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Syrie: Joli coup marketing pour l’armement russe


almaz_antey00Punching-balls favoris de la presse occidentale, la Russie et Vladimir Poutine sont l’objet depuis quelques jours de dizaines d’articles saluant –à contrecœur- la manœuvre diplomatique qui a permis au Kremlin de reprendre la main dans le dossier syrien en coupant l’herbe sous le pied de Barack Obama et de François Hollande.

Hypnotisés par le dossier des armes chimiques et la problématique de la sortie de crise, les journalistes n’ont toutefois pas encore souligné que le succès russe était à multiples facettes et qu’au-delà de l’horizon immédiat, celui des frappes évitées et d’une fragile esquisse de règlement politique, les industriels russes de la défense ont de quoi se réjouir.

Car la défaite franco-américaine doit autant aux systèmes de défense sol-air russes équipant l’armée syrienne qu’à la finesse de Lavrov et à l’inflexibilité de Poutine. Si depuis deux ans et demi « l’Occident » menace sans jamais passer aux actes, c’est parce qu’on sait aussi bien à Washington qu’à Paris que la réédition d’opérations aériennes similaires à celles qui ont frappé la Serbie, ou la Libye, n’est pas possible en Syrie, à moins d’accepter des pertes élevées, tant du point de vue des avions de combat que des pilotes.

Les paramètres de la guerre aérienne ne sont plus les mêmes que lors de la crise du Kosovo : De 3 000 mètres d’altitude à cette époque, le plafond de sécurité est passé à 10 000 mètres en Syrie, voire 14-15 000 mètres selon les configurations. Quant à l’allonge des armes syriennes, elle est susceptible de contraindre tout avion à engager son objectif à plus de 50 kilomètres de distance afin d’opérer hors du champ de la menace. « L’Occident  » fait face à une défense moderne, disposant de missiles et de radars puissants, complémentaires et redondants, constituant un maillage serré, difficile à neutraliser sans accepter les risques d’importants dommages collatéraux et d’une longue campagne aérienne.

Dans ce contexte le tapage fait autour de la livraison ou non des S-300 à Damas prête à sourire : Missiles performants, ils ne changeraient rien, en définitive, s’ils étaient présents sur zone. Ils rendraient plus improbable encore une opération aérienne, mais ne pourraient s’opposer à une frappe menée à distance avec des missiles standoff comme les Tomahawk américains et les Scalp français. En annonçant qu’il renonçait à leur livraison Vladimir Poutine a convaincu l’opinion internationale qu’il faisait un geste d’apaisement alors qu’il ne concédait rien sur le fond…Sauf du point de vue israélien mais c’est un autre débat.

Quoi qu’il en soit la leçon a été retenue par tous les régimes susceptibles, à moyen ou long terme, d’être menacés par les Etats-Unis et leurs alliés : Tout Etat disposant d’un dispositif sol-air performant dispose d’un réel pouvoir de dissuasion vis-à-vis d’Occidentaux répugnant de plus en plus à s’engager dans des conflits de haute intensité. Or le seul pays en mesure de fournir ces outils de défense est –pour l’heure-  la Russie, avec un atout majeur, le groupe Almaz-Antey.

Ce dernier, spécialiste des défenses sol-air et antimissiles, est le leader mondial du secteur. Avec un chiffre d’affaires 2012 de 5,724 milliards de dollars sur le segment de la défense, en hausse sur un an de 62%, il s’est hissé l’an dernier à la quatorzième place du fameux classement des 100 premières entreprises mondiales de l’armement établi par l’hebdomadaire américain Defense News. Constructeur des fameux S-300, il développe une série de matériels susceptibles de démultiplier les capacités des défenses futures : S-400, S-500, Morfeï…Des matériels pris très au sérieux par l’ensemble des observateurs étrangers.

Certes, la priorité, pour l’heure, est à la modernisation des capacités de défense russes, non à l’export. Il n’en demeure pas moins que toute règle souffre des exceptions. Et que les enjeux financiers et diplomatiques sont tels que l’on peut compter sur Rosoboronexport pour convaincre le Kremlin de saisir les opportunités qui se profilent. Celles-ci sont colossales. L’Irak et la Libye après avoir gelé des contrats d’armements avec la Russie d’un montant total supérieur à huit milliards de dollars semblent prêts à réviser leur position. Or ces contrats incluent des systèmes sol-air. Téhéran, si un accord est trouvé avec Moscou quant au litige portant sur le précédent contrat S-300 annulé, pourrait finalement acquérir les missiles tant convoités. Et la liste des prospects est longue.

