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Obama prône la levée des barrières dans le commerce avec la Russie


200128481Le président américain Barack Obama s’est prononcé pour la promotion de la coopération avec la Russie dans plusieurs domaines, notamment le commerce, la sécurité et la société civile, a annoncé vendredi la porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), Caitlin Hayden. Lire la suite Obama prône la levée des barrières dans le commerce avec la Russie

Sergueï Lavrov : « La résolution adoptée sur la Syrie ne permet pas la moindre ambiguïté »


Après deux ans de désaccords et de débats, le Conseil de sécurité des Nations unies a finalement adopté, le 27 septembre, une « résolution historique » sur la Syrie. À l’origine de cette initiative : la proposition de la Fédération de Russie pour l’établissement d’un contrôle international sur les armes chimiques syriennes, dans le but de les détruire. Juste après le vote au Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est confié au correspondant de Kommersant : il explique comment les partenaires de la Russie ont tenté de revenir sur les accords passés, et ce qui pourrait menacer le bon déroulement du processus de désarmement en Syrie.

GA pm

Kommersant : Le secrétaire d’État américain John Kerry a qualifié l’accord sur la Syrie de « résolution historique », tandis que le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius déclarait que « le Conseil de sécurité légitimait enfin son existence ». Que pensez-vous de ces jugements ?

Sergueï Lavrov : Nous nous efforçons, quant à nous, de ne pas interpréter les décisions prises : celles-ci parlent d’elles-mêmes. Et toute personne normalement constituée le comprendra en en prenant connaissance. Vous savez, c’est une tradition, en diplomatie : après l’obtention d’un consensus, chacun commente ce qui lui semble nécessaire.

C’est d’ailleurs ce que nous avons fait nous aussi, en soulignant dans notre intervention que la résolution adoptée ne se référait pas à l’article 7 [de la Charte de l’ONU. L’article 7 est celui qui justifie l’emploi de la force, ndlr]. C’était là que résidait le principal enjeu, et la résolution adoptée ne permet pas la moindre ambiguïté.

Nous avons également souligné que les dirigeants syriens avaient rejoint de leur propre gré la Convention pour l’interdiction des armes chimiques. Et peu importe ce qui les y a poussés. D’aucuns affirment qu’ils l’ont fait sous la menace des frappes, mais cela ne m’intéresse pas – c’est le résultat qui compte. Le gouvernement syrien a demandé à appliquer cette convention plus tôt que ce que le protocole exige : non au bout d’un mois, comme c’est le cas d’habitude, mais immédiatement. Et il a en pratique, avant de devenir formellement membre de la Convention et plus tôt que la date butoir, présenté un rapport sur son arsenal chimique. C’est le président [Vladimir Poutine, ndlr], après sa rencontre avec Barack Obama à Saint-Pétersbourg, qui a tout fait pour rendre possible ces processus : désamorcer, placer sous contrôle international et finalement détruire les armes chimiques encore existantes dans le monde.

Il tenait également du principe, pour nous, que le Conseil de sécurité nomme des responsables pour les procédures de destruction des armes chimiques, notamment pour assurer la sécurité des personnes qui travailleront sur place. Cette responsabilité repose avant tout sur le gouvernement syrien, puisqu’il est le premier garant de la sécurité sur le territoire de son État. Cependant, cela relève aussi de la responsabilité de l’opposition : elle devra prendre part à tous les processus qui se dérouleront sur les territoires qu’elle contrôle.

Autre point important : la résolution précise que les armes chimiques ne doivent en aucun cas passer aux mains d’acteurs non-gouvernementaux, c’est-à-dire précisément de l’opposition syrienne et de ses troupes. Les États voisins de la Syrie ont attiré l’attention générale : toute tentative d’utiliser leurs territoires pour ravitailler l’opposition en armes chimiques serait inadmissible.

Quant à dire que cette résolution contraint tel ou tel à faire ceci ou cela ou qu’elle signe un réveil du Conseil de sécurité : c’est faire plaisir à la conjoncture. Ceux qui énoncent ce genre d’interprétations partent probablement du fait que leur opinion publique souhaite entendre telle ou telle appréciation de la situation. Ou encore qu’une partie de l’opinion doit être persuadée que les représentants du pouvoir exécutif ont fait ce qu’il fallait.

