT : National Public Radio). Avant, dans les années Reagan, le NPR avait une voix indépendante. Aujourd’hui, il fait partie des médias presstitués. NPR ment pour Washington avec les meilleurs d’entre eux.

Les médias américains ont ignoré le fait évident que dès que la population américaine, le Congrès et les alliés marionnettes de Washington, comme l’Allemagne, ont posé sur la table la question de l’espionnage universel clairement anticonstitutionnel et totalement illégal de la NSA, le régime Obama a poussé le bouton de la peur et monté un nouveau complot terroriste dans le but de faire taire les critiques et de ramener le Congrès et l’Allemagne sur la ligne  droite

Washington a affirmé qu’une «menace» a été découverte qu’Al-Qaïda – une organisation qu’il utilise dans ses efforts pour renverser le gouvernement Assad en Syrie et celui dont les groupes affiliés en Afghanistan sont enrichis par des contrats militaires américains – va faire exploser des ambassades américaines au Moyen-Orient et Afrique du Nord. Washington n’a pas expliqué pourquoi al-Qaïda, récipiendaire des largesses de Washington, allait fermer le robinet de l’argent en attaquant les ambassades des États-Unis.

Je suis surpris que des bombes n’aient pas été déclenchées dans les ambassades afin de prouver la valeur de l’espionnage de l’Agence nationale Stasi, ainsi faire honte à ceux qui au Congrès et parmi les États de marionnette en Europe s’opposent à l’espionnage.

Si vous réfléchissez un instant à ses déclarations, vous constatez que Washington révèle son incapacité à bien monter un tel scénario de menaces inexistantes. Officiellement, les Etats-Unis sont en guerre contre Al-Qaïda depuis le 7 Octobre 2001. La «superpuissance» a dû faire face à quelques milliers d’hommes d’Al-Qaïda légèrement armés depuis près de 12 ans, et quel est le résultat?

Malgré ses affirmations d’avoir tué les hauts dirigeants d’Al-Qaïda, dont Oussama ben Laden lui-même, Washington a perdu la guerre. Al-Qaïda est devenu si puissant que non seulement ils combattent en Syrie contre Assad, avec l’aide des Etats-Unis, mais également ont empêché l’armée américaine d’occuper l’Afghanistan. Par ailleurs, en plus des succès militaires d’Al-Qaïda contre la «superpuissance» et le chaos qu’ils continuent à produire en Irak, Al-Qaïda est désormais si puissant qu’il peut faire fermer les ambassades américaines dans tout le Moyen-Orient et Afrique du Nord. La «menace» qui était censée renforcer la position de la NSA prouve en fait l’impuissance de Washington.

Nous ne pouvons que prier pour que bientôt Al-Qaïda ferme Washington lui-même. Imaginez le sentiment de libération américaine si Washington était simplement fermé, ou encore mieux s’il pouvait être recouvert d’une couverture magique du Pendjab et disparaître. Pour les 99 pour cent, et le reste du monde, Washington n’est rien d’autre qu’un oppresseur.

Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/2013/08/06/washington-thinks-you-are-stupid-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Washington est fou – Paul Craig Roberts


obama-tearing-constitutionAu 21e siècle la propagande vieille de deux cents ans selon laquelle les Américains contrôlent leur gouvernement a été complètement détruite. Tant l’administration Bush et les régimes d’Obama ont clairement montré que  les Américains n’ont pas la moindre influence, encore moins de contrôle, sur le gouvernement. Tant que Washington est concerné, les gens ne sont que fétus de paille.