L’avenir s’annonce donc radieux pour Almaz-Antey et les exportations d’armes russes. D’autant que le marché de la défense aérienne « traditionnelle » va sans doute être supplanté dans les années à venir par celui de la défense antimissiles balistique (DAMB), de nombreux Etats se considérant de plus en plus menacés par la prolifération des missiles sol-sol. Sur ce segment aussi la Russie est en pointe. Elle dispose en conséquence de solides chances de conquérir une part importante d’un marché extrêmement rémunérateur et, une fois encore, crucial du point de vue des enjeux diplomatiques.

 

Philippe_Migault« Polemos pater panton » par Philippe Migault
Philippe Migault est Directeur de recherche à l’Institut de Relations Internationales et stratégiques (IRIS).

Ses principaux domaines d’expertise sont les questions diplomatiques et stratégiques, les conflits armés et industries de l’armement.

Ria Novosti

via Al Manar

L’armée syrienne a la capacité de repousser les vagues de Tomahawks lancés par le américains. Partie 2/2


Aucune réaction des batteries de missiles et de l’artillerie AA de l’armée syrienne ne peut être minimisée, même si les missiles de croisière Tomahawk sont presque invisibles sur leur radar.

Le dispositif de combat semble échelonné dans le territoire par secteurs et alignements distincts. Lire la suite L’armée syrienne a la capacité de repousser les vagues de Tomahawks lancés par le américains. Partie 2/2

Pourquoi les américains n’ont-ils pas utilisé de drones en Syrie?


Dans la dernière décennie, les Américains ont mis l’accent sur la conception et la construction à grande échelle d’avions de reconnaissance sans pilote (UAV), appelés drones. Ces appareils utilisent des technologies moins chères que les avions de combat, avec un risque zéro pour ceux qui les exploitent. Lire la suite Pourquoi les américains n’ont-ils pas utilisé de drones en Syrie?

Les missiles américains ne passeront pas inaperçus des radars russes


La Russie a montré qu’elle est capable de suivre des missiles de croisière lancés par les Etats-Unis contre la Syrie, dit Valentin Vasilescu.

Au cours de la journée du 3 Septembre, la presse internationale, citant RIA Novosti a indiqué que le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a informé le Président Vladimir Poutine que le système d’alerte antimissile russe a enregistré à 06h16 GMT, le lancement d’un missile Sparrow du centre de la Méditerranée, suivi par un autre missile Arrow 3. Lire la suite Les missiles américains ne passeront pas inaperçus des radars russes

Des puces pour cibler des objectifs en Syrie ?


1231620_228694213950106_2059119842_nDivers témoignages parlent de puces électroniques déjà dispersées autour de certains sites en Syrie.

Selon certains spécialistes, elles serviraient à améliorer la précision des missiles de croisière Tomahawk.

Sept puces auraient déjà été retrouvées dont cinq à proximité de zones militaires.

Informations à prendre cependant avec prudence, en attendant d’autres confirmations.

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=228694213950106&set=a.112348282251367.20667.112346942251501&type=3&theater

Opération Tomahawk au fromage – Pepe Escobar


030323-N-6946M-001Ce spectacle assourdissant et hystérique sur la Syrie, l’Irak 2.0, ne se produit que parce qu’un président des États-Unis (POTUS) a créé un problème de  » crédibilité » lorsque, par imprudence, il a décrété ‘’ une ligne rouge’’ concernant l’utilisation d’armes chimiques en Syrie.

Aussi, le gouvernement américain a un besoin urgent de punir le transgresseur – au diable les preuves – pour maintenir sa ‘’crédibilité ». Mais cette fois, ce sera  » limité ».  » Mesuré ». Juste pour  » quelques jours ». Un  » coup de semonce » – comme l’a qualifié POTUS. Pourtant, certaines – mais pas toutes – » cibles de grande valeur », incluant des centres de commandement et de contrôle ainsi que des installations logistiques en Syrie devront accueillir un barrage de missiles de croisière Tomahawk (dont 384 sont déjà positionnés en Méditerranée orientale).