Je considère tout cela avec philosophie. L’important – et je ne me lasserai pas de le répéter – est que la résolution adoptée correspond totalement aux accords qui ont été négociés avec John Kerry à Genève [du 12 au 14 septembre, ndlr]. Ces accords stipulaient que c’est l’Organisation pour la destruction des armes chimiques (OIAC) qui serait la structure dirigeante pour la mise en œuvre des missions de transfert de contrôle, d’inventaire et de détermination des moyens de destruction des arsenaux chimiques syriens. Cette structure a pris sa décision – une décision strictement professionnelle [sur la Syrie, ndlr] – quelques heures seulement avant le vote au conseil de sécurité de l’ONU.

Kommersant : Mais comment se fait-il qu’après trois jours de négociations-marathon à Genève, où vous sembliez vous être entendus sur à peu près tout avec M. Kerry, il vous ait encore fallu deux semaines pour régler ces mêmes points ?

Sergueï Lavrov : On touche ici à deux aspects. Premièrement, ce que nous avons réglé à Genève ne constituait pas un document juridique aux termes contrôlés, ces termes habituellement employés dans les décisions officielles des organisations internationales. La langue de Genève, même si elle s’approchait au maximum de cette formulation, nécessitait d’être détaillée.

Deuxièmement, nos partenaires américains ont tenté – et ce serait un péché que de le cacher – de tout de même revenir sur l’accord et au fameux article 7. Les négociations ont ainsi pris un peu plus de temps. Au final, je suis content que nous soyons restés fidèles à l’accord genevois, dont la signification est cruciale.

Kommersant : Pourtant, la résolution évoque tout de même les conséquences d’éventuelles infractions.

Sergueï Lavrov : Oui. Nous avons écrit que toute infraction, commise par n’importe laquelle des parties – gouvernement ou groupes d’opposition – devrait, après une enquête soigneuse, être rapportée au Conseil de sécurité de l’ONU. Cela concerne aussi, que Dieu nous en préserve, l’emploi d’armes chimiques, quelles qu’elles soient. Si nous sommes tout à fait certains qu’une des parties a commis une infraction ou fait usage d’armes chimiques, nous serons alors prêts à prendre une décision en vertu de l’article 7. C’est inscrit dans nos obligations. Mais nous n’achèterons rien les yeux fermés : comme quand on a tenté, lors de l’épisode du 21 août [les bombardements sur Damas, ndlr], de nous faire admettre qu’il était parfaitement clair pour tous que l’affaire était signée de la main du gouvernement.

Kommersant : Les États-Unis assurent pourtant détenir « des milliers de preuves ».

Sergueï Lavrov : On ne nous en a présenté aucune. Alors que nous avons présenté, nous, à l’inverse, des preuves (obtenues par nos canaux, notamment provenant des Syriens et de sources indépendantes) qui conduisent à la conclusion que l’affaire est bien signée de l’opposition. Et nous soupçonnons sérieusement que ce genre de tentatives seront encore à l’œuvre.

Kommersant : Des tentatives de provocation ?

Sergueï Lavrov : Oui. Nous avons souligné, en réunion des cinq membres permanents de Conseil de sécurité avec le secrétaire général de l’ONU ainsi qu’en séance du Conseil de sécurité lui-même, que les États qui sponsorisent l’opposition sur les plans politique, financier et militaire (en lui fournissant des armes) portent la responsabilité de cette opposition. Ce sont eux qui répondent du fait qu’elle ne tente pas de mettre la main sur de quelconques réserves d’armes chimiques, ne cherche pas à s’en procurer à l’extérieur ni ne s’efforce d’organiser une provocation à l’intérieur de la Syrie afin d’en rejeter la faute sur le gouvernement, ce qui provoquerait la colère universelle et, par là-même, des frappes sur la Syrie. Il me semble que nous sommes sur la voie juste.

Kommersant : Quelles sont les actions à entreprendre pour passer directement à la destruction des armes chimiques ? On a déjà entendu dire que les premiers inspecteurs de l’OIAC se rendraient en Syrie dès le 1er octobre. 

