Archives du mot-clé takfiristes

Les fondements et les raisons complexes du Jihad


Tribune libre

1-4153-c1323-944d2par Ghaleb Kandil

Les Saoud et le fantôme de Jouheiman

Le comportement de l’Arabie saoudite dans la région fait l’objet d’une attention et d’un suivi particuliers, après que la dynastie des Saoud soit devenue la principale source de l’escalade et de la violence exercées ces derniers temps par les groupes terroristes-takfiristes en Irak, en Syrie, au Liban et jusque dans certaines régions de Russie. Lire la suite Les fondements et les raisons complexes du Jihad

Dernier exploit des prétendus « révolutionnaires modérés à Alep »


un-hopital-detruit-lors-de-combats-a-alep-dans-le-nord-de-la-syrie-le-21-decembre-2013_4646864[1] Explosion de l’hôpital « Al-Kindi », hier 20 Décembre :

Traduction inutile : Takbirs takfiristes répétés ! Lire la suite Dernier exploit des prétendus « révolutionnaires modérés à Alep »

Syrie : Un massacre nommé « Adra ».


Tribune de Byblos

 

Le temps d’atteindre l’autre rive

Le temps de rire aux assassins

Le temps de courir vers la femme

Il avait eu le temps de vivre.

 

                                                                                     L’Évadé de Boris Vian, [NdT].

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Décapitations SyrieIl est Syrien. Il s’appelle Nizar Hassan Mahlan. Il était ingénieur et travaillait dans l’une des centaines d’installations industrielles de la petite ville ouvrière d’Adra. Il vivait dans un HLM avec son épouse Mayssoun et leurs quatre enfants. J’aurais aimé que ceux qui nous ont raconté leur héroïsme nous aient donné leurs prénoms pour qu’ils restent, à jamais, gravés dans nos cœurs. Lire la suite Syrie : Un massacre nommé « Adra ».

À propos de la situation en Syrie


Tribune libre Résistance

USD-en-feuTout laisse à penser que l’agression lancée contre la Syrie par l’empire étasunien, ses vassaux français et britannique, et des pays arabes félons, va finalement échouer. C’est un fait nouveau. En effet, depuis la chute du mur de Berlin, les agressions de l’Empire avaient atteint l’essentiel de leurs objectifs : détruire l’État agressé et n’y laisser que chaos et désolation. C’est ce qui s’est passé en Tchécoslovaquie, en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak et en Libye. Lire la suite À propos de la situation en Syrie

Deux dangereux mensonges sur la Syrie


Tribune libre Palestine Alquds15

nasrallah3Par Ghaleb Kandil

Des analystes et des observateurs, mus par de bonnes intentions, tombent dans les pièges des mensonges sémiologiques véhiculés sur la Syrie. Parmi les plus dangereux mensonges, celui d’ »opposition armée » et l’ »impossibilité de la solution militaire ». Certains prennent pour prétexte ces deux postulats mensongers pour appeler au dialogue, qualifiée de seule voie pour un règlement politique. Lire la suite Deux dangereux mensonges sur la Syrie

Syrie-Iran-Arabie. Nouvel ordre mondial


Tribune libre Byblos

carte-moyen-orient-frLes informations en provenance de mes contacts en Syrie et au Liban confirment mes analyses de géopolitique : le monde bascule dans un nouvel ordre, les pôles de puissance changent entraînant de nouveaux rapports de forces qui s’exercent sur de nouveaux points d’appui.

Le « pivotement » américain vers l’Asie, s’il est exagéré par certains n’en est pas moins réel. Il implique l’apaisement des tensions au Proche et Moyen-Orient en réglant les crises syrienne et iranienne et en mettant un terme aux affrontements chiites-sunnites instrumentés à des fins stratégiques.

L’Iran retrouvera prochainement sa place géostratégique essentielle dans la région, avec la « modération » dans les relations internationales prônée par le Président Rohani dans son discours aux Nations Unies fin septembre. Plusieurs pays l’ont compris qui cherchent à se rapprocher de Téhéran, comme la Turquie et même le Qatar et l’Arabie.

L’islam politique vit son chant du cygne : ce sont des musulmans sincères qui ont renversé Morsi en Egypte le 30 juin dernier. Les Frères Musulmans, organisation longtemps souterraine dans les états arabes, qui a remporté toutes les élections car elle était la seule structurée depuis longtemps et a disposé de puissants moyens financiers des pays du Golfe, est l’expression politique de cette idéologie qui proposait de gouverner au nom de la charia. Ils ont prouvé leur incompétence et leur incapacité à répondre aux aspirations des peuples et à gérer des états modernes : la Tunisie les rejette, de même que l’Egypte et le chaos libyen finira par en faire de même. Les musulmans veulent vivre selon leur foi mais entendent être en harmonie avec le « village mondial ». (Expression de René Girard)

Dans les bouleversements politiques et sociaux du monde arabe, les chrétiens qui étaient présents sur ces terres six siècles avant l’islam, ont un rôle essentiel à jouer pour la cohésion sociale des populations et seront un facteur important des réconciliations nationales partout où des drames ont eu lieu. Les rapprochements entre Patriarches orientaux et Imams dans les pays en crise montrent que les appels du Pape François à l’union des fidèles chrétiens et musulmans répondent à un besoin vital et sont entendus par les populations comme par les dirigeants. Par leurs positions en dehors des rivalités internes aux musulmans, mais profondément patriotes et ancrés dans la vie des pays arabes, ils sont un catalyseur d’harmonie entre les différentes ethnies et confessions de ces pays souvent très composites, notamment la Syrie.

Les islamistes takfiristes restent nombreux, encore soutenus par l’Arabie Séoudite pour les détourner de menacer le royaume des Séoud désormais menacé dans son existence même. Ce sera la tâche la plus ardue d’en finir avec eux après la solution négociée de la crise syrienne. Avec le revirement du Qatar qui cherche à se rapprocher de la Syrie de Bachar el Assad, on assiste à l’isolement des positions séoudiennes et israéliennes. Les deux pays ont d’ailleurs compris qu’ils n’étaient plus les alliés indéfectibles des Etats-Unis qui attendent d’eux des changements de position.

La destruction du stock d’armes chimiques syriennes, constitué pour répondre aux armes de destructions massives israéliennes, notamment nucléaires, biologiques et chimiques, met Tel Aviv en position délicate face aux initiatives pour un PO débarrassé de ces menaces.

L’Arabie est menacée par des dissensions internes à la famille régnante et des irrédentismes qui déboucheraient en une partition possible en trois parties, le nord avec la Jordanie et les Palestiniens, le centre avec le sud du Yémen de l’Hadramaout à la mer, et l’est chiite et pétrolier.

Le terrorisme islamiste international pourra être éradiqué quand il aura perdu ses commanditaires et soutiens, d’autant plus qu’il représente aux yeux des musulmans sincères un véritable blasphème de l’interprétation du Coran. Simultanément au changement de stratégie américaine dans la région, l’Arabie Séoudite va devoir mettre un terme à sa croisade sunnite contre un axe chiite centré sur l’Iran et appuyé sur l’Iraq, la Syrie et le Liban. Il semble d’ailleurs que la brouille avec les Etats-Unis sur la question syrienne amène la monarchie à revoir ses fondamentaux, comme en attestent des visites récentes en Iran. Son refus d’occuper le siège où elle avait été élue à l’AG de l’ONU est à la fois un signe de son irritation et de sa prise de conscience des nouveaux rapports de force dans la région.

En réalité les Etats-Unis ne font qu’accompagner l’évolution du monde comme Chuck Hagel l’avait annoncé avant même sa prise de fonction de Secrétaire d’état à la Défense (voir PJ).

