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L’Europe, c’est la paix ?


Tribune libre Résistance

???????????????????????????????L’Europe, c’est la paix ? C’est en tout cas ce que l’on veut absolument nous faire croire. Parce qu’être contre l’Europe, c’est être pour la guerre !

Certes, depuis près de 70 ans, il n’y a pas eu d’affrontement militaire entre pays européens. Mais il y a de bonnes raisons à cela, et qui n’ont rien à voir avec un quelconque désir de paix, bien au contraire ! Car qui viendrait prétendre que nous vivons dans un monde pacifique ? Lire la suite L’Europe, c’est la paix ?

Guerre de Corée : Influence majeure d’un agent de la CIA à partir de 1951 et mensonges sur la guerre chimique (documents)


ob_7c5874_coree-38paralleleUne énorme quantité de documents déclassifiés (récents ou moins récents) permet de mieux appréhender les enjeux de la guerre de Corée (1950-1953) et notamment le rôle de la CIA, ce qu’il en ressort est impressionnant : L’influence des États-Unis en Corée par le biais d’un agent sous couverture à proximité du président sud-coréen, des mensonges publics sur la guerre chimique menée. Plus de 60 ans après la fin de la guerre on commence à en apprendre de belles… Lire la suite Guerre de Corée : Influence majeure d’un agent de la CIA à partir de 1951 et mensonges sur la guerre chimique (documents)

Un nouveau MiG à décollage et atterrissage vertical ?


Le 15 Août 2013 le journal russe Kommersant rapporte que le ministère de la Défense a reporté en 2016 l’achat de 37 avions MiG-35D qui avaient été déjà commandés.

Les sources ont révélé l’intention d’accélérer le projet secret d’avion à décollage et atterrissage vertical (VSTOL) de 5ème génération, dans lequel le bureau d’étude Mikoyan serait à un stade avancé. Lire la suite Un nouveau MiG à décollage et atterrissage vertical ?

Vie et mort du monde unipolaire


AA-2-9516bL’Empire américain est-il entré dans un inexorable déclin ? À ceux qui sans hésiter répondent oui, nous répondrons laconiquement « ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué » et surtout prenons garde « de ne pas prendre nos désirs pour des réalité » en un mot n’allons pas trop vite en besogne. Cela en dépit des revirements diplomatiques sur le front syrien ou eu égard à l’actuel blocage budgétaire qui pourrait conduire l’Amérique le 17 octobre à se trouver en cessation de paiement. Certains veulent, à n’en pas douter, la peau de Roger Rabbit alias Barak Obama, ce qui n’a rien à voir avec la richesse matérielle réelle et les multiples ressources du génie américain et de ses oligarchies dominantes aguerries par vingt siècles et plus de gouvernance, en Orient et en Occident, à l’ombre des princes.

Perdre des batailles n’est pas perdre la guerre, et certes, si le déclin du dieu dollar est selon toute apparence bien amorcé, ceux qui dansent déjà sur son cadavre peuvent-ils dire quelle monnaie serait susceptible de lui succéder aujourd’hui ? L’€uro en crise ? Le Yen Japonais, le Franc Suisse ? Le Yuan chinois 1 ? Un panier de monnaies adossées à l’étalon or revenu en force comme beaucoup l’espèrent et le désirent ?

En fait rien de tel pour le moment ne se dessine à l’horizon, cela même si la Chine populaire a signé des accords avec la Russie, le Japon, l’Indonésie et le Brésil pour facturer leurs échanges commerciaux dans leur propre monnaie et non plus en billets verts. Enfin et à ce propos, nous ne ferons pas le catalogue des tentatives avortées pour échapper à l’emprise du dollar dans les transactions pétrolières… mal en à pris à ceux qui ont voulu s’en émanciper, l’Irak, la Libye… quant au petit Bahreïn 2, il est très rapidement rentré dans le rang. Enfin l’Iran, qui un temps s’est essayé partiellement à l’€uro, donne à présent tous les signes extérieurs d’une certaine volonté de soumission 3. Il est vrai que les politiques de sanction portent leurs fruits amers et qu’elles ont mis le pays quasiment à genoux. À ce stade résister devient somme toute suicidaire, mieux vaut louvoyer, ce à quoi va s’employer la nouvelle équipe dirigeante iranienne en multipliant les gages de bonne volonté… Téhéran ne vient-il pas d’annuler sa conférence annuelle “antisioniste” [New Horizon Conference] prévue début décembre qui devait rassembler des intellectuels dissidents européens et américains… pour ne pas fâcher John Kerry et les intérêts extra américains qu’il représente plus ou moins bien ?

Pessimisme et/ou lucidité ?

Ce pourquoi, sans faire preuve d’un pessimisme excessif – mot d’usage courant pour désigner un réalisme lucide – ou d’une dérisoire obstination prospectiviste, il n’est pas absurde d’écrire qu’avec ou sans conflit ouvert, l’Iran est destiné à réintégrer – peu ou prou – la dévorante “mondialisation” dont il a voulu se tenir à l’écart. La globalisation est une sorte de “trou noir” qui a vocation à engloutir de proche en proche peuples et nations. Processus se traduisant par une laminante normalisation culturelle, autrement désignable sous le vocable de gangrène libérale-libertaire, soubassement politique et a-moral du monothéisme New Age, celui du Marché… Idolâtrie qu’accompagne inéluctablement les bouleversement sociétaux et culturels dont la Vieille Europe se trouve actuellement la tragique victime. Aussi n’est-ce pas « bégayer » que d’annoncer que le chemin des concessions conduit assez souvent à la “concession à perpétuité”, autrement dit à la tombe.

Beaucoup salue le démantèlement de l’arsenal chimique syrien comme une grand victoire, celle de la paix contre les forces de dislocations et de haine visiblement à l’œuvre dans ce pays martyre. Oui da ! Une authentique victoire diplomatique qui a permis d’éviter d’un cheveu, une conflagration majeure au Levant, voire une guerre mondiale. Nul n’en doute et il ne s’agit ici ni de catastrophisme et encore moins d’emphase. Car c’est bien ce que les observateurs les plus autorisés ont dit et répété sur un ton accentué de soulagement, avant et après le jour critique du 31 août ! Ceux qui comme votre serviteur, ont annoncé la guerre ne se sont pas trompés, seuls un ensemble de facteurs contre indicatifs ont fait, à la dernière seconde, pencher la balance du poids d’une plume blanche. Celle qui, dans l’Égypte ancienne, faisait tomber les âmes d’un côté ou de l’autre de la porte des enfers.

Des esprits éminents penchent du côté d’un optimisme prématuré

Je me garderais bien de dire que les optimistes sont des niais. Primo parce que cela dépasserait ma pensée, et de loin. Secundo parce que les pessimistes sont assez souvent des optimistes repentis. De ceusses auxquels l’expérience a enseigné que le pire est plus fréquent et plus probable que le meilleur. Qu’au fond l’état d’abondance n’est pas la norme mais l’exception. Que la dureté de la matière, la faim et la guerre sont des états normaux inhérents à la nature des choses et de l’homme, en un mot “naturels”. Parmi ces têtes pensantes qui inclinent à la béatitude nous avons choisi Israël Adam Shamir 4, personnage d’exception s’il en est, pour qui « l’hégémonie américaine, c’est fini. La bête est maîtrisée. Nous avons passé le Cap de Bonne Espérance, symboliquement parlant, en septembre 2013. Avec la crise syrienne, le monde à la croisée des chemins a pris le bon virage. C’était un moment aussi risqué que lors de la crise des missiles à Cuba en 1962. Il y avait de fortes chances de déclencher la guerre totale… Le risque était immense : la Syrie allait se retrouver détruite comme la Libye ; une attaque israélo-américaine sur l’Iran devenait inévitable ; la chrétienté orientale perdait son berceau ; l’Europe se voyait envahie de millions de réfugiés supplémentaires ».

Et puis « souvenons-nous de la chute du Mur de Berlin… Deux ans plus tard, il n’y avait plus d’Union soviétique. Notre mémoire voit tout cela en raccourci, comme une seule et courte séquence. Tout cela avait pris un certain temps ». Or, après un vote aussi négatif qu’inattendu du Parlement anglais « le président Obama a… rengainé son colt » et s’est défaussé de la « patate chaude en la refilant au Congrès américain… Or le Congrès ne voulait pas entrer en guerre, une guerre aux conséquences imprévisibles »… « La proposition russe d’en finir avec les armes chimiques de la Syrie permettait au président Obama de sauver la face ». Et depuis « Le président Obama a eu un entretien [téléphonique] avec le nouveau président iranien, ce qui ne pouvait que peiner Tel-Aviv. Les rebelles de l’Armée syrienne libre ont décidé de discuter avec Assad au bout de deux ans, et leur délégation est arrivée sans encombre à Damas, laissant les extrémistes islamistes le bec dans l’eau » !

La Troisième Guerre mondiale a bien failli avoir lieu

Pourtant « la Troisième Guerre mondiale a bien failli avoir lieu, comme le souhaitaient les banksters. Ils ont trop de dettes. Si les Tomahawks avaient touché leur but… ils auraient pu en profiter pour effacer leurs dettes. Des millions de gens auraient péri, mais des milliards de dollars seraient sains et saufs dans les caves de JP Morgan et de Goldman Sachs… ».

Or, nonobstant le fait que « les É-U aient à Moscou encouragé les Pussy Riots, les gay parades dans le but de faire passer Poutine pour un dictateur, un ennemi des libertés et un homophobe dans les medias occidentaux et dans les media russes tenus par l’oligarchie »… Nonobstant le fait que « le soutien de la Russie à la Syrie ait été critiqué, ridiculisé et présenté comme un acte brutal de déni d’humanité alors que les magnats de la presse occidentale affirmaient que la Russie finirait par laisser tomber la Syrie… [alors que] la Russie n’a jamais eu l’intention de lâcher la Syrie : les chrétiens orthodoxes syriens mettaient toute leur confiance dans Poutine [durablement ulcéré par le sort de la Serbie orthodoxes en 1999]… L’Église a soutenu les efforts de Poutine : pas seulement l’église russe, mais les catholiques et les orthodoxes ensemble se sont élevés contre la campagne yankee parce que les rebelles soutenus par les É-U massacraient les chrétiens… les églises de Jérusalem et d’Antioche ont fait de même. Et le pape a quasiment menacé d’excommunication Hollande, et la menace voilée a troublé le président français. De sorte que Poutine a bénéficié d’un double soutien : celui des patriarches orthodoxes et celui du pape : c’est un cas de bénédiction double extrêmement rare »… En vérité du quasi jamais vu, tant l’antipathie, la défiance voire l’hostilité restent fortes entre les Églises d’Orient et d’Occident. Byzance au moment de tomber n’a-t-elle pas obéi au mot d’ordre « le turban plutôt que la tiare » ?