Sergueï Lavrov : Effectivement. Un premier groupe de 10-12 inspecteurs se rendra en Syrie en qualité de quartiermeister. Ils devront déterminer où se baser et comment travailler. Sur place, ils établiront le contact avec le gouvernement syrien, qui a déjà désigné la personne responsable qui sera chargée de les aider. Les inspecteurs sont en possession de la liste de sites [du programme militaire chimique, ndlr] présentée par le gouvernement syrien. La liste a été reconnue satisfaisante, mais les inspecteurs pourront voir surgir des questions supplémentaires. Les Syriens y répondront.

Ensuite, les inspecteurs décideront du personnel supplémentaire qui sera chargé de pénétrer sur les sites. Il est extrêmement important d’assurer la sécurité de ce groupe. Ce sont avant tout les forces de l’ordre syrienne qui s’en occuperont. Mais la résolution exige aussi des choses de l’opposition : il faut, sur les territoires attenants aux districts qu’elle contrôle, qu’elle ne crée pas de menace pour la sécurité et la vie des inspecteurs.

Kommersant : Quand saura-t-on où et comment les armes chimiques seront détruites ?

Sergueï Lavrov : Ce sera aux professionnels d’en décider. Il faut qu’ils voient les choses de leurs propres yeux et déterminent quelles substances toxiques peuvent être anéanties sur place, et ce qu’il faut pour le faire. Il est possible que les Syriens détiennent la puissance nécessaire, bien que j’en doute. Il existe la possibilité – et on y fera certainement appel – d’utiliser des dispositifs mobiles pour détruire certaines substances toxiques précises. Les États-Unis, ainsi qu’un certain nombre d’autres pays, possèdent ce genre de dispositifs.

En outre, l’accord genevois et la résolution du Conseil de sécurité mentionnent la possibilité de transférer une partie des substances toxiques afin de les détruire à l’étranger. Il était très important de fixer ce point dans la résolution, étant donné que la Convention pour la destruction des armes chimiques n’envisage pas cette possibilité. Selon la Convention, en effet, les armes doivent être détruites sur le territoire des pays qui les ont produites et qui les possèdent. Mais désormais, nous avons tous les choix. Les inspecteurs professionnels se rendront compte sur place de la façon dont il faudra combiner ces possibilités.

Kommersant : Un certain nombre de pays ont déjà annoncé qu’ils étaient prêts à soutenir financièrement l’opération de destruction des armes chimiques syriennes.

Sergueï Lavrov : Oui, il faudra évidemment de l’argent.

Kommersant : La Russie est-elle prête, elle aussi, à y allouer une certaine somme ?

Sergueï Lavrov : La décision du conseil exécutif de l’OIAC confie au directeur général de la structure la mission d’élaborer la partie financière de toute l’opération. C’est une charge nouvelle qui pèse sur l’OIAC, et il faudra, évidemment, de l’argent. Cet argent n’a pas été prévu au budget, les événements se sont enchaînés avec une extrême rapidité. La décision du conseil exécutif contient également un appel aux États, pour des dons volontaires. Je pense que la Fédération de Russie participera financièrement, dans tous les cas, à tout cela. Mais le plus important, c’est que nous participerons aussi, avec notre personnel, à l’activité d’inspection et à toute autre forme de présence internationale qui pourra être proposée par le secrétaire général de l’ONU.

Traduit par

Dernières retouches


Tribune libre Belhassen

102283Maison_Blanche_1Alors que le Congrès américain a repoussé toute forme d’intervention armée en Syrie, il vient d’autoriser le financement d’un programme secret de la CIA signé par le président Obama au début du mois de juin. Le chef d’état-major interarmes, le général Martin Dempsey, avait évalué le soutien (formation et équipement) des « rebelles » depuis la Jordanie à 500 millions de dollars par an, et la création d’une zone de non-survol à 1 milliard de dollars par mois. Le programme de la CIA reprend le principe du soutien aux « rebelles » depuis la Jordanie et inclut des opérations secrètes en Syrie.