Les sondages montrent que 65% de la population américaine s’opposent à l’intervention américaine en Syrie. Malgré cette indication claire de la volonté du peuple, le régime Obama est en train de concocter un cas de propagande pour armer encore plus les mercenaires de Washington envoyés pour renverser le gouvernement laïque syrien et pour imposer une « zone d’exclusion aérienne » sur la Syrie, qui, si l’on se réfère à la Libye,, signifie que les avions des Etats-Unis ou de l’OTAN vont attaquer l’armée syrienne au sol, servant ainsi de forces aériennes aux  mercenaires importés par Washington, pudiquement appelés «rebelles syriens. »

Washington a déclaré il y a quelque temps que la «ligne rouge» qui amènerait la Syrie sous l’attaque militaire de Washington était l’utilisation par le gouvernement Assad d’armes chimiques de destruction massive contre les mercenaires de Washington. Une fois que cette annonce a été faite, toute personne avec un cerveau savait immédiatement que Washington fabriquerait de faux renseignements certifiant que Assad avait utilisé des armes chimiques, tout comme Washington a présenté aux Nations Unies le mensonge intentionnel, par le secrétaire d’État Colin Powell que Saddam Hussein en Irak avait des armes dangereuses de destruction massive. Rappelez-vous l’image de la National Security Advisor Condi Rice de « champignon atomique sur les villes américaines? » Les mensonges propagandistes étaient les ordres du jour de Washington.

Et ils le sont toujours. Maintenant, Washington a fabriqué le faux renseignement, et le président Obama a annoncé avec un visage impassible, que Assad de Syrie a utilisé du gaz sarin à plusieurs reprises et que, entre 100 et 150 personnes « de son propre peuple », un euphémisme pour les mercenaires étrangers fournis par les Etats-Unis , ont été tués par les armes de destruction massive.

Réfléchissez à ça une minute. Aussi malheureuse que puisse être toute mort dans une guerre, peut-on appeler  100-150 décès « destruction massive » ?  Selon les estimations les plus faibles, l’invasion des mercenaires étrangers parrainés par les Etats-Unis en Syrie a coûté 93.000 vies, au regard desquelles 150 décès représentent 0,0016%. Si on arrondit vers le haut, les 150 décès de Washington reviennent à deux millièmes de un pour cent.

En d’autres termes, 99,998% des décès n’ont pas franchi la « ligne rouge ». Mais le 0.002% (arrondi) l’ont fait.

Oui, je sais. La position de Washington n’a pas de sens. Mais quand a-t-elle jamais eu un sens?

Nous allons élargir notre esprit un tout petit peu et pousser plus loin. Assad sait que Washington a fixé une « ligne rouge ». Cela a été répété maintes et maintes fois dans le but de créer dans l’esprit du public américain distrait qu’il y a un motif réel et valable pour attaquer la Syrie. Pourquoi  Assad utiliserait des armes de destruction massive interdites pour tuer une infime poignée de 100-150 mercenaires américains alors que son armée est en train de les balayer sans l’utilisation du gaz, et quand Assad sait que l’utilisation du gaz jetterait l’armée américaine contre lui ?

Comme l’a énoncé clairement le gouvernement russe, l’accusation de Washington n’est pas crédible. Aucune personne informée ne pourrait le croire. Sans doute, beaucoup d’Américains portant leur patriotisme sur leurs manches tomberont pour le dernier mensonge de Washington, mais personne d’autre dans le monde ne le fera. Même les marionnettes de l’OTAN de Washington appelant à attaquer la Syrie savent que la justification de l’attaque est un mensonge. Pour les marionnettes de l’OTAN, l’argent de Washington submerge l’intégrité, pour laquelle les récompenses sont faibles.

Les Russes le savent pertinemment que Washington ment. Le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov a déclaré: «Le gouvernement [d’Assad], comme le dit ouvertement l’opposition, connaît un succès militaire sur le terrain. Le régime [d’Assad] n’est pas au pied du mur. Quel sens y a-t-il pour le régime d’utiliser des armes, surtout pour si peu « .

