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L’Afrique toujours plus armée


Tribune libre Résistance

Rwandan weapons burn near the Rwandan capital of Kigali April 14, 2005. Rwanda burnt a heap of guns,..Oubliés l’Amérique du sud, le Proche-Orient et l’Asie du sud-est : les sociétés d’armement s’attaquent désormais au continent africain. Les marchands de mort, toujours plus dépendants des exportations en raison des coupes claires dans les budgets de la défense des pays occidentaux, se sont créés un nouvel horizon là où les guerres sont légions… et où de nouvelles ressources sont régulièrement découvertes. Selon l’hebdomadaire Defense News, les dépenses militaires en Afrique dépasseront les vingt milliards de dollars durant la prochaine décennie.

 

Les raisons d’un tel boom sont multiples. En premier lieu, le potentiel offert par les armées du continent noir, qui représente 20 % des terres émergées. Depuis le processus de décolonisation qui a connu son point culminant dans les années soixante, l’Afrique a connu plus de rébellions, de coups d’État et de guerres civiles que n’importe quelle autre région du monde. Selon le programme de recherches étasunien Correlates of War, on y a dénombré au cours des soixante dernières années vingt-cinq conflits armés et cent-vingt-sept guerres civiles qui ont coûté la vie à quelque vingt millions d’êtres humains. Les personnes déplacées se comptent quant à elles par milliers… et les blessés par dizaines de millions. Nombre de ces conflits, appelés « guerres oubliées » car inconnues du grand public, se déroulent encore aujourd’hui en Afrique.

 

Depuis soixante ans, les ex-puissances coloniales ont aidé telle ou telle guérilla dans l’espoir bien évidemment d’un retour sur investissement. La situation semble avoir connu un tournant après le 11 Septembre : les efforts des Occidentaux se sont alors portés sur le renforcement des armées nationales africaines pour lutter contre le terrorisme international qu’ils avaient par ailleurs contribué à faire naître en Asie. Cette politique fit l’effet d’une véritable étincelle en Afrique. Mais le chaos semé sur le continent le plus riche en ressources naturelles constitua paradoxalement un terrain fertile pour leurs actions. La corne de l’Afrique et le Sahel, où s’est implanté al-Qaïda, sont les zones de prédilection des États-Unis et de l’Europe dans leur « stratégie antiterroriste ». Des études ont révélé que ce terrain sensible recélait d’importants gisements de gaz et de pétrole.

 

Les Nations africaines, explique un analyste du marché des armes cité par Defense News, disent avoir besoin de moyens modernes et d’une forte puissance de feu pour lutter contre les milices de toutes sortes qui constituent désormais un fléau de part et d’autre de l’Afrique. Dans un article de la revue Oxford Analytica, on note que les armées sub-sahariennes connaissent une période de croissance extraordinaire, malgré une propagation continue de la pauvreté dans la société civile. Selon cette même revue, la cause est à chercher dans les opérations de maintien de la paix financées par de riches donateurs étrangers : « depuis 2001, les armées africaines ont profité d’un apport extérieur à un niveau jamais vu depuis la Guerre froide ». Sont particulièrement concernés l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda et le Nigéria. « Les programmes européens et étasuniens, peut-on encore lire dans la revue, ont financé plusieurs initiatives visant à stabiliser et consolider la démocratie, mais les résultats sont malheureusement très mitigés sur le terrain ».

 

Le besoin pour les pays africains d’être mieux formés et armés jusqu’aux dents est né, selon l’analyse, par « la perception des risques élevés pour la sécurité ». La raison réside principalement, on peut s’en douter, dans les ressources récemment découvertes. « La ruée vers le marché de la défense africain vient tout juste de commencer », explique le colonel Joseph Sibanda, officier en retraite de l’armée du Zimbabwe. Il estime que des pays comme le Mozambique, ancienne colonie portugaise en plein boom gazier comme la Tanzanie voisine, l’Ouganda et le Kenya, devront rediriger leurs besoins de défense vers la protection de leurs gisements de pétrole et leurs infrastructures de gaz on-shore et off-shore. « Les avions militaires, les véhicules blindés et les systèmes d’artillerie devront être modernisés afin de répondre aux nouvelles menaces qui planent sur leur sécurité », poursuit-il.

