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Hollande/Gayet: L’appartement secret lié au grand banditisme?


Tribune libre Pierre Royant

hollande_gayet_ouvJe m’étais promis de ne pas mettre mon grain de sel dans cette histoire de cœur de François Hollande. Mais devant la tournure politique qu’elle commence à avoir, certaines questions se posent. Lire la suite Hollande/Gayet: L’appartement secret lié au grand banditisme?

Corruption : La Marine américaine est secouée par un scandale


Glenn-Defense-Marin-eAsia-1Prostituées et billets verts contre informations et surfacturations : la Marine américaine est confrontée à une affaire de corruption qui prend de l’ampleur et implique des officiers supérieurs, avec en toile de fond les énormes besoins logistiques de la US Navy.

L’enquête du NCIS, les limiers de la Marine, a débuté mi-2010, mais les premières inculpations remontent à ces dernières semaines et plusieurs responsables de la Navy prédisent de nouvelles arrestations. Au centre de l’affaire, un homme d’affaires malaisien âgé de 49 ans installé à Singapour : Leonard Francis, surnommé « Fat Leonard » pour son tour de taille généreux, arrêté, en septembre 2013, en Californie et placé en détention provisoire depuis. L’homme dirige Glenn Defense Marine Asia (GDMA), un avitailleur pour les navires américains lorsqu’ils font escale dans les ports d’Asie du Sud-Est et du Pacifique. GDMA se charge notamment de les approvisionner en nourriture, eau et carburant, de fournir des remorqueurs ou encore de récupérer les eaux usées et les ordures. Les sommes en jeu sont importantes : en juillet 2011, la société a remporté un contrat de cinq ans pour un montant de 200 millions de dollars. Leonard Francis et le numéro deux de GDMA Alex Wisidagama sont soupçonnés d’avoir corrompu plusieurs officiers, commandants de navires ou responsables logistiques et d’avoir surfacturé certaines de leurs prestations.

Leonard Francis
Leonard Francis

Parmi eux figure le commandant Jose Luis Sanchez, chargé de la logistique auprès de la VIIe flotte, responsable du Pacifique. Il est soupçonné d’avoir perçu 100000 dollars, et bénéficié des services de prostituées et de voyages payés par Leonard Francis, notamment contre des informations sur les mouvements de navires, dont certains sont classifiés. Dans un courriel du 20 octobre 2011, Leonard Francis demande par exemple au commandant Sanchez de s’arranger pour que l’USS Mustin, un destroyer qui s’apprêtait à faire escale dans un port thaïlandais, ne soit pas ravitaillé en carburant avec des cartes prépayées, à un tarif négocié à l’avance, mais que la mission soit confiée à GDMA. Pour un prix d’un million de dollars, soit le double de ce qui aurait été versé avec les cartes prépayées. « Avant même que tu ne le demandes, tes souhaits ont été exaucés. On s’en est chargé ce matin », lui répond l’officier. Une autre série de courriels en octobre 2009 détaille les préparatifs d’un voyage de l’officier à Kuala Lumpur avec des amis aux frais de GDMA. « Je vais vous trouver un nid les gars et quelques oiseaux », lui promet l’homme d’affaires, en allusion aux prostituées. Un ancien commandant de l’USS Mustin, Michael Vannak Khem Misiewicz, a lui aussi été inculpé pour corruption. Cet homme âgé de 46 ans, qui avait fui le Cambodge des Khmers rouges alors qu’il était enfant et été adopté aux États-Unis, était considéré comme une étoile montante de la Marine. En tant que responsable logistique, il est soupçonné d’avoir redirigé les navires vers certaines escales où GDMA pouvait surfacturer ses prestations. Un troisième commandant, Daniel Dusek, est également inquiété et a été relevé de son commandement début octobre 2013. Un officier du NCIS, John Bertrand Beliveau, a de son côté été inculpé pour avoir renseigné Leonard Francis sur les avancées de l’enquête. Et, vendredi 8 novembre, ce sont le vice-amiral Ted Branch, directeur du renseignement naval, et le contre-amiral Bruce Loveless, directeur des opérations de renseignement, qui ont été inquiétés. Leur rôle n’a pas été précisé, mais la Navy a annoncé la suspension de leur accès aux informations classifiées le temps de l’enquête.

Jose Luis Sanchez
Jose Luis Sanchez

Un haut responsable de la Marine a confié à l’AFP craindre que cette affaire n’atteigne une ampleur comparable à celle du « Tailhook scandal », en 1991. Une centaine d’aviateurs de la Marine avaient alors été impliqués dans une affaire d’agressions sexuelles perpétrées à l’occasion d’une convention de leur association à Las Vegas, qui avait longtemps ébranlé la Navy.