« Géopolitiquement parlant, la guerre se rapprochait d’ailleurs beaucoup trop des frontières russes… mais la Chine a aussi envoyé ses navires de guerre en Méditerranée ». Finalement, en dépit de tous les mensonges et les chausse-trappes tendues aux divers partis de la vérité « cette mésaventure a réglé son compte à l’hégémonie, à la suprématie et à l’exceptionnalisme américains. Fini “la Destinée manifeste” des É-U »… Cependant «  le futur proche s’annonce turbulent mais il n’y a plus d’issue fatale ». Le ciel entende Shamir !

Au-delà de tout vision irénique

Bref tout cela est bel et bon et les éléments collectés par Israël Shamir sont impressionnants de bon sens. En effet la volte-face de la Maison-Blanche ressemble bien – vu de loin – à une déroute, militaire et diplomatique… mais il faut raison garder et recourir aux bilans de l’histoire pour juger du présent à leur aune ? Après tout le reflux du Vietnam n’a pas non plus été spécialement glorieux et pourtant la puissance américaine n’a depuis cessé de croître grâce certes à la suprématie du dollar, mais pas seulement. La capacité à manipuler l’argent, l’ingénierie financière, science subtile et crépusculaire, à la marge de la vérité et du mensonge, ont tenu une place éminente. Et le savoir faire en ce domaine des virulentes oligarchies anglo-américaines y sont aussi pour beaucoup ! Tout comme la capacité de l’Amérique à drainer les cerveaux du monde entier, ce qui lui a permis de maintenir jusqu’à présent une importante avance, notamment en matière d’armements, vis-à-vis de ses concurrents et rivaux… ce que l’on nomme habituellement le “fossé technologique”.

La débâcle vietnamienne pour négociée qu’elle ait été eut dû avoir un autre retentissement. Il n’en a rien été, l’Amérique hollywoodienne pour faire oublier ses déboires en Asie des moussons, au moment où le conflit vietnamien prenait un tour tragique, partait à la conquête de Séléné le 24 déc. 1968… où nul ne devrait, ou ne pourra remettre les pieds avant vingt ou tente ans… comprenne qui pourra ?! Du grand art puisque la planète toute entière eut les yeux fixé sur le ciel au lieu de les avoirs braqués justement sur l’Asie et ses “grands cimetières sous la Lune”. Indéniablement l’Amérique domine et maîtrise l’imaginaire collectif du genre humain. Maîtrise que n’entame guère – ou presque pas – la fuite au petit jour – au sens propre – de ses derniers contingents évacués d’Irak à la cloche de bois… idem pour le futur retrait final d’Afghanistan en 2014 qui ne s’annonce pas non plus des plus joyeux.

En conséquence de quoi nous persistons, quant à nous, dans la prudence et le scepticisme éclairé par l’histoire, une histoire qui parfois se répète, parfois bégaie… à l’instar de l’auteur qui se répète, signe et persiste dans le pessimisme … dans l’espoir sincère de se tromper il est vrai ! Une Histoire qui en effet parfois innove de façon totalement inattendue, mutante, parce que nous n’avons pas su percevoir l’accumulation des causes qui allaient engendrer une révolution, un retournement de situation, soit un “saut qualitatif” ! À ce titre quand Shamir nous annonce préemptoirement que « les É-U vont perdre leurs droits à tirer leurs revenus de la planche à billets. Le dollar cessera de servir de monnaie de réserve au monde entier », nous n’acquiescerons que du bout des lèvres, parce que la bête n’est pas morte, qu’elle n’a pas encore poussé son ultime râle, ni surtout dit son dernier mot.

La bête n’est pas morte, loin s’en faut

Car autant l’effondrement de l’empire soviétique pouvait s’expliquer a priori ou a posteriori, par l’enchaînement logique des événements (national catholicisme polonais, bourbier afghan, Initiative de défense stratégique américaine [Guerre des étoiles], front terrifiant de Tchernobyl ayant mobilisé plus de 400 000 hommes, et cætera), autant la chute de l’Amérique, qui a plutôt bien encaissée le Krach de 2008 justement grâce à son industrie florissante de la fausse monnaie et de la planche à billet, tient bon. Fluctuat nec mergitur.

À part ces tueries – spontanées ou mises en scène, comme à Boston vraisemblablement – qui émaillent le morne quotidien des classes laborieuses, qui aperçoit à l’horizon la montée d’un “Printemps américain” ? Les gaz de schiste extraits des déserts du Nevada et d’ailleurs, vont doper l’économie dit-on en diminuant la note et la dépendance énergétique vis-à-vis des pays producteurs aussi difficiles ou incertains que le Vénézuela ou le Nigéria. De même nous pouvons gager que les divers filons liés à l’économie verte, durable, compensée carbone et les innombrables manipulations financières auxquelles elle donne lieu, vont relancer la machine – déjà crachotante à l’époque – mieux que ne l’a jamais fait la reconstruction du Koweït après 1991.

Au bout du compte, contrairement à ce que pense Shamir, l’Amérique ne désarmera pas, d’abord parce que les guerres, même perdues lamentablement, sont des terrains de jeu et d’essai pour les industries de l’armement et un moyen de faire progresser les matériels. Sans guerre pas de progrès ! Sans la guerre contre le Reich allemand l’aviation civile et la planète entière n’en seraient pas là où nous en sommes arrivés actuellement : pas de radar, pas de propulsion à réaction, pas de conquête dans les prochaines décennies à venir !

Bien entendu Shamir a bien noté et compris que l’Amérique n’agit pas seulement en raison d’une banale hybris [ὕϐρις démesure égotiste inspirée par l’orgueil et la vanité], mais en raison du sentiment eschatologique de son “élection”… « l’Amérique, le pays de l’Ancien Testament, s’est construite sur la théologie judaïque de l’exceptionnalisme, sur la notion de peuple élu » nous rappelle-t-il. Un “exceptionnalisme” qu’a explicitement revendiqué Barak Obama au lendemain du jour où la France s’apprêtait à jeter nos maigres forces aériennes dans la bataille pour la grandeur d’Israël et la plus grande joie des Likoudniki de Washington et Tel-Aviv. Shamir encore : « l’Europe traverse une phase aigue d’apostasie et de rejet du Christ, tandis que la Russie est toujours profondément chrétienne. Ses églises sont pleines, on se souhaite Joyeux Noël et Joyeuses Pâques les uns aux autres, il n’y a pas de morne saison. La Russie est un pays du Nouveau Testament. Or le rejet de l’exceptionnalisme, c’est-à-dire de la notion de peuple élu, est le fondement même de la chrétienté ».

Nous ne sommes pas encore tirés d’affaire

Nous ne conclurons pas en disant que l’affaire syrienne est loin d’être close. La France contre toute légalité internationale et contre sa propre loi interne, entend poursuivre et accentuer ses livraisons d’armes à ces rebelles et terroristes qui ravagent la Syrie. Alors que La résolution 2118 du Conseil de Sécurité 5 – votée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations Unies le vendredi 27 Septembre 2013 – rend comptable de la situation sur le terrain les organisations et des États agresseurs, de toutes tentatives d’exploitation et de livraison, notamment d’armes chimiques, aux insurgés, tandis que les lois pénales françaises interdisent formellement toute fourniture d’armes ou d’argent à des organisations terroristes. Double dispositif que M. Fabius, ministre des Affaires étrangères hexagonales, s’apprête, avec la bénédiction du fantoche élyséen, à piétiner allègrement : le 7 octobre le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, en visite officielle en Arabie saoudite, se concertait avec le régime wahhabite en vue de renforcer conjointement « l’opposition [doux euphémisme désignant les tueurs d’al-Nosra] et l’Armée syrienne libre » [AFP7oct13]. M. Le Drian après avoir été reçu par le roi Abdallah, s’est prévalu d’une « grande convergence de vue sur la situation régionale… Nous sommes dans la logique de renforcer la Coalition nationale syrienne et l’état-major du général Idriss…Nous soutenons la coalition à la fois militairement et sur les plans humanitaire et politique ». Tout en soutenant avec une belle hypocrisie « qu’il n’y a pas de solution militaire en Syrie ». Alors pourquoi est-il nécessaire de renforcer militairement une « coalition », au demeurant inexistante en raison de ses divisions et de ses luttes intestines, puisque de toutes façons ces gens sont destinés à faire de la figuration dans les prochaines négociations russo-américaines dites Genève II 6.

Une sale guerre et un dossier qui suppure de tous les côtés. Au Liban, le patriarche maronite Béchara Raï s’adressant à une délégation de chrétiens et de musulmans préoccupée du sort des réfugiés syriens, mission conduite par l’évêque de Troyes Marc Stinger, a durement stigmatisé l’Occident complice des crimes qui se commettent en Syrie dans l’indifférence générale quant à leurs causes réelles . « Aucun effort international ne doit être épargné, et cet Occident qui, jusqu’à peu, appelait à l’envoi d’armes en Syrie doit élever la voix et demander aujourd’hui que la paix y soit rétablie… On est en train de déraciner un peuple, de détruire une civilisation islamo-chrétienne bâtie en commun au long de quatorze siècles de coexistence. Voilà en fait l’objectif hypocrite de cette guerre : vider le Machrek [le Levant] de sa civilisation et le maintenir en état de guerre permanente à des fins politiques et économiques ». Ajoutons à des fins idéologiques et suprématistes, et le tableau sera complet.

Léon Camus

Notes

(1) La Chine est à l’heure actuelle le premier producteur d’or dans le monde et talonne les États-Unis premier détenteur mondial avec des réserves estimées à 4000 T. Pékin reste cependant muet quant au niveau précis de ses propres réserves, cela d’autant que les centaines de tonnes d’or extrait chaque année ne sont ni vendues ni exportées – production en 2012 : 323 tonnes avec une progression de 12% l’an – alors que la Chine continue à importer massivement du métal jaune voulant à terme y adosser le Yuan pour en faire une monnaie de change internationale… à l’image du dollar, du yen ou de l’euro.

(2) Comme le Qatar qui renoncé à toute souveraineté monétaire et adopté de facto une parité fixe avec le dollar américain, le Bahreïn après avoir abandonné le projet d’une monnaie adossée à l’or, s’est sagement résolu à indexer de la même façon sa monnaie sur le billet vert. Kadhafi, guide de la Jamahiriya libyenne avait conçu peu avant sa chute, un ambitieux projet de dinar-or. Une monnaie émise par une organisation supranationale au service des États du Grand Maghreb, devant, afin de resserrer leurs liens commerciaux avec la Chine et la Russie, leur permettre de s’émanciper du $ et de l’€. Une velléité assez semblable avait effleuré le Raïs Saddam Hussein avant que les Yanks et leurs supplétifs ne lui fassent la peau.