 

L’Afrique du sud, un des rares pays africains à disposer d’une industrie de défense, est aux anges. La survie du pays mais aussi sa force étaient dus à d’étroites collaborations entretenues avec l’État juif. Mais les relations entre les deux pays se sont faites plus lâches depuis la fin de la politique d’apartheid. Aujourd’hui, la plus grande économie d’Afrique pourrait bien être l’une des bénéficiaires de la mise à niveau majeure de l’équipement des forces armées du continent. Et les bénéfices tirés de ce sombre commerce se feront à l’encontre des populations civiles que les guerres décimeront, appauvriront, exileront… comme d’habitude.

Capitaine Martin

Passation de pouvoir au Sahel


etats-fragiles-sahel-L-0rLJSLPendant qu’au Mali M. Dioncounda Traoré va passer la main au nouveau président élu Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), en attendant tranquillement son futur poste dans l’un des organismes des instances internationales (en récompense de ses bons et loyaux services), une autre passation de pouvoir se passe en ce moment, mais cette fois à l’échelle de la région. En effet, il a été décidé de regrouper les deux grandes entités, formées elles-mêmes de plusieurs groupes disparates éparpillés dans tout le Sahel, de la Mauritanie au Tchad, affublées de différents noms sous forme d’initiales, et qui n’avaient qu’une seule raison d’être : terroriser. Terroriser qui ? Ce n’était pas très clair. Tantôt c’était les touristes amoureux du désert, avec quelques enlèvements lucratifs. D’autres fois c’était les intérêts de la France qui étaient visés. Dans quelques autres cas c’était les gouvernements locaux (et leurs armées) qui étaient leurs cibles. Parfois certains d’entre eux cherchaient à se créer des fiefs-émirats où ils pourraient donner libre cours à leur passion pour la charia. Mais ils avaient tous un point commun qui était la base de tous leurs actes : la haine de l’Occident. Les rapts de promeneurs solitaires, les raids contre les armées locales, les explosions de bombes artisanales dans les marchés des capitales régionales, les profanations de mausolées, bref, toutes les actions du parfait terroriste digne de cette appellation, c’était pour embêter l’Occident.

Ils viennent enfin de comprendre qu’ils menaient une lutte commune. Il se trouve que, d’une part leur terrain de jeu favori, le Mali vient de terminer sa pacification par une élection en bonne et due forme (sans aucune contestation du perdant, c’est dire !) et, d’autre part, le grand chef des « Moulethemounes », Mokhtar Bel Mokhtar, dit Bellawar (Le Borgne), veut prendre sa retraite.

Qui est Mokhtar Bel Mokhtar ? La prise d’otage d’In Amenas, en Algérie, c’est lui. Après ce triste exploit où 42 otages furent tués, il gagne son titre du terroriste le plus recherché dans le Sahel. La tête de notre ex-« mister Marlboro » (pour ses trafics de cigarettes dans le Sahara)  est mise à prix. Les Etats-Unis (qui d’autre ?) en fixent le prix : 5 millions de dollars. Après avoir été tué par l’armée Tchadienne, pour ressusciter presque aussitôt, on lui attribue l’attaque d’AREVA au Tchad ainsi qu’un raid contre l’armée tchadienne en Mai dernier, avec une vingtaine de morts à la clé côté tchadien. Comme pour Ben Laden, personne ne l’a vu depuis avant sa première mort, mais son implication dans les attentats fait l’unanimité dans les … médias s’appuyant sur des revendications sur cassettes.

