Archives du mot-clé Turquie

JO de Sotchi : tentative de détournement d’un avion turc parti d’Ukraine


Bf5FF0eCQAA_1IS.jpg largePendant que la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques se déroulait dans la féérie des jeux de lumière et des feux d’artifices, un homme, un ukrainien de 45 ans,  tentait de détourner un avion de la compagnie turque Pegasus parti de Kharkov (Ukraine) pour le diriger vers Sotchi. Lire la suite JO de Sotchi : tentative de détournement d’un avion turc parti d’Ukraine

Bye bye Genève, bonjour Damas 1 !


La délégation syrienne à Montreux [Genève 2]
La délégation syrienne à Montreux [Genève 2]
Le 6 Janvier 2013, le Président Bachar al-Assad formulait sa « solution politique » et celle du gouvernement syrien [1] pour la résolution d’une « crise » dont le monde entier reconnait, aujourd’hui, les aspects mensongers ayant conduit à une terrible souffrance du peuple syrien, à des milliers de morts, à la destruction d’une grande partie du pays, dans une guerre « par procuration » qui n’a respecté ni les morts, ni les vivants. Lire la suite Bye bye Genève, bonjour Damas 1 !

Préparer Genève 2


UN Geneva Office and Flags 2A la conférence de Genève II, ce sera l’apothéose du cynisme de la réal-politique. Au nom de l’intérêt général, tous les protagonistes vont tenter de faire comme s’il ne s’était rien passé en Syrie. Trois ans de guerre, des dizaines de milliers de morts ? Oubliez cela. Il y a avant tout un pays à reconstruire, avec tous ses contrats juteux qui feront l’objet d’âpres combats entre les loups qui apparaîtront comme des hommes de paix dont la seule préoccupation est le bien-être des syriens. Lire la suite Préparer Genève 2

Syrie : Lexique de la terreur en prévision de Genève II !


__366287-01-08_76_840764_highresPour cacher un mensonge, il faut mentir et mentir encore. Le dernier en date consiste à faire croire que ce ne sont pas les soldats de l’Armée nationale syrienne qui se sacrifient face au terrorisme de DAECH [Acronyme de l’État Islamique en Irak et en Syrie ; ou EIIL], la faction terroriste la plus infernale que le monde ait connu, mais le Front islamique [1] ! Lire la suite Syrie : Lexique de la terreur en prévision de Genève II !

Genève II : la carte gazière Assad/Poutine!!


U.S. Secretary of State Kerry and Russian Foreign Minister Lavrov speak, following meetings regarding Syria, at a news conference in GenevaLa Syrie a signé avec une entreprise russe « Soyuzneftegaz » un contrat de prospection pétrolière et gazière dans les eaux territoriales syriennes.

Les analystes des questions énergétiques  prévoient qu’il est possible de déceler du gaz naturel et du pétrole dans cette région, située à l’Est de la Méditerranée, a écrit, Lire la suite Genève II : la carte gazière Assad/Poutine!!

Sfeira libérée – Mais si cela recommençait demain en Syrie ?


p7ah08jNous le pressentons. Le Moyen-Orient reviendra à la Une de l’actualité dans quelques semaines. La « guerre juste » de l’Occident contre Bachar el Assad n’aurait-elle été que reportée ou suspendue ? Les armes circulent de plus belle, les services spéciaux aussi et en particulier le Mossad. Il suffit de regarder une carte des positions navales (forces américaines et russes) en Méditerranée pour comprendre qu’on n’a jamais été aussi près d’un conflit. Et puis, ce matin, il y a Sfeira…

sfe_couv_statue_du_christ_au_mont_des_chérubins.La ville de Sfeira, au sud-est d’Alep, a été libérée par l’Armée arabe syrienne et les unités de la défense nationale légitimiste. On saluera demain le courage des volontaires syriens et de cette armée régulière héroïque alors que toute la communauté internationale les décrivait comme des monstres. Ces derniers mois, les groupes armés rebelles avaient massé à Sfeira d’importantes troupes, les unités les mieux équipées. On y trouvait le Front al-Nosra et l’Etat Islamique d’Irak et du Levant, affiliés à Al-Qaïda, Liwaa al-Islam, dirigé par Zahran Allouche, l’homme de Bandar Ben Sultan en Syrie, Ahrar al-Cham, et un conseil militaire local rattaché à l’Armée syrienne libre. Ces groupes jouissaient de lignes de ravitaillement ouvertes vers la frontière avec la Turquie, d’où étaient acheminées armes, munitions, argents et renforts de combattants venus parfois de l’étranger. Mais tout cela ne les a pas empêché de perdre Sfeira.

Or, Sfeira est un nœud stratégique important commandant l’accès à la région sud-est d’Alep ; elle est située non loin de l’aéroport international d’Alep et de l’aéroport militaire de Koueirès ; elle est proche de la région d’Al-Bab, qui commande l’accès à Alep et constitue donc un point d’équilibre décisif à l’intérieur d’Alep et de sa province, car elle est située non loin des industries de la défense et de la route d’approvisionnement, qui relie Alep à la province de Hama.

????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????Pour toutes ces raisons, la libération de Sfeira était vitale pour l’armée régulière de Syrie. Elle ne manquera pas d’avoir rapidement des répercussions sur les équilibres militaires dans le pays et sur les réactions occidentales en coulisses. L’avancée rapide de l’armée syrienne de ces derniers jours est en tout cas la preuve vivante de ses hautes capacités et de sa solidité morale. Elle confirme, aussi, le changement des Syriens, qui rejettent les exactions des groupes extrémistes, déchirés par des luttes intestines.

sfe syrie_diviseeL’apparition de profondes divergences entre l’Arabie Saoudite d’un côté, le Qatar et la Turquie de l’autre, est un signe supplémentaire de l’échec de la guerre contre la Syrie. Les groupes armés qui combattent l’Etat syrien, n’ont jamais été que des façades instrumentalisées par les puissances étrangères de l’Otan, elles-même poussées par Israël qui veut émietter ce pays. Israël a bombardé la semaine dernière un entrepôt de missiles russes sur le sol syrien. L’Etat hébreu  viole systématiquement l’espace aérien syrien sans que personne  ne s’en offusque de même que très régulièrement pour ne pas dire quotidiennement, le territoire de Gaza aujourd’hui privé d’électricité est quadrillé par des drones de surveillance.

Pourquoi autant d’acharnement contre la Syrie ?

sfe 581074_756862334340860_172181391_nIls en veulent au laïcisme du parti Baas, à la tolérance des Chrétiens à Damas ? Une statue grandiose du Christ qui vient de s’élever au mont des Chérubins ne risque pas d’arranger les choses. La sculpture se dresse à 27 km de Damas. C’est un monument de bronze qui représente le Sauveur bénissant et  culmine à 32 m en étant visible depuis le Liban, la Jordanie, la Palestine et Israël. Samir Al-Gadban, directeur de la fondation Saint-Paul et Saint-Georges qui a pris une part directe à l’érection de la statue, explique : « Le projet fut initié en 2005 et béni par le Bienheureux Ignace IV, alors patriarche d’Antioche et de tout l’Orient. La sculpture est l’image de la Parousie. Le Christ bénissant foule le serpent qui personnifie le mal. A sa droite se tient Adam et Eve et, à sa gauche, la tête baissée. Plusieurs emplacements étaient proposés pour le groupe sculptural mais le patriarche d’Antioche avait finalement choisi le mont des Chérubins. On sait que les Chérubins sont un symbole puisé dans l’Ancien Testament. Il est utilisé dans la religion chrétienne et n’est pas nié par l’islam. » Ce projet a pris 8 ans. « C’était une opération extrêmement compliquée parce que toutes les routes étaient bloquées et il était impossible d’acheminer le matériel dans la montagne. Une partie du terrain était contrôlée par les insurgés et une autre par l’armée syrienne. Il fallait obtenir l’accord de l’ensemble des parties afin qu’elles laissent passer les équipements techniques. Nous avons finalement obtenu gain de cause et convenu qu’aucun coup de feu ne serait tiré pendant l’opération de montage. En effet, aucune des parties n’a tiré pendant les trois jours qu’a duré l’opération.» La sculpture a reçu le nom de « Je suis venu pour sauver le monde».

C’est aussi ce que disent les Etats-Unis quand ils interviennent, sur fond de mélodies guerrières et en brandissant la nouvelle théologie mondialiste, celle de la Déclaration Universelle des Droits de 1948.

Michel Lhomme

http://www.metamag.fr/metamag-1662-SFEIRA-LIBEREE.html

Turquie: Notre ami en prison


par ANDRE Vltchek

Notre ami Serkan Koc a été arrêté …

Nous ne savions pas quand c’est arrivé. Pas sûr de l’époque, des circonstances … Notre interprète et traducteur, notre ami Levent, nous a écrit un e-mail; très bref, très simple …

Notre univers s’est effondré, pour plusieurs brèves mais substantielles secondes, et nos épaules se sont affaissées, et nous avons senti une douleur quelque part profondément à l’intérieur.

Serkan n’est pas seulement un ami, il est un documentariste turc courageux, l’un des plus prolifiques dans cette partie du monde.

Il a fait des dizaines de films sur l’injustice, sur l’impérialisme et sur l’alliance entre l’Occident et la Turquie dans l’entrainement de «l’opposition» syrienne sur le territoire turc, en particulier autour de la ville frontalière de Hatay.

Il a suivi les mouvements des combattants étrangers, il est allé partout en Syrie pour suivre «l’opposition», des «camps de réfugiés» jusque dans les villes syriennes et les champs de bataille.

Les manifestants à Istanbul.
Les manifestants à Istanbul.

Serkan travaille pour la chaîne de télévision Ulusal. Ulusal signifie «National», mais ce n’est pas un de ces médias d’état ​​ou «officiels» – c’est de la vraie opposition, tout comme sa sœur en version imprimée, Aydenlik. En fait, lors d’une visite de Hilary Clinton à Ankara, des rumeurs ont circulé qu’elle faisait ouvertement du lobbying avec le gouvernement en place pour arrêter à la fois Aydenlik et Ulusal.

Pourquoi?

La réponse est simple: les deux médias se positionnent fermement pour des idéaux patriotiques, les principes sociaux et socialistes, et pour une philosophie anti-impérialiste déterminée. Pendant des années, ils ont dénoncé le rôle de la Turquie dans la déstabilisation de la Syrie voisine, pendant des décennies, ils se sont opposés à l’hébergement des militaires de l’OTAN et des bases aériennes. Pendant des années, ils se sont opposés au capitalisme sauvage qui est arrivé en même temps que l’administration actuelle.