Nous savons tous comment le Pentagone aime à baptiser son assortiment de libérations humanitaires à travers le monde avec des noms comme Renard du Désert, Vautour Invincible ou quelque autre idiotie fumeuse. Donc cette fois nous allons l’appeler Opération Tomahawk au fromage.

C’est comme commander une livraison de pizza.

– Bonjour, je voudrais un Tomahawk au fromage.

– Bien sûr, elle sera prête dans 20 minutes.

– Attendez, attendez! Je dois d’abord berner l’ONU. Puis-je la prendre la semaine prochaine? Avec un supplément de fromage ?

En 1988, l’opération Renard du Désert – lancé par Bill  » Je n’ai pas eu des relations sexuelles avec cette femme » Clinton – a été conçu pour ‘’affaiblir », mais pas détruire la capacité de Saddam Hussein à fabriquer des armes inexistantes de destruction massive. Maintenant, le déploiement de ces Tomahawks profondément moraux est également conçu pour ‘’affaiblir » la capacité du gouvernement de Bachar al-Assad à lâcher les non prouvées attaques aux armes chimiques.

Pourtant, il y a toujours cet agaçant problème d’arabes perpétuellement ingrats qui, selon le New York Times, » sont émotionnellement opposés à toute action militaire occidentale dans la région, malgré l’humanité de la cause ».

La profondément humanitaire opération Tomahawk au fromage se heurte à toutes sortes de problèmes avec le calendrier. POTUS part mardi prochain en Suède – et de là il se rendra à Saint-Pétersbourg pour le sommet du Groupe des 20, le jeudi et le vendredi de la semaine prochaine. La horde proverbiale des  » fonctionnaires anonymes de la Maison Blanche » a tourné comme des centrifugeuses folles, soulignant que POTUS doit boucler Tomahawk au fromage avant de rassembler son courage pour affronter le président russe Vladimir Poutine et d’autres dirigeants des puissances émergentes.

Evaluant ses impossibilités – avec un œil sur le calendrier et un autre à la résistance pour agrandir sa mini-coalition des bonnes volontés – maintenant POTUS semble être à la recherche d’une stratégie de sortie qui serait en fait tout sauf abandonner l’opération Tomahawk au fromage.

D’autres sont beaucoup plus résolus. Un groupe prévisible de 66 anciens ‘’fonctionnaires du gouvernement » et  »d’experts en politique étrangère » – tous des siocons sous l’égide du Foreign Policy Initiative – a publié une lettre exhortant POTUS à aller bien au-delà de l’opération Tomahawk au fromage, argumentant pour une pizza n’épargnant aucun ingrédients mortels. Ce serait une véritable mission humanitaire, capable d’appuyer les  » rebelles »  syriens  » modérés » et surtout de  » dissuader l’Iran de développer des armes nucléaires ».

Un rebelle, mais pas un salaud

Voyons ce qu’un  » rebelle modéré »  syrien’ pense de tout cela. Haytahm Manna, en exil depuis 35 ans, est un membre clé de l’opposition syrienne non-armée (oui, il y en a). Mais il ne suit pas le script, il est résolument contre l’opération Tomahawk au fromage et même avec un supplément de fromage. (Voir ici ).

Pire, il démystifie les  » preuves » du gouvernement américain d’une attaque aux armes chimiques qu’il qualifie de  » propagande » et de  » guerre psychologique ». Il insiste sur le fait que les produits chimiques ont été lancés avec des  » armes artisanales »; Ce qui rejoint les conclusions des renseignements russes qui sont sûrs que le  gaz a été tiré par un missile artisanal à partir d’une base sous contrôle de l’opposition (de nombreux détails compilés ici , faites défiler jusqu’à ‘ «Qaboun rocket launches »).

Manna souligne également le fait que  » les vidéos et les photos étaient sur Internet avant les attaques », l’utilisation antérieure d’armes chimiques par al-Qaïda, et les russes qui » travaillent sérieusement pour les négociations de Genève II », contrairement aux Américains.