C’est donc le groupe de ce Mokhtar Bel Mokhtar qui va fusionner avec le MUJAO (Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest). Dans un communiqué, diffusé par l’Agence mauritanienne Nouakchott information (ANI), et signé par Mokhtar Bel Mokhtar et le Touareg Ahmed Ould Amer, connu sous son nom de guerre « Ahmed Telmissi », qui dirige le Mujao, les deux chefs indiquent avoir décidé de céder la direction du nouveau mouvement à une « autre personnalité ». La nouvelle fusion, qui porte désormais le nom de Al Mourabitoune, ou Almoravides, aurait été confiée à un vétéran d’Afghanistan qui a combattu au Nord du Mali, dont l’identité n’est pas encore connue.

Suivent ensuite, dans le communiqué, les menaces habituelles surtout vis-à-vis de la France, avec la promesse de défaire son armée, etc… Ce qui obligera l’Armée Française à rester sur place pour protéger la civilisation contre ces barbares, et à renforcer la vigilance dans les gares, les aéroports et les lieux publics, dans sa lutte sans merci contre le terrorisme. De leur côté, les américains ne pourront faire autrement que renforcer, eux aussi, leurs bases locales et donner plus de moyen à Africom au nom du ‘’war on terror’’.

Avic

Sahel: l’armée algérienne abat un drone au Nord-Mali


Soldats de l’armée algérienne. Depuis quelques temps, l’armée algérienne a dépêché d’importants renforts militaires aux frontières avec le Mali, la Libye et la Tunisie pour parer à toute infiltration terroriste transnationale. Cette armée étudie minutieusement depuis 2003 les réactions des armées serbe, irakienne, libyenne et syrienne au cours des conflits ayant affecté les Balkans, le Caucase et la région du Proche-Orient pour en tirer "des leçons"…
Soldats de l’armée algérienne. Depuis quelques temps, l’armée algérienne a dépêché d’importants renforts militaires aux frontières avec le Mali, la Libye et la Tunisie pour parer à toute infiltration terroriste transnationale. Cette armée étudie minutieusement depuis 2003 les réactions des armées serbe, irakienne, libyenne et syrienne au cours des conflits ayant affecté les Balkans, le Caucase et la région du Proche-Orient pour en tirer « des leçons »…

Selon des indications recueillies et des informations rapportées par le quotidien arabophone algérien Ennahar,  une unité de l’armée algérienne stationnée dans l’extrême Sud de l’Algérie a abattu dans la nuit du vendredi 28 juin 2013 un drone non identifié au dessus du territoire malien.

D’après les mêmes sources, le drone abattu par la DCA algérienne se serait trop rapproché des frontières algériennes en « émettant des signaux électromagnétiques qualifiées d’hostiles, visant selon toute vraisemblance à sonder le dispositif de guerre électronique de l’armée algérienne » à la frontière avec le Mali.

Le drone a été détecté par des moyens électroniques, très probablement avec l’aide d’un avion spécialisé dans la guerre électronique  et son approche offensive a déterminé sa destruction par l’armée algérienne.

Le drone dont on prend bien soin de ne pas préciser la nationalité, a été neutralisé au-dessus du territoire malien à 130 kilomètres de la localité algérienne de Timiaouine, située sur la bande frontalière entre les deux pays.

Aussitôt le drone abattu (aucune précision sur le type d’arme utilisée mais nos sources écartent l’usage d’un système Pantsir-1 et ont encore été moins loquaces sur le type du drone ciblé), des commandos spécialisés dans la lutte anti-terroriste ont rapidement pénétré en territoire malien et sécurisé le site du crash de l’appareil  sur un périmètre de 15 kilomètres. L’épave et les débris du drone abattu ont été récupérés par une unité spéciale et ramenés en Algérie où un avion de transport militaire les attendait pour une direction inconnue.

Depuis quelques années, l’armée algérienne, rendue de plus en plus nerveuse par un encerclement stratégique du pays coïncidant avec une période politique sensible,  focalise ses efforts dans la guerre électronique et les techniques de contre-mesures électromagnétiques et ce, après avoir étudié de près les causes de la faillite de certaines armées de la région dans des conflits récents.

Peu avant l’intervention de la France au Mali, de grandes pressions internationales ont été exercés sur Alger pour qu’il envoie son armée chez son voisin du Sud pourchasser les groupes terroristes. Mais les Algériens ont refusé toute intervention de leur armée en dehors de leurs frontières.