Pendant des jours et des nuits, sans relâche, des gens comme Serkan Koc ont monté des films, s’engageant au niveau le plus élevé du journalisme d’investigation, luttant pour une meilleure Turquie et un monde meilleur.

Dans le cas de Serkan, son travail était étroitement lié à son partenariat avec sa femme, Beste, son indéniable seconde moitié, mais aussi son partenaire de travail acharné. C’est en pensant à tous les deux que nous écrivons ces mots, le présent rapport, et cet appel!

Mais quelle principale irritation Serkan Koc a-t-il causée? Qu’est-ce qui a bien pu outrager le gouvernement de la Turquie à ce point?

« Maintenant, malheureusement Tayyip Erdogan est devenu notre premier ministre, et il a reçu une mission de la part des Etats-Unis d’Amérique », nous a expliqué récemment Serkan Koc, à Crista et moi, alors que nous travaillions sur le film documentaire, la Turquie entre l’Est et l’Ouest pour la chaîne de télévision latino-américaine Telesur. Nous étions assis dans le bureau de Serkan, au cœur d’Istanbul. « L’objectif était ‘’le projet du Grand Moyen-Orient des Etats-Unis « , visant à changer les frontières des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, et Erdogan a été porté au pouvoir exactement en tant que co-président de ce projet du Grand Moyen-Orient ».

Et Serkan a poursuivi:

«Afin d’accomplir cette mission il avait à faire quelques sérieuses manœuvres; donner l’impression qu’il est contre Israël et contre les Etats-Unis, pour la bonne raison qu’un dirigeant qui est du côté d’Israël et des Etats-Unis ne pouvait pas réussir cette mission au Moyen-Orient. Maintenant, le gouvernement du Tayyip Erdogan est fini. Le gouvernement Erdogan Tayyip va maintenant vers le bas de la colline, à partir de maintenant jusqu’à la fin.  »

Naturellement, ce n’est pas quelque chose, pas une rhétorique que Tayyip Erdogan aime entendre. Et sa colère, sa fureur, sa vindicte peuvent souvent être au vitriol.

Maintenant, il y a déjà des centaines de patriotes, des généraux militaires, et d’intellectuels turcs dans les prisons, dans tout le pays. Beaucoup d’entre eux sont détenus ou en attente de procès, à la prison de haute sécurité notoire de Silivri, sur la rive européenne de la Turquie, à environ 60 kilomètres d’Istanbul.

Leur «crime» est qu’ils se sont opposés à l’étroite alliance turque avec l’OTAN et avec les Etats-Unis. Bien sûr, il y avait d’autres questions «liées», mais la critique de l’OTAN et de l’alliance avec l’Occident étaient les principaux «péchés».

Ce n’est pas seulement le «péril rouge» (écrivains, journalistes et autres intellectuels) qui sont confrontés à de lourdes sentences, mais même quelques-uns des éminents chefs militaires, comme le général d’armée aérienne 4 étoiles Bilgin Balanli qui, comme nous l’avons appris par sa fille Burcu Balanli, était sur le point de devenir commandant en chef de l’armée de l’air turque, avant d’être arrêté et jeté dans un cachot. Ou comme Ahmet Yavuz, le major-général 2 étoiles, qui est actuellement détenu à Silivri.

Zeynep Isik, directeur de « Avcilar Ataturkist Thought », et membre éminent du Parti des travailleurs, nous a expliqué juste en face de la prison de Silivri:

«Ces arrestations, ces opérations … nous ne pensons pas que ce soit quelque chose que la Turquie a fait de son propre chef, il y a de solides évidences et des preuves pour soutenir cette affirmation. Il s’agit d’une opération effectuée par les Etats-Unis contre les intellectuels turcs, et en particulier contre les forces armées turques « .

Bien sûr, la Turquie est désormais un allié essentiel des Etats-Unis et de l’Europe, au Moyen-Orient, aux côtés d’Israël et de l’Arabie Saoudite. Et en tant que tel, il est constamment encouragé de «l’extérieur» pour freiner son opposition, pour intimider sa dissidence. Toutes les arrestations massives, les procès de masse et d’autres mesures oppressives rencontrent très peu de critiques de la presse grand public occidentale, un scénario d’engagement étonnamment similaire  à celui adopté à l’égard d’autres proches alliés dans le monde, tels que l’Indonésie et Israël.

«Parler de l’actuel gouvernement, le gouvernement répressif … on doit le voir comme un gouvernement plutôt de type chef unique d’une organisation politique, sans aucune transparence en son sein. Et le leader n’accepte aucun défi, aucune critique, il dirige le parti politique, l’AKP, comme si c’était sa propre entreprise « , selon E. Ahmet Tonak – Professeur d’économie à l’Université de Bilgi d’Istanbul – qui a partagé ses réflexions sous et hors caméra, pour notre film documentaire.

Protestations dans Gezi Park.
Protestations dans Gezi Park.

Les récents combats sur le parc Gezi que le gouvernement a tenté de «privatiser» et transformer en un lieu commercial, a tourné à la violence. Des milliers ont été blessés, des centaines ont été arrêtés. Il est vite devenu évident que la lutte n’est pas sur le petit coin de verdure au milieu de la ville tentaculaire, c’est sur le système politique et économique lui-même, et sur l’alliance de la Turquie avec l’Occident. Beaucoup de citoyens turcs ont déjà perdu confiance dans la démocratie représentative, comme nous l’ont expliqué le Professeur E. Ahmet Tonak et beaucoup d’autres.

« Avec les manifestations du parc Gezi nous avons vu qu’il y avait un très grand malaise social dans notre société», a déclaré Osman Erbil – directeur général adjoint du TGB (Parti des Travailleurs), qui a été arrêté le même jour que notre ami Serkan Koc. « Et l’une des raisons de ce malaise social, c’est que les politiques du gouvernement de l’AKP interdisent les libertés et coopèrent avec l’impérialisme. Le but de tout cela – s’assurer que la Turquie ne développera pas son propre parcours indépendant « .

Prison de Silivri.
Prison de Silivri.

Et pourtant, la société s’est révoltée. Elle s’est soulevée, et est allée aux barricades. Les gens, jeunes et vieux, se sont battus avec la police anti-émeute.

Certains sont morts et d’autres ont été blessés, et il y a ceux qui ont disparu.

Lorsque nous travaillions sur notre documentaire, Crista s’écriait souvent: «Comment se fait-il que eux ils osent, tandis que les Indonésiens n’osent pas? »

Et pour répondre à sa question rhétorique, il faut rappeler les paroles de Noam Chomsky, qui, quand nous parlions de la Turquie dans un dialogue que nous avions eu, lui et moi, l’an dernier au MIT (un dialogue qui sera bientôt publié sous forme de livre et sortira comme film), avait déclaré avec un large sourire : «les intellectuels turcs sont uniques! Je ne connais personne d’autres comme eux, nulle part dans le monde.  »

Chomsky avait parlé de défi, de courage et de désobéissance civile.

Il y avait aussi quelque chose de plus dans l’air autour de Gezi Park, alors même que la fumée toxique des gaz lacrymogènes montait lentement vers le ciel : il y avait de l’espoir et de l’optimisme, un signe clair que le peuple de Turquie, beaucoup d’entre eux, croient encore que si l’on se bat pour un monde meilleur, si l’on est courageux et déterminé, le monde meilleur est possible.

Serkan Koc a lutté courageusement pendant de nombreuses années, des décennies. Lui et son épouse Beste ont combattu, tout comme des centaines d’autres, des milliers d’autres, et maintenant des millions.

Je ne sais pas ce qui lui est arrivé après l’arrestation. Certains disent qu’il a été libéré après deux jours. Je l’espère. Il est notre ami. Un homme que nous respectons. Nous ne parlons pas la même langue, et quand Crista et moi avions travaillé avec lui à Istanbul, nous avions dû utiliser un interprète.

Taksim Square - la police avant l’action.
Taksim Square – la police avant l’action.

Mais ayant vu la façon dont ils travaillaient et la détermination qui émanait d’eux, nous étions certains que tant Serkan que Beste auraient donné le meilleur d’eux-mêmes, leur vie, pour améliorer le monde grâce à leur travail acharné. Nous nous sommes sentis inspirés par eux, comme par tant de gens dans leur pays.

Serkan devrait être libre. Et il ne devrait jamais être de nouveau arrêté. Et la Turquie doit être libre, et ne plus jamais être asservie sous une dépendance impérialiste vicieuse.

Et puis, qui sait, un jour peut-être, nous pourrions revenir dans cette ville merveilleuse, Istanbul, et s’y sentir chez soi, au lieu de braver les jets d’eau provenant des citernes des canons à eau, au lieu d’étouffer empoisonné avec des gaz lacrymogènes.

Nous viendrons, mais seulement si notre ami Serkan est libre!

Andre Vltchek est un romancier, cinéaste et journaliste d’investigation. Il a couvert les guerres et les conflits dans des dizaines de pays. Son roman acclamé par la critique politique révolutionnaire Point of No Return est maintenant réédité et disponible. Océanie est son livre sur l’impérialisme occidental dans le Pacifique Sud. Son livre provocateur sur post-Suharto en Indonésie et le modèle de marché fondamentaliste est appelé « Indonésie – L’archipel de la peur « (Pluton). Il vient de terminer un long métrage documentaire «Gambit Rwanda » sur l’histoire du Rwanda et le pillage de la RD Congo. Après avoir vécu de nombreuses années en Amérique latine et en Océanie, Vltchek réside et travaille actuellement en Asie de l’Est et en Afrique. Il peut être atteint à travers son site web .

Photos par Crista Priscilla.

Crista Priscilla est une réalisatrice et écrivain indonésienne.

Traduction : Avic

L’Otan en stand-by prête à l’attaque


Base militaire de Lago Patria, Italie
Base militaire de Lago Patria, Italie

Comme un dispositif électronique en mode d’attente, le Commandement de la force conjointe alliée à Naples (Jfc Naples) est tenu officiellement en « stand-by », c’est-à-dire prêt à tout moment à entrer en guerre. Il a reçu du Commandant suprême allié en Europe (qui est toujours un général étasunien nommé par le Président) la charge de garder en efficience maximale la Force de riposte Otan –composée des unités terrestres, aériennes et navales les plus avancées technologiquement- en  mesure d’effectuer en 48 heures « n’importe quelle mission en n’importe quel lieu ». Le nouveau quartier général du Jfc Naples à Lago Patria, construit pour un staff de plus de 2mille militaires et expansible pour la « future croissance de l’Otan », est en pleine activité. Des membres de tous les pays Otan sont en train d’arriver, venant s’ajouter au staff, pour une série de manœuvres qui permettent au Jfc de Naples d’être « prêt à des opérations militaires comme celle d’Unified Protector », la guerre de 2011 contre la Libye.