L’Occident dirigé par l’Amérique a fait croire, grâce à un énorme budget de communication, qu’il représentait le bien et la justice et qu’il avait le soutien de la majorité des peuples pour ses aventures guerrières. Mais lors des menaces de frappes occidentales contre la Syrie fin août-début septembre derniers, qu’en réalité Obama n’avait proférées que pour lâcher du lest aux groupes de pression américains, alors qu’il y était hostile au fond de lui en raison des conséquences catastrophiques qu’elles auraient entraînées, et que son Etat-Major connaissait, cette coalition guerrière « occidentale » ne représentait que 800 millions d’habitants, non consultés d’ailleurs sauf les Britanniques qui s’y étaient opposés, contre les quelques 6 milliards du reste du monde soutenant la Russie et la Chine. On sait les artifices qu’il a utilisés pour retarder la décision et ensuite s’engouffrer dans la proposition russe de destruction du stock d’armes chimiques de la Syrie. Simultanément, cette proposition acceptée avec soulagement entérinait la reconnaissance de Bachar el Assad comme Président d’une Syrie chargée de la faire appliquer jusqu’à son terme.

La réunion de la conférence de Genève II pour régler la crise est désormais inéluctable, quelles que soient les manœuvres de ceux qui y sont hostiles comme l’Arabie, et le plus intelligent est de s’en accommoder.

Les organisations rebelles civiles qui s’y opposent ne représentent que quelques poignées de Syriens déracinés et les militaires, comme les brigades Liwad al Tawhidi, Ahrar al Cham, Souqour al Cham sont des organisations terroristes composées majoritairement d’étrangers qui combattent pour un état islamique mondial et n’ont aucune identité syrienne. Les forces de l’Armée Syrienne Libre sont devenues insignifiantes ou ont fait allégeance aux djihadistes, quand elles n’ont pas déposé les armes ou rejoint les forces régulières syriennes.

Quant aux Kurdes, l’Armée syrienne leur a donné la responsabilité de tenir leurs régions et ils s’en acquittent au prix de pertes sévères contre les djihadistes mais ils prennent le dessus de plus en plus.

Simultanément le dossier iranien sera également bouclé, peut-être même avant le syrien qui demande du temps pour régler le sort des takfiristes fanatiques qui sévissent sur le terrain. La reconstruction de la Syrie demandera du temps et beaucoup d’argent, de nombreuses infrastructures ayant été détruites. Mais il n’y a pas de solution sans Bachar et les Américains le savent, même si John Kerry est obligé, lui aussi, de lâcher du lest par des déclarations hostiles ou ambiguës.

Le Liban multiconfessionnel, fragilisé par son voisinage de la Syrie d’où il reçoit plus d’un million de réfugiés de toutes confessions n’a toujours pas de gouvernement pérenne du fait des désaccords attisés par les appuis étrangers des parties prenantes. Cependant les structures étatiques comme l’Armée et la police restent cohérentes et accomplissent leur tâche malgré les difficultés. L’alliance, sans doute majoritaire dans le pays, entre les chrétiens du CPL du général Aoun, le Hezbollah composé principalement de chiites mais pas exclusivement, et le parti Amal de Nabih Berri reste la force politique dominante qui a soutenu le régime en place à Damas Habitués des discussions de diwan pour trouver des compromis, les dirigeants des grandes familles analysent les situations au regard de leurs alliances extérieures et, fins observateurs, ils semblent avoir admis que le régime syrien sortirait vainqueur de la crise et en tirent les conséquences ; le chef druze Walid Joumblatt a récemment apporté son soutien à Nabih Berri pour la formation d’un gouvernement, signe qu’une issue pourrait s’ouvrir, d’autant plus que l’Arabie pourrait la souhaiter aussi et le faire savoir à ses alliés locaux, le chrétien Samir Geagea et le sunnite Saad Hariri.

En l’absence d’état solide, la fragilité du Liban tient à la présence armée forte du Hezbollah, au nom de la résistance à Israël, simultanément avec celle des milices sunnites présentes officiellement pour certaines ou dans les camps palestiniens, qui en sortent pour combattre en Syrie voisine ou dans la région de Tripoli au Nord, faisant déjà plusieurs dizaines de morts, soldats et civils. Ce mélange est dangereux et pourrait exploser dramatiquement si les djihadistes venaient à quitter la Syrie pour attaquer le Hezbollah au Liban. Des menaces sérieuses sont d’ailleurs annoncées sur la FINUL au Sud contre les soldats occidentaux, dont les Français.

La France a tout intérêt à reprendre langue diplomatiquement avec un régime qui sortira vainqueur d’une crise tragique et à utiliser les liens d’amitié qui demeurent malgré tout entre Syriens et Français, ancrés dans des échanges culturels anciens, en dépit des affrontements qui les ont aussi émaillés.

Elle aurait aussi tout intérêt à se rapprocher de la Russie dont la diplomatie toute en finesse a montré son efficacité. La Russie va marquer des points dans le règlement de ce conflit parce qu’elle a su offrir une porte de sortie honorable à la grande Amérique dans une crise où elle s’était embourbée.

Elle défend ses intérêts stratégiques mais aussi tactiques car de nombreux djihadistes sont des combattants tchétchènes qui se retourneront contre elle s’ils le peuvent.

La Turquie, la Jordanie, l’Arabie Séoudite seront les perdants à divers égards du règlement de la crise, de même qu’Israël. Sans doute ces états sauront-ils trouver une nouvelle posture pour limiter les dégâts avec opportunisme et s’adapter aux nouveaux équilibres du monde. Il faut s’attendre que la Chine nouera ou développera des liens avec les pays de la région, elle qui propose des investissements en échange de la fourniture de l’énergie dont elle a besoin pour sa croissance toujours forte.

Alain Corvez

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article4025

Inutile de rêver d’une Syrie jouet de l’Occident, ce rêve ne se réalisera pas ! Bachar al-Assad


Tribune libre Byblos

Entretien du 26 Août 2013 avec le journal russe Izvestia

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1. Monsieur le Président, aujourd’hui la question essentielle concerne la situation sur le terrain. Quelles sont les régions du pays toujours contrôlées par les rebelles ?

En ce qui nous concerne, la question ne se résume pas à dire quelles sont les régions contrôlées par les rebelles et quelles sont celles contrôlées par l’Armée nationale, car nous n’avons pas à faire à une occupation territoriale traditionnelle par un ennemi précis pour réfléchir de cette manière.

Nous faisons face à des terroristes qui se sont infiltrés dans des villages et des zones périphériques de villes où ils sèment ravages et destructions… Ils tuent des civils innocents qui les rejettent et condamnent leurs actions… Ils démolissent les infrastructures… La police, les forces de sécurité et l’Armée se mobilisent pour les repousser et les éliminer… Ceux qui en échappent gagnent d’autres régions et ainsi de suite… Par conséquent, l’essence même de notre action est d’éradiquer le terrorisme.

Le problème que nous rencontrons et qui fait que la situation perdure est l’afflux d’un grand nombre de terroristes venus de l’étranger… des dizaines de milliers et plus… Leur soutien financier et militaire se poursuit… nos frappes se poursuivent aussi, et je vous assure qu’il n’y a pas un endroit où l’Armée nationale syrienne est intervenue sans réussir à les éliminer.

La majorité d’entre eux sont des Takfiristes ayant adopté la doctrine d’Al-Qaïda, le reste consiste en un petit nombre de hors-la-loi. C’est pourquoi nous ne pouvons parler de qui contrôle quoi… Partout où le terrorisme frappera, nous frapperons !

2. Pourtant, les grands médias occidentaux affirment que les terroristes contrôlent 40% à 70% du territoire syrien. Que contrôle vraiment l’État syrien ?

Pas un seul état au monde n’est capable de déployer son armée, toute équipée, sur tout son territoire. Les terroristes exploitent cette situation et tentent de pénétrer dans toutes les zones où l’armée est absente. Ils se déplacent d’une région à l’autre et à chaque fois que nous avons décidé de pénétrer une région où ils s’étaient installés nous les avons éradiqués. Je le répète, le problème n’est pas la superficie des territoires contrôlés par les terroristes, laquelle varie d’heure en heure et de jour en jour. Le problème est le grand nombre de terroristes venant de l’étranger.

Le critère qui compte est la réponse à la question : « Est-ce que l’Armée arabe syrienne a pu éliminer les terroristes dans toutes les régions où elle est entrée en action ? ». Je réponds : très certainement oui, et elle continue ! Mais leur éradication totale demande du temps, car ce type de guerre ne peut se terminer d’un coup. C’est ce qui fait que nous payons et que nous payerons un lourd tribut avant de réussir à tous les éliminer.