Lavrov est une personne relativement civilisée dans le rôle de diplomate principal de la Russie. Toutefois, d’autres responsables russes peuvent être plus rudes dans leur rejet des derniers mensonges flagrants de Washington. Yury Ouchakov, un collaborateur du président russe Vladimir Poutine a déclaré: « Les Américains ont essayé de nous présenter des informations sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime [de Assad], mais à vrai dire, nous avons pensé que ce n’était pas convaincant. Nous ne voudrions pas invoquer les références au [aux mensonges infâmes du] Secrétaire d’État Colin Powell [à l’ONU accusant l’Irak pour les  ADM], mais les faits ne semblent pas convaincants à nos yeux. « Aleksey Pushkov, le président de la commission des affaires étrangères de la Douma russe, va droit au but. «Les données sur l’utilisation par Assad d’armes chimiques sont fabriquées par le même établissement qui produisit les mensonges sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein. Obama est en train de marcher sur les pas de George W. Bush « .

Ici, en Amérique personne n’entendra jamais  parler aussi franchement de la part des médias presstitués américains.

Le double langage Orwellien est aujourd’hui la langue du gouvernement des États-Unis. Le  Secrétaire d’Etat John Kerry a accusé Assad de nuire aux «pourparlers de paix», pendant  que les Etats-Unis arment ses mercenaires syriens.

Le double langage de Washington est maintenant évident pour le monde entier. Non seulement Assad, mais aussi les Russes, les Chinois, les Iraniens, ainsi que chaque état marionnette de l’Amérique, ce qui inclut tout l’OTAN et le Japon, sont pleinement conscients que Washington est à nouveau en train de mentir comme un arracheur de dents. Les Russes, les Chinois et les Iraniens essaient d’éviter la confrontation avec Washington, car une guerre avec les armes nucléaires modernes détruirait toute vie sur la planète Terre. Ce qui est frappant, c’est que malgré 24/7 de lavage de cerveau par les presstitués, une grande majorité de la population américaine s’oppose à la guerre d’Obama contre la Syrie.

Ce sont de bonnes nouvelles. Cela signifie que plus d’Américains développent leur capacité de penser indépendamment des mensonges que Washington leur sert.

Ce que les nazis néo-conservateurs, le régime de Bush / Obama et les médias presstitués ont montré clairement, c’est  que Washington va pousser son ordre du jour de l’hégémonie du monde au point  de démarrer la Troisième Guerre mondiale, qui, bien sûr, signifie la fin de la vie sur terre.

La Russie et la Chine, l’un comme l’autre pouvant détruire les Etats-Unis, ont appris que le gouvernement américain est un menteur et qu’il n’est pas fiable. La politique « no-fly» libyenne, à laquelle la Russie et la Chine avaient souscrit s’est avérée être une attaque aérienne de l’OTAN sur l’armée libyenne de sorte que les mercenaires parrainés par la CIA puissent l’emporter.

La Russie et la Chine, ayant  appris leur leçon, protestent contre l’agression de Washington contre la Syrie que Washington prétend être une «guerre civile». Si la Syrie tombe, la Russie et la Chine savent que l’Iran est à côté.

L’Iran est le ventre de la Russie et, pour la Chine l’Iran c’est 20% de ses importations d’énergie. Les deux gouvernements russes et chinois savent que si l’Iran tombe, ils seront les suivants. Il n’y a pas d’autre explication du fait que Washington encercle la Russie avec des bases de missiles et la Chine avec des bases navales et aériennes.

La Russie et la Chine se préparent maintenant à la guerre qu’ils voient comme inévitable. La folle et démente course de Washington pour l’hégémonie mondiale mène les américains sans méfiance vers la confrontation contre deux pays possédant des bombes à hydrogène et dont la population combinée est de cinq fois la population américaine. Dans un tel conflit tout le monde meurt.

Compte tenu de la folie totale du gouvernement à Washington, si la vie humaine existe en 2020, ce sera un miracle. Toutes les inquiétudes sur l’avenir de Medicare et les déficits de la sécurité sociale n’ont pas de sens. Il n’y aura personne ici pour recueillir les bénéfices.

Addendum : Si le rapport ci-dessous à partir de RT est exact, il semble évident que les locataires ignorants et diaboliques de Washington, DC, conduisent le monde vers la troisième guerre mondiale :https://avicennesy.wordpress.com/2013/06/18/liran-va-deployer-4-000-hommes-en-syrie-alors-que-larmee-americaine-devrait-rester-en-jordanie/

Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Qui veut la tête d’Erdogan ?