(3) La politique d’ouverture du Président Rohani trouve déjà ses limites au sein même de l’appareil dirigeant iranien : n’a-t-il pas été en partie désavoué par le Guide suprême à son retour de New-York au lendemain de son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies ? Le 5 oct. le Guide Ali Khamenei commentait cet épisode historique en ces termes : « Une partie de ce qui s’est passé lors du voyage à New-York était déplacée … bien que nous fassions confiance à nos responsables » ? Voyage au cours duquel eut lieu un échange téléphonique d’un quart d’heure, le 30 septembre, avec le président Obama… le premier depuis trois décennies, la Révolution islamique et la prise d’assaut de l’ambassade américaine le 4 nov. 1979. Contact oral que les Gardiens de la révolution devaient qualifier le 2oct. « d’erreur tactique ». De son côté le général Amir-Ali Hadjizadeh, commandant de la Force aérospatiale des Gardiens [sepahnews.com] précisait « qu’un contact et un sourire ne peuvent faire oublier l’hostilité foncière des États-Unis [à l’égard de l’Iran] depuis un demi siècle ».

(4) Israël Shamir « Notre Cap de Bonne Espérance » traduit par Maria Poumier [israelshamir.net]. Lire de l’auteur, converti apparemment sincère à l’Église orthodoxe comme accomplissement de sa judéité, « Pardès », essai cabaliste de haute volée sur les rapports du christianisme et du judaïsme. Éditions « Entre la plume et l’enclume » 2003.

(5) Amin Hoteit « La résolution 2118 passée au crible de la réalité » [comite-valmy.org1eroct13].

(6) Pourquoi ne pas entrer dans les vues d’un État qui a généreusement confirmé à notre ministre VRP « l’entrée en vigueur effective à compter de ce lundi 14 oct. d’un contrat d’un montant d’1,3 milliard de dollars » destiné à la modernisation de quatre frégates et deux pétroliers-ravitailleurs séoudiens ? Les bons comptes ne font-ils pas les bons amis ? D’autres contrats sont par ailleurs en cours de négociations intéressant la défense antiaérienne séoudienne. Un projet d’environ 2 milliards d’€ porte sur la fourniture de missiles sol-air Crotale de dernière génération produits par le groupe Thales. Ainsi depuis son entrée en fonctions en mai 2012, le ministre d’une armée dite nationale – désormais fantomatique en raison des coupes budgétaires – aura effectué trois visites de pure courtoisie au royaume de l’omnipotente charia !

http://www.geopolintel.fr/article751.html

Notre Cap de Bonne Espérance – Israël Shamir


copiedeimgp8453Commençons par la bonne nouvelle: l’hégémonie américaine, c’est fini. La bête est maîtrisée. Nous avons passé le Cap de Bonne Espérance, symboliquement parlant, en septembre 2013. Avec la crise syrienne, le monde à la croisée des chemins a pris le bon virage. C’était un moment aussi risqué que lors de la crise des missiles à Cuba en 1962. Il y avait de fortes chances de déclencher la guerre totale, dans la mesure où les volontés d’acier de l’Amérique et de l’Eurasie s’étaient mesurées en Méditerranée orientale. Il nous faudra un certain temps avant de percevoir la réalisation de ce à quoi nous avons travaillé dans l’ombre, et c’est normal pour des événements d’une telle grandeur. Les turbulences aux USA, depuis la folle course poursuite à Washington jusqu’à la fermeture de l’administration fédérale et la possibilité du défaut de paiement,  sont les conséquences de ce moment historique là.

Souvenons-nous de la chute du Mur de Berlin. Quand il s’est effondré, je me trouvais à Moscou, j’écrivais pour Haaretz. Je m’étais rendu à une conférence de presse avec des membres du Politburo à l’hôtel Président, et je leur avais demandé s’ils pensaient que c’était la fin de l’URSS et du système socialiste. On m’avait ri au nez, parce que c’était une situation trop embarrassante pour eux. Mais non, disaient-ils en chœur. Le socialisme va se mettre à fleurir, voilà ce que va donner la chute du Mur. Deux ans plus tard, il n’y avait plus d’URSS. Notre mémoire voit tout cela en raccourci, maintenant, comme une seule courte séquence. Or cela avait pris un certain temps.

Le point de tension culminant, en ce mois de septembre 2013, ce fut la vision, sous le soleil de midi, des cinq destroyers US face aux rivages du Levant, pointant leurs Tomahawks sur Damas, et, leur faisant face, la flotte russe composée de onze navires avec en tête le Moskva, croiseur tueur chargé de missiles, renforcés par  des bateaux de guerre chinois. Apparemment, deux missiles ont bel et bien été lancés vers la côte syrienne, et tous deux ont échoué à atteindre leur cible.

Un quotidien libanais citant des sources diplomatiques a prétendu que les missiles étaient partis d’une base de l’OTAN en Espagne et s’étaient vus abattus par le système russe de défense air-air, à partir d’un navire. Une autre explication proposée par Asia Times mentionne un détournement par les Russes, avec leurs GPS puissants et bon marché, qui auraient rendu inutilisables les Tomahawks sophistiqués et chers, en les égarant et en les faisant chuter. Il y a encore une autre version, qui attribue le lancement aux Israéliens, soit qu’ils aient tenté de provoquer le déclenchement des hostilités, soit qu’ils se soient contentés d’observer les nuages, comme ils le prétendent.

Quoi qu’il en soit, après cet étrange incident, la pétarade n’a pas commencé, parce que le président Obama a gardé son sang-froid et rengainé son colt. Cela fut précédé par un vote inattendu au parlement britannique. Ce corps vénérable a décliné l’honneur de se joindre à l’attaque proposée par les US. Pour la première fois depuis deux cents ans, le parlement britannique a refusé une offre bien réelle de prendre l’initiative d’une guerre; d’habitude, ils ne résistent pas à la tentation.

Puis le président Obama a décidé de refiler la patate chaude au congrès. Il n’avait pas envie d’être celui qui déclencherait l’Armageddon. A partir de là, c’était trop tard. Le Congrès ne voulait pas entrer en guerre, une guerre aux conséquences imprévisibles. Obama a essayé de froncer les sourcils devant Poutine lors du G20 à Saint Petersburg, mais cela n’a pas marché.  La proposition russe d’en finir avec les armes chimiques de la Syrie permettait au président Obama de sauver la face. Cette mésaventure a réglé leur compte à l’hégémonie, à la suprématie et à l’exceptionnalisme américains. Fini, le « destin manifeste » des USA. Nous l’avons tous appris des productions hollywoodiennes: le héros ne saurait faire profil bas: viser et tirer, c’est tout ce qu’il peut faire. S’il rengaine, ce n’est plus un héros, c’est un capon.

Après quoi, tout s’est accéléré. Le président US a eu un entretien avec le nouveau président iranien, ce qui ne pouvait que peiner Tel Aviv. Les rebelles de l’Armée syrienne libre ont décidé de discuter avec Assad au bout de deux ans de harcèlement, et leur délégation est arrivée sans encombre à Damas, laissant les extrémistes islamistes le bec dans l’eau. Le Qatar, leur grand soutien, s’écroule à tous les étages. Ce qui se passe maintenant au niveau de l’administration fédérale donne aux citoyens US de vrais soucis pour des enjeux bien réels. Avec la fin de l’hégémonie US, les jours du dollar comme monnaie de réserve mondiale sont comptés.

La Troisième Guerre mondiale a failli avoir lieu, comme le souhaitaient les banksters. Ils ont trop de dettes, sans compter la dette extérieure monstrueuse des USA. Si les Tomahawks avaient fait mouche, les auraient crié « c’est un cas de force majeure! » et en auraient profité pour effacer la dette. Des millions de gens auraient péri, mais des milliards de dollars seraient sains et saufs dans les caves de JP Morgan et de Goldman Sachs. En septembre, le monde a su bifurquer et se tirer de leurs griffes parce que le président Obama a refusé de faire le jeu des banksters. Il se pourrait qu’il l’ait bien mérité, son prix Nobel de la paix, après tout.

Le futur proche s’annonce turbulent mais il n’y a plus d’issue fatale. Les US vont perdre leurs droits à tirer leurs revenus de la planche à billets. Le dollar US cessera de servir de monnaie de réserve au monde entier, mais restera la monnaie de l’Amérique du nord. D’autres parties du monde vont faire appel à leurs euros, yens, roubles, bolivars ou dinars. Le budget de la défense US retrouvera des proportions normales, et la fermeture de bases à l’étranger ainsi que la réduction des armements permettra à la population US de réussir la transition sans trop écoper. Personne n’a envie de courir derrière l’Amérique; le monde en a juste assez de leurs chevauchées revolver au poing. Les US vont devoir trouver de nouveaux emplois pour tous ces banquiers, gardiens de prison, soldats, sans oublier un certain nombre de politiciens.

Comme j’étais à Moscou pendant la crise, j’ai observé ces événements tels que les ont ressenti les Russes. Poutine et la Russie ont été soumis à des pressions sans relâche, depuis un certain temps:

* Les US ont soutenu et financé l’opposition libérale russe et nationaliste; les élections ont été présentées comme une immense fraude, en bloc, le gouvernement russe en a perdu une partie de sa légitimité.

* L’Acte Magnitsky au Congrès a permis aux autorités US de confisquer les biens de tous les Russes et d’arrêter tous ceux dont ils subodorent qu’ils pourraient mal agir, et sans qu’ils puissent recourir à la justice.

* Certains fonds russes ont été saisis à Chypre,  où les banques avaient de gros soucis.

* Les US ont encouragé les Pussy Riots, les gay parades et autres à Moscou, dans le but de faire passer Poutine pour un dictateur, un ennemi des libertés et un homophobe, dans les media occidentaux et dans les media russes, tenus par l’oligarchie.

*Le soutien de la Russie à la Syrie a été critiqué, ridiculisé et présenté comme un acte brutal de déni d’humanité. Au même moment, les magnats de la presse occidentale affirmaient que la Russie finirait par laisser tomber la Syrie.

Comme je l’ai écrit il y a déjà longtemps, la Russie n’avait pas l’intention de lâcher la Syrie, pour un certain nombre de bonnes raisons: les chrétiens orthodoxes syriens mettent leur confiance dans la Russie, et géopolitiquement parlant, la guerre se rapprochait trop des frontières russes. Mais la raison principale, c’est que les Russes en avaient assez que l’Amérique leur tienne la dragée haute. Les Russes considéraient que des décisions aussi importantes devaient être prises par la communauté internationale, plus précisément par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Ils n’appréciaient nullement le rôle d’arbitre mondial que se donnait l’Amérique.