Il s’agit principalement pour les États-Unis de contrôler les flux d’armes en provenance du Golfe (notamment les missiles sol-air qui pourraient également être utilisés contre l’aviation israélienne) et de garantir leur leadership en réduisant la présence des djihadistes (c’est-à-dire en aidant l’Armée syrienne libre à éliminer une partie du Front Al-Nosra).

Outre cette aide logistique directe, aux tueurs à gages en Syrie, le président du Comité des chefs d’état-major des forces armées américaines, le général Martin Dempsey, a fait savoir mardi dernier que les Etats-Unis avaient préparé un plan de bombardements de sites stratégiques en Syrie. Ce qui va à l’encontre de l’entente intervenue entre Moscou et Washington sur la convocation d’une nouvelle conférence internationale sur la Syrie (Genève 2), avait déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. « Si nos partenaires américains mettent l’accent sur la livraison d’armes à l’opposition syrienne et sur la diffusion de leurs plans – visiblement, en cours d’élaboration – qui prévoient des frappes sur les positions du gouvernement syrien, cela ne correspond évidemment pas aux ententes visant à réunir la conférence sans conditions préalables », a déclaré M. Lavrov lors d’une conférence de presse. On se dirige donc vers le scénario libyen : destruction « massive » des forces d’Al Assad pour enfin l’assassiner par les mercenaires sous-traitants à l’image de Kadhafi. Quant au Conseil d’Insécurité il peut feindre la cécité comme d’habitude.

Cela dit, il serait notamment important de rappeler succinctement les « prouesses » belliqueuses américaines depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont : -bombardé les populations de plus de 30 pays. -tenté d’assassiner plus de 50 leaders politiques étrangers. -tenté de renverser plus de 50 gouvernements la plupart d’entre eux démocratiquement élus. -tenté de supprimer un mouvement populiste ou national dans 20 pays. -interféré honteusement dans des élections démocratiques dans au moins 30 pays. Au total, les Etats-Unis ont commis une ou plus de ces actions dans 69 pays. Et, dans la plupart des cas, la Grande-Bretagne a été la complice et la collaboratrice. Donc, finalement, la décision de bombarder la Syrie ne serait que le prolongement de cette politique criminelle qu’on tente de maquiller par différents subterfuges.

Par Chérif Abdedaïm

http://www.lnr-dz.com/index.php?page=details&id=26651

Monopoly des bases militaires, vers un ordre nouveau?


Obama-PoutineLa semaine dernière, une info plus que surprenante est apparue dans le mainstream médiatique russe, affirmant que la Russie avait retiré son personnel militaire de la base Syrienne de Tartous, et que les bateaux de la flotte russe de Méditerranée se ravitaillaient désormais au Liban. De plus, d’après une rumeur, la Russie aurait  pris la décision de fermer son ambassade en Syrie. Ces mesures d’urgence auraient été prises, selon les sources citées par notamment le journal russe Vedomosti (créé en 1999 suite à une initiative conjointe du Financial Times, du Wall Street Journal) afin de ne pas mettre en danger le personnel russe de la base navale de Tartous alors que la Syrie ferait face à une intensification de la guerre civile. L’information aurait été confirmée par l’hebdomadaire russe VPK, spécialisé dans la défense, dont la source aurait affirmé que cette décision était due à la «La brusque escalade du conflit en Syrie et à la recherche de ports plus sûrs».

Ces nouvelles ont beaucoup surpris les commentateurs qui suivent la situation Syrienne, alors que sur le terrain l’évolution de la situation militaire semble depuis quelques semaines être en faveur du pouvoir en place. Sur le front diplomatique, la coalition des «amis de la Syrie» reste unie politiquement et déterminée au départ de Bachar El Assad, mais l’opposition Syrienne semble morcelée, fragilisée et de plus en plus dépassée par ses éléments les plus radicaux, notamment proches de la mouvance salafiste. Cette dernière trouve aujourd’hui ses soutiens dans les monarchies du Golfe, Arabie Saoudite et Qatar en tête, et bien sur auprès des Etats-Unis. Peu à peu une image a émergé de cette situation très complexe : L’Amérique poursuit son soutien historique actif (Afghanistan, Bosnie, Kosovo…) à l’Islam sunnite en contribuant à la guerre menée par Doha, Riyad et Istanbul contre le croissant chiite, un croissant chiite qui au passage parait plus que favorable aux intérêts russes et à une présence russe au moyen orient.