MHM_86963. Monsieur le Président, vous avez parlé de combattants islamistes extrémistes et takfiristes qui envahissent la Syrie… Sont-ils des groupes indépendants les uns des autres qui se battent ici ou là, ou bien font-ils partie d’une grande puissance qui cherche à mettre fin à la sécurité et à la stabilité dans tout le Moyen-Orient, y compris en Syrie ?

Ils sont les deux à la fois, dans le sens où ce qui les rassemble est la doctrine et la source de financement, leur pensée étant extrémiste et takfiriste puisée chez des individus tels Al-Zawahiri et leur financement étant souvent puisé à des sources pratiquement similaires et parfois identiques. Ce qui les distingue est leur travail sur le terrain, car ce sont des groupements divisés et incohérents, chacun d’entre eux obéissant à une direction indépendante et à des ordres différents.

Ceci dit, il est évident que c’est celui qui finance qui tient le gouvernail. Autrement dit, les pays qui les soutiennent idéologiquement et financièrement comme l’Arabie saoudite, par exemple, peuvent très facilement les influencer et guider leurs actions directement ou indirectement. Ainsi lorsque ce pays déclare que le devoir de tout musulman est de mener le Jihad en Syrie, des milliers de combattants arrivent chez nous pour ce faire. Celui qui arme et finance fait en sorte qu’ils exécutent ses ordres : terroriser et détruire !

Oui, ils sont souvent les deux à la fois. Je vous ai donné l’exemple de l’Arabie saoudite qui les dirige par son idéologie wahhabite et les soutient avec son argent.

4. Le gouvernement syrien parle d’une relation étroite entre Israël et les terroristes. Nous aimerions comprendre en quoi consiste cette relation, alors que le simple nom d’Israël les pousse aux déclarations hystériques et fortement haineuses !

Si tel était le cas, comment se fait-il que lorsque nous les frappons à notre frontière commune, les forces israéliennes interviennent contre les nôtres pour desserrer l’étau ? Comment se fait-il que lorsque nous les assiégeons, Israël leur ouvre des brèches pour qu’ils puissent revenir attaquer d’ailleurs ? Pour quelles raisons Israël a-t-il attaqué l’Armée nationale syrienne à plusieurs reprises ces derniers mois ?

Ce n’est pas le gouvernement syrien qui parle de l’étroite relation entre Israël et les terroristes. C’est Israël qui en parle. Ne s’est-il pas vanté, plus d’une fois, de prodiguer ses soins à des dizaines de terroristes dans ses hôpitaux ? Cette affirmation de votre part manque donc de précision ; d’autant plus que si ces groupes terroristes étaient si hostiles à Israël au point de devenir hystériques devant la simple prononciation de son nom, pourquoi ont-ils combattu l’Union soviétique hier ? Pourquoi s’en prennent-ils à la Syrie et à l’Egypte aujourd’hui ? Et comment se fait-il que depuis trois décades, ils n’aient jamais lancé la moindre opération contre Israël ? Et pour en revenir à l’essentiel, qui donc a créé ces groupes terroristes ?

Ces groupes ont été créés au début des années 1980 par les États-Unis pour combattre l’Union soviétique en Afghanistan [*]. Ils sont soutenus par l’Occident en général et sont financés par les Saoudiens. Par conséquent, comment se pourrait-il que ces groupes fabriqués par les États-Unis et l’Occident s’en prennent à Israël ?

5. Monsieur le Président, notre entrevue sera probablement traduite en plusieurs langues. Les dirigeants du monde, dont ceux qui travaillent contre vous, vous liront. Que leur diriez-vous ?

Nous avons certes affaire avec de très nombreux hommes politiques occidentaux, mais très peu sont des hommes d’État. Certains ne lisent pas l’Histoire ou n’en tirent aucun enseignement. D’autres n’ont même pas été capables de garder en mémoire les événements plutôt récents de leur propre Histoire. Ont-ils seulement retenu les leçons de ces 50 dernières années ? Ont-ils enregistré que depuis le Vietnam, les politiciens qui les ont précédés ont perdu toutes les guerres qu’ils ont déclenchées ? Ont-ils retenu que toutes leurs guerres n’ont pas répondu à leurs espérances, mis à part les destructions des pays visés et l’effet déstabilisateur sur le Moyen-Orient et d’autres régions du monde ? Ont-ils compris que toutes ces guerres n’ont pas réussi à convaincre les peuples de la région de la justesse de leur politique ni à susciter leur sympathie ?

Un deuxième point sur lequel j’aimerais attirer leur attention. Il se résume à dire que le terrorisme n’est pas un atout qu’on garde dans sa poche pour le rejouer quand et où bon nous semble… Le terrorisme est comme un scorpion, il peut vous piquer à tout moment. Dès lors, vous ne pouvez pas soutenir le terrorisme en Syrie et le combattre au Mali, par exemple… Vous ne pouvez pas soutenir le terrorisme en Tchétchénie et le combattre en Afghanistan…

M’adressant aux dirigeants occidentaux en particulier, je dirais à certains d’entre eux que s’ils cherchent à garantir « leurs intérêts » ils feraient mieux de prêter l’oreille aux peuples de la région et à leurs peuples, au lieu de travailler à installer aux commandes des « marionnettes » censées leur permettre d’atteindre leurs objectifs. Ce n’est qu’ainsi que leur politique pourrait devenir plus réaliste.

Et puisque vous insistez pour que la Syrie délivre son message au monde, je dirais qu’il est inutile que qui que ce soit continue à rêver d’une Syrie qui serait le jouet de l’Occident, car ce rêve ne se réalisera pas ! Nous sommes un pays indépendant, nous combattrons le terrorisme et nous construirons, en toute liberté, nos relations avec les pays que nous choisirons pour servir au mieux les intérêts du peuple syrien.

20130826-0622506. Le mercredi [21 Août 2013], le gouvernement syrien a été accusé par les rebelles d’avoir utilisé des armes chimiques… Certains dirigeants occidentaux ont adopté ces accusations. Que leur répondriez-vous ? Et allez-vous permettre aux inspecteurs de l’ONU d’enquêter sur l’incident ?

À vrai dire, les déclarations de l’Administration étatsunienne et de certains pays occidentaux, à ce sujet, traduisent leur mépris de l’intelligence d’autrui et leur irrespect à l’égard de leur propre opinion publique.

Aucun État au monde et a fortiori aucune superpuissance ne lancerait une accusation pour ensuite se mettre à en collecter les preuves. Or, il se trouve que l’Administration américaine a lancé son accusation mercredi pour annoncer deux jours plus tard qu’elle allait commencer à recueillir les éléments de preuve !

La zone concernée par cette attaque, qui est donc sous le contrôle des rebelles, est contigüe aux positions de l’Armée nationale syrienne. Comment est-il possible qu’un État utilise des armes chimiques ou de destruction massive contre ses propres forces ? C’est absurde ! Ces accusations sont complètement politisées et sont motivées par les avancées de l’Armée arabe syrienne dans son combat contre les terroristes.

Quant à la Commission d’enquête de l’ONU, nous avons été les premiers à la réclamer lorsque des terroristes ont procédé à des tirs de roquettes chargées de gaz toxique dans la banlieue d’Alep. Il est important de rappeler que plusieurs mois avant cette attaque, les États-Unis et l’Occident préparaient déjà l’opinion publique à l’éventualité de l’utilisation d’armes chimiques par l’État syrien… C’est cela qui nous a poussé à les soupçonner d’être au courant des intentions des terroristes quant à l’utilisation de ces armes pour s’en servir dans leurs actes d’accusation contre le gouvernement syrien. Dès la première attaque chimique et après concertation avec la Russie, nous avons décidé de solliciter une commission d’enquête sur le terrain. Mais alors que nous attendions une enquête basée sur les faits, les États-Unis, la France et la Grande Bretagne ont tenté d’exploiter la situation en se fondant sur des rumeurs et des allégations… et ils continuent !