Dans les années 1990, la Russie était très affaiblie, et ne pouvait guère manifester son opposition, mais ils n’avaient pas apprécié le bombardement de la Yougoslavie et l’avancée des troupes de l’OTAN vers l’est, en violation de la promesse donnée par les US à Gorbatchev. La tragédie libyenne a rajouté à l’indignation. Ce malheureux pays s’est vu bombardé par l’OTAN, et s’en est trouvé désintégré. D’État le plus prospère de l’Afrique, la Libye est passée au rang des plus misérables. La présence russe en Libye était des plus limitées, mais la Russie y a quand même perdu quelques investissements. La Russie s’était abstenue de voter lors du vote sur la Libye parce que c’était la position du président Dimitri Medvedev qui croyait au partenariat possible avec l’Occident. Mais Poutine n’était absolument pas prêt à livrer la Syrie au même avenir.

La rébellion russe contre l’hégémonie US a commencé en juin dernier, lorsque le vol d’Aéroflot qui transportait Ed Snowden a atterri à Moscou. Les Américains ont appuyé sur tous les boutons à leur portée pour le récupérer. Tout le spectre de leurs agents s’est déployé en Russie. Et très peu de voix, parmi lesquelles celle de votre serviteur, ont appelé la Russie à offrir un refuge sûr à Snowden, mais ce sont nos voix qui ont prévalu. Malgré les pressions US, l’asile politique a été garanti à Snowden.

Étape suivante, l’escalade syrienne. Je ne veux pas entrer dans les détails des attaques chimiques présumées. Du point de vue russe, cela ne pouvait absolument pas constituer une raison pour que  les US entrent en guerre en Syrie ni nulle part ailleurs. En un sens, les Russes ont restauré la loi des nations, à sa place d’autrefois, sa place révérée. Le monde est devenu plus sûr pour ses habitants.

Rien de tout cela n’aurait pu se passer sans le soutien de la Chine. Le géant asiatique considère la Russie comme sa grande sœur, et lui fait confiance pour négocier adroitement avec le monde aux yeux ronds. Les Chinois, avec leur style placide et leur air de ne pas y toucher, ont joué dans le camp de Poutine. Ils ont fait passer Snowden jusqu’à Moscou. Ils ont opposé leur veto aux projets anti-syriens du Conseil de Sécurité, et ont envoyé leurs navires de guerre en Méditerranée. Voilà pourquoi Poutine a tenu bon, pas seulement pour le compte de la Russie,  mais pour la masse entière de l’Eurasie.

L’Église a soutenu les efforts de Poutine: pas seulement l’église russe, mais les catholiques et les orthodoxes ensemble se sont élevés contre la campagne yankee parce que les rebelles soutenus par les USA massacraient les chrétiens. Le pape a fait appel à Poutine en tant que défenseur de l’Église; les églises de Jérusalem et d’Antioche ont fait de même. Et le pape a quasiment menacé d’excommunication Hollande, et la menace voilée a troublé le président français. De sorte que Poutine a bénéficié d’un double soutien: celui des patriarches orthodoxes et celui du pape: c’est un cas de bénédiction double extrêmement rare.

Il y a eu bien des épisodes palpitants dans la saga syrienne, de quoi remplir des volumes. Par exemple la tentative pour contraindre Poutine lors du G8 en Irlande. Il devait y faire face au front uni de l’Occident, mais il s’est débrouillé pour en mettre quelques-uns de son côté, et a semé les graines du doute dans le cœur des autres en leur rappelant les hauts-faits des capitaines anthropophages dans le camp des rebelles.

La proposition d’éliminer les armes chimiques syriennes a été introduite adroitement; la résolution du conseil de Sécurité bloquait la possibilité d’attaquer la Syrie en se prévalant de l’article 7. Miraculeusement, les Russes ont gagné dans la surenchère grandiose. Le risque était immense: la Syrie allait se retrouver détruite comme la Libye; une attaque israélo-américaine sur l’Iran devenait inévitable; la chrétienté orientale perdait son berceau; l’Europe se voyait envahie de millions de réfugiés  supplémentaires; la Russie aurait prouvé qu’elle ne comptait pas, que sa parole était du vent, qu’elle pesait à peu près autant que la Bolivie, dont on peut se permettre d’arraisonner et de fouiller l’avion présidentiel  à tout bout de champ. Incapable de défendre ses alliés, incapable de tenir sa position, la Russie se serait vu gratifier d’une victoire morale, euphémisme pour la défaite. Tout le travail accompli par Poutine en treize ans aurait été à vau-l’eau. La Russie serait revenue à son statut de 1999, quand Clinton bombardait Belgrade.

Le point culminant de la confrontation a été atteint lors de l’échange entre Obama et Poutine à propos de l’exceptionnalisme. Aucun des deux n’était débutant, d’ailleurs. Poutine était  estomaqué par  l’hypocrisie et le manque de sincérité d’Obama. Dans la mesure où il est parti  de très bas pour arriver très haut, Poutine se complaît dans son habileté à parler franchement aux gens les plus divers. Et son franc parler peut être d’une brutalité choquante. Quand il s’est trouvé harcelé par un journaliste français sur la question des séparatistes tchétchènes, il a répondu:

« les extrémistes musulmans (les takfiristes) sont les ennemis des chrétiens, des athées et même des musulmans parce qu’ils considèrent que l’islam traditionnel est hostile aux buts qu’eux-mêmes poursuivent. Et si tu veux devenir un islamiste radical, et que tu es prêt à te faire circoncire, je t’invite à Moscou. Nous sommes un pays multiconfessionnel, et nous avons des experts pour te le faire. Et je leur dirai de t’opérer de façon à ce que rien ne risque de repousser! »

Autre exemple de son style aussi candide que choquant, quand il a répondu à Bridget Kendall, de la BBC, à Valdaï. Elle lui avait  demandé: est-ce que la menace des frappes militaires US joue un rôle dans le fait que la Syrie accepte de mettre ses armes sous contrôle?

A quoi Poutine a répliqué: c’est la Syrie elle-même qui a développé son armement chimique comme alternative à l’arsenal nucléaire d’Israël. Il a appelé au désarmement d’Israël et a invoqué l’exemple de Mordechai Vanunu comme exemple de savant israélien opposé aux armes nucléaires (mon entretien avec Vanunu venait d’être publié dans le quotidien russe le plus important, avec une certaine notoriété; voir, en russe: http://www.kp.ru/daily/26084.4/2987042/).

Poutine a essayé de parler franchement avec Obama. Nous connaissons la teneur de leur dialogue par un enregistrement du dialogue entre Poutine et Netanyahu qui a fuité. Poutine a interpelé l’Américain et lui a dit: c’est quoi, ton objectif en Syrie? Obama a répondu: « ce qui m’inquiète, c’est que le régime d’Assad ne respecte pas les droits humains. » Poutine a failli vomir devant une telle hypocrisie, et il l’a compris comme un refus de la part d’Obama de discuter avec lui « en le regardant dans les yeux ».

Au lendemain de la crise aigüe en Syrie, Obama s’est adressé au monde entier, au nom de l’exceptionnalisme américain. La politique des USA est ce qui « fait la différence de l’Amérique. C’est ce qui nous rend exceptionnels », a-t-il dit. Poutine a rétorqué: « c’est très dangereux d’encourager les gens à se voir comme des exceptions. Nous sommes tous différents, mais lorsque nous implorons la bénédiction divine, nous ne devons pas oublier que Dieu nous a fait égaux. » Ce n’était pas seulement un débat idéologique, mais théologique.

Comme je l’ai développé dans mon ouvrage PARDES*, les US se sont construits sur la théologie judaïque de l’exceptionnalisme, du peuple élu. C’est le pays de l’Ancien Testament. C’est là une raison  très profonde de l’alliance spéciale entre Israël et les USA. L’Europe traverse une étape d’apostasie et de rejet du Christ, alors que la Russie est profondément chrétienne. Ses églises sont pleines, on se souhaite Joyeux Noël et Joyeuses Pâques les uns aux autres, il n’y a pas de morne « saison ». La Russie est un pays du Nouveau Testament. Et le rejet de l’exceptionnalisme, de la notion de peuple élu, est le soubassement de la chrétienté.

Voilà pourquoi, tandis que la communauté juive aux USA voulait la guerre, a condamné Assad et appelé à une intervention US, la communauté juive de Russie, assez nombreuse, riche et influente, n’a pas soutenu les rebelles syriens mais plutôt les efforts de Poutine pour préserver la paix. De même en Iran, où la riche communauté juive a choisi elle aussi le Cap de Bonne Espérance. Il apparaît que les pays guidés par une église solidement implantée sont immunisés contre l’influence délétère des lobbies; alors que les pays qui n’ont pas d’institution comparable, qu’il s’agisse des USA ou de la France, cèdent aux pressions, et adoptent l’interventionnisme illégal comme norme.

Tandis que l’hégémonie US décline, nous voyons s’ouvrir un avenir bien incertain. La puissance militaire américaine, telle un Béhémot de légende, peut encore provoquer ravages et naufrages; et la bête blessée est la plus dangereuse. Les Américains devraient écouter la voix du sénateur Ron Paul qui appelle à renoncer aux bases à l’étranger, et à couper les crédits militaires. Les normes de la loi internationale et la souveraineté de tous les États devraient être observées. Le monde entier aimera à nouveau l’Amérique quand elle cessera de nous harceler avant de nous piétiner lourdement. Ce n’est pas gagné, mais nous avons su franchir le Cap, et atteindre la Bonne Espérance.

* http://plumenclume.org/home/10-pardes-une-etude-de-la-kabbale-.html

Intervention au Forum international de Rhodes, le 5 octobre 2013.

Traduction: Maria Poumier http://www.plumenclume.net/articles.php?pg=art1490

http://www.israelshamir.net/French/NotreCap.htm

 

D’où viennent les armes chimiques en Syrie


Alors que Vladimir Poutine a déclaré le matin du 4 septembre que la Russie consentirait finalement à une intervention armée en Syrie avec le soutien de l’ONU et à condition que l’utilisation d’armes chimiques par le président Bachar el-Assad soit clairement établie, la revue en ligne Russkaïa planeta s’interroge, elle, sur la provenance de ces substances toxiques en Syrie. Analyse.