Turquie576773Des révolutions de couleur, des printemps révolutionnaires, on commence à en avoir l’habitude. De la mascarade de Roumanie qui a fait tomber et assassiner Ceausescu à la comédie de Damas responsable d’une guerre encore en cours, nous avons appris beaucoup de ces révolutions toutes accompagnées de leurs snipers en mission commandée et de leurs meneurs professionnels, secondés par les technologies modernes de communication. Toutes ont visé à faire tomber un régime. Avec le recul, on a toujours fini par constater que ces ‘’révolutions’’ n’avaient de révolution que le nom, et que c’était toujours les mêmes manipulateurs qui tiraient les ficelles.

Comment alors ne pas se poser des questions devant chaque nouvelle autre révolution ? Ne pas le faire c’est penser que les précédentes manipulations n’étaient que des accidents conjoncturels. Or tout le monde sait que ce n’est pas le cas. On pourrait, également penser que ces mouvements populaires ne sont dirigés que contre des ‘’dictateurs’’, c’est à dire contre des régimes non amis de l’occident.  Les évènements récents nous ont montré qu’il n’en était rien. De grands amis tels que Ben Ali ou Moubarak ont été balayés en moins de deux, alors que tout le monde pensait qu’ils disposaient de soutiens solides. Kadhafi et Al Assad aussi étaient reçus en amis peu avant de se recevoir un coup de poignard dans le dos. Que dire de ce très grand ami que fut Saddam Hussein que l’on a amicalement poussé à envahir le Koweït pour mieux l’anéantir. Certaines amitiés sont mortelles.

Dans la marche du monde, l’amitié n’a jamais été protectrice. Elle ne le sera pas plus pour Erdogan qu’elle ne l’a été pour toutes ces personnes qui, du jour au lendemain, se sont retrouvées avec le titre de ‘’ plus grand dictateur de tous les temps’’. Fera-t-il partie du lot de ces nombreux ‘’amis’’ sacrifiés au nom des intérêts supérieurs de l’oligarchie ? Personne ne le sait encore, pour le moment. Seul l’avenir nous le dira. Mais l’on sait déjà que dans ces cas-là, l’appui des autres dirigeants mondiaux, fussent-ils  les plus puissants, ne changera rien à l’affaire. Ils pourront tout juste l’accompagner dans sa chute pour qu’elle soit moins douloureuse. On se rappelle Hosni Moubarak. On prend ici la mesure du pouvoir réel des présidents, comme s’ils n’étaient là que pour la mise en œuvre des programmes déjà décidés ailleurs et par d’autres.

Si les manifestations continuent – et elles n’ont pas l’air de vouloir se calmer, il y a de bonnes chances pour qu’Erdogan aille retrouver d’autres copains au cimetière des dictateurs, le Qatar ou éventuellement l’Arabie Saoudite, ou le bizutage risque d’être dur, vu l’appui qu’il a fourni pour la chute de certains d’entre eux. Qu’a-t-il bien pu faire pour mériter la disgrâce ? Ou peut-être, que n’a-t-il pas fait ? Lui reproche-t-on l’échec de la Syrie ? Ou d’avoir gardé deux fers au feu en maintenant des liens avec l’Iran ? Ou encore sa position vis-à-vis des gisements de gaz au large de Chypres ? On peut rajouter que beaucoup de grands projets, dans lesquels la Turquie tenait un rôle essentiel, ont capoté. C’est le cas par exemple du projet du gazoduc Nabucco, mis à mal par Gazprom, ou du projet  de percement du canal reliant la Mer de Marmara à la Mer Noire. (Voir l’article sur le remodelage de l’Europe Centrale et l’Europe de l’Est).