Aujourd’hui, dans le viseur du Jfc Naples il y a la Syrie. Contre qui l’Otan, sans apparaître officiellement, conduit par l’intermédiaire de forces infiltrées une opération militaire couverte, qui peut d’un moment à l’autre devenir découverte en imposant une « no-fly zone » comme pour la Libye. L’avant-poste de l’opération militaire contre la Syrie est la Turquie, où l’Otan a plus de vingt bases aériennes, navales et d’espionnage électronique. A celles-ci s’ajoute à présent un des plus importants commandements Otan : le Landcom, responsable de toutes les forces terrestres des 28 pays membres, activé à Izmir (Smyrne).

Le déplacement du commandement des forces terrestres de l’Europe à la Turquie –adossée au Moyen-Orient (en particulier Syrie et Iran) et à la Caspienne- indique que, dans les plans USA/Otan, on prévoit l’utilisation aussi de forces terrestres, surtout européennes, dans cette aire de première importance stratégique. Confirmé par le fait que le général étasunien Philip Breedlove, récemment nommé par le président Obama commandant suprême allié en Europe, s’est rendu en juillet à Izmir pour accélérer les délais dans lesquels le Landcom rejoindra sa « pleine capacité opérationnelle ». Immédiatement après, le général étasunien Frederick Hodges, responsable du commandement d’Izmir, est allé à Naples pour coordonner l’activité du Landcom avec celle du Jfc  Naples. Il y a été accueilli par l’amiral étasunien Bruce Clingan, qui est en même temps commandant de la Force conjointe alliée à Naples, des Forces navales USA en Europe et des Forces navales du Commandement Africa. Un jeu stratégique des trois cartes, qui permet au Pentagone de toujours garder le commandement : par exemple, en 2011 il a dirigé la guerre en Libye d’abord à travers le Commandement Africa, puis le Jfc Naples, appuyés par les forces navales USA en Europe. Et l’Europe ? Elle est importante pour les Etats-Unis géographiquement, a précisé le Commandant suprême allié à une commission du Congrès : les bases en Europe ne sont pas de résiduels « bastions de la guerre froide », mais « des bases opérationnelles avancées » qui permettent aux USA de soutenir à la fois le Commandement Africa et le Commandement central dans l’aire duquel se trouve le Moyen-Orient. Elles sont, ensuite, essentielles pour « la sécurité du 21ème siècle », garantie par une « alliance puissante et efficiente » dirigée par les USA, qui possède « 24 mille avions de combat, 800 navires militaires océaniques, 50 avions radars Awacs ».

Une alliance (cela on ne le dit pas) dont la dépense militaire se monte à plus de 1 000 milliards de dollars annuels. Pour garder toujours prêts à la guerre les commandements, comme celui de Naples, ville qui a un nombre record de chômeurs, gardés en « stand-by » dans l’attente vaine d’un poste de travail.

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20130716/manip2pg/14/manip2pz/343206/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.mondialisation.ca/lotan-en-stand-by-prete-a-lattaque/5342941

Le Sultan de Turquie déplore la chute du pharaon


Par MK Bhadrakumar
Turkey's PM and leader of ruling AKP Erdogan and Egypt's President Mursi greet the audience during the AKP congress in AnkaraLe coup d’Etat militaire en Egypte a exposé au grand jour le double langage sans scrupules des  Etats arabes sunnites du Golfe persique, de l’Union européenne et des États-Unis.

Le seul pays qui a pris une bonne position claire dès le départ est la Turquie, ce qui laisse présager de nouvelles lignes de fracture dans la politique du Moyen-Orient.

Les oligarchies autocratiques du Golfe Persique se sont précipitées pour célébrer le renversement du gouvernement élu sous Mohamed Morsi par l’armée égyptienne. De l’Arabie saoudite Le roi Abdallah a dépêché son câble de félicitations au Caire dans les heures qui ont suivi l’annonce de l’éviction de Morsi.

Le sentiment de jubilation est palpable que les Frères musulmans, fer de lance de l’agitation populaires contre les régimes du golfe Persique, ont perdu le pouvoir en Egypte. Pour une fois, la politique réelle l’emporte, dépassant la présentation selon laquelle le conflit sectaire sunnite-chiite constitue le problème numéro un du Moyen-Orient aujourd’hui.

En ce qui concerne le les dirigeants européens et américains, ils ont peur d’appeler le coup par son vrai nom, parce que, sinon,  leurs propres lois pourraient les empêcher de garder des relations normales avec chef de l’armée, le général égyptien Abdel-Fattah El-Sissi.

Traiter avec le régime de Sissi au Caire est une nécessité absolue pour la stratégie régionale des Etats-Unis parce que la sécurité d’Israël est impliquée. En menaçant de «suspendre» l’aide militaire, l’administration Obama espère garder Sissi en laisse serrée.

La boussole d’Erdogan

Ainsi, il a été laissé à la Turquie d’appeler un chat un chat. Juste au moment où le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan faisait l’objet de critiques occidentales pour ses tendances autocratiques, il prend la parole à la tribune pour défendre la cause de la démocratie libérale en Egypte.

Les déclarations d’Ankara ont été une condamnation sans appel du coup d’Etat en Egypte. Le Ministre des Affaires étrangères Ahmed Davutoglu a dit,

 »Un leader qui est venu [au pouvoir], avec le soutien du peuple ne peut être enlevé que par les élections. Il est inacceptable que des dirigeants démocratiquement élus, pour quelque raison que ce soit, soient renversés par des moyens illégaux, même un coup d’état … La Turquie se tiendra aux côtés du peuple égyptien. »

L’un des vice-présidents et le porte-parole du parti de la justice et du développement [AKP] Huseyin Celik a dit sans ambages:

 »Je maudis le sale coup d’état en Egypte. J’espère que les larges masses qui ont porté Morsi au pouvoir, vont défendre leurs votes … il faut saluer l’attitude inflexible de Morsi. Le sang sera versé s’il y a des affrontements entre les supporters de Morsi d’un côté et les militaires et les anti-Morsi de l’autre … Pourtant, nous ne disons pas que Morsi et ses partisans doivent simplement avaler ce coup d’état. »

Erdogan lui-même a pris un peu de hauteur pour ridiculiser le double standard de l’Union européenne. Il a demandé,

 »N’est-ce pas l’Occident qui se place toujours du côté de la démocratie et fait des efforts pour mettre en œuvre la démocratie dans les pays? Ceci est un test sur la sincérité de l’Occident et il a encore raté ce test. Il n’’existe pas de «coup d’État démocratique». L’Union européenne a une fois de plus bafoué ses propres valeurs en n’appelant pas le coup d’état de l’armée, un coup d’état … Morsi a fait des erreurs, il peut faire des erreurs. Y a-t-il quelqu’un qui n’a pas fait une erreur? »

Sans aucun doute, c’est le moment le plus subtile de  M. Erdogan sur la scène politique du Moyen-Orient musulman. Pourtant, en politicien doué, pourquoi fait-il cela? Quels sont ses calculs?

Sans doute, Erdogan espère redorer son image et sa réputation de démocrate, qui a été ternie ces derniers temps suite à la manière dont le gouvernement a géré les protestations populaires en Turquie. Il expose le fait que ses détracteurs occidentaux sont des hommes creux.

Deuxièmement, il réaffirme sur un plan idéologique que la démocratie et l’islam sont compatibles. Cela a une résonance dans la vie politique turque. Troisièmement, Morsi a été un proche ami et un allié de M. Erdogan.

Dans le même temps, M. Erdogan a lancé une vigoureuse campagne diplomatique pour « annuler » le coup d’état de l’Egypte. La suggestion d’Ankara est qu’il n’y a pas besoin d’un gouvernement intérimaire et que des élections immédiates devraient être tenues.

Malheureusement, comme l’a rapporté le journal Hurriyet, la Turquie s’est retrouvée seule et sa «profonde déception est venue de ses alliés arabes de premier plan, à savoir l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis, qui ont été les premiers à féliciter le nouveau leadership de la transition et l’armée qui a mené le coup d’état.  »

Néanmoins, Erdogan va persister dans sa campagne. Il sait qu’il va ‘attacher la sympathie pan-islamiste au Moyen-Orient et, dans le processus, va également consolider sa base politique en Turquie au cours de l’année électorale cruciale qui se profile. Erdogan veut se placer bien au-dessus de ceux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Turquie, lui prêchent les vertus de la démocratie.

L’évaluation turque, c’est que le coup d’état est à la croisée des chemins  et que ce n’est qu’une question de temps avant que l’opinion publique égyptienne ne commence à militer contre la junte, ce qui rend le retour des Frères Musulmans presque inévitable.

La détermination du sultan

Tissée dans tout cela, c’est la dimension critique à l’égard de la politique en Turquie, qui a été dans un état d’effervescence et s’apprête à emménager dans des eaux inexplorées dans les prochains mois, alors que le pays se dirige vers une transition politique très sensible l’année prochaine qui aura une incidence énorme pour l’avenir de l’AKP et, bien sûr, sur la propre carrière politique tumultueuse de M. Erdogan.

Les protestations en Turquie menacent de se transformer en une confrontation entre les «laïcs» et les islamistes et il y a aussi l’omniprésence de l’armée qui prétend être le garde prétorienne de l’Etat.

Erdogan reste le maître de sa maison, mais les mauvaises herbes croissent sous ses pieds. Le fossé entre lui et le président Abdullah Gul, qui nourrit des ambitions de rester pour un second mandat en tant que président, s’élargit et il y a des rumeurs que Gul travaille sur un réalignement politique qui divise l’AKP et crée une large coalition anti-Erdogan.

En effet, Gul a pris une position très différente de Erdogan à propos des protestations en Turquie, se distinguant comme un homme modéré et raisonnable prêts à tolérer la dissidence. Ses remarques sur le coup d’Etat en Egypte font écho à Obama et l’UE.

Qu’il suffise de dire, du point de vue de l’un des protagonistes externes qui pourraient être impliqués dans le «changement de régime» en Egypte directement ou indirectement – Etats-Unis, Israël, l’UE et l’Arabie saoudite, principalement – Gul fait une figure beaucoup plus agréable aujourd’hui comme le capitaine du navire turc.