Ces dernières semaines, nous avons travaillé avec la Commission d’enquête pour définir les bases de notre coopération. La première est une ligne rouge indépassable et concerne notre souveraineté nationale exigeant l’organisation de tout le processus en collaboration avec nous. La deuxième est d’admettre que le problème ne se restreint pas à savoir comment sera menée l’enquête, mais aussi la façon dont les résultats seront interprétés devant les Nations-Unis. Nous attendons donc une interprétation objective des données de l’enquête et certes, nous attendons aussi que la Russie bloque toute mésinterprétation visant à servir les agendas et intérêts des politiques étatsuniennes et occidentales. Il est crucial pour nous que l’on puisse distinguer entre les accusations occidentales fondées sur des allégations et des rumeurs, et les résultats d’une enquête que nous avons demandée et qui doit se fonder sur des preuves et des faits concrets.

7. Étant donné les récentes déclarations de l’Administration étatsunienne et d’autres gouvernements occidentaux, pensez-vous que les États-Unis qui n’ont pas exclu la possibilité d’une intervention militaire en Syrie puissent se comporter de la même façon qu’en Irak ? En d’autres termes, pensez-vous qu’ils useront une fois de plus de prétextes fallacieux pour intervenir militairement en Syrie ?

Ce n’est pas la première fois qu’est soulevée l’option d’une intervention militaire. Dès le début, les États-Unis, avec la France et la Grande-Bretagne ont tenté de la mettre en pratique. Malheureusement pour eux, les événements ont pris un cours différent et l’équilibre au sein du Conseil de sécurité s’est établi contre leurs seuls intérêts. Ils ont tenté beaucoup de marchandages avec la Russie et la Chine, mais en vain !

Les conséquences négatives de leurs ingérences en Libye et en Egypte n’étaient pas en leur faveur. L’ensemble a fait qu’il leur est devenu impossible de convaincre leurs peuples et le monde de la justesse et de la sagesse de leurs politiques.

Il en est ressorti que la situation en Libye diffère de celle de l’Egypte, laquelle est différente de celle de la Tunisie, alors que la situation syrienne est différente de toutes les autres… Chaque pays a ses particularités, ce qui fait qu’ils ne peuvent plus jouer à appliquer le même scénario à chaque fois et à tous les États. Ils peuvent tout au plus initier des guerres, mais ils ne peuvent prédire jusqu’où elles les mèneront et comment elles finiront ; ce qui les conduit à réaliser que tous les scénarios qu’ils ont concoctés échappent à leur contrôle.

Désormais, il est clair pour tout le monde que ce qui se passe en Syrie n’est ni une révolution populaire, ni un appel aux réformes. Ce qui se passe en Syrie vise à détruire l’État syrien au moyen du terrorisme. Que diront-ils à leurs populations : « Nous intervenons en Syrie pour soutenir le terrorisme contre l’Etat syrien » !?

8. À quoi se heurteront les États-Unis s’ils décidaient d’intervenir militairement ou de déclarer la guerre à la Syrie ?

Ils se heurteront au même obstacle auquel ils se sont toujours heurtés depuis le Vietnam : l’échec ! Les États-Unis ont mené de nombreuses guerres, mais n’ont jamais été en mesure d’atteindre les objectifs politiques qu’ils s’étaient fixés par la guerre, comme ils n’ont jamais réussi à convaincre le peuple américain du bien fondé de ce type de politique. Oui, les grandes puissances peuvent déclencher les guerres, mais peuvent-elles les gagner ?

9. Monsieur le Président, êtes-vous en contact avec le Président Vladimir Poutine? Vous entretenez-vous par téléphone? Si oui, de quoi discutez-vous ?

Notre relation est solide et remonte à de nombreuses années avant la crise. Nous nous contactons de temps à autre, mais il est évident que la complexité des événements en Syrie ne peut se discuter au téléphone. Nous sommes en relation au travers des responsables russes qui nous rendent visite et des responsables syriens qui se rendent à Moscou ; autant de contacts menés loin des projecteurs et des médias.

10. Monsieur le Président, prévoyez-vous une visite en Russie ou une invitation du Président Poutine en Syrie?

C’est certainement possible, mais les priorités actuelles sont de travailler à alléger l’impact de la violence en Syrie. Chaque jour nous amène son lot de victimes. Mais, il est évident que lorsque les circonstances iront vers le mieux, ces visites dans un sens ou l’autre devront avoir lieu. Actuellement, nos responsables respectifs gèrent bien cette relation.

20130826-06233511. Monsieur le Président, la Russie s’oppose à la politique étatsunienne et européenne, en particulier en ce qui concerne le dossier syrien. Que se passerait-il si jamais la Russie acceptait des compromis en votre défaveur ? Pensez-vous qu’un tel scénario est possible?

Aujourd’hui, il est important de ne pas examiner les relations russo-américaines à travers la seule crise syrienne qui ne représente qu’un des aspects, mais de se placer dans un contexte plus large et plus global. Les États-Unis ont pensé qu’après l’effondrement de l’Union soviétique, la Russie était à jamais achevée. Mais à partir de la prise de fonction du Président Poutine, fin des années 1990, la Russie a commencé à se redresser progressivement pour retrouver sa position parmi les nations. Du même coup, la guerre froide entre ces deux puissances a repris, mais d’une manière différente et plus subtile.

Les États-Unis ont joué sur plusieurs fronts en s’efforçant de contenir les intérêts russes dans le monde, et en tentant de modifier la mentalité même du citoyen russe censée se rapprocher de la mentalité occidentale en termes de culture et de besoins ; le but étant de mettre fin au rôle important et puissant de la Russie dans plusieurs domaines, dont celui de la Syrie.

Comme tout citoyen russe, vous pourriez vous poser la question de savoir : « Pourquoi la Russie continue-t-elle à soutenir la Syrie ? ». En effet, il est important d’expliquer à tout un chacun que la Russie ne défend pas le Président Bachar al-Assad ou le gouvernement syrien, car le peuple syrien peut choisir n’importe quel autre Président et n’importe quel autre système politique, le problème n’est pas là !

La Russie défend avant tout des principes fondamentaux auxquels elle a adhéré depuis bientôt plus de cent ans et auxquels elle croit, à commencer par la souveraineté des États et la non ingérence dans leurs Affaires intérieures, et ce d’autant plus qu’elle a eu elle-même à en souffrir et que cela continue ! Par ailleurs, la Russie défend ses intérêts dans notre région et c’est son droit. Ces intérêts sont beaucoup plus importants qu’un port sur la Méditerranée à Tartous, comme le prétendent certains analystes superficiels.

Ainsi, d’un point de vue politique, lorsque le terrorisme frappe la Syrie, un pays clé dans la région, il peut affecter la stabilité de tout le Moyen-Orient avant de porter atteinte à la stabilité de la Russie. Les dirigeants russes en sont évidemment parfaitement conscients, contrairement à ceux de nombreux pays occidentaux. Et d’un point de vue social, nous ne devons pas oublier les dizaines de milliers de familles syro-russes, qui créent un pont humain et culturel entre nos deux pays.

Ceci pour dire que si la Russie devait accepter des compromis, comme vous venez de le stipuler, ce serait déjà fait depuis un ou deux ans lorsque l’image était encore floue, même pour certains responsables russes. Aujourd’hui, la situation est très claire. Qui n’a pas fait dans le compromis à l’époque, ne le fera pas aujourd’hui.

12. Monsieur le Président, existent-ils des négociations portant sur la fourniture de carburant ou de matériel militaire par la Russie ? Et concernant votre contrat de défense, avez-vous pris livraison de missiles anti-aériens russes S-300 ?

Aucun pays n’annonce publiquement le type d’armement en sa possession ou le contenu des contrats passés à cet effet. Ce sont là des informations classées « Secret Défense » et « Secret d’État ». En revanche ce que je veux bien vous dire est que tous les contrats dûment signés avec la Russie sont maintenant en cours d’application. Ni la crise, ni les pressions des États-Unis, de l’Europe ou des pays du Golfe n’ont pu l’empêcher. La Russie fournit à la Syrie ce dont elle a besoin pour sa défense et la défense de son peuple.