Il y a quelques mois, l’armée algérienne a fait savoir au précédant  ministre tunisien de l’intérieur Ali Laarayedh via un interlocuteur civil que si la Tunisie ne passait pas à l’action contre les maquis islamistes implantés à Djebel Chaambi dans la localité de Kasserine, il n’était pas du tout exclu que l’armée algérienne intervienne en profondeur sur le sol tunisien.  Le ministre Algérien chargé de transmettre ce message a souligné qu’en général l’Algérie est un pays pacifique mais qu’en cas de montée en puissance des menaces terroristes, un recours à des moyens peu orthodoxes est toujours possible.

Enfin, une grande partie du haut commandement de l’armée algérienne regrette aujourd’hui le fait de ne pas avoir intervenu en Libye et prendre Tripoli au cours de la guerre civile ayant secoué ce pays en 2011.  Cela aurait pu empêcher la création dans le Sud libyen autour de la passe du Salvador d’un Etat de facto  dirigé aujourd’hui par le chef de guerre Algérien Mokhtar Belmokhtar!

http://strategika51.wordpress.com/2013/07/01/sahel-larmee-algerienne-abat-un-drone-au-nord-mali/

Algérie : attention, danger


Djamel-Okacha2A voir le danger partout, certains pourraient dire que cela frise le pathologique, la paranoïa. Mais l’expérience est là pour montrer que dans 100% des cas certains évènements aboutissent toujours aux mêmes conclusions, pour la bonne raison que ce sont les conclusions elles-mêmes qui déterminent les évènements. Il s’agit, bien sûr du terrorisme.

On n’en est plus au temps où, rien qu’à l’énoncé du mot ‘’terrorisme’’, on renonçait à prendre le métro ou annulait sa réservation d’avion. C’était le temps où les terroristes terrorisaient les honnêtes gens. Ce temps est révolu. Aujourd’hui ils n’empêchent plus personne de dormir. Ici en tout cas. Une autre réaction a pris place. On se demande plutôt où les terroristes vont frapper, pour savoir quel pays va être envahi. Tous les cas de terrorisme ‘’islamistes’’ se sont, jusqu’ici, soldés par une invasion ou, au minimum par un changement de régime. Forts de cette expérience, chaque nouvel attentat nous placerait plutôt dans une position de pronostiqueur.

Ainsi, quand on voit, de nouveau, que les terroristes du Sahel sont en train d’installer leurs tentes en Algérie, ne peut qu’inquiéter. Ça commence toujours par une annonce faite par un grand média, qui sera progressivement reprise par les confrères, et amplifiée ensuite. Cette fois c’est  Le Nouvel Obs qui s’y colle, repris par Libération. Selon l’article de Libé, les otages français du Sahel ont été transférés en Algérie.

Pourquoi ?  Parce que le nouveau chef (il y en a tellement !) est algérien. L’ancien chef de ce groupe (combien y a-t-il de groupes ?), Abou Zeid, est enfin mort officiellement, d’après une déclaration faite par l’AQMI le 16 Juin 2013. Il fait partie de ces terroristes qui ne peuvent mourir officiellement que quand on n’a plus besoin d’eux, et seulement lorsqu’on leur a trouvé un successeur pour le programme suivant. Pour ce qui le concerne, le Président Tchadien, Idriss Déby, avait annoncé, dès le 1er Mars,  sa mort dans des combats qui ont eu lieu le 22 février et au cours desquels plusieurs soldats tchadiens avaient été tués. Notons que c’est à la même période que ‘’mourait’’ aussi l’autre grand terroriste, autre chef d’un autre groupe, Mokhtar Belmokhtar, qui a ‘’ressuscité’’ depuis. Personne ne sait où il se cache, mais est-ce vraiment important ? L’essentiel c’est que, de temps à autre, il se manifeste par vidéo ou audio, ou que quelque témoin en vadrouille dans le désert témoigne l’avoir entraperçu. Même mort, il peut bien faire ça, non ? On ne lui en demande pas plus.