Mais Erdogan, d’un autre côté, ne se pliera pas comme Beckam. Son surnom en tant que milieu de terrain était «Imam Beckenbauer» – une allusion à la star du football allemand Franz Beckenbauer. Et aujourd’hui, il est aussi le sultan. Par-dessus tout, il pourrait tout aussi bien presque appeler bluff le coup d’Etat égyptien.

Sans aucun doute, la déclaration retentissante en Iran lundi condamnant l’armée égyptienne et dénonçant l’implication occidentale et israélienne dans le coup d’État renforce la position d’Erdogan. Alors qu’il semblait être un militant solitaire jusqu’ici, la décision de Téhéran de se joindre à Erdogan change la donne.

Les deux principales puissances régionales du Moyen-Orient ont ouvertement défié la junte militaire en Egypte. Cela aura un impact profond sur la soi-disant rue arabe. Il sera difficile de résister à une plate-forme turco-iranien, en termes géopolitiques, pour les amateurs de coups d’état arabes – l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, principalement.

Pour Israël aussi, le sentiment de jubilation peut s’avérer de courte durée. Le meilleur espoir d’Israël est que le coup d’Etat en Egypte divise les musulmans du Moyen-Orient, mais selon toute vraisemblance, ironiquement, il pourrait finir par unifier les forces de l’islamisme dans la région.

Ainsi, le lundi, encore une fois, l’ampleur alarmante de la violence déchaînée par l’armée sur la Fraternité a incité le Parti Nusra, le parti salafiste soutenu par l’Arabie saoudite, à se distancier du gouvernement intérimaire.

C’est la première fissure majeure à apparaître dans la phalange d’éléments disparates qui composent le putsch anti-Morsi.

De manière significative, le chef libéral très respecté Mohamed ElBaradei, qui représente le Tamarod (le mouvement rebelle qui a mené les manifestations sur la place Tahrir) a également appelé à une « enquête indépendante » pour se pencher sur la violence. Il a peut-être sonné une voix dissidente.

La junte militaire n’a pas été en mesure de concocter un gouvernement provisoire crédible à ce jour. En plus de tout cela, les Frères Musulmans affichent un tel cran pour résister à la prise de pouvoir par les militaires que cela a pris tout le monde par surprise.

De toute évidence, la Fraternité n’a pas l’intention de rester sur le pavé pendant 85 autres années avant de reconquérir le pouvoir politique.

Tout cela pointe vers une forte possibilité que la position adoptée par la Turquie (et l’Iran) peut être justifiée en fin de compte. Ces derniers frémissements ne ferait que renforcer la détermination du sultan et le renforcer dans l’idée qu’il est bien du ‘’bon côté de  l’histoire « .

Traduction : Avic

MK Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans, avec des postes comprenant celui d’ambassadeur de l’Inde en Ouzbékistan (1995-1998) et en Turquie (1998-2001).

 http://www.atimes.com/

Les nouveaux  »printemps arabes » : Où sont les russes et les chinois ?


APTOPIX Pakistan US Prophet FilmDepuis quelques semaines, personne ne comprend plus rien aux bouleversements en cours au Moyen-Orient. Sur 10 analystes, il y en a 5 qui avancent une hypothèse et 5 autres qui avancent une hypothèse exactement contraire, toutes étant étayées par des arguments solides. La vérité c’est qu’ils sont perdus. Rien ne colle vraiment à 100%, et aucune de leur logique ne tient la route jusqu’au bout.

Si on récapitule tous ces événements, certains points clé échappent à la compréhension si l’on se réfère à la grille de lecture dont nous disposons et à ce que nous savons aujourd’hui. Que savons-nous ? Depuis deux ans, la Syrie fait l’objet d’une agression délibérée de la part de l’Empire. Pour la mener à bien, une coalition a été créée de toute pièce, puis équipée et entraînée par le même Empire. L’Empire, c’est bien sûr l’OTAN + Israël + les satellites du golfe. La coalition, quant à elle, est composée de mercenaires issus pour la plupart des mouvements extrémistes du monde musulman. Leur recrutement et leur financement n’est plus un mystère pour personne.

Nous savons également que cette coalition est très mal en point en ce moment, tant du point de vue politique (ça l’a toujours été) que du point de vue militaire. Récemment, Morsi et les Frères Musulmans d’Egypte, qui affichaient jusqu’ici une attitude plutôt floue vis à vis de la Syrie, se sont déclarés ouvertement, de manière beaucoup agressive, pour la rébellion syrienne armée.

Ça c’est ce que nous savons.

Quels sont les faits ?

Depuis quelques temps, il se passe, au Moyen-Orient, beaucoup de choses qui touchent les protagonistes de ce conflit syrien. On a d’abord vu une sorte de printemps turc dont on a encore du mal à comprendre la vraie teneur. Après deux ans d’acharnement anti-Assad, en première ligne, Erdogan se retrouve soudain avec des problèmes internes, certes prévisibles, mais ressemblant de manière suspecte à toutes ces  »révolutions colorées » dirigées de l’extérieur. Et, de fait, le rapprochement a été très vite fait, et les pourquoi n’ont pas eu trop de mal à trouver leurs réponses, tellement le dossier Erdogan était chargé.

Peu après, on assistait à l’incroyable et soudaine destitution de l’émir du Qatar Cheikh Hamad au profit de son fils, suivie presque immédiatement par la disgrâce du boosteur idéologique des djihadistes : le cheikh Quardawi. Tout le monde a vu la main de Washington derrière cette révolution de palais. Parallèlement à ce changement de régime, d’autres événements, passés presque inaperçus se déroulaient chez les voisins. En Arabie Saoudite on annonçait l’incroyable mandat d’arrêt lancé contre le prince saoudien, ancien vice-ministre de la Défense : Khaled Ben Sultan Ben Abdel Aziz. Au Bahrein c’était le Premier ministre qui était en difficulté.

Et maintenant, c’est l’Egypte. Après tout juste un an de présidence, Morsi et les frères Musulmans sont éjectés du pouvoir, avec une sorte de chasse aux sorcières à la clé, et ce, juste après leur engagement plus ferme dans le camp anti-Assad. Quelles que soient les motivations des égyptiens pour vouloir se libérer des Frères Musulmans, on n’a pas pu s’empêcher de constater que leur nouvelle révolution était calquée sur le modèle déjà connu des autres  »révolutions colorées », donc organisée et dirigée par une tête pensante.Et bien sûr, comme on ne prête qu’aux riches, tous les regards se sont tournés vers l’Ouest.

C’est bien beau tout cela, mais si on met tous les éléments ensemble, ça ne colle pas, et tout le monde en est conscient.En résumé, ce sont tous les alliés objectifs de fraîche (Morsi) et longue (Erdogan) date qui subissent des secousses révolutionnaires. Il semblerait même que d’autres alliés, en Tunisie et en Libye, soient sur le qui-vive. Question : pourquoi Washington fomenterait-il des révolutions ici et là qui, en fin de compte, sont en tout néfastes à sa politique moyen-orientale, et dont la Syrie, pour ne prendre qu’elle, est le premier bénéficiaire ?

Rien qu’à poser cette question, on a tout de suite envie de loucher vers une autre direction, vers l’Est par exemple. Il est vrai qu’aucun élément ou indice ne nous permet de voir une main russe, iranienne ou chinoise dans tout ça. Mais tout semble s’agencer dans le sens des intérêts de ce camp. Hasard ? Peut-être. Mais trop de hasard qui s’emboîte si parfaitement est troublant.

Avic

Les troupes américaines regroupées en Jordanie après la fermeture par la Turquie des circuits de livraison d’armes US et OTAN aux rebelles syriens


Erdogan-Obama-SyrieLa décision américaine d’améliorer l’armement des rebelles syriens s’est heurtée à un revers majeur: DEBKAfile révèle que le Premier ministre turc Tayyip Erdogan a appelé le président Barack Obama à Berlin le Mercredi 19 Juin, pour lui faire part de sa soudaine décision de fermer le circuit turc du transfert des armes américaines et de l’OTAN aux rebelles syriens.

Dans ce contexte, le président américain a informé le Congrès Vendredi 21 Juin, que 700 soldats américains prêts au combat resteraient en Jordanie à la fin des exercices conjoints américano-jordaniens (NDT : Eager Lion). Parmi eux il y aurait des équipes pour deux batteries de missiles anti-aériens Patriot et pour la logistique, un personnel de commandement et de communication nécessaires pour appuyer ces unités. Les États-Unis laisseront également derrière eux, à la fin des manœuvres, un escadron de 12 à 24 avions de combat F-16 à la demande de la Jordanie. Quelque 300 soldats américains étaient déjà en Jordanie depuis l’année dernière.

La décision de M. Erdogan va laisser les rebelles syriens qui combattent dans Alep pratiquement abandonnés à leur sort. La chute de Qusayr a coupé leurs livraisons d’armes en provenance du Liban. Les livraisons à travers la Jordanie ne dépassent pas le sud de la Syrie et il leur est presque impossible de se déplacer vers le nord, où les rebelles et le Hezbollah soutenu par l’armée syrienne sont enfermés dans une bataille décisive pour Alep.

Le Premier ministre turc a dit à Obama qu’il craignait les représailles de la Russie, s’il continuait de laisser des armes américaines  et de l’OTAN parvenir aux rebelles syriens.

Depuis le Sommet du G8 en Irlande du Nord la semaine dernière, Moscou a émis des condamnations quasi quotidiennes de l’Occident pour l’armement des terroristes.

Le porte-parole rebelle à Alep a affirmé, vendredi, qu’ils avaient maintenant des armes qui, selon eux, « vont changer le cours de la bataille sur le terrain. »

Des sources militaires de DEBKAfile sont fortement sceptiques sur leur capacité – même après les nouvelles livraisons – à résister à l’assaut sur ​​leurs positions dans la ville assiégée par les forces combinées de l’armée syrienne, des troupes du Hezbollah et des chiites irakiens armés. L’évaluation des services secrets qui prévaut est qu’ils seront écrasés à Alep comme ils l’ont été à Al Qusayr.
La bataille d’Al Qusayr  a été perdue après 16 jours de combat féroce; Alep devrait tomber après 40-60 jours de carnage.