13. Monsieur le Président, quelle est l’aide dont la Syrie pourrait actuellement attendre de la Russie ? S’agit-il d’une aide financière, d’équipements militaires, ou même d’un simple crédit ?

Sans le retour de la sécurité, il est impossible d’espérer redresser une véritable économie. Néanmoins, ce que la Russie offre actuellement à la Syrie et à son peuple pour sa défense, dans le cadre de contrats militaires passés, pourra faciliter la reprise économique.

De plus et du point de vue strictement politique, le soutien de la Russie à notre droit à l’indépendance dans nos choix et à la souveraineté de notre État a déjà joué un rôle important en faveur notre économie. De nombreux pays ont traduit leur position politique à notre égard par des sanctions dont la plus importante est le blocus économique que nous endurons péniblement, alors que la Russie a fait tout le contraire.

Par conséquent et pour répondre à votre question, les prises de position politiques de la Russie et le respect de ses engagements militaires malgré les pressions étatsuniennes ont considérablement aidé notre économie, abstraction faite de l’impact négatif du blocus sur la vie quotidienne du citoyen syrien.

Par ailleurs, il existe plusieurs accords entre la Syrie et la Russie pour diverses marchandises et matières premières. Dans ces conditions, n’importe quel crédit venant de Russie est à considérer comme bénéfique pour les deux parties. Pour la Russie, cela offre de nouvelles opportunités à ses entreprises et industries nationales et lui permet de conquérir de nouveaux marchés. Pour la Syrie, c’est là une occasion qui nous permet de reconstruire notre infrastructure et de rétablir et stimuler notre économie.

Je répète que le soutien de la Russie a joué un rôle essentiel dans beaucoup de domaines importants concernant la sécurité et les besoins élémentaires du citoyen syrien.

abb5261a2f84160fdd134181be8242e814. Monsieur le Président, pouvez-vous préciser l’objet de ces contrats ? Concernent-ils des carburants ou des produits alimentaires de première nécessité ?

Le citoyen syrien subit un siège qui le prive de nourritures, de médicaments et de carburants, autant de produits essentiels à sa vie. Ce que le gouvernement syrien recherche à travers ses contrats avec la Russie, et d’autres pays amis, c’est de les remettre à sa disposition.

15. Nous savons que vous avez décrété de nombreuses amnisties. Ont-elles concerné des rebelles ? Si oui, certains de ces rebelles ont-ils vraiment rejoint les Forces armées?

Oui, c’est vrai. Et ceci a amené de grands changements, surtout depuis que la situation est devenue plus claire pour beaucoup de gens qui ont compris que la vérité de ce qui se passe en Syrie est tout simplement le résultat du terrorisme. Nombreux sont ceux qui ont choisi de déposer les armes, de revenir vers l’État et de reprendre le cours de leur vie civile. Plus remarquables encore sont ces groupes qui sont passés du combat contre l’Armée nationale au combat à ses côtés. Ceux-là appartiennent à deux catégories. Ils ont été induits en erreur par les médias ou ont été enrôlés de force sous la menace des terroristes. C’est pour cette raison que dès le début de la crise, le gouvernement syrien a adopté une politique de « porte ouverte » à tous ceux qui voulaient faire demi-tour, malgré le fait que beaucoup de gens en Syrie se sont opposés à cette décision qui s’est finalement révélée efficace et a contribué à atténuer la tension de la crise.

16. Monsieur le Président, quels sont les États que vous pouvez qualifier de véritables amis, et quels sont les États ennemis ? Les relations de la Syrie avec plusieurs États ne cessent de se dégrader tels le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie. À qui la faute ?

Les pays qui nous soutiennent sont connus de tous avec la Russie et la Chine sur le plan international, et l’Iran sur le plan régional. Toutefois, je peux dire que nous commençons à voir un changement positif sur la scène internationale. Certains pays qui étaient fortement contre nous ont commencé à modifier leur position, d’autres ont commencé à rétablir leurs relations avec nous. Néanmoins, il est certain que nous ne pouvons ranger ces pays parmi ceux qui nous soutiennent directement.

En face, il y a les pays qui ont directement mobilisé et soutenu le terrorisme en Syrie, principalement le Qatar et la Turquie dans les deux premières années de la crise. Le Qatar finançait les terroristes, tandis la Turquie leur assurait la formation et les couloirs de passage vers la Syrie. Récemment, l’Arabie saoudite a remplacé le Qatar pour le rôle de financier. Pour être tout à fait clair et transparent, l’Arabie saoudite est un État qui n’a rien d’autre que la finance et par conséquent ne peut ni construire une civilisation ni la nourrir, bien au contraire ! La Turquie est un cas différent. Il est désolant qu’un grand pays comme la Turquie se laisse diriger par l’étranger pour quelques dollars. Il est désolant qu’un pays qui a une situation aussi stratégique et une société aussi ouverte se laisse manipuler par un pays du Golfe à la mentalité rétrograde. Toute la responsabilité en incombe évidemment au premier ministre turc, non au peuple turc avec lequel nous partageons patrimoine et traditions.

17. Monsieur le Président, qu’est-ce qui rend les relations russo-syriennes si fortes ? S’agit-il d’intérêts géopolitiques, ou bien est-ce parce que les deux peuples ont eu à souffrir du terrorisme et ont dû le combattre ?

Il ya plusieurs facteurs qui forgent si fortement les relations syro-russes. Le premier vient du fait que la Russie a souffert de l’occupation pendant la Seconde Guerre Mondiale et que la Syrie a été occupée plus d’une fois. Le deuxième vient du fait que depuis l’ère soviétique, la Russie a été l’objet de tentatives continues et répétées d’ingérences étrangères, ce qui est également le cas pour la Syrie. Le troisième, non moins important, vient en effet du terrorisme !

En Syrie, nous comprenons fort bien ce que signifie l’assassinat de civils par des extrémistes tchétchènes, la prise en otage d’enfants comme ce fut le cas à Beslan, ou la détention de gens innocents rendus au théâtre comme à Moscou… En retour, le citoyen russe nous comprend alors que nous goûtons à cette même amère désolation et, comme nous, il ne peut que rejeter les propos d’un Occidental qui vient lui raconter qu’existent « des bons terroristes et des mauvais terroristes » !

Un autre facteur renforce nos liens. Ce sont toutes les familles mixtes russo-syriennes que j’ai déjà évoquées. Elles n’auraient jamais pu autant se multiplier si nous n’avions pas partagé certaines valeurs culturelles, sociales et intellectuelles.

À tout cela s’ajoutent les intérêts géopolitiques que j’ai aussi évoqués. La déstabilisation de la Syrie et de la région concerne la Russie qui est parfaitement consciente du danger de la propagation du terrorisme qui ne connait pas de frontières, contrairement aux Européens et à l’Occident. Il est donc faux de dire que les prises de position d’une grande puissance telle que la Russie ne reposent que sur quelques éléments de circonstance, alors qu’elles se fondent sur un cumul historique de principes culturels et intellectuels.

18. Monsieur le Président, qu’attendez-vous de la Conférence de Genève 2 ?

L’objectif de la conférence de Genève 2 est de soutenir le processus en faveur d’une solution politique à la crise. Toutefois, il est impossible de démarrer le processus politique avant l’arrêt du soutien étranger aux terroristes. Nous attendons donc que cette Conférence commence par exercer des pressions sur les États qui soutiennent le terrorisme en Syrie, pour qu’ils cessent la contrebande d’armes et l’envoi massif de terroristes étrangers dans notre pays.

Lorsque ce premier pas sera franchi, il sera facile de franchir les pas suivants à commencer par le dialogue entre les différentes parties syriennes qui auront à discuter de leur système politique à venir, de leur constitution, de leurs lois et de tout le reste.

Dr Bachar al –Assad
Président de la République arabe syrienne
26/08/2013

Texte traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Texte original : Sana / Syrie
http://sana.sy/ara/2/2013/08/26/499188.htm

Note :

[*] Vidéo / Hillary Clinton : nous avons créé AL-Qaïda !
http://www.youtube.com/watch?v=rOzCMGK6eEc

Les blogs alternatifs au secours de la désinformation !


