Archives du mot-clé statut de rome

Assaut contre la CPI : phase 2


262371_vue-generale-du-sommet-de-l-union-africaine-le-29-janvier-2012-a-addis-abebaJ’avais écrit, il y a quelques jours, un article sur la possible future disparition de la CPI.  Je l’avais alors rebaptisée par dérision Cour Pénale pour les Indigènes. Si les dirigeants africains, qui en sont les principales victimes, bougonnaient en silence contre ce ‘’tribunal’’, le parlement kenyan avait débuté la fronde et pressait son gouvernement de sortir du Statut de Rome.

Il semble que la fronde s’élargit et touche même l’ensemble du continent. L’Union Africaine envisage un retrait en masse de la CPI. Rien de moins. On n’en est plus au stade de vœux pieux, puisque l’Union organise un sommet spécial en octobre pour aborder cette question. Ce sommet extraordinaire se tiendra le 13 octobre à son siège dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba.

Le motif officiel de cette décision est de protester contre les procès des dirigeants kényans actuellement en cours. Mais la démarche des dirigeants africains est motivée surtout par leur ras-le-bol de se voir emmener un à un, pieds et poings liés, dans les cachots du nord pour des raisons essentiellement géopolitiques dans lesquelles ils ne sont que des pions, alors que les vrais faiseurs restent immunisés et intouchables. On ne peut que dire : enfin !

Mais oseront-ils, individuellement, aller jusqu’au bout ? On sait à quel point la corruption et surtout la menace et la pression peuvent jouer un rôle important dans les instances africaines. On a vu comment tous les grands projets fédéralistes de Kadhafi furent sabotés au 13ème somment de l’UA à Syrte. Il est d’ailleurs à noter que la première ruade de l’Afrique contre la CPI a eu lieu lors de ce sommet où il fut voté une résolution permettant à l’UA de ne pas coopérer avec le tribunal dans l’affaire du président soudanais, Omar el-Béchir.

En tout cas, quel que soit le résultat du prochain sommet, la sacralité et la légitimité de la CPI sont bel et bien ébranlées.  Et un tribunal non légitime n’est plus qu’un moyen de rétorsion aux mains des puissants.

Avic

Vers la disparition de la CPI ?


6961355401078La CPI, ou plus exactement la Cour Pénale pour les Indigènes, voit sa première défection poindre à l’horizon. Le premier pays à vouloir en sortir est le Kenya. Selon l’AFP, les députés kényans ont adopté une motion demandant au gouvernement de prendre des mesures urgentes pour que le Kenya se retire de la CPI.  Deux personnalités kenyanes devaient y être jugées en septembre et novembre, pour crimes contre l’humanité, comme d’habitude.

Cette motion, si elle est validée par l’exécutif verra le Kenya se retirer du Statut de Rome, fondateur de la CPI, et devenir ainsi le premier pays à sortir de ce traité conçu spécialement pour les africains.

Ce ‘’tribunal’’, tout le monde a bien fini par le constater, avait un double rôle. D’une part il permettait de punir les africains récalcitrants tout en montrant aux autres ce qui les attendait en cas de désobéissance et, d’autre part, donner au monde l’impression qu’il y a une justice internationale protégeant les peuples. Malheureusement cette pseudo-justice internationale n’était qu’un moyen pour la mafia des puissants pour gérer l’Afrique à sa convenance.

Personne ne peut imaginer un dirigeant américain, français, britannique, allemand, espagnol ou occidental de manière générale, devant ce tribunal pour crime contre l’humanité. Et pour cause, c’est eux qui définissent quand il y a ou pas crime contre l’humanité.

Il y a de plus en plus de voix qui s’élèvent en Afrique pour dénoncer la Cour Pénale pour les Indigènes. Les africains, comme beaucoup d’autres, ont cru à la justice internationale. Ils y ont vu un moyen de se débarrasser de leurs ‘’dictateurs’’. Mais avec le temps, ils se sont aussi rendu compte que ces ‘’dictateurs’’ ont souvent été mis en place et encouragés dans leur dictature par ceux-là même qui veulent juger certains dirigeants qui eux, paradoxalement, n’ont rien de dictateurs mais ont le tort de ne pas plaire aux puissants mafieux.

Cette première kenyane sera-t-elle suivie par d’autres pays ? Même si la critique de la CPI est importante dans les discours, la pression pour y maintenir les états africains est très forte. On comprend pourquoi. Et quand on sait que les dirigeants de ces pays ne dirigent pas grand-chose, on comprend tout de suite que ce sera difficile à l’Afrique de se dépêtrer de ce nouveau piège qui lui a été tendu. Mais l’exemple du Kenya en tentera plus d’un, ne serait-ce que pour éviter d’en être un jour la victime.

Avic

UA: la CPI accusée de racisme


Sommet UAL’Union Africaine a accusé la Cour pénale internationale de chasser les Africains à cause de leur race.

Selon le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, président en exercice de l’UA, la CPI “a dégénéré en une sorte de chasse raciale ».

« Les dirigeants africains ne comprennent pas les poursuites contre (les deux chefs de l’exécutif kényan), je pense donc que la CPI doit bien voir qu’elle ne devrait pas pourchasser des Africains », a déclaré M. Deslalegn après la clôture du sommet des chefs d’Etat de l’organisation à Addis Abeba.

Le sommet a réclamé le transfert à la justice kényane des poursuites engagées par la CPI contre les président et vice-président kényans, Uhuru Kenyatta et William Ruto, pour crimes contre l’humanité.

Uhuru Kenyatta, qui dément les accusations portées contre lui, doit être traduit devant la CPI à La Haie à partir de juillet, pour son rôle présumé dans les violences électorales de 2007 au Kenya.

L’Union Africaine indique qu’elle va soulever le problème auprès des Nations Unies.

« 99% des inculpés de la CPI sont Africains, cela montre donc que quelque chose est biaisé au sein du système de la CPI et nous contestons cela », a poursuivi le Premier ministre éthiopien.

Depuis sa création, la CPI a inculpé une trentaine de personnes, tous des Africains, pour des crimes survenus dans huit pays d’Afrique (RDC, Centrafrique, Ouganda, Soudan (Darfour), Kenya, Libye, Côte d’Ivoire, Mali).

Mais les enquêtes ouvertes en RDC, Centrafrique, Mali et Ouganda l’ont été à la demande des Etats concernés, parties au Statut de Rome, fondateur de la CPI.

Les affaires concernant le Darfour et la Libye – non signataires – l’ont été à la demande du Conseil de sécurité de l’ONU, tandis que le procureur de la CPI s’est auto-saisi sur les dossiers kényan et ivoirien.

http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2013/05/130527_ua_cpi_raciale.shtml