Les armes que les rebelles ont reçues des États-Unis, de l’OTAN et de sources européennes ont été achetées sur les marchés internationaux – non seulement parce qu’elles sont relativement peu chères, mais aussi parce qu’elles étaient pour la plupart de fabrication russe. Les rebelles sont ainsi équipés d’armes russes pour lutter contre les armes russes utilisées par l’armée syrienne. Cela a mis Moscou plus en colère que jamais.

Jusqu’à présent, le gouvernement Erdogan a appuyé sans réserve l’opposition syrienne, leur permettant de créer des centres de commandement vitaux et des bases arrière sur le sol turc et d’envoyer des fournitures à travers la frontière aux unités de combat. Il a tiré le tapis sous leur cause et donné à Assad un sacré coup de pouce

Cette volte-face est un tremblement de terre stratégique – et pas seulement pour ce qui concerne la guerre de Syrie, mais aussi pour les États-Unis et, avec le temps, pour Israël aussi.

Il y a dix ans, M. Erdogan a fait la même manœuvre quand il a refusé aux troupes américaines le passage par la Turquie pour l’ouverture d’un second front en Irak contre Saddam Hussein.

Le président Obama a réagi en amassant en Jordanie 700 à 1000 soldats américains équipés et prêts au combat. Les intercepteurs de missiles Patriot et les avions de chasse  F-16 resteront sur place après les manœuvres conjointes aussi longtemps que la situation sécuritaire l’exigera. Selon DEBKAfile : Les manœuvres conjointes américano-jordaniennes ont été en effet brutalement écourtées au bout de deux semaines, alors qu’elles étaient prévues pour durer deux mois jusqu’à la fin de Août.

L’élargissement des perturbations liées à la guerre en Syrie est sur le point de basculer sur la Jordanie et se rapproche plus que jamais d’Israël.

Traduction : Avic

http://www.debka.com/article/23066/US-troop-buildup-in-Jordan-after-Turkey-shuts-US-NATO-arms-corridor-to-Syrian-rebels

Syrie Guerre Du Gaz : Assad Obstacle Au Gazoduc Qatar Turquie


oleoduc.arabie-saoudite.zoo

Dans sa boulimie d’investissements/retours sur investissements et ses velléités dominatrices comme premier producteur exportateur mondial de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) le Qatar a déjà misé plus de 3 milliards de $ sur le djihad takfiriste pour renverser le président syrien Bashar al Assad seul obstacle à la mise en route du gazoduc Qatar Turquie dont la partie turque est déjà prête à recevoir le gaz qatari pour l’acheminer en Europe de l’Ouest connecté au Nabucco.

La dimension énergétique de la guerre contre le gouvernement syrien de Bahsar al Assad a été dés le début marginalisée dissimulée sous le qualificatif de « guerre civile » ou « guerre interreligieuse sunnite shi’ite ». Des millions de militants anti guerre étaient descendus dans la rue en 2003 pour tenter d’empêcher une guerre contre l’Irak de Saddam Husseim scandant partout : « pas de guerre pour le pétrole ».

La majeure partie des voix anti guerre se sont tues soutenant en Libye et maintenant en Syrie les « guerres humanitaires » (R2P) inclus les « anticapitalistes » – Français notamment- qui roulent désormais pour l’Axe Washington Tel Aviv Paris Londres Ankara Doha Ryadh.

La Syrie a des réserves pétrolières estimées en 2010 à 2 500 000 000 barils et des réserves gazières importantes. Mais surtout le territoire de la Syrie est le plus approprié pour exporter le pétrole et le gaz du Golfe Persique dont celui du Qatar mais aussi de l’Iran vers les pays d’Europe de l’Ouest gros consommateurs de ces ressources énergétiques via la Turquie.

En 2009 le Qatar et la Turquie avaient entamé des négociations avec l’Arabie Saoudite – concurrent direct du Qatar dans le financement et l’armement des takfiristes en Syrie – pour la construction d’un gazoduc Qatar Arabie Saoudite Syrie Turquie qui devait être rattaché au gazoduc Nabucco Azerbaïdjian Turquie.

Selon Oilprice.com l’Arabie Saoudite a refusé que ce gazoduc en provenance du Qatar traverse son territoire. Le tracé de ce dernier inclue donc désormais le Sud de l’Irak, la Jordanie, la Syrie, la Turquie. La partie turque du gazoduc est déjà construite prête à recevoir le gaz du Qatar.

Seule obstruction : Assad.

Le champ gazier du Qatar North Dome – 3ème plus grande réserve de gaz mondiale avec 900 mille milliards de M3 – au milieu du Golfe Persique adjacent à celui de l’Iran de South Pars constituent à eux deux la plus vaste réserve mondiale de gaz.

En 2011 le Qatar a lancé un ultimatum au président syrien Bashar al Assad pour faire passer le gazoduc Qatar Turquie sur le territoire syrien. Assad a refusé et défiant le Qatar a décidé de s’allier avec l’Iran et l’Irak pour construire un gazoduc amenant le gaz de South Pars jusqu’en Méditerranée direction les marchés européens. La déferlante takfiriste financée armée par le Qatar a submergé la Syrie.

Le Qatar veut doubler sa production et son exportation de Gaz Naturel Liquéfié. Le Qatar s’est positionné comme premier exportateur mondial de GNL et cherche donc à consolider sa domination dans ce domaine par un programme de construction visant à accroître sa production pour passer de 31 millions à 77 millions de tonnes

Le putschiste à la tête du Qatar Hamad bin Khalifa al Thani- plus pour longtemps Washington et Londres l’ont déposé et ont désigné son successeur qui doit prendre ses fonctions début Juillet – a déclaré à la suite d’entretiens avec le président turc Abdullah Gul et le premier ministre dictateur Tayyip Erdogan :

 » nous sommes pressés d’avoir ce gazoduc du Qatar à la Turquie. Nous en avons discuté dans le cadre de la coopération dans le domaine de l’énergie. Pour se faire un groupe de travail va être mis en place qui présentera rapidement des solutions concrètes. »

Erdogan à lui-même affirmé que la Turquie souhaitait établir avec le Qatar « une relation à long terme et stable » en matière énergétique. « Dans ce but je pense qu’un gazoduc Qatar Turquie résoudra la question une fois pour toute »

PipelineParmi ces solutions il y a celle de relier le gazoduc Qatar Turquie – via la Syrie – au projet de gazoduc Nabucco pour transporter le gaz provenant de l’Asie Centrale et du Moyen Orient en Europe concurrençant directement le gaz russe. Un accord de transit pour le Nabucco a déjà été signé par Erdogan et 4 premiers ministres de pays européens pour permettre une décision finale sur les investissements à faire pour réaliser ce projet soutenu par l’UE et qui vise à réduire la dépendance européenne au gaz russe. Autre gazoduc qui pourrait être relié au Nabucco celui transportant le gaz egyptien via la Jordanie et la Syrie.

On comprend dés lors l’intérêt qu’ont les dirigeants de ces deux pays -Egypte et Jordanie – à participer activement au renversement du gouvernement de Bashar al Assad. Cela vaut aussi pour la complicité de l’UE et les attitudes va-t-en guerre extrêmistes de la Grande Bretagne et de la France.

On ne le répètera jamais assez la guerre contre la Syrie du président Bahsar al Assad est une guerre pour la domination du marché des ressources énergétiques une guerre pour le gaz où chacun défend ses intérêts énergétiques soit en tant que producteur exportateur soit en tant que consommateur importateur.

Mais derrière les ambitions énergétiques du Qatar se cache aussi le maintien de l’hégémonie américaine des pétro dollars sur l’économie mondiale dont ont déjà été victimes Saddam Hussein et Muammar Khadafi.

Cette fois cependant la Russie mais aussi la Chine sont décidées à défendre leurs intérêts non seulement énergétiques mais aussi géostratégiques d’où les hésitations de Washington à lancer une guerre contre la Syrie à laquelle est hostile une grande partie de l’état major de l’armée américaine comme en témoigne la tentative récente avortée du secrétaire au département d’état John Kerry – alors même qu’il discutait hypocritement avec Moscou de la réunion d’une Conférence Genève II – de pousser Obama à prendre la décision de bombarder la Syrie. Le chef d’état major de toutes les armées américaines le Gl Martin E. Dempsey s’y est vivement opposé.

http://www.planetenonviolence.org/Syrie-Guerre-Du-Gaz-Assad-Obstacle-Au-Gazoduc-Qatar-Turquie_a3127.html

Énorme investissement de la Russie dans la capacité de production de missiles AA à longue portée 2/2


Vladimir Poutine a estimé qu’avec la production massive des systèmes S-300 PMU2 et S-400, la Russie peut occuper un bon créneau dans le marché et compter sur elle comme un grand facteur de démolition de la suprématie américaine sur toute la planète. Dans cette optique, ce type d’arme est devenu le fer de lance de la politique russe qui vise, dans un premier temps, à libérer les musulmans du Proche et Moyen-Orient de l’influence ou des menaces de l ‘«axe du mal», représenté par la Maison Blanche, ses satellites et Israël. Lire la suite Énorme investissement de la Russie dans la capacité de production de missiles AA à longue portée 2/2

ERDOGAN demande au Président Al-Assad de l’aider à mettre fin aux MANIFESTATIONS EN ECHANGE du contrôle des frontières


51b65bc44fcc6A partir de sources SNN:

Info ou Intox ?

Un haut responsable arabe aurait délivré un message  urgent de Erdogan au président syrien Al-Assad, lui demandant d’intervenir et pour l’aider à mettre fin aux manifestations en Turquie, en échange de la promesse de fermer la frontière avec la Turquie aux combattants FSL et aux terroristes du Front Al-Nusra, de stopper la contrebande d’armes, et d’ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux gouvernements.

La réponse a été claire et explicite:

 » Nous n’intervenons pas dans les affaires intérieures d’un Etat, et ce qui se passe en Turquie est une affaire interne, et nous respectons les choix et les aspirations du peuple turc ».

Source : http://lunaticoutpost.com/Topic-Erdogan-asks-Assad-for-help-to-end-demonstrations

Qui veut la tête d’Erdogan ?


Turquie576773Des révolutions de couleur, des printemps révolutionnaires, on commence à en avoir l’habitude. De la mascarade de Roumanie qui a fait tomber et assassiner Ceausescu à la comédie de Damas responsable d’une guerre encore en cours, nous avons appris beaucoup de ces révolutions toutes accompagnées de leurs snipers en mission commandée et de leurs meneurs professionnels, secondés par les technologies modernes de communication. Toutes ont visé à faire tomber un régime. Avec le recul, on a toujours fini par constater que ces ‘’révolutions’’ n’avaient de révolution que le nom, et que c’était toujours les mêmes manipulateurs qui tiraient les ficelles.