Le Général-gaz
Le Général-gaz

500 à 1000 tonnes d’armes chimiques en Syrie

Il est convenu de faire remonter la violente crise actuelle en Syrie à la date du 21 août 2013, quand les alentours de Damas ont été bombardés à coups de missiles ou projectiles emplis de la substance chimique toxique sarin. Laissons de côté les déclarations contradictoires du gouvernement syrien et des rebelles, qui s’accusent mutuellement de l’emploi d’armes chimiques. Le fait avéré est la mort extrêmement pénible de plusieurs centaines de personnes, qui a résulté de l’emploi du sarin contre la population civile. Mais d’où proviennent les armes chimiques présentes en Syrie ?

La Syrie fait partie des sept États qui n’ont pas signé la Convention de 1993 sur l’interdiction des armes chimiques, et, jusqu’au dernier moment, les autorités syriennes niaient officiellement la présence d’armes chimiques dans leurs arsenaux. Ce n’est que récemment, le 23 juillet 2012, que les autorités syriennes ont pour la première fois reconnu officiellement la présence dans le pays d’armes chimiques et biologiques.

En 2000, les ressources de la Syrie en armes chimiques s’élevaient de 500 à 1000 tonnes, parmi lesquelles du sarin, du VX et des réserves d’agents létaux-vésicants.

Avant le début de la guerre civile de 2011 en Syrie, ces ressources en armes de destruction massive bénéficiaient d’une protection fiable, qui préservait de leur utilisation non sanctionnée. La situation a profondément changé lors de la guerre civile, quand une partie significative du territoire syrien s’est retrouvée sous le contrôle des rebelles.

La Russie a obtenu en décembre 2012 des autorités syriennes la concentration des ressources d’armes chimiques en trois lieux : sur la base de la 155è brigade de la 4e division, sur la montagne Kalmoun, en banlieue de Damas ; à Doummar – à cinq kilomètres de Damas ; ainsi que sur la base aérienne d’El-Safir, à l’ouest d’Alep.

Les premières informations sur la fabrication et la conservation d’armes de destruction massive en Syrie sont apparues dans les années 1960. Et c’est la France qui, au départ, se tenait derrière le programme de leur fabrication.

Les fournisseurs

La France a signé en 1969 avec la Syrie un accord de collaboration scientifique. À l’époque, avec l’aide des Français, un centre de recherche a été crée en Syrie. Il s’agissait, selon les services secrets occidentaux, d’une agence étatique, responsable de la conception et de la fabrication des armes de destruction massive. Dans le même temps ont été créées en Syrie, avec la collaboration de sociétés occidentales, majoritairement françaises et ouest-allemandes, des sites de productions, sous la forme d’usines pharmaceutiques.

Ensuite, l’URSS et ses alliés du camp socialiste ont rejoint la collaboration avec la Syrie pour la production d’armes chimiques. Comme le notait le Bulletin national spécial du renseignement (SNIE) américain du 15 septembre 1983, « La Syrie a reçu d’URSS et de Tchécoslovaquie des substances chimiques toxiques, de l’aide pour leur transport et un soutien dans la formation de spécialistes des armes chimiques. » Le International Handbook on Chemical Weapons Proliferation pour l’année 1991 souligne que l’URSS, dans les années 1970-80, a fourni la Syrie en ressources de défense et de décontamination chimiques.

Dans les années 1990, maigres pour la Russie, une série de spécialistes de la Fédération se sont mis à vendre leurs connaissances et matériaux pour la production d’armes chimiques à tous ceux qui étaient prêts à offrir de l’argent en échange. Selon les données du Centre de recherches stratégiques et internationales (CSIS), l’entreprise syrienne Sema a reçu de la Russie, en mai 1992, un chargement de 45 tonnes de triméthylphosphite – un des composants indispensables à la fabrication d’armes neuro-paralytiques.

En 1996, l’hebdomadaire Defense News annonçait que, selon une information en provenance d’Israël, des scientifiques de la Fédération de Russie aidaient la Syrie à créer des armes chimiques et bactériologiques ; et le journal Jerusalem Post, citant des sources dans l’espionnage, écrivait que la Syrie possédait du gaz neuro-paralytique VX dans sa version russe.

Avant le début de la guerre civile, dans les villes syriennes de El-Safir, Khama, Homs, Lattaquié et Palmyre, fonctionnaient pas moins de cinq usines de fabrication d’armes chimiques, où étaient produits les gaz toxiques sarin, tabun, ypérite (moutarde) et VХ.

Le « Général-gaz »

Aujourd’hui, le FSB russe et l’espionnage extérieur israélien Mossad ont mis en place une collaboration pour la protection contre les attaques terroristes dans les deux pays. En témoignent les actions concertées de ces services spéciaux pour la prévention des fuites d’armes chimiques et bactériologiques hors des laboratoires secrets de l’ex-URSS, avec lesquels, au cours de ces dernières années, se trouvait invariablement associé le nom du célèbre scientifique russe Kountsevitch, baptisé le « Général-gaz ».

Son nom a surgi la première fois en 1995, lié à des opérations illégales de vente à la Syrie de technologies et matériaux pour la production d’armes chimiques.

Le service de presse du ministère de l’intérieur pour Moscou et sa région diffusait en 1995 une information selon laquelle « un groupe de personnes, au nombre desquelles l’académicien Anatoly Kountsevitch, est à l’origine du transfert dans un pays du Proche Orient de 800 kg d’un composant qui, associé à une technologie précise, aurait pu être utilisé pour la fabrication de ressources toxiques. » Le transport illégal d’encore cinq tonnes d’une substance chimique « à destination double » a été empêché par les forces du contre-espionnage au début de l’année 1994. Selon les informations du FSB, Kountsevitch était également impliqué dans la tentative de transfert de ces substances. En septembre 1995, alors qu’il travaillait comme directeur du Centre d’écotoxicométrie de l’Académie russe des Sciences, il a été accusé de contrebande et frappé d’une interdiction de sortie du territoire.

Comme le notait à l’époque Kommersant, « Les services secrets russes ont indirectement reconnu la possibilité d’une sortie illégale hors de Russie d’armes chimiques de guerre et d’agents hautement actifs à destination double. Par ses possibles conséquences, c’est un événement tout à fait comparable à l’aveu par la Russie de l’existence d’une contrebande de matériaux nucléaires. »

Les informations sur l’implication de Kountsevitch dans le transfert à la Syrie de technologies et composants d’armes chimiques ont été plus d’une fois confirmées au cours des années suivantes. Ainsi la revue Jane’s Intelligence Review mentionnait-elle, en 1998, les craintes d’Israël concernant un possible transfert à la Syrie par un des directeurs du programme russe de conception des AMD, le général Kountsevitch, de technologies de production d’armes chimiques à action neuro-paralytique, à la toxicité très élevée et résistantes aux ressources habituelles de défense.

L’ex-agent du Mossad Michael Ross, dans ses mémoires The Volunteer, raconte comment il a appris, en 1999, que le général Kountsevitch s’apprêtait à vendre à la Syrie une technologie de missiles balistiques équipés d’ogives avec armes chimiques, similaires aux Р-17М (Scud-C) : « Dans les cercles de l’espionnage, on savait qu’il faisait commerce de technologies d’armes chimiques de la période soviétique ».

Selon toute vraisemblance, cette transaction portant sur la vente à la Syrie de technologies de missiles balistiques équipés d’ogives avec armes chimiques s’est déroulée avec succès. Meir Dagan, qui dirigeait alors le Mossad et s’est plus d’une fois rendu à Moscou pour s’entretenir avec ses collègues du FSB, en a fait état en 2004.

En témoigne encore l’explosion, le 26 juillet 2007, d’un entrepôt d’armes à proximité d’Alep, qui avait coûté la vie à 15 Syriens au moins. SI les autorités syriennes avaient déclaré que l’explosion n’était aucunement liée aux armes chimiques, la revue américaine Jane’s Defence Weekly écrivait alors, cependant, que l’explosion résultait d’une tentative, par des soldats syriens et iraniens, d’équiper un missile Р-17 d’une ogive remplie de gaz ypérite.

Tous ces événements, du reste, ont eu lieu sans la participation du général Kountsevitch. Ce dernier est en effet mort d’un infarctus début mai 2002, à bord d’un avion, lors d’une mission en Syrie. Dans certains médias de pays musulmans, des rumeurs ont couru sur une possible implication du Mossad dans la mort de Kountsevitch.

Il y a tout lieu de croire que la Syrie, après 2002, a cessé de produire des ressources toxiques – elle avait assez de ses réserves existantes. Peut-on exclure l’hypothèse d’un transfert des ces armes chimiques dans les mains des islamistes ? – c’est déjà à la communauté internationale d’en décider.

Traduit par

http://www.lecourrierderussie.com/2013/09/04/ou-viennent-armes-chimiques-syrie/?utm_source=LCDR&utm_medium=relatedpost

La Russie au Proche-Orient : du bon côté de l’Histoire ?


La situation en Égypte penche vers la guerre civile. Impossible de prédire quelle en sera l’issue. Dans ce contexte, le constat devient évident : le conservatisme russe dans l’approche quant au Proche-Orient est plus avantageux que les tentatives de l’Occident de chevaucher les changements.

Place Tahrir, au Caire
Place Tahrir, au Caire

Quand le régime d’Hosni Moubarak, qui semblait éternel, s’est effondré début 2011, la réaction russe a étonné le monde par sa lenteur. Le président égyptien n’avait jamais été un ami de Moscou, demeurant loyal à Washington. Ni le Kremlin ni la place Smolensk n’avaient de raison de le pleurer, mais la haine que les responsables de la Fédération éprouvent envers  les révolutions de toute sorte ne leur permettait pas de saluer le triomphe de la volonté populaire en Égypte. Face à cette réaction, les collègues occidentaux autant qu’arabes ont haussé les épaules : les Russes ne peuvent tout de même pas se montrer si rigides, et si peu penser à l’avenir, décrétaient-ils, unanimes. Les Américains se montrèrent plus tranchants encore : la Russie avait selon eux, dans le conflit égyptien, choisi le « mauvais côté de l’Histoire » en traitant avec défiance la percée démocratique au Proche-Orient.

Mais l’Histoire est sanglante – et change elle-même, sans cesse et fougueusement, son « bon côté ». Le président-islamiste démocratiquement élu a été éloigné par les mêmes généraux qui, deux ans et demi plus tôt, s’étaient débarrassés du dictateur laïc. Comment la situation va évoluer en Égypte dans l’avenir – on n’en sait rien ; et allez deviner quelles forces refléteront, dans encore six mois, la « volonté du peuple ».

La politique actuelle de la Russie au Proche-Orient est le sujet de débats constants. Moscou a-t-elle des intérêts précis, et quel rôle y joue-t-elle aujourd’hui ?