Al-JazeeraCe que l’on pourrait appeler le ‘’syndrome d’Al-Jazeera’’ est en train d’envahir le monde de l’internet. A moins que ce ne soit juste qu’une réactualisation de quelque chose qui existait depuis toujours ?

Tout le monde se rappelle qu’Al-Jazeera fut, pendant très longtemps, LA source d’informations alternative permettant de contrebalancer les différentes propagandes guerrières conduites par les grandes chaînes américaines. Son apparition fut une sorte de bénédiction pour le monde arabo-musulman, premier concerné par la désinformation. Sa notoriété ne tarda pas à monter en flèche et il devint très vite LA référence alternative, donc synonyme de LA vérité. Jusqu’au … ‘’printemps arabe’’.

Au début des évènements de Tunisie, la chaîne Qatari était au top dans l’opinion arabo-musulmane. Même s’il y a eu quelques couacs, la façon dont elle a couvert les évènements ne laissait rien entrevoir de suspect. Elle nous présenta une belle révolution populaire qui finira par balayer un dictateur dans une sorte de lutte du bien contre le mal avec le triomphe du bien. C’était beau, et tout le monde a applaudi les héros. Al-Jazeera renforça un peu plus sa côte grâce à son ‘’excellent’’ travail d’information qui, pour une fois, bizarrement, ne différait en rien de celui de ses autres concurrents qui ont la réputation de ne diffuser que des mensonges.

Dans la foulée de la Tunisie, l’Egypte. Là, même ‘’bon boulot’’ en plus grandiose, mêmes héros (la rue) renversant un dictateur (hâtivement désigné comme tel). C’est l’apothéose pour Al-Jazeera. Sans prendre de pause, on sort des cartons le projet libyen. Mais quelques détails bizarres commencent déjà à faire poser quelques questions. Le Yémen, par exemple. Le ‘’printemps arabe’’ semble aussi avoir touché ce pays. Pourquoi la chaîne de la ‘’vérité’’ ne s’y intéresse-t-elle pas ? Il est vrai que la conjoncture politique y est un peu plus complexe, mais quand même. Il y a aussi le Bahreïn, avec tous les ingrédients du bon ‘’printemps’’ et sa Place de la Perle qui n’avait rien à envier à la place Tahrir.

Ces détails ne prendront leur importance que plus tard. Pour le moment, il faut s’occuper de la Libye. La Libye, ah la Libye. Il est vrai que Kadhafi n’est ni Ben Ali, ni Moubarak. Ce n’est pas un ancien pote à qui l’on peut demander gentiment de partir sans faire de vagues. Ca fait belle lurette que l’affaire est en réalité engagée, à coup de menaces, de menées psychologiques, financières, économiques. Ni le chantage, ni la séduction ne semblait avoir prise sur la dynamique du bonhomme. Il fallait en finir, et vite, en profitant de ces fameux ‘’printemps’’ et de la présence d’un écervelé tel que Sarkozy prêt à foncer dans n’importe quoi au nom d’une témérité et une Histoire françaises auxquelles il est parfaitement étranger. Et toutes les failles apparaissent. Al-Jazeera apparait pour ce qu’il est et a toujours été : un outil de propagande. La Syrie ne fera que le confirmer. Du coup on revient aux anomalies yéménite, bahreïnie, saoudienne. Tout prend son sens. On finit même par se demander si cette chaîne, tout au long de son histoire, n’a pas toujours avancé masquée, pour un objectif final qui est le chaos que nous observons aujourd’hui. C’est ça le syndrome d’Al- Jazeera.

Aujourd’hui, Al-Jazeera n’est presque plus rien. On est passé à autre chose. L’outil internet prend de plus en plus d’importance. Pour faire passer les messages, il y a, bien sûr, les médias de masse, mais qui sont de plus en plus délaissés au profit du support internet où l’on trouve de tout. On y peut brouiller les cartes comme on peut orienter les esprits en fonction du slogan communautariste du jour.

Il est troublant de constater à quel point, depuis la ‘’deuxième révolution égyptienne’’, deux mondes que l’on croyait inconciliables, incompatibles et que l’on croyait ne jamais pouvoir se rencontrer, ont adopté le même langage et ont les mêmes références. Ce sont, d’un côté, le monde de Mme Caroline Fourest et de l’autre, le monde de tous ceux qui dénonçaient ses visions manichéennes, faussées et sans nuances (en dépit de ses dénégations) du monde arabo-islamique dans une manœuvre programmée de mise à l’index d’une communauté pour un dessein inscrit dans un vaste programme dont elle-même n’en perçoit pas les contours. Quand Fourest et les siens ont mis en place tous ces concepts en ‘’…istes’’ dans lesquels ils pouvaient enfermer tous les musulmans qui refusaient de renoncer à leur islamité ou qui ne voulaient pas gommer leurs cultures d’origine, on avait remarqué que leur référence de refus n’était ni Al-Qaïda, les Wahabites ou les takfiristes, mais les Frères musulmans, dont pratiquement personne n’avait entendu parler en France. Tous leurs discours finissaient par se résumer ainsi : Le fléau des fléaux, étape ultime avant Al-Qaïda et le 11 septembre, c’est la case ‘’Frères musulmans’’. Al-Qaïda lui-même n’est à craindre que parce qu’il est le résultat de l’obscurantisme, du fanatisme des Frères Musulmans. Ainsi, pour tous ces salonards de Paris , Londres ou New-York, les talibans, les iraniens, les wahabites, les fondamentalistes de tous les pays, d’une façon ou d’une autre sont liés aux frères musulmans.Otez leur leur verre de champagne ou de whisky, et vous constaterez qu’ils savent que tout cela est faux. Mais le discours reste.

Curieusement, il y a une sorte d’offensive dans les blogs avec ce même langage. Il apparait même que tous les malheurs de la Syrie ne sont dus qu’aux manigances des Frères musulmans. Les Al-Nusra, Al-Qaïda, wahabites, salafistes takfiristes dont on parle depuis deux ans en Syrie ? Des Frères musulmans tout ça. Alors, pourquoi l’Arabie Saoudite les arme et les soutient pendant qu’elle les écrase en Egypte ? Histoire entre frères sûrement… On pourra se poser toutes les questions que l’on voudra, mais tous les maux de l’Islam, du Moyen Orient et du monde arabo-musulman en général trouvent leurs sources chez les frères musulmans.

Volontaire ou non, cette attitude fausse délibérément la réalité. De la part d’une Caroline Fourest, cela n’a rien d’étonnant ; elle fait son job. Mais quand on voit plein de textes envoyés dans toute la blogosphère, tous avec le même objectif, celui de concentrer l’attention sur les frères musulmans, on peut se poser des questions. Surtout quand on sait que la situation en Egypte, berceau de cette confrérie, est tout sauf claire. L’utilisation des blogs alternatifs pour diffuser certaines informations est d’autant plus intéressante que ces blogs se targuent d’être  vigilants et indépendants, basés sur des principes de refus des mensonges et de la manipulation. On joue ici sur la confiance des lecteurs, comme on a joué sur la confiance des téléspectateurs d’Al-Jazeera.

Avic

Syrie : Le massacre des innocents et ses nouveaux objectifs !


Tribune libre – Mouna Alno-Nakhal

khan2-2Par Amin Hoteit

Aux dernières nouvelles, en ce Lundi 29 juillet 2013, c’est au minimum 210 citoyens syriens civils et militaires qui ont été exécutés lors du massacre commis le 26 Juillet par les groupes terroristes armés à l’encontre de la population de Khan al-Assal, localité située à l’Ouest d’Alep, 75 civils seraient toujours retenus prisonniers, 65 personnes seraient toujours sous les décombres des maisons qu’ils ont bombardées et 75 autres seraient toujours assiégées.[1][2], [NdT].