Comment alors ne pas se poser des questions devant chaque nouvelle autre révolution ? Ne pas le faire c’est penser que les précédentes manipulations n’étaient que des accidents conjoncturels. Or tout le monde sait que ce n’est pas le cas. On pourrait, également penser que ces mouvements populaires ne sont dirigés que contre des ‘’dictateurs’’, c’est à dire contre des régimes non amis de l’occident.  Les évènements récents nous ont montré qu’il n’en était rien. De grands amis tels que Ben Ali ou Moubarak ont été balayés en moins de deux, alors que tout le monde pensait qu’ils disposaient de soutiens solides. Kadhafi et Al Assad aussi étaient reçus en amis peu avant de se recevoir un coup de poignard dans le dos. Que dire de ce très grand ami que fut Saddam Hussein que l’on a amicalement poussé à envahir le Koweït pour mieux l’anéantir. Certaines amitiés sont mortelles.

Dans la marche du monde, l’amitié n’a jamais été protectrice. Elle ne le sera pas plus pour Erdogan qu’elle ne l’a été pour toutes ces personnes qui, du jour au lendemain, se sont retrouvées avec le titre de ‘’ plus grand dictateur de tous les temps’’. Fera-t-il partie du lot de ces nombreux ‘’amis’’ sacrifiés au nom des intérêts supérieurs de l’oligarchie ? Personne ne le sait encore, pour le moment. Seul l’avenir nous le dira. Mais l’on sait déjà que dans ces cas-là, l’appui des autres dirigeants mondiaux, fussent-ils  les plus puissants, ne changera rien à l’affaire. Ils pourront tout juste l’accompagner dans sa chute pour qu’elle soit moins douloureuse. On se rappelle Hosni Moubarak. On prend ici la mesure du pouvoir réel des présidents, comme s’ils n’étaient là que pour la mise en œuvre des programmes déjà décidés ailleurs et par d’autres.

Si les manifestations continuent – et elles n’ont pas l’air de vouloir se calmer, il y a de bonnes chances pour qu’Erdogan aille retrouver d’autres copains au cimetière des dictateurs, le Qatar ou éventuellement l’Arabie Saoudite, ou le bizutage risque d’être dur, vu l’appui qu’il a fourni pour la chute de certains d’entre eux. Qu’a-t-il bien pu faire pour mériter la disgrâce ? Ou peut-être, que n’a-t-il pas fait ? Lui reproche-t-on l’échec de la Syrie ? Ou d’avoir gardé deux fers au feu en maintenant des liens avec l’Iran ? Ou encore sa position vis-à-vis des gisements de gaz au large de Chypres ? On peut rajouter que beaucoup de grands projets, dans lesquels la Turquie tenait un rôle essentiel, ont capoté. C’est le cas par exemple du projet du gazoduc Nabucco, mis à mal par Gazprom, ou du projet  de percement du canal reliant la Mer de Marmara à la Mer Noire. (Voir l’article sur le remodelage de l’Europe Centrale et l’Europe de l’Est).

Comme souvent dans les changements de régimes, nous ne saurons rien avant de voir qui va être mis à sa place. Parfois il faut même attendre un certain temps, après les premières actions du nouvel arrivant, pour avoir une idée des causes de la destitution de l’ancien ‘’dictateur’’. En attendant, les évènements s’enchaîneront de manière logique, et personne n’aura rien vu venir. Pourtant, il existe des signes qui montrent que ces manifestations ne sont pas anodines. Outre que ce que nous savons de ce type de révolte-révolution, un autre évènement  noyé dans l’actualité turque devrait nous interpeler. Les attentats survenus il y a un mois à Reyhanli. Devant la cacophonie des déclarations, j’avais alors émis, dans un article à chaud, l’hypothèse qu’il pourrait y avoir des luttes internes au sein de l’élite turque.  Les médias n’en parlent presque plus et sont passés à autre chose : les manifestations. Les deux évènements, à moins d’un mois d’intervalle, pourraient bien être liés, ne serait-ce que parce que les révolutions et les attentats sont souvent manipulés et téléguidés. Il ne serait donc pas étonnant qu’une même main soit derrière tout ce qui se passe en Turquie.

Un autre signe, indirect celui-là, est la façon dont les médias traitent le sujet. Il est étonnant de constater comment Erdogan est subitement devenu ‘’orgueilleux’’, ‘’autoritaire’’, ‘’convaincu d’avoir été choisi par Dieu pour diriger la Turquie’’, ‘’formé dans le parti islamo-nationaliste extrémiste’’,  ‘’coupé de l’opinion, devenu incapable d’en saisir les humeurs’’, etc… Il n’est pas encore devenu un dictateur, mais le matériau est déjà en place. (Voir article Rue 89). Certains journaux insistent déjà sur le lâchage dont il a fait l’objet lors de son voyage au Maroc (où il n’a pas été reçu par le roi Mohamed VI) et en Tunisie (où il a fait face à l’hostilité de la foule). Pour faire bonne mesure, certains parlent de ‘’régime poutinien’’. Pourquoi se gêner quand on peut en avoir deux pour le prix d’un.

Quels que soient ceux qui veulent la peau d’Erdogan, ils travaillent sur du velours.  Le premier ministre turc a réussi l’exploit de se faire haïr par à peu près tout le monde, y compris par ceux qui l’adulaient et le mettaient sur un piédestal il y a à peine deux ans. S’il était submergé par la révolution, peu de gens le pleureront. Mais l’oligarchie aura gagné, encore une fois.

Avic

Conflit au Moyen-Orient: les Marines débarquent à Aqaba


Учение по высадке воздушного и морского десантов в ПриморьеL’armée syrienne composée majoritairement de sunnites, appuyée par le Hezbollah libanais, un mouvement chiite mais qui a tenu à n’envoyer en Syrie que ses éléments sunnites et chrétiens,  ont réussi à contrôler le site hautement stratégique d’Al-Qussayr, occupé par les rebelles durant 18 mois.

Il aura fallu un peu plus de trois semaines pour venir à bout du quartier général de la rébellion dans cette localité relevant du gouvernorat de Homs. « Celui qui contrôle Al-Qussayr contrôle la Syrie centrale ». La colline surplombant ce site, Kadesh, est connue pour avoir été l’un des premiers champs de bataille au monde, notamment la première bataille documentée de l’histoire entre les Hittites et les égyptiens du Pharaon Ramses II aux environs de 1274 avant J.C.  C’est à l’issue de cette bataille entre les deux superpuissances de l’époque que fut signé le premier Traité de paix connu.

D’après différentes sources, le Hezbollah libanais aurait perdu 90 éléments dans les combats d’Al-Qussayr. D’après des sources proches de ce mouvement, des éléments des forces spéciales israéliennes ont brièvement combattu à l’intérieur de l’enceinte de l’aérodrome de Dabaa, repris par l’armée syrienne après de très durs combats.

Les pertes rebelles s’élèveraient quant à elles à plus de 1700. Près de 5000 rebelles se sont transformés en civils en quelques heures. Plus de 800 combattants étrangers ont été capturés.

Indubitablement, la victoire de l’armée syrienne à Al-Qussayr  après trois semaines d’assaut-opération qualifiée par Moscou comme une opération anti-terroriste-conforte la position de Damas en vue d’eventuelles négociations de paix dans le cadre de la Conférence de Genève II.  Cette nouvelle donne agite la France et le Royaume-Uni, pressés par Doha et Ryad de tout faire pour déclarer un franchissement de « ligne rouge ». C’est à dire le déclenchement d’une intervention militaire internationale contre la Syrie en vue d’abattre son régime. D’où les gesticulations médiatiques et officielles sur de prétendues « preuves physiologiques » et autres « échantillons rapportés par des journalistes d’un champs de bataille situé à moins de 400 m du centre-ville de Damas »…Si le pouvoir syrien a donné son accord de principe pour participer à la Conférence, l’opposition, très divisée par le jeu d’influences étrangères, n’arrive pas à adopter une position commune sur la question.

Les Etats-Unis d’Amérique, plus lucides et plus objectifs que Paris et Londres ont une toute autre approche. Sous couvert d’un exercice militaire dénommé « Eager Lion », des éléments du 24e corps expéditionnaire des Marines ont débarqué au port jordanien d’Aqaba (extrême Sud) en provenance du port israélien d’Eilat. Les Marines ont formé une colonne blindée qui a pris la route vers le Nord de la Jordanie. En parallèle, des avions de combat F-16 et des batteries de missiles antimissile Patriot sont en train d’être déployés dans le royaume Hachémite après avoir été déployés en Turquie méridionale. Pour des raisons de politique intérieure,  Amman fait tout son possible pour passer sous silence ses préparatifs.

Un soulèvement a eu lieu dans la ville jordanienne de Maan près de la frontière avec la Syrie après l’assassinat de deux citoyens par des étrangers armés. La population s’en est pris aux rebelles syriens entraînés par les forces occidentales, mais certaines sources évoquent des mercenaires travaillant pour des sociétés privées.

Des batteries de missiles Patriot américains sont désormais déployées en Israël (où l’on fait de moins en moins confiance au très coûteux projet d’Iron Dome), en Jordanie et en Turquie. Soit au Sud-Ouest au Sud et au Nord de la Syrie.

Un navire russe spécialisé dans la lutte contre les submersibles est en route vers le littoral syrien. Des sous-marins inconnus ont été pris en chasse par la marine russe et des hélicoptères syriens à plusieurs reprises ce dernier mois. L’un de ses submersibles aurait même été touché.

Le conflit en Syrie a bel et bien débordé. En Irak, au Liban septentrional, en Turquie méridionale et en Jordanie. La problématique du Golan avec Israël inquiète au plus haut point Tel-Aviv, lequel ne cesse de mener des exercices militaires depuis des semaines. La guerre au Moyen-Orient est loin d’être terminée.

http://strategika51.wordpress.com/

Erdogan menacé de « Dégage », par Pepe Escobar


le-premier-ministre-turc-recep-tayyip-erdogan-s-exprime-le-3_1144660Est ce que c’est le Printemps Turc ?

Non, enfin pas encore? Est ce que le premier ministre turc Recep Erdogan est le nouveau Moubarak ? Non, enfin pas encore.

 L’Histoire nous met constamment en garde qu’il suffit juste d’une petite étincelle pour allumer un grand feu politique. L’étincelle récente à Istanbul a été fournie par un petit groupe de trés jeunes environnementalistes organisant un sit in pacifique, type Occupons, dans le parc Taksim pour protester contre la destruction prévue de l’un des espaces verts publics restants dans le centre de la ville, Gezi Parc.