En politique internationale, la Russie est avant tout soucieuse de questions liées à une notion de base des relations internationales – la souveraineté. Certes, au cours de la campagne libyenne, Moscou a surpris tout le monde en dérogeant à sa position traditionnelle de non-intervention, mais cela n’a pas marqué le début d’une nouvelle tendance. Au contraire, par la suite, Moscou n’a fait qu’affirmer sa position de non-ingérence dans les affaires d’États souverains.

Quelle qu’ait pu être sa motivation, le président Dmitri Medvedev, en prenant la décision de ne pas bloquer l’intervention militaire en Libye, n’est parvenu, en résultat, qu’à convaincre le monde entier du caractère erroné de son geste. La position de la Russie sur la question syrienne, qui n’a pas bougé d’un iota en deux années et quelques, a vocation à le démontrer une fois pour toutes : le modèle où des forces extérieures décident qui a « raison » dans une guerre civile puis aident « celui qui a raison » à vaincre n’est pas juste.

La Russie cherche à démontrer qu’il revient au contraire aux États souverains de régler leurs conflits internes, et que l’intervention extérieure ne peut être que nuisible. Et elle se soucie peu de l’influence que cette politique aura sur ses perspectives de présence au Proche- Orient. Car à la différence de l’URSS, la Fédération de Russie ne joue pas sur tout le globe à tenter de démasquer l’Amérique et de grignoter des morceaux de sa sphère d’influence. Penser que la Russie, en Syrie, contredit consciemment et spécialement les États-Unis, simplement par principe, est une erreur. Pour tout dire, la Russie a bien un principe – mais il n’est pas lié à une obsession antiaméricaine. La Russie est animée par la conviction profonde que l’approche de l’Occident dans la résolution de ce genre de problèmes est, par nature, incorrecte.

La société russe ne croit pas à la révolution

La Russie voit les événements proche-orientaux à travers le prisme de sa propre expérience du dernier quart de siècle. La société russe contemporaine ne croit pas à la révolution : il y a eu bien trop de secousses, d’espoirs qui se sont révélés des illusions, de déceptions. La valeur de la stabilité est partagée, pour l’instant, par toutes les couches de la population. L’observateur russe ordinaire regarde avec scepticisme l’euphorie des foules exaltées au Proche-Orient, sachant comment tout cela se termine habituellement ; et l’appareil dirigeant les contemple avec une haine manifeste, projetant, qu’il le veuille ou non, l’élément destructeur sur son territoire propre.

Cela ne signifie pas que la Russie n’est pas soucieuse de ce qui se passe. Le rapport de force au Proche-Orient change fougueusement et de façon irréversible – et vers une destination, à dire vrai, parfaitement imprévisible. La première révolution en Égypte fut une percée de l’islam politique, qui promettait une expansion future. La deuxième révolution semble faire tout revenir en arrière. La vague des changements roule tantôt par-là, tantôt de l’autre côté, déferlant sur tous les pays. Le changement de président en Iran est un exemple de la façon dont le régime en place a habilement fait baisser la pression dans la « cocotte », ôtant la tension globale accumulée. Les manifestations en Turquie sont une désagréable surprise pour un pouvoir présomptueux, montrant les limites de son influence. En Irak, on assiste à la montée de la violence et des menaces de désintégration. La Syrie est dans une impasse sanglante, dans une situation où aucune des parties ne peut ni vaincre, ni céder. La Tunisie est un exemple de manœuvre relativement réussie d’islamistes ayant compris, à la différence de leurs collègues égyptiens, que le dédain politique des minorités est une voie dangereuse. La Libye, c’est le sombre désespoir…

Il y a un an, c’est tout juste si l’opinion selon laquelle la Russie avait perdu au « printemps arabe » n’était pas devenue un lieu commun. Ses derniers alliés, hérités de l’URSS, avaient disparu, leurs successeurs étaient hostiles à Moscou, et à ceux qui restaient neutres, la Russie n’avait rien à offrir. Aujourd’hui, tout cela semble un peu différent. Les « histoires de succès » révolutionnaires déçoivent. Bachar el-Assad, dont on attendait la chute dès 2011, est toujours au pouvoir. L’Iran chiite, soutenu par Moscou, mène un jeu tout à fait heureux, résistant à la pression de l’Occident et du monde sunnite malgré les difficultés intérieures et les lourdes sanctions économiques. Les relations de Moscou et Ankara, malgré des désaccords acerbes sur la Syrie, demeurent bonnes. Avec Israël se maintient un plein contact de travail et, malgré des estimations qui diffèrent, la compréhension est mutuelle au plus haut niveau. Sans compter les régimes arabes modérés qui, n’éprouvant depuis longtemps déjà plus aucun enthousiasme à l’égard de l’épopée syrienne et craignant que la déstabilisation ne se déverse chez eux, considèrent la position de la Russie comme sinon juste, du moins logique.

La Russie d’aujourd’hui s’en tient à une approche extrêmement conservatrice des affaires internationales, partant de l’hypothèse que toute évolution par-rapport au statu quo ne peut être dirigée que vers le pire et que, si elle advient, il est essentiel de ne pas se hâter – ni en jugements, ni en actes. Mieux vaut attendre, et observer. Dans une ère de changements chaotiques, un tel regard peut s’avérer plus avantageux que l’agitation incessante dans des tentatives de deviner où est le « bon côté de l’Histoire ».

Traduit par

Etats gangster US / UK – Paul Craig Roberts


LondresLe 23 Juillet, j’ai écrit sur la façon dont les Etats-Unis ont inversé les rôles avec l’URSS et sont devenus le tyran qui terrifie le monde. Nous avons maintenant une nouvelle confirmation de ce fait. Il s’agit de deux actions extraordinaires commises par la marionnette britannique de Washington.

David Miranda, le partenaire brésilien de Glenn Greenwald, qui faisait un reportage sur l’espionnage illégal et inconstitutionnel par l’Agence nationale Stasi, a été appréhendé, certainement sur ordre de Washington, par le gouvernement de la marionnette britannique dans la zone internationale de transit d’un aéroport de Londres. Miranda n’était pas entré dans le Royaume-Uni, mais il a été arrêté par les autorités britanniques. http://rt.com/op-edge/uk-gay-greenwald-freedom-police-679/ Les marionnettes britanniques de Washington l’ont simplement kidnappé, menacé pendant neuf heures, et ont volé son ordinateur, son téléphone et tout son équipement électronique. Comme un responsable américain plein d’autosuffisance l’a déclaré aux médias, « le but était d’envoyer un message. »

Vous vous souvenez peut être que Edward Snowden avait été bloqué pendant quelques semaines dans la zone de transit internationale de l’aéroport de Moscou. Le tyran Obama a harcelé à plusieurs reprises le président russe Poutine pour le pousser à violer la loi et à kidnapper Snowden pour lui. Contrairement aux britanniques, qui furent naguère fiers et respectueux de la loi, M. Poutine a refusé de placer les désirs de Washington au-dessus de la loi et des droits humains.

La deuxième violation extraordinaire a eu lieu presque simultanément avec les autorités britanniques débarquant au journal The Guardian et détruisant illégalement les disques durs des ordinateurs du journal avec la vaine intention d’empêcher la publication de nouvelles révélations de Snowden sur la grande criminalité US / UK.

Il est à la mode dans les gouvernements américain et britannique et parmi leurs thuriféraires de parler de «Russie état gangster. » Mais nous savons tous qui sont les gangsters. Les pires criminels de notre temps sont les gouvernements américain et britannique. Les deux sont dépourvus de toute intégrité, tout honneur, toute miséricorde, toute humanité. De nombreux membres des deux gouvernements auraient fait des fonctionnaires parfaits dans la Russie de Staline ou de l’Allemagne nazie.

C’est extraordinaire. Ce sont les Anglais qui sont à l’origine de la liberté. Certes, en 1215, c’était la liberté des droits des barons pour se protéger des violations royales, pas la liberté de l’homme du peuple. Mais une fois que le principe a été établi il s’est répandu dans toute la société. Dès 1680 la révolution juridique était complète. Le roi et le gouvernement étaient soumis à la loi. Le roi et son gouvernement n’étaient plus la loi ni au-dessus de la loi.

Dans les 13 colonies, les Anglais qui les ont peuplées ont hérité de cette réalisation anglaise. Lorsque le gouvernement du roi George a refusé aux colonies les droits des Anglais, les colons se sont révoltés, et les Etats-Unis sont nés.

Les descendants de ces colons vivent maintenant dans une Amérique où les protections constitutionnelles ont été renversées par un gouvernement tyrannique qui prétend qu’il est au-dessus de la loi. Ce fait cru n’a pas empêché le gouvernement américain ou ses marionnettes de continuer à dissimuler les crimes de guerre des agressions militaires dans la formule trompeuse « d’apporter la liberté et la démocratie. » Si les gouvernements Obama et Cameron étaient au banc des accusés au procès de Nuremberg, l’intégralité des deux gouvernements seraient condamnée.

La question est: y a-t-il suffisamment de gens endoctrinés dans les deux pays pour maintenir le mythe US / UK que «la liberté et la démocratie » sont atteints via des crimes de guerre?

Il ne manque pas d’américains endoctrinés qui aiment qu’on leur dise qu’ils sont «Indispensables» et «exceptionnels», et donc avec le droit d’imposer leur volonté au monde. Il est difficile de déceler dans ces américains idiots quelque espoir pour la renaissance de la liberté. Mais il y a des indications que les Britanniques, qui n’ont pas hérité de la  liberté, mais ont dû se battre pour elle pendant cinq siècles, sont peut-être plus déterminés.

Le British Home Affairs Committee, présidé par Keith Vaz, exige une explication de la part du toutou d’Obama, le Premier ministre britannique. Aussi, le gardien britannique dans le domaine de l’anti-terrorisme, David Anderson, exige que le Home Office et la police britanniques expliquent l’utilisation illégale des lois anti-terroristes contre Miranda, qui n’est pas un terroriste ou lié au terrorisme en aucune façon.

Le ministre des Affaires étrangères du Brésil a rejoint la mêlée, exigeant que Londres explique pourquoi le Royaume-Uni a violé sa propre loi et maltraité un citoyen brésilien.

Bien sûr, tout le monde sait que Washington a forcé sa marionnette britannique à violer la loi afin de servir Washington. On peut se demander si les Britanniques décideront un jour qu’ils seraient mieux en tant que pays souverain.

La Maison Blanche a nié toute implication dans l’enlèvement de Miranda, mais a refusé de condamner l’action illégale de sa marionnette.

Quant à la destruction de la liberté de la presse au Royaume-Uni, la Maison Blanche le soutient également. C’est déjà le cas ici.