Pour aujourd’hui l’intérêt s’est déplacé vers un autre personnage. Il s’appelle Djamel Okacha. Nom de guerre (il en faut toujours un) : Yahia Abou El-Hammam. C’est le nouveau chef du GSPC (Groupe salafiste pour la Prédication et le Combat). Il déménage en Algérie, avec armes, bagages et otages.

Des terroristes qui débarquent dans un pays, ça signifie des perspectives sombres pour ce pays. Deux situations peuvent se présenter.

Soit le pays en question est du bon côté. Les terroristes sont alors des ‘’invités’’, en vue de taquiner le voisin. Mais, dans ce cas il faut jouer le jeu à 100%. A aucun moment il ne sera question d’hésitations ou de revoir tel ou tel point dans sa position. Ceux qui en douteraient peuvent demander des éclaircissements à Erdogan. Quand on s’engage dans cette voie, c’est jusqu’au bout, et même plus, sous peine de se retrouver avec une révolution chamarrée que l’on n’aura vu venir de nulle part. Elle pourrait surgir d’une crise politique ou sociale, d’un arbre coupé, ou d’un chat écrasé.

L’autre situation, c’est quand le pays ‘’hôte’’ est du mauvais côté. La situation est encore plus limpide. Le mot ‘’terroristes’’, ne serait,  dans ce cas, que l’autre appellation des forces spéciales.

Dans un cas comme dans l’autre, la présence annoncée des terroristes du Sahel en Algérie a de quoi préoccuper, d’autant plus qu’ils arrivent, avec déjà dans leurs bagages, le futur alibi, les otages, qu’il faudra bien libérer un jour d’une manière ou d’une autre.

Que va faire le gouvernement algérien ? Car l’affaire est complexe. Il a déjà montré par le passé qu’il savait comment traiter le terrorisme. Mais, dans le cas présent, il se peut qu’il n’y ait aucun terroriste sur son sol. Seule l’annonce de sa présence suffit. Comment lutter contre le virtuel ?

Je me trompe peut-être et je l’espère. Mais les migrations de terroristes n’ont jamais été anodines. A suivre donc.

Avic

Hollande couronné à l’Unesco : la Françafrique célèbre la paix en répandant la guerre


prix_houphouet_boigny_hollande_274801403François Hollande recevra mercredi le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. A travers ce prix de l’UNESCO, c’est un triple hommage qui est rendu par la Françafrique à son parrain feu- le président kleptocrate ivoirien, à la guerre comme résolution des conflits, et aux dictateurs « [amis de la France » qui entoureront le Président français.

Pour l’association Survie, la remise de ce prix au Président français est révoltante à plusieurs titres.

En premier lieu, l’intitulé de ce prix, décerné chaque année par l’UNESCO, et l’hommage ainsi rendu à Houphouët-Boigny apparaissent tout à fait scandaleux si l’on se réfère au rôle joué par cet ancien président ivoirien dans le sabotage des projets indépendantistes et souverainistes en Afrique, la multiplication des conflits, la longévité des dictatures et dans le pillage des ressources de son propre pays, dirigé d’une main de fer pendant 30 ans.

En second lieu, la remise de ce prix au Président français, dans le contexte que connaissent le Mali et le Sahel sonne comme un étrange hommage à la guerre. Le Président français est en effet le chef militaire d’une opération massive, mobilisant un véritable arsenal offensif, lancée sans véritable mandat international, au bilan humain (victimes, prisonniers) à ce jour inconnu et dont les répercussions dans la sous-région (Niger, Algérie) et au-delà (Cameroun, Nigeria, Libye, Tchad) s’avèrent fort préoccupantes. Est-il possible à ce stade d’imaginer que cette guerre au Mali, instrumentalisée en « guerre contre le terrorisme » pour dissimuler des ambitions de puissance de la France en Afrique soit porteuse de valeurs de paix et de stabilité susceptibles d’être célébrées à l’UNESCO ?