La destruction de Gezi parc est la suite d’un racket mondial du néolibéralisme qui a fait ses preuves; Il sera remplacé par un simulacre – dans ce cas une réplique des Barraques de l’Artillerie Ottomane – hébergeant, quoi d’autre, encore un autre centre commercial. C’est essentiel de noter que le maire d’Istanbul, appartenant également au parti au pouvoir, le Parti Justice et Développement ( AKP) est propriétaire d’une chaîne de magasins de vente au détail qui fera du centre un tueur. Et l’homme qui détient le contrat pour ce « redéveloppement » n’est autre que le gendre d’Erdogan.

Comme prévu la répression de la police contre les manifestants auquels se sont joints des hauts responsables du principal parti d’opposition en Turquie, le Parti Républicain du Peuple (CHP) a été violente. Et rapidement le motif environnemental s’est transformé en un  » A bas le dictateur » style Tahrir.

Dés Samedi le parc Taksim était bondé de dizaines de milliers de personnes; une multitude avait traversé le pont du Bosphore venant du côté asiatique d’Istanbul, frappant sur des casseroles et des poêles style Argentine 2002 cacerolazo, violant ouvertement la loi interdisant aux piétons de traverser le pont. La police s’est empressée d’intensifier les moyens de répression passant aux canons à eau, à l’aspersion de poivre et aux gaz lacrymogènes.

Le comportement des médias turcs pour la plupart lâches a été comme prévu stupéfiant – peut être pas surprenant quand on sait qu’il y a 76 journalistes en prison accusés de soutenir  » le terrorisme » et d’autres « crimes » non spécifiés. Cela peut aussi être interprété comme le reflet de l’influence sur un allié précieux des US et de l’OTAN – du type :  » OK écrasez quelques cranes mais ne tuer personne ».

La presse écrite au moins a quelque peu fait amende honorable. Hurriyet- qui avait l’habitude d’exercer ses facultés critiques – a retrouvé une certaine dignité avec des titres tels :  » Erdogan n’est plus le tout puissant ». Zaman – qui fait partie du réseau du mouvement islamiste modéré Gulen – s’est montré inquiet face au pouvoir illimité D’Erdogan et de l’AKP, publiant des éditoriaux condamnant sa conduite « excessive » et soutenant les manifestants.

Pendant ce temps aux US et dans l’UE Ankara n’a pas vraiment été condamnée – juste l’habituel insipide « préoccupé ». La Turquie après tout est l’image CNN du pays fétiche ; il est complètement  » au diapason » avec son image de marque d’une autocratie néoliberale à succés ( tout comme les petro monarchies du Conseil de Coopération du Golfe). Etre violemment condamnés et menacés de frappes sont les privilèges de l’Iran et de la Syrie.

Qu’on l’amène au pont

Comment se peut-il que tout ait commencer avec le « redéveloppement » du parc Gezi. En fait cela est juste un petit détail d’un plan gigantesque- une petite tranche de mega projets de l’AKP dans tout Istanbul qui exclut totalement l’avis de la société civile.

La Turquie est peut être devenue la 17ème plus importante économie mondiale mais sa croissance n’est que de 3% par an en 2013 ( même si cela est bien mieux que l’Europe). L’AKP a certainement noté que le miracle économique turc repose sur des pieds d’argile basé sur des produits à basse valeur ajoutée trés dépendants des marchés – dans l’agriculture, la petite industrie et le tourisme.

Arrive le projet de troisième pont sur le Bosphore – faisant partie d’une nouvelle autoroute de 260 Km reliant Thrace à l’Anatolie de 2.6 milliards de $ us, contournant la métropole d’Istanbul et l’un des carrefours clés de l’UE pour le corridor de transport Europe Caucase Asie (TRACECA).

Lors des élections de 2011 Erdogan a démarré sa campagne en se vantant d’un « projet fou » un canal de 50 Km de la Mer de Marmara à la Mer Noire devant être achevé en 2023 – centenaire de la République turque – pour un coût de 20 milliards de $ us. L’objectif est non seulement de décongestionner le Bosphore mais aussi de construire un troisième pont et un troisième port pour déplacer l’axe d’Istanbul vers le Nord de la ville pas encore développé. Cela inclurait deux nouvelles villes de même qu’un troisième aéroport.

L’AKP a décrit cette politique ambitieuse comme une « transformation urbaine ». Le prétexte c’est le risque d’un important tremblement de terre – tel celui de 1999. Pour ce qui apparaît comme une importante affaire juteuse de spéculation foncière, Erdogan et l’AKP s’appuient sur deux agences gouvernementales. TOKI et KIPTAS qui ont fixé des prix bien trop élevés pour le turc moyen. La cible principale ce sont les classes moyennes supérieures qui votent AKP.

L’AKP est complètement obsédé par le contrôle d’Istanbul – qui représente 85 sièges sur les 550 au Parlement ( Ankara la capitale n’en bénéficie que de 31). Erdogan et sa clique ont été depuis 1994 à l’avant garde du Grand Istanbul comme membres à l’époque du parti Refah. Erdogan a commencé sa conquête de la Turquie à partir de l’ancienne capitale ottomane.

Les mega projets sponsorisés par l’AKP ont été conçus comme l’ultime plateforme pour faire émerger la Turquie dans l’aire post mondialisation tirant un maximum du cliché de « pont entre des civilisations ». Après tout 50% des exportations turques proviennent d’Istanbul. De ce marketing politico urbain de ces mega projets dépend la crédibilité mondiale de la Turquie au sein des suspects habituels les « investisseurs internationaux ». Cela n’a rien à voir avec la cohésion sociale ou le respect de l’environnement. C’est juste d’affirmer que le mouvement du parc Taksim a complètement saisi les implications de cette logique de développement autoritaire et cupide.

Il y a t-il des Amis de la Turquie ?

Erdogan a peut être admis en grommelant que les forces de police avaient suréagi. En fait il ne peut rien faire d’autre que d’accuser les manifestants qualifiés de « pilleurs » d’être « liés au terrorisme » et d’avoir des « liens glauques » ; leur seul but serait de faire perdre les élections parlementaires de 2015 à l’AKP. Erdogan s’est vanté de pouvoir faire descendre dans les rues 1 million de supporters de l’AKP pour chaque 100 000 manifestants actuels. Et bien 5000 d’entre eux sont déjà parvenus à caillasser son bureau à Besiktas.

Les manifestations se sont déjà étendues à Izmir, Eskisehir, Mugla, Yalova, Bolu, Adana et même dans les fiefs de l’AKP tel Ankara, Kayqseri et Konya. Ils sont des dizaines de milliers. Chaque nuit à Ankara et Istanbul ( même dans les zones résidentielles endormies) on peut entendre les klaxons de voitures et les habitants tapant sur leurs casseroles et leurs poêles de leurs balcons , cela pourrait atteindre plusieurs centaines de milliers de personnes.

A l’évidence le mouvement du parc Taksim/Occupé Gezi/ A Bas le dictateur s’étend rapidement au secteur laîc de la Turquie complètement opposé à l’AKP et au mélange trés personnalisé de néolibéralisme dur et conservatisme religieux d’Erdogan.

Les turcs laïcs voient clairement comment Erdogan essaie de profiter un maximum d’un « processus de paix » fumeux avec les Kurdes du PKK afin de pouvoir récolter un maximum de votes pour un référendum constitutionnel. Le référendum détruirait le système parlementaire et installerait un système présidentiel – à portée de main d’Erdogan dont le mandat de premier ministre se termine en 2015 et qui meurt d’envie de rester en politique comme président.

Erdogan bénéficie peut être d’une solide majorité en Anatolie conservatrice. Mais il se peut qu’il joue aussi avec le feu. C’est un homme qui il y a plus de 2 ans criait : »Moubarak doit écouter son peuple » – et de même Assad en Syrie. Actuellement la majorité des Turcs rejette totalement le « soutien logistique » d’Ankara aux gangs syriens de « rebelles ».

Cerise ironique sur le gâteau c’est Damas qui maintenant met joyeusement en garde Erdogan de réduire la répression violente, écouter « son peuple » ou démissionner.

Et la suite ?

Erdogan installe une zone d’exclusion aérienne au dessus d’Istanbul ( ou l’OTAN installe une zone d’exclusion aérienne au dessus d’Erdogan) ?

Les « rebelles » kurdes reçoivent une aide directe de Damas, de Teheran et du Hezbollah ?

Damas appelle à une réunion internationale des « Amis de la Turquie » ?

Pepe Escobar 03/06/2013 Asia Times Online

Article en anglais

Traduction Mireille Delamarre

Le printemps turc : Erdogan, dégage ?


TURKEY-TAKSIM-CONSTRUCTION-DEMONSTRATIONLes signes d’un orage printanier s’accumulent sur la tête d’Erdoğan. Sera-t-il la première victime collatérale de la guerre en Syrie ? Car il y en aura. Trop de choses se sont passées depuis deux ans pour laisser indemne la population de la région, dans la mesure où tous les pays du Moyen-Orient ont été concernés, et leurs populations avec. Parmi tous ces pays la Turquie détient la palme  en matière d’interventions, d’imitions, de gesticulations et de vociférations. Comment peut-on croire, qu’après tout ça, la Turquie reviendrait tranquillement à la case départ, comme si rien ne s’était passé ? Les évènements qui se déroulent en ce moment à Istanbul semblent prouver que les esprits sont chauds. La répression est féroce, mais ne semble pas décourager les manifestants, qui, Samedi soir encore, affrontaient les forces de l’ordre.

Dans d’autres circonstances, on aurait dit que des manifestants pacifiques se font massacrer par les hommes de  d’Erdogan, premier Ministre turc d’un gouvernement islamiste. Ça aurait un air de déjà-vu. C’est peut-être pour cette raison que les médias nous le présentent différemment, pour ne pas nous lasser. Il reste que parmi les manifestants des slogans demandant la démission d’Erdogan fusent. A quand ‘’Erdogan dégage !’’, ou ‘’Erdogan doit partir’’ ? Attendons de voir comment il va gérer ce mouvement qui, loin de s’éteindre, semble gagner d’autres endroits du pays. Et aussi comment ses amis vont gérer leurs médias pour que ne sorte que ce qu’on ne peut empêcher de sortir.