En attendant, habituez-vous à l’Etat policier: http://www.wnd.com/2013/03/now-big-brother-targets-your-fedex-ups-packages/

Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

L’Egypte, la Tunisie et Gamal Abdenasser


Tribune libre MARSEILLE ALBATROS

Nasser-Ben Bella-BourguibaDjamal Abdenasser est de retour. Le Zaïm égyptien a d’abord vu son portrait fleurir dans la rue égyptienne, pour le voir brandi par la rue tunisienne. Tout le symbole de la faillite des stratégies amorcées et implémentées depuis un peu plus d’une vingtaine d’années, contre justement ce qu’incarnait cet «officier libre» devenu, dans les années 1950, la figure de proue du nationalisme dit arabe, rejoint plus tard, dans les années 1960-1070 par d’autres, comme Houari Boumediène.

L’ère était au «socialisme spécifique», au nationalisme, au non-alignement vis-à-vis des Etats-Unis et de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) et à la revendication d’un nouvel ordre économique mondial. Le développement passait par le «compter sur soi» et les perspectives qui se dessinaient, semblaient le démontrer. Partis de rien ou presque rien, de nombreux pays sont parvenus à réaliser de grands progrès en matière d’infrastructures de base et de développement économique et social. L’espoir était donc permis de refonder les termes internationaux de l’échange qui maintenaient la majorité des peuples de la planète dans un état de sous-développement, incompatible avec la prospérité des nations industrialisées, qui continuaient de piller les richesses de la planète.

Cet état de fait va finir par aider les limites du «socialisme spécifique» à se manifester, sans pour autant empêcher la constitution de «bourgeoisies» plus ou moins compradores, plus ou moins inféodées aux intérêts étrangers. Ce sont elles, qui vont se poser en alternative au système «failli». Ce sera par exemple l’Infitah en Egypte et les «réformes» en Algérie, sous la baguette sourcilleuse des deux gardiens de la finance internationale, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, sur fond de bouleversement du rapport de force international en vigueur, affirmant la suprématie sans partage des Etats-Unis et du bloc de pays qu’ils parainent. Un nouveau vent va souffler sur la planète, en général, et sur le monde dit arabe en particulier.

Les «bourgeoisies» se lancent dans une opération paricide du système qui les a enfantées, s’attaquant par la bande ou frontalement à tout ce qui pouvait l’être. Au-dessus, le FMI et la Banque mondiale prodiguaient satisfécits ou réprimandes, selon les rythmes des «réformes» ou devant les hésitations des gouvernements à appliquer telle ou telle directive, en vue de la libéralisation de tel ou tel secteur économique ou service public. Des «réformes» et des directives qui étaient censées corriger les «erreurs» du passé.

Un temps attentiste, les peuples affectés ont fini par se rendre compte de l’arnaque politique. La Tunisie et l’Egypte, maillons faibles de par la fragilité structurelle de leurs économies et de par la faiblesse des ressources natuelles (d’une rente à l’exportation), vont être les premiers pays à connaître une révolte populaire, confuse au départ dans ses objectifs, mais dont l’organisation et les discours se précisent au fur et à mesure de l’évolution des événements. D’où le recours au seul ancrage disponible, le temps béni du populisme nassérien qui se veut exprimer cette ichtirakia (socialisme) au contenu social minimum et ce nationalisme qui protège le pays des manœuvres colonialistes.

Par Ahmed Halfaoui

http://LESDEBATS.COM

Les deux fausses démocraties menacent la vie sur Terre – Paul Craig Roberts


usa_israel_flag_large1Amitai Etzioni a soulevé une question importante: «Qui a autorisé les préparatifs de guerre contre la Chine » http://yalejournal.org/2013/06/12/who-authorized-preparations-for-war-with-china/ Etzioni dit que le plan de guerre n’est pas le genre de plan pour le ‘’cas où’’ qui pourrait être à portée de main en cas d’événement improbable. Etzioni signale également que le plan de guerre du Pentagone n’a pas été ordonné, et n’a pas été revu par les autorités civiles américaines. Nous sommes confrontés à une armée américaine ‘’néoconisée’’ et hors de contrôle mettant en danger les américains et le reste du monde.

Etzioni a raison quand il dit que cette décision prise par une armée néoconisée est capitale. La Chine est évidemment consciente que Washington se prépare à la guerre contre elle. Si le Journal Yale le sait, la Chine le sait aussi. Si le gouvernement chinois est réaliste, il est conscient que Washington envisage une attaque nucléaire préventive contre la Chine. Aucun autre type de guerre n’a de sens du point de vue de Washington. La «superpuissance» n’a jamais été en mesure d’occuper Bagdad, et après 11 ans de guerre a été vaincue en Afghanistan par quelques milliers de talibans légèrement armés. Ce serait la fin pour Washington s’il entrait dans une guerre conventionnelle contre la Chine.

Quand la Chine était un primitif pays du tiers-monde, elle a combattu l’armée américaine et l’a acculée dans une impasse en Corée. Aujourd’hui, la Chine a la deuxième plus grande économie du monde et est rapidement en train de dépasser l’économie américaine en faillite détruite par la délocalisation des emplois, la fraude des bankster et la trahison des grosses firmes et du Congrès.

Le plan de guerre du Pentagone pour la Chine est appelée « AirSea Battle ». Le plan se décrit lui-même comme «forces inter opérationnelles aériennes et navales qui peuvent exécuter en réseau et de manière intégrée des attaques en profondeur pour perturber, détruire et défaire les capacités de la stratégie d’interdiction d’accès de zone de l’ennemi.  »

Oui, ça veut dire quoi? Cela signifie des milliards de dollars de plus de profits pour le complexe militaro-sécuritaire tandis que les 99 pour cent sont écrasés et dominés. Il est également clair que ce jargon absurde ne peut vaincre une armée chinoise. Mais ce genre de rodomontades peut conduire à la guerre, et si les abrutis de Washington obtiennent leur guerre, le seul moyen que Washington a de gagner est d’utiliser  les armes nucléaires. Les radiations, bien sûr, tueront aussi les américains.

La guerre nucléaire est dans l’agenda de Washington. La montée des néocons nazis a rejeté les accords de désarmement nucléaire que Reagan et Gorbatchev avaient faits. L’extraordinaire livre particulièrement véridique sorti en 2012, The Untold History of the United States, par Oliver Stone et Peter Kuznick, décrit la rupture post-Reagan avec l’arrivée de la notion de l’attaque nucléaire préventive en tant que première option de Washington.

Pendant la guerre froide les armes nucléaires avaient un but défensif. Le but était d’empêcher une guerre nucléaire par les Etats-Unis et l’URSS chacun ayant le pouvoir de rétorsion suffisant pour assurer la «destruction mutuelle certaine». MAD, comme on l’appelait, signifiait que les armes nucléaires n’avaient aucun avantage offensif de part et d’autre.

L’effondrement de l’URSS et le fait que la Chine se concentrait sur son économie plutôt que sur son armée ont abouti à donner l’avantage à Washington en matière d’armement nucléaire qui, selon Keir Lieber et Daryl Press, deux personnages de Dr Folamour américains, donne la capacité de première frappe à Washington. Lieber et la presse écrivent que le « déclin précipité de l’arsenal de la Russie, et la lenteur de la modernisation des forces nucléaires de la Chine », ont créé une situation dans laquelle ni la Russie ni la Chine ne pourraient riposter à la première frappe de Washington.

Le  » AirSea Battle  » du Pentagone, Lieber et l’article de presse du Foreign Affairs ont informé la Chine et la Russie que Washington envisage une attaque nucléaire préventive sur les deux pays. Pour s’assurer que la Russie ne puisse pas riposter, Washington place des missiles anti-balistiques sur les frontières de la Russie, en violation de l’accord américano-URSS.

Parce que la presse américaine est un ministère de la propagande d’un gouvernement corrompu, le peuple américain est dans l’ignorance totale du fait que les néocons de Washington envisagent une guerre nucléaire. Les Américains ne sont pas plus au courant de ça qu’ils ne le sont de la récente déclaration de l’ancien président Jimmy Carter, rapportée seulement en Allemagne, selon laquelle les Etats-Unis ne sont plus une démocratie qui fonctionne.

Le déclenchement d’une guerre nucléaire par les États-Unis a été rendu possible il y a onze ans, lorsque le président George W. Bush, à la demande de Dick Cheney et des néocons qui dominaient son régime, a signé le Nuclear Posture Review 2002.

Ce document néocon, signé par le président le plus débile que les Etats-Unis aient jamais eu, a entraîné la consternation et la condamnation du reste du monde et a lancé une nouvelle course aux armements. Le président russe Vladimir Poutine a immédiatement annoncé que la Russie allait dépenser toutes les sommes nécessaires pour maintenir la capacité nucléaire de riposte de la Russie. Les Chinois ont montré leurs performances en frappant un satellite dans l’espace avec un missile. Le maire de Hiroshima, ville victime d’un énorme crime de guerre américain, a déclaré: «Le Traité de non-prolifération nucléaire, axe central de l’accord international visant à l’élimination des armes nucléaires, est sur le point de s’effondrer. La principale cause est la politique nucléaire des Etats-Unis qui, en déclarant ouvertement la possibilité d’une première frappe nucléaire préventive et en appelant à la reprise des recherches en mini-nucléaires et d’autres soi-disant ‘’armes nucléaires utilisables’’, semblent vénérer les armes nucléaires comme ils vénèrent Dieu.  »

Des sondages de partout dans le monde montrent de façon constante que Israël et les Etats-Unis sont considérés comme les deux plus grandes menaces pour la paix et la vie sur terre. Pourtant, ces deux gouvernements criminels se pavanent en prétendant être les « plus grandes démocraties du monde. » Ni l’un ni l’autre de ces deux gouvernements n’accepte d’endosser de responsabilités, quelles qu’elles soient, sur le droit international, les droits de l’homme, les Conventions de Genève, ou ses propres lois statutaires. Les États-Unis et Israël sont des gouvernements voyous, en régression à l’époque de Hitler et de Staline.

Les guerres post seconde guerre mondiale proviennent toutes de Washington et Israël. Aucun autre pays n’a des ambitions expansionnistes impériales. Le gouvernement chinois n’a pas saisi Taiwan, ce que la Chine pourrait faire si elle le voulait. Le gouvernement russe n’a pas saisi les anciennes parties constituantes de la Russie, comme la Géorgie, qui, poussée par Washington pour lancer une attaque, a été immédiatement submergée par l’armée russe. Poutine aurait pu suspendre la marionnette géorgienne de Washington et réintégrer la Géorgie dans la Russie, dont elle faisait partie depuis plusieurs siècles et à laquelle beaucoup de géorgiens pensent appartenir.