Trois jours après ces «nouvelles» du retrait russe de Syrie, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a en personne qualifié de «rumeurs» ces informations, en ironisant au passage sur le fait de savoir si elles émanaient du Guardian ou d’Al-Jazzera mais en les qualifiant comme «s’inscrivant dans une série de provocations et de spéculations dont le but serait la préparation de  l’opinion publique à admettre les efforts en faveur du changement du régime en Syrie». A propos de Tartous en Syrie, Sergueï Lavrov a rappelé que «L’évacuation de ce point logistique était exclue, aussi bien que l’évacuation de son personnel (…) Actuellement composé uniquement de civils, les militaires n’y étant plus basés depuis longtemps».

Alors que la guerre médiatique sur la Syrie semble s’accentuer à quelques semaines de la conférence internationale «Genève-2″, la Russie ne semble pas sur le point d’opérer un retrait de la région, ni de Méditerranée, bien au contraire. Les lecteurs de RIA-Novosti se souviennent qu’il y a quelques mois j’avais esquissé la probabilité (bien incertaine à l’époque) que Chypre devienne tôt ou tard une base militaire russe au cœur de la méditerranée orientale et à l’intérieur de l’Europe.

La semaine dernière la presse Chypriote a laissé filtrer des bruits d’un possible accord militaire Russo-chypriote donnant le droit à la flotte russe d’utiliser le port de Limassol (la ville russe de l’Ile) et aux avions russes d’utiliser la base militaire aérienne Andreas Papandreou à Paphos. Cet accord s’il se confirmait (et ce alors que le président chypriote devrait se rendre prochainement en Russie) accentuerait considérablement non seulement la présence russe dans la zone mais aussi et surtout sa capacité de projection au moyen orient, et dans ce cas à proximité de la Syrie.

Dans le même temps la Russie a annoncé le déploiement en 2015 d’une base militaire russe en Biélorussie, dans la ville de Lida, proche de la frontière polonaise, c’est-à-dire à la frontière de l’espace contrôlé  par l’alliance atlantique. La base, qui jouera un rôle essentiel dans le dispositif militaire sécuritaire de l’union Russo-biélorusse, aura pour objectif la protection de l’espace aérien biélorusse.

Au même moment, un drôle de chassé croisé s’est opéré entre russes et américains au Kirghizstan. Les autorités du pays ont voté à une écrasante majorité la loi prévoyant la fermeture de la base américaine de Manas, ouverte en 2001, étant la décision de Washington d’achever vers 2014 le retrait d’Afghanistan de l’essentiel de la Force internationale d’assistance à la sécurité. Les Etats-Unis auront jusqu’au 11 juillet 2014 pour évacuer les avions ravitailleurs et les quelque hommes encore  présents sur cet aéroport international, qui fait office de base militaire.

Presque simultanément, le vice-ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov, a annoncé que la Russie avait elle par contre décidé de renforcer sa base aérienne au Kirghizstan, une décision également liée au prochain retrait des forces de la coalition internationale de l’Afghanistan fin 2014. Le ministre russe de la défense Sergueï Choïgou s’est également rendu sur place pour rencontrer le président kirghiz Almazbek Atambaev, et lui annoncer qu’à la fin de l’année 2013 Moscou commencerait à livrer des armes et du matériel militaire au Kirghizstan.

Alors que la militarisation de l’espace eurasiatique semble s’accélérer sous contrôle de la Russie, ce retrait des troupes américaines d’Asie centrale marque une nouvelle étape de la lutte d’influence entre les Etats-Unis et la Russie en Asie centrale pour le contrôle du Heartland. Comme prévu en décembre dernier, la Bataille pour l’Eurasie semble s’accélérer.

Pour Vadim Koziouline, du Centre PIR: «La rupture de l’accord avec Washington (sous pression russe) est probablement la plus grande victoire de Moscou en termes d’influence dans cette région d’importance stratégique depuis le début de l’opération antiterroriste des USA en Afghanistan«.