Lorsque les Frères Musulmans se sont lancés vers la conquête du pouvoir en Syrie, ils ont bien été obligés de constater que le peuple syrien qui les a expérimentés depuis des décennies n’a pas oublié leurs forfaits et n’est pas prêt à se laisser abuser par leurs slogans islamistes [3]. Réticence qu’ils ont cru pouvoir vaincre en brûlant les étapes par les pires violences et mensonges à répétition pour susciter l’empathie censée mener à une intervention militaire internationale en Syrie. Falsifications incessantes devenues arguments pour tous les intervenants cherchant à fracasser le rôle central et stratégique de la Syrie dans sa lutte contre le projet US-sioniste de remodelage du Moyen-Orient, l’argument choc étant « Le régime tue son peuple ! ». Argument qu’ils ont préfabriqué avec les régimes arabes et leurs alliés régionaux et internationaux pressés de les voir se saisir du pouvoir pour mettre à exécution leurs accords passés avec l’Occident [4] [5].

Après avoir transformé en « sédition armée » les aspirations populaires légitimes auxquelles l’Etat syrien a entrepris de répondre par la mise en route immédiate d’un ensemble de réformes de la gouvernance politique, ils ont délibérément réagi selon un « plan préétabli » visant à saboter tout processus réformateur, et se sont employés à refuser tout ce qui allait dans la direction voulue par le peuple syrien et par le Président qu’il s’est choisi. C’est pourquoi ils n’ont cessé de fixer des conditions incompatibles avec la volonté populaire. C’est pourquoi ils refusent toujours de se soumettre aux suffrages des urnes, prouvant par là qu’ils savent parfaitement quelle quantité négligeable ils représentent au sein d’un peuple qui, dans sa très grande majorité, refuse de leur remettre les rênes du pouvoir pour la bonne raison qu’il est parfaitement conscient de leurs manœuvres, de leur refus de toute altérité, et de leur prédisposition à travailler avec l’étranger contre les intérêts de la nation et de la patrie.

Face à ce refus, les Frères Musulmans occasionnellement soutenus par les forces takfiristes issues du wahhabisme, par les forces d’Al-Qaïda, d’Al-Nosra et de toutes leurs suites, se sont mis à massacrer le peuple syrien pour ensuite en rejeter la responsabilité sur le gouvernement syrien. Ceci, pour atteindre trois objectifs :

1. Diaboliser l’État syrien en conformité avec le slogan qui veut que « le régime tue son peuple ».

2. Pousser les Syriens récalcitrants à se désolidariser de leur gouvernement légitime pour devenir de la « chair à canon » au service des terroristes décrits comme de respectables révolutionnaires.

3. Émouvoir l’opinion mondiale sur « le triste sort du peuple syrien » et ainsi réussir à constituer une coalition internationale solidaire et complice qui répondrait à leur besoin de militariser leur prétendue révolution sous le noble prétexte de la légitime défense.

Objectifs largement atteints grâce aux médias qui ont dépassé leurs espérances en allant jusqu’à inventer d’autres massacres puisés dans la collection des images du Liban, de l’Irak ou de l’Afghanistan ; images de massacres perpétrés par l’Otan, Israël ou Al-Qaïda, venues illustrer les prétendus « crimes du régime syrien » [6].

Oui cette campagne médiatique mensongère a largement atteint ses objectifs puisqu’un grand nombre de citoyens sincères sont tombés dans le panneau, ce qui a permis aux Frères Musulmans et Cie de passer à l’étape supérieure de l’exploitation des massacres dont les deux plus importants objectifs sont :

1. Punir les citoyens syriens qui ont résisté à la désinformation et sont restés fidèles à leur État et à leurs instances dirigeantes tout en continuant à travailler pour sauvegarder la vie et la productivité du pays. D’où les attentats aux voitures piégées à tout bout de champ, notamment à Alep et à Damas, procédé autrement plus facile et plus rapide pour perpétrer leurs massacres.

2. Plonger les Syriens dans un environnement de stress et de tristesse et les maintenir sous pression jusqu’à création des conditions compatibles avec une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU – ou de toute autre instance décisive en matière de paix et de droits humains – condamnant l’État syrien au profit de la soi-disant révolution syrienne.

Cette deuxième étape a certes réussi à faucher encore plus de vies et à semer encore plus de destructions, mais elle n’a pas réussi à atteindre ses objectifs essentiels. Sur le plan interne, après chaque massacre le peuple syrien s’est relevé pour remettre son pays sur les rails et repartir encore plus convaincu de ses choix. Sur le plan international, et malgré le fait que « la communauté des agresseurs » ait réussi à faire voter certaines résolutions iniques, elle n’a pu obtenir le mandat tellement attendu pour intervenir directement en Syrie. À la prise de conscience du peuple syrien sont venues se joindre celles des dirigeants russes et chinois, leur double véto au Conseil de sécurité ayant en quelque sorte freiné « la diplomatie des massacres US-sionistes » malheureusement servie par des Arabes et des Musulmans !

Et maintenant, suite à ces ratés, suite aux défaites infligées par le peuple syrien et son armée, suite à la détermination de ses alliés, suite à la dépression qui s’est emparée des Frères musulmans à commencer par l’Égypte, et suite à la dernière « étape saoudienne » correspondant à la remise du dossier syrien entre les mains des services secrets saoudiens, les massacres bénis par la communauté des agresseurs semblent devoir atteindre de nouveaux objectifs !

Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les derniers en date : celui de Germana [80 morts] et celui de Khan al-Assal qui a coûté la vie à plus de 200 citoyens civils et militaires. Ce dernier massacre ayant à l’évidence les objectifs suivants :

1. Dissimuler le crime des terroristes qui ont usé de l’arme chimique dans cette même localité en Mars 2013 et brouiller les pistes de telle sorte que la commission de l’ONU chargée de l’enquête [7] ne puisse pas accomplir son travail, enquête demandée par l’État syrien et mise en panne par les USA qui ont cherché à exploiter la situation pour que leurs services de renseignement pénètrent le terrain comme cela s’est passé avant l’invasion de l’Irak sous le fameux prétexte de la recherche d’armes de destruction massive ; prétexte que la Russie semble avoir démoli [8] !

2. Répandre la terreur parmi les civils et les militaires pour les pousser à abandonner le combat, ce qui rappelle la tactique de la Haganah : « Tue une personne, tu feras fuir dix autres, tu terroriseras une centaine de plus, et ainsi tu atteindras le territoire convoité et l’occuperas sans combattre ». Les groupes terroristes sévissant au Nord de la Syrie sommés par l’Arabie saoudite – de l’aveu même de leurs propres chefs [9] – d’occuper Alep au plus vite pour assurer le « rééquilibrage » des forces sur le terrain avant toute négociation d’une solution politique de la crise syrienne [10] n’avaient plus qu’à adopter cette même tactique sioniste pour obéir aux ordres dans le plus bref délai possible.

Malgré l’immense douleur et l’horreur de ce massacre à Khan Al-Assal, nous disons que cette troisième étape d’escalade de la terreur ne donnera pas de meilleurs résultats que la précédente. D’une part, la Syrie et ses alliés ne tomberont pas dans les pièges tendus par les maitres terroristes américains ou saoudiens. D’autre part, le peuple syrien, son armée, et son gouvernement sont déterminés à se battre et à se défendre jusqu’à la victoire. Quant au prétexte éculé des ADM, en l’occurrence les armes chimiques, nous pensons que les preuves qui pourraient être avancées par la Syrie et celles recueillies par la Russie ou sur le terrain suffiront pour condamner les terroristes.

Pour finir, ceux qui imaginent occuper Alep pour en faire la « capitale du terrorisme » doivent se préparer à perdre leurs illusions. L’armée syrienne se prépare. Plus que quelques semaines avant d’écraser l’abomination terroriste comme cela s’est passé à Al-Qusayr, à Homs et ailleurs. Plus que quelques semaines avant de nettoyer les quartiers encore infestés !