Comme souvent dans les changements de régimes, nous ne saurons rien avant de voir qui va être mis à sa place. Parfois il faut même attendre un certain temps, après les premières actions du nouvel arrivant, pour avoir une idée des causes de la destitution de l’ancien ‘’dictateur’’. En attendant, les évènements s’enchaîneront de manière logique, et personne n’aura rien vu venir. Pourtant, il existe des signes qui montrent que ces manifestations ne sont pas anodines. Outre que ce que nous savons de ce type de révolte-révolution, un autre évènement  noyé dans l’actualité turque devrait nous interpeler. Les attentats survenus il y a un mois à Reyhanli. Devant la cacophonie des déclarations, j’avais alors émis, dans un article à chaud, l’hypothèse qu’il pourrait y avoir des luttes internes au sein de l’élite turque.  Les médias n’en parlent presque plus et sont passés à autre chose : les manifestations. Les deux évènements, à moins d’un mois d’intervalle, pourraient bien être liés, ne serait-ce que parce que les révolutions et les attentats sont souvent manipulés et téléguidés. Il ne serait donc pas étonnant qu’une même main soit derrière tout ce qui se passe en Turquie.

Un autre signe, indirect celui-là, est la façon dont les médias traitent le sujet. Il est étonnant de constater comment Erdogan est subitement devenu ‘’orgueilleux’’, ‘’autoritaire’’, ‘’convaincu d’avoir été choisi par Dieu pour diriger la Turquie’’, ‘’formé dans le parti islamo-nationaliste extrémiste’’,  ‘’coupé de l’opinion, devenu incapable d’en saisir les humeurs’’, etc… Il n’est pas encore devenu un dictateur, mais le matériau est déjà en place. (Voir article Rue 89). Certains journaux insistent déjà sur le lâchage dont il a fait l’objet lors de son voyage au Maroc (où il n’a pas été reçu par le roi Mohamed VI) et en Tunisie (où il a fait face à l’hostilité de la foule). Pour faire bonne mesure, certains parlent de ‘’régime poutinien’’. Pourquoi se gêner quand on peut en avoir deux pour le prix d’un.

Quels que soient ceux qui veulent la peau d’Erdogan, ils travaillent sur du velours.  Le premier ministre turc a réussi l’exploit de se faire haïr par à peu près tout le monde, y compris par ceux qui l’adulaient et le mettaient sur un piédestal il y a à peine deux ans. S’il était submergé par la révolution, peu de gens le pleureront. Mais l’oligarchie aura gagné, encore une fois.

Avic

Bluff hollywoodien à Pyongyang


Par Valentin Vasilescu

Péninsule coréenneBien que la Corée du Nord soit 20 fois plus pauvre que le sud (en terme  de revenu par habitant), la valeur des gisements de la Corée du Nord est 3 fois supérieure au coût total estimé de la réunification. Dès le premier jour de l’unification, la technologie moderne sud-coréenne trouverait de nouveaux débouchés, grâce en particulier à une main d‘œuvre abondante, bon marchée  et bien formée, lui permettant de hisser son économie au niveau de celle du Japon et de concurrencer les Etats-Unis au niveau mondial. En fusionnant leurs matériels militaires l’armée des deux Corée deviendrait  la 5ème  armée du monde, avec un potentiel technologique qui transformerait la Corée unifiée en un acteur majeur dans le Sud-Est asiatique.

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Les menteurs professionnels s’en prennent à Téhéran


Pepe Escobar (Asia Times)

obama-israel-400x266Oncle Marx n’avait jamais pensé à cela : l’Histoire se répète comme seconde tragédie après d’abord avoir été une farce. Examinons un cas d’espèce.

Obama et Netanyahu : criminels et menteurs…

Tout d’abord, jetez un coup d’œil rapide sur cet article du Wall Street Journal daté de septembre 2002, au moment de la course hystérique pour envahir l’Irak.