Oups. Ce n’est pas exactement ce que les concepteurs de l’opération Tomahawk au fromage attendaient. Si un exilé syrien tire ces conclusions, il va en être de même pour les civils  syriens qui sont sur le point d’être accueillis par les Tomahawks profondément moraux.

Le Pentagone pourrait toujours opter pour le plan B. Un seul Tomahawk coûte au moins 1,5 million de dollars. Multipliez ce chiffre par 384. Ce n’est pas un bon rapport qualité/prix – parce que même s’ils vont tous à l’humanitaire, le gouvernement Bachar al-Assad resterait toujours en place.

Alors, pourquoi ne pas larguer des cargaisons de Ferraris California sexy dessinées par Pininfarina ? Elles se vendent aux alentours de 200.000 dollars. Imaginez la frénésie parmi les forces d’élite d’Assad se battant pour saisir le Gros Lot. Le regard concupiscent de ces derniers ayant été détourné, les « rebelles » pourraient facilement se faufiler partout et prendre Damas. Et peut-être même mettre en scène la parade de victoire sur une flotte de Ferraris photogéniques. Appelons ça une amélioration par rapport à la Libye.

L’Opération Tomahawk au fromage peut encore arriver, même avec le calendrier pressant, même sans passer par l’ONU, même avec une mini-coalition de volontaires, même en se moquant totalement du droit international. La Maison Blanche a clairement fait savoir que la  » paralysie diplomatique  » ne peut pas porter atteinte à sa ‘’crédibilité ».

Quant à ce qui est en train de se passer 10 ans après l’invasion et l’occupation de l’Irak, c’est au gouvernement américain, une partie de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Grande-Bretagne et France) et une partie du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite et les Émirats arabes unis), d’enterrer le précédent, le tant vanté  » dialogue » euro-arabe et le transformer en une sombre cabale  atlanto – islamiste s’évertuant, encore une fois, à réduire en miette une autre république arabe laïque. Du fromage qui pue.

Pepe Escobar

Traduction : Avic

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-04-290813.html

Obama prépare la guerre sainte Tomahawk – Pepe Escobar


Missile tomahawk
Missile tomahawk

La doctrine  » responsabilité de protéger » ( »responsibility to protect » : R2P) invoquée pour légitimer la guerre en la Libye en 2011 vient de se métamorphoser en  » responsabilité d’attaquer » ( »responsibility to attack » : R2A) en Syrie. Tout simplement parce que l’administration Obama le dit.

Dimanche, la Maison Blanche a dit qu’il avait » très peu de doute » que le gouvernement Bachar al-Assad a utilisé des armes chimiques contre ses propres citoyens. Lundi, le secrétaire d’Etat John Kerry fait monter la barre à  » indéniable » – et accuse Assad  »d’obscénité morale ».

Donc, quand les Etats-Unis ont bombardé Fallujah avec du phosphore blanc à la fin de 2004, ils ne faisaient que la morale. Et quand les Etats-Unis a aidé Saddam Hussein à gazer les iraniens en 1988, ils faisaient également la morale.

L’administration Obama a décrété que Assad a permis aux inspecteurs d’armes chimiques de l’ONU de venir en Syrie, et pour célébrer leur arrivée a déclenché une attaque avec des armes chimiques principalement contre des femmes et des enfants à seulement 15 kilomètres de l’hôtel des inspecteurs. Si vous ne le croyez pas, vous souscrivez à une théorie du complot.

La preuve? Qui se soucie de preuve? L’offre d’accès pour les inspecteurs d’Assad est venue  » trop tard ». De toute façon, l’équipe de l’ONU est seulement chargé de déterminer si des armes chimiques ont été déployés – mais pas par qui, selon le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Pour ce qui concerne l’administration Obama et le Premier ministre britannique David  »d’Arabie’’ Cameron – soutenu par le barrage de missiles des médias – cela n’a pas d’importance ;  » la ligne rouge » d’Obama a été franchie par Assad, point. Washington et Londres sont en mode guerre-ouverte pour rejeter tout fait contredisant la décision. La Novlangue – du type R2A – est la règle. Si tout cela ressemble à Irak 2.0 c’est parce que c’est Irak 2.0. Le temps d’adapter les faits autour de la ligne d’action – le temps pour des armes de supercherie massive – et c’est reparti.