Enfin, au moment de recevoir ce prix, François Hollande sera entouré de nombreuses personnalités africaines contestables, parmi lesquelles l’ancien président ivoirien Konan Bédié, chantre de l’ivoirité et le sénégalais Abdou Diouf, ex-garant de l’influence française au Sénégal et désormais dans tout l’espace francophone. Il sera surtout entouré par plusieurs chefs d’Etat en exercice dont la politique est marquée par la violence : Blaise Compaoré, dictateur du Burkina Faso, indirectement impliqué dans les conflits les plus sanglants d’Afrique de l’Ouest ; Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, imposé par les armes françaises ; Mohamed Ould Abdel Aziz, président putschiste de la Mauritanie ; Idriss Déby Itno, dictateur du Tchad, qui voit là une nouvelle marque de reconnaissance suite à son intervention au Mali aux côtés des forces françaises, malgré la nature de plus en plus répressive de son régime .

Devant ces chefs d’Etat « amis », François Hollande doit prononcer un discours annoncé comme « important » qui s’apparentera à un tour de chauffe, en prévision du Sommet sur la sécurité qui se tiendra à Paris en décembre. Le premier sommet « France-Afrique » d’un Président français qui a pris ses aises dans le décorum de la Françafrique.

Survie demande à l’UNESCO, de supprimer le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, dont l’appellation est une insulte aux démocrates et pacifistes africains, et à François Hollande, peu digne de recevoir une décoration vu son passif en matière de politique africaine depuis son élection, de décliner ce prix.

 http://survie.org/

Le terrorisme, de Boston à Moscou en passant par Damas


tchetchenie_319Depuis la fin de l’URSS, l’un des mythes fondateurs de la politique étrangère euro-américaine envers la Russie se base sur la situation dans le Caucase. Dès 1994, l’état russe fait face à une rébellion armée qui prône l’indépendance et fera rapidement appel à des cohortes de mercenaires étrangers pour mener cette soi-disant guerre d’indépendance de Tchétchénie. Lire la suite Le terrorisme, de Boston à Moscou en passant par Damas

Endiguement euro américain de la Chine en Afrique et guerre psychologique


Par René Naba

Après le premier des 4 volets « Chine-Afrique » René Naba nous présente ici la 2ème partie.

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Chine-Afrique : 2/4

L’endiguement

Paris – Grand vainqueur de la Guerre froide, le lièvre américain va alors bénéficier d’un état de grâce exceptionnel dans l’histoire des relations internationales contemporaines, à la faveur de l’implosion du bloc soviétique, une décennie prodigieuse d’unilatéralisme à l’effet d’accélérer sa mainmise sur les zones rétives à son Hégémon, au point que des laudateurs intéressés en viendront à voir dans le XXI me siècle «Le siècle américain» pour célébrer «Le destin manifeste» des Etats Unis.

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Des rizières de l’Indochine au désert du Sahara : Attention bourbier !


saharaLa France triple déjà ses effectifs au Mali. En moins d’une semaine d’engagement. De 800 on passe à 2500 hommes.  Au fait, combien étaient-ils au sein de l’OTAN en Afghanistan ? Au moins 150 000. Et même beaucoup plus si l’on rajoute les mercenaires. Et combien d’objectifs y ont été atteints ?  0 .

Qu’espère Monsieur François Hollande avec ses malheureux 2500 soldats, dans cette étendue aussi vaste, aussi inhospitalière, aussi « inhumaine » qu’est le Sahara ? Conquérir les dunes ? Envahir le désert ? Depuis qu’il a été élu, il nous a révélé bien des facettes de son personnage jusque là inconnues. Mais on ne s’attendait certainement pas à trouver chez lui de la mégalomanie, trait de caractère que l’on attribuerait plutôt à son prédécesseur. Oui, il s’agit bien de mégalomanie. A moins que ce ne soit de l’inconscience pure et simple, due à une ignorance des réalités.  Lire la suite Des rizières de l’Indochine au désert du Sahara : Attention bourbier !