Dr Amin Hoteit 29 /07/ 2013

Aricle original : Al-Thawra
http://thawra.alwehda.gov.sy/_kuttab.asp ?FileName=61386970520130729003059

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Notes :

[1] Mass execution of Syrian Soldiers coincide with CW investigation –
http://www.youtube.com/watch ?v=MBnVWOI5PMM

[2] Derniers détails sur les massacres à Khan Al-Assal
http://www.tayyar.org/Tayyar/News/PoliticalNews/ar-LB/massacre-3asal-khan-zek-135.htm

[3] Syrie : Vous, les réactionnaires, vous avez échoué !
http://www.mondialisation.ca/syrie-vous-les-reactionnaires-vous-avez-echoue/5315297

[4] Un accord secret entre Obama et les Frères Musulmans pour céder 40% du Sinaï à Gaza ?
http://www.europe-israel.org/2013/07/un-accord-secret-entre-obama-et-les-freres-musulmans-pour-ceder-40-du-sinai-a-gaza/

[5] Et pour 8 milliards de dollars !
http://www.youtube.com/watch ?feature=player_detailpage&v=rH25EE_SjpE

[6] BBC News uses ‘Iraq photo to illustrate Syrian massacre’
http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/9293620/BBC-News-uses-Iraq-photo-to-illustrate-Syrian-massacre.html

[7] Arrivée à Damas des experts de l’ONU pour les armes chimiques (AFP)
http://www.lepoint.fr/monde/arrivee-a-damas-des-experts-de-
l-onu-pour-les-armes-chimiques-afp-24-07-2013-1707841_24.php

[8) Vidéo / Syrie : les rebelles ont utilisé du gaz sarin affirme M. Vitali Tchourkine, ambassadeur de la Russie auprès de l’ONU, http://article.wn.com/view/2013/07/26/Syrie_les_rebelles_ont_tue_150_
soldats_du_regime_a_Khan_alAs_e/#/video

[9] Offensive imminente des rebelles à Alep à la demande de Riad
http://www.latribune-online.com/monde/85791.html

[10] Syrie : Alep ou le « déséquilibre » fabiusien !
http://www.mondialisation.ca/syrie-alep-ou-le-desequilibre-fabiusien/5338848

Le Docteur Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.

«La crise syrienne n’est pas une guerre civile entre Syriens mais une guerre entre grandes puissances au travers des Syriens.»


Tribune libre Byblos

France : Intervention du Colonel Alain Corvez au colloque sur la Syrie du 19 juin à l’Assemblée Nationale

Questions-sur-la-crise-syrienne_article_popin« La crise syrienne n’est pas une guerre civile entre Syriens mais une guerre entre grandes puissances au travers des Syriens. »

C’est ainsi que présentait la crise syrienne de façon magistralement synthétique un homme qui ne peut être accusé d’être un suppôt du régime de Damas, lui qui dénonça en son temps l’occupation militaire  de son pays par Damas. Je veux parler du Patriarche maronite du Liban et de tout l’Orient, Béchara El Raï lors de la venue du pape Benoît XVI à Beyrouth en septembre 2012.

Cette affirmation est chaque jour vérifiée un peu plus. Le nombre de combattants « takfiristes » de nationalités étrangères, notamment européennes, soutenus et armés principalement par le Qatar et l’Arabie Séoudite avec le soutien de la Turquie, de la Jordanie et des services occidentaux ayant atteint des dizaines de milliers de non syriens, prouve que nous sommes en présence d’un complot international pour renverser le régime en place à Damas, jugé indésirable par les monarchies du Golfe dont la doctrine féodale wahhabite est à l’opposé de l’islam sunnite modéré qui a toujours caractérisé la Syrie, comme la cohabitation harmonieuse entre de nombreuses confessions religieuses différentes.

Bien sûr, une frange irréductible de Syriens sunnites proches ou membres des Frères Musulmans, héritiers des insurgés de 1982 à Hama, ajoutés à ceux de la révolte commencée il y a deux ans sont décidés à renverser le pouvoir par les armes,  moins pour établir la démocratie, déjà proposée dans les nouveaux textes constitutionnels, mais par hostilité fondamentale à  Bachar El Assad.

Il faut en effet prendre un peu de recul pour porter un regard serein et objectif sur cette crise dramatique qui continue à tuer de nombreux innocents en plus des combattants des deux bords, souvent de façon inhumaine et odieuse, et remonter aux origines.

Dès son arrivée au pouvoir en 2000 alors qu’il ne l’avait pas cherché, le jeune Président Bachar El Assad s’est attelé à la tâche énorme de moderniser son pays pour l’adapter au monde présent, gêné par la conjoncture internationale qui le confrontait à d’autres priorités, comme l’assassinat de Rafic Hariri en février 2005 puis la guerre entre Israël et le Liban à l’été 2006, et par une « vieille garde », lucide contrairement à ce qui a été dit, mais  obnubilée par la crainte que les libertés accordées trop vite dans divers domaines ne débouchent sur une « perestroïka » qui entraînerait le même écroulement qu’en URSS.

Le « printemps arabe » qui éclata en Tunisie puis en Egypte  fin 2010 ne devait pas se produire en Syrie qui ne présentait pas le même immobilisme dictatorial que ces pays. Pourtant en mars 2011 des manifestations pacifiques au nom de la démocratie se produisirent à Deraa, ville aux confins jordano-israéliens, rapidement instrumentées afin de tuer manifestants et forces de l’ordre et provoquer l’enchaînement de la violence.
Conscient de la gravité des évènements le régime engagea alors un train de réformes accélérées pour déboucher sur une nouvelle Constitution totalement démocratique avec la suppression du parti unique et l’attribution des libertés dans tous les domaines. Ces réformes furent noyées par ceux qui n’étaient pas intéressés par la démocratisation de la Syrie mais par le renversement d’un régime qui défend depuis longtemps la cause arabe face à Israël, accueillant des réfugiés palestiniens et iraquiens par millions.

Paradoxalement, ce sont les états les moins démocratiques au monde qui sont le fer de lance des attaques pour renverser le pouvoir de Damas, états qui se voient encouragés par un Occident semblant avoir perdu ses repères, armant ou facilitant l’armement de djihadistes qu’il combat partout ailleurs dans le monde, notamment au Mali.

Mais le régime a montré sa force et sa cohésion en résistant depuis plus de deux ans à ces attaques brutales. L’Armée constituée majoritairement de sunnites est, dans son immense majorité, restée fidèle et disciplinée, aux ordres de ses chefs et avec le soutien de la population qui l’appelle souvent pour la protéger des exactions des rebelles ; quant au monde politique et diplomatique il est aussi globalement resté à son poste.
Les takfiristes dominant depuis des mois les mouvements rebelles, et l’opposition politique extérieure, créée et soutenue par les occidentaux, ne parvenant ni à s’entendre ni à s’organiser, de nombreux opposants déposent les armes depuis quelques semaines, conscients que l’islam prôné par les rebelles n’est pas celui qu’ils souhaitent pour leur pays et ne veulent plus être associés à ces extrémistes.
D’autant plus qu’il existe maintenant une quinzaine de partis politiques  qui proposent des programmes inspirés par la démocratie et les libertés fondamentales, et qu’un ministère de la réconciliation nationale sous l’égide duquel un dialogue constructif s’est installé est à l’œuvre depuis plus d’un an.

Le caractère international de la crise syrienne est renforcé par les soutiens extérieurs de Damas, Russie et Chine ayant clairement signifié qu’elles n’accepteraient pas un changement de régime provoqué en Syrie, jugeant que le nouvel ordre mondial multi polarisé imposait la fin de ces affrontements par une solution négociée entre les grandes puissances.  Après avoir cru possible  une chute rapide du régime, l’Amérique en a convenu depuis peu et nous nous dirigeons désormais vers cette issue pacifique.

Il faut enfin que cesse la désinformation propagée par les médias d’un tyran sanguinaire qui prendrait plaisir à tirer sur son peuple, et même à employer les armes chimiques, pour aller plus vite ou plus loin dans son œuvre. La vérité est que le régime se défend contre un complot international visant à le renverser et qu’il combat des forces militaires commettant des exactions souvent insoutenables, avec l’appui de la majorité de son peuple, toutes confessions et ethnies confondues.

La « paix des braves » a été déjà proposée aux rebelles syriens et, comme je viens de le dire a été acceptée par certains ; mais reste à régler le sort des milliers de combattants islamistes étrangers qui pourraient transporter ailleurs dans le monde leur soif de sang et de massacres odieux, au nom d’un dévoiement pervers des principes de l’Islam, alimentant dramatiquement les haines pour la noble religion des fidèles du Coran.

Par Colonel Alain Corvez