L’axe israélo-saoudien

La fenêtre d’opportunité pour la guerre c’est maintenant. Les forces d’Assad ont gagné de Qusayr à Homs ; elles ont rejeté les résidus  » rebelles » hors de la périphérie de Damas ; elles se sont déployées autour de Der’ah pour contre-attaquer les  » rebelles » entrainés par la CIA équipés d’armes de pointe qui traversent la frontière syro-jordanienne, et elles ont organisé une poussée pour expulser les  » rebelles » et les djihadistes de la banlieue d’Alep.

Maintenant, Israël et l’Arabie Saoudite sont oh tellement excitée parce qu’ils obtiennent exactement ce dont ils rêvent juste par la bonne vieille méthode de la magouille. Tel Aviv a même télégraphié comment il voulait que ça se passe : ce lundi, le quotidien Yedioth Ahronoth a titré avec » Sur la manière d’attaquer » et a même imprimé l’ordre idéal de bataille. (Voir photo)

pepe270813

Il y a quelques mois, même AMAN, la Direction du renseignement des Forces de défense israéliennes (FDI) a conclu que Assad n’était pas assez fou pour traverser la » ligne rouge » d’Obama sur les armes chimiques. Du coup, ils en sont arrivés au concept de » deux lignes rouges imbriquées », la deuxième ligne étant la perte de contrôle par le gouvernement syrien  »  de ses dépôts d’armes chimiques et des sites de production ». AMAN a ensuite proposé différentes stratégies à Washington, de la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne à la saisie effective des armes (ce qui implique une attaque au sol).

Actuellement, on est revenu à l’option numéro un – frappes aériennes sur les dépôts d’armes chimiques. Comme si les Etats-Unis – et Israël – avaient à la minute près des renseignements sur l’endroit exact où elles se trouvent.

La Maison des Saoud avait également télégraphié ses désirs – après que le prince Bandar bin Sultan, alias Bandar Bush, ait été nommé par le roi Abdallah d’Arabie comme chef des renseignements généraux. La dureté d’Abdullah s’explique par sa mère et deux de ses épouses venant d’une tribu sunnite ultra-conservatrice et influente en Syrie. Quant à Bandar Bush, il a plus de longévité que Rambo ou Terminator ; il est de retour dans le même rôle qu’il avait joué dans le djihad afghan des années 1980, quand il était l’homme-de-la-situation pour aider la CIA à militariser les ‘’combattants de la liberté du président Ronald Reagan  ».

La Jordanie – une fiction d’un pays totalement dépendant des Saoudiens – a facilement été manipulée pour devenir un centre d’opération de guerre  » secrète ». Et sous la responsabilité de qui ? Pas moins que le jeune demi-frère de Bandar, le vice-conseiller à la sécurité nationale, Salman bin Sultan, également connu sous le nom » mini-Bandar ». On peut parler d’une version arabe de Dr Evil and Mini Me.

Pourtant, il y a plus d’hommes de la CIA que de Saoudiens dans le front jordanien.

L’importance de ce rapport ne peut pas être assez exagérée. Il a d’abord été divulgué par le journal libanais Al-Safir ( version en Français ) C’est toute la stratégie de Bandar, dévoilée lors de sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, déjà signalé par Asia Times Online. Après avoir essayé – pendant quatre heures – de convaincre Poutine de laisser tomber la Syrie, Bandar est catégorique: » l’option militaire est inévitable ».

Un mélange de Kosovo et de Libye et le tour est joué!

L’ancien président Bill Clinton a refait surface avec un timing parfait pour comparer les options d’Obama en Syrie au jihad de Reagan en Afghanistan. Bubba avait raison en termes de positionnement du rôle de Bandar. Mais il avait dû sniffé quelque chose s’il avait pensé en termes de conséquences – qui comprennent tout, depuis les talibans jusqu’à cette entité mythique, » Al-Qaïda ». Bon, au moins al-Qaida est déjà actif en Syrie, ils n’ont pas besoin de l’inventer.

Quant à cette bande d’amateurs qui entourent Obama – y compris les groupies du R2P comme Susan Rice, et le nouvel ambassadeur aux Nations Unies Samantha Power, tous des faucons libéraux, suceurs du Kosovo, et de la Libye en prime – préconise que c’est le modèle idéal pour la Syrie, le R2P par des frappes aériennes (illégale). Dans la foulée, le New York Times tel un perroquet répercute déjà frénétiquement l’idée.