 

Avic

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An anti-government protester sits in front of rubbish set on fire by protesters as they clash with riot police in central Ankara

Attentat de Turquie : œuvre de turcs


NEUF TURCS ARRÊTÉS À LA SUITE DE L'ATTENTAT DE REYHANLIFinalement les turcs sont des petits. Quand on a comme compagnons d’armes Israël et les Etats-Unis, on a le devoir de s’aguerrir dans le mensonge. Il est indispensable de savoir tenir contre l’évidence, et ne pas jouer les Jérôme Cahuzac. Au sujet des  attentats qui ont eu lieu Samedi dans la ville turque de Reyhanli, la première version du ministre de l’intérieur d’Erdogan semblait pourtant logique. L’ennemi à abattre n’est-il pas toujours responsable de tout ce qui survient de désagréable ? La grêle, les inondations, la famine, les catastrophes et tous les autres fléaux, ne sont-ils pas de son fait ? En toute logique, donc, le bon ministre de l’intérieur, M. Muammar Guler, attribua la responsabilité des attentats à la Syrie, comme tout le monde s’y attendait, du reste.

Quelle mouche a piqué le gouvernement turc pour avouer que les auteurs des attentats sont tous turcs, laissant planer un doute malsain sur la non culpabilité de Bachar Al Assad ? Vu le problème kurde, cet aveu oriente les regards directement vers un problème intérieur.  Doublement intérieur.

D’abord, concernant l’attentat lui-même. Six personnes, toutes de nationalité turque, sont soupçonnées d’en être les auteurs. On ne peut, évidemment, pas s’empêcher de penser à la résistance kurde. Le gouvernement turc, avec son engagement aveugle dans le problème syrien, a aggravé une situation qu’il était déjà incapable de maîtriser avant.  Le séparatisme kurde ne peut que se renforcer avec le chaos syrien, et a même intérêt à ce que ce chaos perdure.

Le deuxième volet intérieur se situe au sein même du gouvernement turc. Pendant que Davutoglu, le ministre des affaires étrangères, en visite à Berlin, essayait d’exploiter la première version et parlait déjà de « mesures de rétorsion », le vice-président du gouvernement turc, Besir Atalay, annonçait tranquillement que les coupables sont à chercher à l’intérieur même du pays. Y aurait-il un combat des chefs en Turquie ? A moins qu’il n’y ait deux camps, celui d’Erdogan pro-occidental et un autre qui serait un allié de fait de Bachar El Assad, même si on ne sait pas trop pour qui il roule.

En attendant, les attentats, dont on ne voit pas vraiment la finalité, ont causé 46 morts et 140 blessés. Comme toujours, certains se précipitent sur « l’occasion » pour accuser ceux qui ont le moins d’intérêt et qui n’ont aucun bénéfice à tirer de l’acte terroriste. Et comme souvent, pour les accusateurs, il tombe à pic. Il y a cependant une nouveauté dans ces attentats : si jusqu’ici le terrorisme a toujours été l’outil idéal pour enclencher  « des mesures de rétorsion », maintenant il peut avoir un effet boomerang et servir de munitions pour les guerres internes au sein même des appareils politiques. C’est peut-être bon signe.

Avic

Le Salafisme, au service de la politique israélienne!


Tribune libre de Djerrad Amar

Djihadistes2La « salafisation » des politiques arabes issues du «printemps arabe», sous le contrôle idéologique et financier des émirs du pétrole, simples agents de la politique américaine, est l’instrument privilégié de la destruction des États organisés, issus de la décolonisation.

Le terrorisme, de Boston à Moscou en passant par Damas


tchetchenie_319Depuis la fin de l’URSS, l’un des mythes fondateurs de la politique étrangère euro-américaine envers la Russie se base sur la situation dans le Caucase. Dès 1994, l’état russe fait face à une rébellion armée qui prône l’indépendance et fera rapidement appel à des cohortes de mercenaires étrangers pour mener cette soi-disant guerre d’indépendance de Tchétchénie. Lire la suite Le terrorisme, de Boston à Moscou en passant par Damas

USA. Vers l’abandon de la doctrine Carter-Brzezinski ?


Par Françoise Compoint

USA-DrapeauLes USA commencent à se désintéresser du Moyen-Orient. Croyant pouvoir se procurer à long terme du gaz de schiste et du pétrole issu des sables bitumineux. Washington a maintenant trois soucis à l’esprit, trois objectifs qui, s’ils sont menés à bien, promettent au monde musulman une restructuration des plus sérieuses.

Syrie : Qu’en est-il de l’équation syrienne maintenant que ses ennemis ont recours aux armes chimiques pour punir ses citoyens ?


Par Amin Hoteit

gaz_sarin_syrieDans sa dernière entrevue avec le Sunday Time [1], publiée le 3 Mars 2013, le Président syrien Bachar al-Assad avait précisé : « Tout ce qui a été mentionné dans les médias ou par les déclarations rhéthoriciennes de responsables politiques, sur les armes chimiques syriennes, relève de la spéculation. Nous n’avons jamais discuté, et nous ne discuterons jamais de nos armements avec qui que ce soit. Ce dont le monde devrait se soucier c’est des matières chimiques arrivées entre les mains des terroristes. Des séquences vidéos ont déjà été diffusées les montrant en train de tester des matières toxiques sur des animaux, et aussi en train de menacer le peuple syrien de mourir de cette façon ! Nous avons partagé ce matériel vidéo avec d’autres pays. C’est là-dessus que le monde devrait se concentrer au lieu de gaspiller ses efforts à créer des titres insaisissables sur les armes chimiques syriennes pour justifier n’importe quelle intervention en Syrie ».

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Crimes sans châtiment : Révélations sur les filières terroristes de Paris


« Les noires complicités de la France »

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Avec “Crimes sans Châtiment”, l’auteur met à jour tout un système de complicités entre les dirigeants politiques français et des groupes islamistes criminels. De 1990 à 2012, de l’Algérie à la Syrie, la confrérie des Frères musulmans reçoit le soutien de Paris dans ses coups d’Etat contre les pays du Bassin méditerranéen. Entrevue de jean-Loup Izambert par Louis Dalmas (B.I. Infos, no. 185, mars 2013).

B.I. : En juin 2012 vous annonciez la parution prochaine de votre ouvrage sous le titre provisoire de “La ligne jaune”. Le titre a changé depuis. Pourquoi ?

Jean-Loup Izambert : D’abord, il m’a fallu près d’une année avant de trouver un éditeur libre et indépendant digne de ce nom sur la vingtaine qui ont reçu mon manuscrit. (1) Pendant ce temps, l’évolution de la situation internationale a montré que les dirigeants occidentaux ne se contentaient pas de franchir la ligne jaune entre la guerre et la paix.

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Pourquoi la Turquie fait-elle des affaires avec Israël ?


Turkey-israel.svgLes relations entre la Turquie et Israël sont en train de prendre un nouveau cours : la raison d’État cède désormais la place aux affaires. Après avoir rompu tout lien diplomatique à la suite de l’arraisonnement par des militaires israéliens du navire turc Navi Marmara en 2010 (l’assaut sanglant contre les militants de la mission Free Gaza qui se dirigeait vers Gaza avait fait neuf morts parmi des militants de nationalité turque), le quotidien Today’s Zaman annonçait dimanche 17 février la signature d’un accord portant sur la vente par Israël de systèmes électroniques aériens au gouvernement d’Erdoğan.

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Raid israélien en Syrie : pourquoi ?


Kfir_israel_01-480x302La guerre de la Syrie, avec sa longue liste de morts, de réfugiés, d’attentats, d’attaques et de contre-attaques, commençaient à devenir monotone du point de vue médiatique. Du côté de la communication syrienne, on voit une Armée nationale tuant des dizaines voire des centaines de rebelles par jour, démantelant des réseaux, sécurisant des villes nettoyées  de leurs djihadistes, repoussant l’ennemi en complète débandade dans les pays voisins. A en croire les communiqués, la défaite des terroristes c’est pour demain.  Du côté djihadiste, relayée par les grands médias occidentaux, la communication nous abreuve de vidéos de massacres soigneusement mis en scène, et de rebelles sillonnant des rues désertes en lâchant  des rafales par-ci par-là, comme dans des répétitions de scènes de films dans des studios en carton-pâte. On nous rapporte que les soldats du régime tombent comme des mouches, que les villes sont prises l’une après l’autre, que des bases aériennes et des centre de défense anti-missiles sont sous contrôle, et on ne compte même plus les hélicoptères abattus. La source de ces informations diffusées à travers le monde ? Un machin auquel on a pris soin d’attribuer le mot organisation, comme tous les machins. Et, pour sanctifier cette organisation, on l’a ointe de l’huile magique, les Droits de l’Homme. Organisation des Droits de l’Homme.  Appliqué à la Syrie, ça donne OSDH. Ça sonne bien, c’est majestueux, ça fait universel  et représentatif de tout le peuple syrien. Cette organisation, qui alimente toutes les télévisions occidentales via leurs agences de presse, et qui est au courant de tout ce qui se passe en Syrie jusqu’aux moindres détails, qui en sait plus que toutes les agences de renseignement réunies, doit avoir une machinerie considérable, pense-t-on. Eh bien non. Cette formidable machine à informer est gérée officiellement par un individu. De chez lui à Londres. On ne s’est même pas donné la peine de sauver les apparences en créant une structure crédible.

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Le mystère Erdogan.


Erdogan-ObamaDe tous les dirigeants du monde actuel,  le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan est certainement  le plus déroutant et le plus imprévisible.

Le monde entier se souvient de sa sortie  au forum de Davos en 2009, devant  un auditoire et un Shimon Perez éberlués. Il endossait ce jour-là le costume d’un des plus grands, sinon le plus grand défenseur de la cause Palestinienne. Les relations entre la Turquie et Israël, savamment tissées au cours des années et  alors à leur apogée, se détériorèrent brutalement, et continuèrent à se dégrader au point d’en être aujourd’hui au point zéro. Du jour au lendemain, il devint le héros du monde musulman. Il fut perçu comme celui qui, peut-être, délivrera les palestiniens et brisera enfin le blocus de Gaza. Les éloges et les superlatifs n’en finissaient pas. Pour certains c’était le nouveau Nasser, pour d’autres la réincarnation de Saladin. Comme on pouvait s’y attendre, l’axe de la résistance ne fut pas en reste. Le secrétaire général du Hezbollah lui-même, Hassan Nasrallah alla jusqu’à lier les qualités morales du nouveau chevalier à son prénom, Tayyip, qui veut dire : généreux.

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