Pourtant d’autres analystes sont beaucoup plus négatifs quand à cette supposée victoire russe que semble être le retrait américain d’Asie centrale. Pour le quotidien Nezavissimaïa Gazeta les experts militaires russes sont unanimes: l’islamisation de l’Asie centrale est en cours et «les mouvements terroristes afghans sont en grande partie rejoints par des jeunes tadjiks, ouzbeks et kirghizes, plus tard identifiés par les services secrets comme leaders d’organisations islamistes à Saint-Pétersbourg et dans d’autres grandes villes russes (…) Bref, les Russes doivent réellement se préparer à une guerre sur leur territoire».

Alexandre Latsa

http://alexandrelatsa.ru/2013/07/monopoly-des-bases-militaires-vers-un-ordre-nouveau/

Morsi coupe les liens avec Damas, et appelle à une zone d’exclusion aérienne en Syrie


Morsi SyrieL’Egypte a décidé de couper tout lien avec la Syrie, de fermer l’ambassade syrienne au Caire et de rappeler l’envoyé égyptien à Damas, a déclaré le président égyptien Mohammed Morsi. Il a également exhorté les puissances internationales à imposer une zone d’exclusion aérienne sur la Syrie.

« Nous avons décidé de fermer l’ambassade syrienne au Caire », a déclaré Morsi lors d’une conférence de religieux musulmans sunnites en faveur de l’insurrection syrienne, réunis  au Cairo Indoor Stadium, selon le journal local en ligne Ahram Online. « L’ambassadeur égyptien à Damas sera également retiré « .

La décision entre en vigueur samedi.

Le président a ajouté, au sujet du Hezbollah, le groupe militant islamique chiite basé au Liban :

«Nous sommes contre le Hezbollah dans son agression contre le peuple syrien. Il n’y a pas de place ou d’espace pour le Hezbollah en Syrie. »

Les combattants du Hezbollah se seraient battus aux côtés des troupes pro-gouvernementales syriennes contre les forces de l’opposition dans le conflit en cours.

S’adressant à l’immense foule du stade, le président égyptien a déclaré: «le peuple égyptien soutient la lutte du peuple syrien, matériellement et moralement, et l’Egypte, sa nation, ses dirigeants … et son armée, n’abandonneront pas le peuple syrien jusqu’à ce qu’il obtienne ses droits et sa dignité ».

Morsi a exhorté les puissances internationales à ne pas hésiter à faire respecter une zone d’exclusion aérienne sur la Syrie. […]

Les États-Unis sont en train d’étudier la possibilité d’instaurer une zone d’exclusion aérienne sur la Syrie et peut-être le long de la frontière de la Jordanie après l’affirmation que des gaz neurotoxiques ont été utilisés par le gouvernement syrien, selon Reuters. Un diplomate de haut rang a déclaré à l’agence : « Washington envisage une zone d’exclusion aérienne pour aider les opposants d’Assad « .

Mais le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a souligné que toute tentative pour établir la zone d’exclusion aérienne serait une violation du droit international.

« Il y a eu des fuites dans les médias occidentaux concernant le fait qu’il est sérieusement envisagé de créer une zone d’exclusion aérienne sur la Syrie à travers le déploiement de missiles Patriot anti-aériens et de jets F-16 en Jordanie », a déclaré M. Lavrov. «Vous n’avez pas besoin d’être un grand expert pour comprendre que ce sera une violation du droit international. »

Cependant, tout en appelant à l’ingérence étrangère dans le conflit syrien, Morsi a mis en garde contre toute agitation intérieure alors que des manifestations anti-gouvernementales massives sont prévues pour avoir lieu le 30 Juin.

« Il n’y a pas de place pour les fauteurs de troubles [qui menacent] la sécurité et la stabilité de la nation. Nous allons résolument les arrêter », a-t-il dit, cité par Ahram Online.