Les faits sont, bien sûr, absent du narratif – y compris l’explosion de l’ambassade chinoise à Belgrade (un remix en Syrie avec l’ambassade de Russie, et être à la veille d’une guerre avec la Russie ?).

La Syrie n’a rien à voir avec les Balkans. Il s’agit d’une guerre civile. On peut dire que la majeure partie de la population urbaine syrienne, pas le campagnard, soutient Damas – à cause du méprisable comportement des  » rebelles » dans les lieux qu’ils contrôlent, et la majorité absolue veut une solution politique, comme dans la conférence de Genève 2 maintenant presque totalement torpillée.

Le régime jordanien – inondant le sud de la Syrie avec des mercenaires lourdement militarisés – est un remix de ce que la CIA et les Saoudiens ont fait pour AfPak (Afghanistan-Pakistan), et les seuls gagnants seront les djihadistes de Jabhat al-Nusra. Quant à la solution israélienne pour Obama – bombardements aveugles des dépôts d’armes chimiques -elle va certainement entraîner des dommages collatéraux terribles, parce que le R2A tue encore plus de civils.

Les perspectives restent sombres. Putain, une autre coalition des bonnes volontés ; Washington a déjà les caniches britanniques et français dans le sac, et le plein soutien – en toute sécurité douillette – des démocratiques pétromonarchies du Conseil de coopération du Golfe, du laquais jordanien et de la puissance nucléaire israélienne. C’est ce qui passe pour être la  » communauté internationale » à l’âge de la novlangue.

Les Britanniques ont déjà lourdement insisté sur le fait qu’aucune résolution du Conseil de sécurité de l’ONU n’est nécessaire ; qui se soucie que nous fassions un Irak 2.0 ? Pour le Parti de la guerre, le fait que le chef de la Joint Chiefs of Staff le général Martin Dempsey ait déclaré que les  » rebelles » syriens pourraient ne pas promouvoir les intérêts des États-Unis semble être hors de propos.

Washington a déjà ce qu’il faut pour que les Saints Tomahawks commencent à voler; 384 d’entre eux sont déjà positionnés dans la Méditerranée orientale. Des bombardiers B-1 peuvent être déployées à partir de de la base aérienne Al Udeid au Qatar. Et les bombes anti-bunker feront certainement partie du film.

Ce qui se passera ensuite exige des boules de cristal concentriques – des tirs de Tomahawks aux tirs de barrage par frappes aériennes, en passant par des opérations spéciales de commandos au sol, ou une campagne soutenue par l’aviation et qui dure des mois. Dans sa longue interview à Izvestia (version française), Assad donne l’impression qu’il pense que Obama  bluffe.

Ce qui est certain, c’est que la Syrie ne sera pas  » du gâteau » comme la Libye ; même affaibli sur tous les fronts, le colonel Kadhafi a résisté pendant huit longs mois après que l’OTAN ait commencé ses bombardements humanitaires. La Syrie a une armée fatiguée mais toujours forte de 200.000; des tas d’armes soviétiques et russes ; de très bons systèmes antiaériens, et le plein soutien des experts de la guerre asymétrique que sont l’Iran et le Hezbollah. Sans parler de la Russie, qui a juste besoin de transmettre quelques batteries de défense anti-aérienne S-300 et de relayer les renseignements.

Donc habituez-vous à la façon dont fonctionnent les relations internationales à l’ère de la novlangue. L’armée du général Abdel Fattah al-Sisi en Egypte peut tuer des centaines de ses propres citoyens qui protestaient contre un coup d’Etat militaire. Washington s’en fout – puisque le coup d’Etat n’est pas un coup d’État et le bain de sang n’est pas un bain de sang.

Personne ne sait avec certitude ce qui s’est exactement passé dans la saga des armes chimiques près de Damas. Mais c’est le prétexte à une nouvelle guerre américaine – quelques jours seulement avant un sommet du G20 organisé par Poutine à Saint-Pétersbourg. Saint Tomahawk ! R2A, c’est parti !

Pepe Escobar

Traduction : Avic

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-270813.html