Mathieu RABECHAULT

Michael Vannak Khem Misiewicz
Michael Vannak Khem Misiewicz

Daniel Dusek
Daniel Dusek

Ted Branch
Ted Branch

Bruce-Loveless-1
http://www.interet-general.info/spip.php?article18915

L’influence américaine en Amérique latine en chute libre


Le Président bolivien Evo Morales et son homologue brésilien Dilma Rousseff (Reuters / Jose Gomez)
Le Président bolivien Evo Morales et son homologue brésilien Dilma Rousseff (Reuters / Jose Gomez)

Les dirigeants démocrates, du Mexique à l’Argentine, sont tellement irrités de l’influence américaine qu’ils sont maintenant prêts à prendre des mesures. C’est l’espionnage qui a déclenché ce phénomène.

L’Amérique aux Américains – c’est la pierre angulaire de la politique étrangère des États-Unis. Cette doctrine, introduite il y a 190 ans par le président James Monroe, signifie ceci : les étrangers restent en dehors  de l’arrière-cour des États-Unis. Pendant des décennies, elle [la politique étrangère américaine] a également eu de bons rapports avec les élites de l’Amérique latine. Ils ont même promu dictateurs des généraux qui aiment suffisamment Washington. Eh bien, ces jours sont désormais révolus.

Contrairement aux Européens, qui ne sont que clins d’œil et sourires complices pour les États-Unis dans le scandale de surveillance de masse, l’Amérique latine est en colère. Dans un mouvement radical, la présidente brésilienne Dilma Rousseff, une modérée, a décidé d’annuler une visite d’Etat à Washington. Les gens de gauche de la région sont maintenant plus agressifs et ceux de droite ont été contraints de prendre la parole. Des experts américains peuvent insister sur le fait que l’attention est focalisée sur la Syrie, mais la révolte est en train de monter dans l’arrière-cour. Les scandales de la National Security Agency (NSA) ont fait qu’il n’était plus possible pour les dirigeants de la région de garder le silence sans passer pour des faibles.

Le camouflet du Brésil a les plus grandes implications. La décision a été prise après que Mme Rousseff ait découvert que ses communications personnelles avaient été espionnées. Chaque dirigeant sud-américain a appelé à la soutenir, y compris Juan Manuel Santos en Colombie, le seul proche allié de Barack Obama qui reste dans la région. Elle a promis d’attaquer la surveillance de masse aux Nations Unies. Boeing est désormais susceptible de perdre un contrat de 4 milliards de dollars sur des avions de chasse.

Sans le Brésil qui servait de tampon, la gauche latino-américaine s’est enhardie. Evo Morales de la Bolivie a dit qu’il allait poursuivre Obama devant les tribunaux internationaux pour violation des droits de l’homme après que Nicolas Maduro du Venezuela ait été empêché pendant quelques heures de survoler Puerto Rico. Ces deux et Rafael Correa de l’Équateur vont probablement pousser d’avantage pour faire venir Edward Snowden en Amérique du Sud. Après le décès de Hugo Chavez ils avaient besoin d’un agenda commun pour améliorer leur tactique.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro (AFP Photo / Leo Ramirez)
Le président vénézuélien Nicolas Maduro (AFP Photo / Leo Ramirez)

Les révélations sur la NSA ont également eu pour effet que Cristina Kirchner de l’Argentine tende la main au Brésil pour améliorer sa défense cybernétique. Les pays de la région sont désormais attentifs à ce projet afin de développer leurs propres systèmes de messagerie : spécialement conçu pour ceux qui ne veulent pas de comptes Google et Yahoo qui permettent l’espionnage par les services de renseignement américains. Ce sont des représailles ouvertes, mais beaucoup plus de choses pourraient arriver derrière les portes closes. La présence américaine est toujours importante, mais maintenant que l’étoile de la Chine monte rapidement en tant que partenaire commercial de l’Amérique latine, la pression est sur les Etats-Unis.

L’influence américaine est si faible à l’heure actuelle que même le président conservateur Enrique Peña Nieto du Mexique a été contraint de s’exprimer et d’exiger une enquête. La pression politique ne lui donne pas d’autre alternative que de condamner la NSA pour avoir volé des données sur ses choix ministériels. Sebastián Piñera du Chili a également dû entrer dans la bataille. Ces dirigeants ne sont pas surpris par la surveillance elle-même, mais la portée de celle-ci était tout simplement trop grosse.

Les temps sont irrémédiablement en train de changer. L’Amérique pourrait être en voie d’appartenir à tous les Américains, et cela inclut aussi les Latino-Américains.

Mauricio Savarese est journaliste depuis 2003. Blogueur sur les affaires brésiliennes, il contribue à RT en anglais et en espagnol. Il a été reporter à l’agence Reuters, UOL et Yahoo.

Traduction : Avic

http://rt.com/op-edge/spy-scandals-us-latin-america-176/