Soulignant que cela ne signifie pas opposition, il a déclaré que « les restes de l’ancien régime veulent entraîner le pays vers le chaos. »

Traduction : Avic

Source RT

Syrie : le message US à l’Iran?


obama-ahmadinejadLes Russes ont transmis aux Iraniens le message de John Kerry…

… selon lequel Washington a décidé de changer de cap au sujet de la crise syrienne. Tandis que la Russie, l’Iran, l’Egypte et une partie de l’opposition syrienne soutiennent l’idée de l’organisation de la conférence internationale de Genève II, avec la coordination des Etats-Unis, il y a un autre groupe de pays dirigé par la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite qui semble être prêt à tout faire pour entraver la tenue de cette conférence internationale sur le règlement de la crise en Syrie. Les pays européens et une partie de l’opposition syrienne préfèrent aussi que cette conférence n’ait pas lieu.

La réussite de la conférence de Genève II n’aura qu’un résultat très concret : le dialogue syro-syrien entre le gouvernement du président Bachar al-Assad et l’opposition. Entre-temps, il paraît que les dirigeants iraniens ont reçu de la Russie un message concernant la position de Washington par rapport à la crise syrienne : les Russes ont informé les Iraniens que la Maison Blanche a décidé de changer de cap par rapport à la crise en Syrie. C’est le message que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a reçu de la part du secrétaire d’Etat américain John Kerry, le 7 mai à Moscou. Selon des sources bien informées, Kerry aurait dit à Lavrov que les Etats-Unis ont accepté la participation de la République islamique d’Iran à la conférence internationale de Genève II sur le règlement de la crise syrienne, malgré l’opposition des pays comme l’Arabie saoudite.

Les victoires successives de l’armée syrienne dans son combat contre les terroristes pourraient avoir un effet direct sur la décision de la Maison Blanche de réviser sa position vis-à-vis de la Syrie. En outre, il y a des indices qui laissent deviner qu’une nouvelle agression militaire israélienne contre la Syrie pourrait entraîner cette fois-ci une vive réaction de Damas.

Ces évolutions ont amené le Qatar à essayer de reconstruire les ponts brisés entre Doha et Téhéran. L’Iran n’a pas encore accepté la demande de l’Emir du Qatar de visiter Téhéran, mais il paraît que l’échec du Qatar dans son jeu politique autour de la crise syrienne plaît aux dirigeants iraniens. Ces derniers s’attendent à ce que le Qatar joue un rôle régional proportionnel à son potentiel géopolitique. Une autorité qatarie qui a requis l’anonymat a déclaré qu’en réponse de sa demande de visiter Téhéran, l’Emir du Qatar a reçu un message écrit de la part des dirigeants iraniens qui a mis en garde contre toute tentative de Doha de jouer un rôle régional improportionnel à son potentiel géopolitique. Cette source indique que lorsque l’Emir du Qatar a reçu ce message, il n’a rien dit. Cependant, il paraît que les Qataris sont prêts maintenant d’écouter davantage les autres acteurs régionaux.

Quant à la Turquie, les dirigeants de ce pays ont pris une position tellement radicale contre le gouvernement du président Bachar al-Assad, qu’il est très difficile maintenant de trouver un mécanisme pour un nouveau rapprochement entre Ankara et Damas. Les hautes autorités turques ont ouvertement parlé de la nécessité du renversement du gouvernement syrien. Mais bientôt, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu sera obligé de s’occuper de nouveau du dossier syrien, mais cette fois-ci dans le sens d’un rapprochement avec Damas. Ainsi, contrairement aux souhaits du Premier ministre Recep Tayyib Erdogan, Davutoglu sera obligé d’annoncer le changement de la position de la Turquie par rapport à la crise syrienne.

http://french.irib.ir/analyses/item/258652-syrie-le-message-des-russes-semble-rassurer-t%C3%A9h%C3%A9ran

USA : Vers l’intervention militaire directe en Syrie


par BEN SCHREINER

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Bien que le président Obama l’année dernière ait rejeté une proposition du Département d’Etat, du Pentagone et de la CIA pour armer directement les combattants rebelles syriens, son administration se rapproche une fois de plus de l’option de l’intervention directe dans la guerre syrienne.

Comme l’a rapporté le Washington Post mardi, « L’administration Obama se dirige vers un changement majeur dans sa politique syrienne, qui pourrait fournir aux rebelles des équipements tels que gilets pare-balles, des véhicules blindés et éventuellement une formation militaire et pourrait envoyer une aide humanitaire directe à la coalition de l’opposition politique de la Syrie.  »

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