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Guerres et paix


can-stock-photo_csp3241618Il y a eu la guerre d’Afghanistan, suivie peu après par la guerre d’Irak. Il y a eu ensuite la guerre de côte d’Ivoire, puis celle de Libye. Aujourd’hui on a la guerre en Syrie et au Mali. Nous n’en sommes qu’au début du siècle, et pourtant, nous avons démoli et massacré autant, sinon plus, que pendant les 50 dernières années du siècle dernier. Et on nous dit que nous vivons dans une période de paix. Nous avons fini par nous persuader que nous sommes en paix depuis bientôt 70 ans. Je n’ose imaginer ce que ce sera le jour où nous ne serons plus en paix.

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Irak : dix ans après


Tuer c’est gagner.

Par Dr. Paul Craig Roberts

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19 mars 2013. Il y a dix ans aujourd’hui, le régime Bush envahissait l’Irak. On sait maintenant  que la justification de l’invasion était un paquet de mensonges orchestrés par le régime néoconservateur de Bush dans le but de tromper l’Organisation des Nations Unies et le peuple américain.

Le secrétaire d’Etat américain de l’époque, le général Colin Powell, a exprimé ses regrets d’avoir été utilisé par le régime de Bush pour tromper l’Organisation des Nations Unies avec de faux renseignements sur ce que les régimes Bush et Blair savaient être faux. Mais les ignobles médias « presstitués » ne se sont pas excusés auprès du peuple américain d’avoir servi de ministère de la propagande et du mensonge dans le régime corrompu de Bush.

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Irak : Tout ça pour rien


Agnès GRUDA

L’aviation américaine bombarde Bagdad, le 20 mars 2003
L’aviation américaine bombarde Bagdad, le 20 mars 2003

Il faisait encore nuit, à Bagdad, quand une pluie de missiles s’est abattue sur la ville, au petit matin du 20 mars 2003. Les États-Unis venaient de lancer leur guerre contre l’Irak, aidés par une poignée de pays, dont la Grande-Bretagne. Lire la suite Irak : Tout ça pour rien

Après Chavez, qui sera le nouveau « diable » ?


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« Ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont ». On entend cette formule presque à chaque enterrement. Elle est tellement utilisée qu’elle en a perdu son sens, pour ressembler à ces expressions que l’on place quand on n’a plus rien à dire. Mais, aujourd’hui, elle est pleinement vraie. Avec la disparition de Hugo Chavez, précédée de peu par celle de Stéphane Hessel,  la formule reprend son sens. Ces deux hommes avaient un point commun : un grand amour de l’humanité. Oui, ça existe. Et ça étonne certains. Ca les hérisse même, car aimer l’Homme c’est ne pas accepter qu’on lui fasse du mal. Chavez et Hessel étaient tous deux des défenseurs des plus faibles. Ils voulaient le bonheur et la liberté pour tous. A leurs yeux, la liberté est un bien et un droit universel, non pas seulement  pour les individus, mais également pour les peuples, tous les peuples.

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Principes élémentaires de propagande de guerre ou Les dix commandements sans lesquels nos guerres sembleraient injustes


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Les dix « commandements » sont avant tout une grille d’analyse qui se veut pédagogique et critique. Elle n’a pas pour but de prendre parti, ou de prendre la défense des « dictateurs », mais de constater la régularité de ces principes dans le champ médiatique et social. Au ban des accusés, on retrouve tant les vaincus que les vainqueurs.

Principes élémentaires de propagande de guerre, (utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède…) est un livre de Anne Morelli paru en 2001, réédité en 2010 pour compléter la première édition avec les guerres d’Irak et d’Afghanistan, ainsi qu’une analyse du discours d’Obama « Prix Nobel de la paix ».

« Je ne tenterais pas de sonder la pureté des intentions des uns ou des autres. Je ne cherche pas ici à savoir qui ment et qui dit la vérité, qui est de bonne foi et qui ne l’est pas. Mon seul propos est d’illustrer les principes de propagande, unanimement utilisés, et d’en décrire les mécanismes. » [1] Il est néanmoins indéniable que depuis les dernières guerres qui ont marqué notre époque (Kosovo, guerre du Golfe, Afghanistan, Irak) ce sont nos démocraties occidentales et le champ médiatique qui leur correspond qui sont mis en question.

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