Au cours des 68 dernières années, la plupart des agressions militaires peuvent trouver comme sources les États-Unis et Israël. Pourtant, ces deux fauteurs de guerres prétendent être victimes d’agressions. C’est Israël qui possède un arsenal nucléaire qui est illégal, non reconnu, et non comptabilisé. C’est Washington qui a élaboré un plan de guerre basé sur la première frappe nucléaire. Le reste du monde a raison de voir ces deux gouvernements voyous irresponsables comme des menaces directes pour la vie sur terre.

Traduction : Avic

Source : http://www.paulcraigroberts.org/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Quelle voie pour l’Égypte ? À la recherche d’un «Nasser» ?


Tribune libre de Djerrad Amar

L’Égypte est, en effet, considérée le plus important pays du monde arabe, un des piliers de l’Histoire par sa civilisation vieille et majestueuse. Piégée par les vicissitudes de l’histoire récente, elle s’est retrouvée 40 ans durant affaiblie, avilie jusqu’au réveil brutal de son peuple qui veut changer son sort en sortant massivement dans la rue pour effacer et évincer les 11 années de Sadate, les 30 années de Moubarak et le laps de temps des Frères musulmans de Morsi. Des élites surgissent dans ce mécontentement généralisé pour lui faire changer de voie, de destin en s’employant à vouloir reconquérir la souveraineté égyptienne d’antan. Beaucoup font référence à la période de Nasser qu’ils trouvent progressiste, équilibrée en se posant la question s’il existe un Nasser contemporain ? Nous vous proposons une pertinente réaction de notre ami « Cheikh Si Mimoun » que voici.
Djerrad Amar; (Ref. Allain Jules)
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nasser-horizontal-gallery1Par Cheikh Si Mimoun
 
Avant de partir à la recherche d’un nouveau Nasser, il faut se munir des données et du contexte de l’époque. Il faudra en particulier :
– Ressusciter le puissant bloc solidaire des non-alignés né à Bandoeng dont Nasser, comme Nehru, Tito, Chou-En-Lai et d’autres, était un pilier et sur lequel il s’appuyait.
– Ressusciter l’URSS qui appuyait ce bloc et Khroutchev qui en 1956 menaçait publiquement d’effacer Londres et Paris de la carte s’ils ne déguerpissaient pas après leur agression de Suez en compagnie de « zionistan ».
– Ressusciter même De Gaulle (1) qui avait une politique arabe plus équilibrée que celle d’aujourd’hui totalement inféodée aux intérêts de « zionistan ».
– Ressusciter la neutralité du Canada aujourd’hui dirigé par un Harper entièrement dévoué aux intérêts de « zionistan » en se faisant carrément porte-parole de Netanyahou.
– Enlever à l’entité sioniste ses armes nucléaires développées entre-temps.
– Neutraliser les capacités de nuisance des monarchies wahhabites multipliées, entre temps, par 100 sur les plans financiers, médiatiques et de corruption des dirigeants occidentaux.
– Réduire les capacités de nuisance des Frères musulmans et des wahhabites à ce qu’elles étaient dans les années 50 et 60.
– Rétablir l’Irak et la Syrie à ce qu’ils étaient avant leur démolition.
– Réduire la population égyptienne par 2 pour revenir au niveau de difficultés économiques de l’époque.
Bref remettre les différents paramètres du système d’équations à leur valeur des années 50, 60 et même 70 avant la chute de l’URSS.
Cette opération de remonter le cours de l’histoire étant impossible, le nouveau Nasser, comme tout dirigeant devra résoudre les équations telles qu’elles se présentent aujourd’hui (2). Vu que l’Égypte n’a jamais été dans une situation aussi difficile aussi bien sur le plan interne que sur le plan de son environnement, elle doit être en mesure d’accomplir des miracles.
Alors, évitons donc de lui demander l’impossible et contentons-nous de seulement remettre l’Égypte sur la bonne voie. Le reste, c’est l’affaire des Égyptiens et personne d’autre, les conseilleurs n’étant pas les payeurs.
(1) A la mort de Nasser, c’est Chaban Delmas lui-même alors PM de Pompidou qui avait représenté la France à ses funérailles. Pour la petite histoire, c’est Chaban et Boumedienne qui se trouvaient côte à côte qui ont protégé Haïlé Sélassié qui a failli être écrasé par une bousculade.
(2) C’est Ali, le 4e Khalife, cousin et gendre du prophète (sws), qui avait dit cette phrase très en avance sur son temps et restée célèbre : « apprenez à vos enfants à comprendre leur époque et non la vôtre ». Ce qui revient à dire qu’il faut résoudre les équations avec leurs paramètres actualisés tenant compte en particulier des nouveaux rapports de force avec lesquels il faut manœuvrer.
Cheikh Si Mimoun

Comment comprendre les changements géopolitiques profonds au niveau mondial


On parle sans cesse du déclenchement imminent de la 3e guerre mondiale, qui pourrait surgir des foyers latents au Moyen-Orient et en Extrême-Orient. Personne n’a expliqué qui les a créés, au profit de qui, et surtout comment ils sont apparus? Une courte introduction à la géopolitique est nécessaire pour comprendre les causes des changements dans l’évolution humaine que nous avons mentionnés dans un dernier article: Lire la suite Comment comprendre les changements géopolitiques profonds au niveau mondial

Les conséquences de l’espionnage mondial pratiqué par les Etats-Unis (Partie 3/4)


Les chefs d’Etat et de gouvernements de l’Ouest ont établi, d’un commun accord, un plan d’action de  guerre secrète dans laquelle les Etats-Unis, en tant que coordinateur de l’opération devait se concentrer principalement sur la situation en URSS, pendant que l’Allemagne et la Grande-Bretagne s’occuperaient (avec les États-Unis)  de l’Allemagne de l’Est, la Pologne et la Tchécoslovaquie, et que la France, les Pays-Bas et l’Italie (sous le leadership américain) se chargeaient de la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie. Lire la suite Les conséquences de l’espionnage mondial pratiqué par les Etats-Unis (Partie 3/4)

Les conséquences de l’espionnage mondial pratiqué par les Etats-Unis (Partie 2/4)


La plus active dans les opérations d’espionnage économique des états socialistes était la National Security Agency (NSA) apparue le 4 Novembre 1952 et subordonnée au Département de la Défense. Initialement, la NSA avait pour mission de protéger les réseaux de communications de l’armée et du gouvernement des Etats-Unis. Dans les années 60, la NSA a reçu le rôle supplémentaire de surveillance par télémétrie des missiles soviétiques après leur lancement, les satellites et les radars de défense AA et antibalistiques soviétiques. Lire la suite Les conséquences de l’espionnage mondial pratiqué par les Etats-Unis (Partie 2/4)

Les missiles S-300 russes et la neutralisation de la suprématie militaire américaine


Pourquoi les États-Unis, Israël et l’UE ont-ils réagi si violemment au sujet de la livraison par la Russie des missiles S-300 à la Syrie? En fait, une ou plusieurs batteries de missiles anti-aériens ne peuvent rien changer quant au déroulement de la guerre civile en Syrie. Surtout avec la décision de l’UE, la Grande-Bretagne, la France et d’autres pays occidentaux membres de l’OTAN de fournir aux rebelles armés syriens des systèmes d’armes similaires. Alors, pourquoi Les Russes ne veulent-ils, en aucun cas, renoncer à armer l’Armée Syrienne avec des S-300 ? Lire la suite Les missiles S-300 russes et la neutralisation de la suprématie militaire américaine

Un véritable appel au Djihad des chrétiens orthodoxes contre les islamistes


l-armee-russe-sera-modernisee-de-fond-enC’est le monde à l’envers ! Habituellement, le Djihad est compris comme une notion purement et exclusivement musulmane.  Et, en simplifiant, il n’est même compris, dans le monde occidental, que comme une mobilisation hostile, voire guerrière, contre les impies,  les incroyants, les infidèles ( les in… quelque chose) et plus particulièrement contre les chrétiens. Les évènements syriens viennent de brouiller les cartes, sur ce point. A cause de ce qui s’y passe, cette ligne devenait de plus en plus difficile à tenir. Cela relevait d’un numéro d’équilibriste. Voilà plus de 10 ans que l’on nous parle de djihadistes, le mot étant entendu dans le sens cité ci-dessus, et il se trouve que ces djihadistes ne combattent et ne font sauter que des musulmans. On se hâte alors de préciser qu’il y a musulmans et musulmans. Ainsi donc, il peut y avoir des chiites contre des sunnites, des sunnites wahabites contres des sunnites salafistes, ceux du nord contre ceux du sud (comme au Mali), ou encore ceux d’une organisation contre ceux d’une autre organisation, comme au Nord Mali ou en Afghanistan au temps du commandant Messaoud.

Et tout ça, en voulant maintenir l’idée première, c’est-à-dire que le djihad est toujours dirigé contre les in… quelque chose et surtout contre les chrétiens, le tout ramené de manière encore plus simpliste à une agression contre l’occident.  Cap difficile à tenir à long terme. Les évènements de Syrie ont eu le mérite de dévoiler plusieurs choses, dont le fait que ces djihadistes (menant leur djihad contre l’occident) sont l’occident lui-même. Le fait qu’ils aient des noms à consonance arabe ne leurre personne, d’autant moins que bon nombre d’entre eux sont des citoyens des pays occidentaux.

Il fallait bien que quelqu’un réagisse. Nous bloggeurs,  assis derrière nos claviers, nous nous indignons, nous révoltons, dénonçons. C’est utile, certes, ça ne va pas très loin vues la force et l’organisation des médias aux mains de ces mêmes personnes qui sont responsables de ce que nous dénonçons. Mais d’autres, des hommes de terrain ceux-là, ont décidé d’agir. C’est la brigade russo-ukrainienne réunie autour du lieutenant-colonel Sergei Razoumovski, un vétéran du service du renseignement ukrainien. Déjà plusieurs volontaires des pays de l’ex-Union Soviétique ont entendu son appel. Mais il y a plus. La mobilisation ne se veut pas seulement autour de critères géopolitiques. Elle veut aussi jeter à bas la notion de djihad telle que l’on veut nous la faire accepter, et se servir de ce que tout le monde sait déjà pour mobiliser toutes les énergies musulmanes, presque dans un esprit de djihad contre les mercenaires se trouvant en Syrie, donc contre l’occident. C’est un renversement de situation avec les mêmes ingrédients. Cela veut dire en clair : ce que les occidentaux ont su faire, nous pouvons le faire, en mieux car plus organisés et au grand jour.  Dans la vidéo ci-dessous, on assiste à un vrai appel au djihad, avec le ton, les mots et l’argumentaire.  Nul doute que cet appel sera entendu, car le peuple syrien martyr est là pour démontrer, tous les jours, sa nécessité.

Si c’est le cas, on verra alors quelque chose d’inédit. Des chrétiens associés ouvertement à des musulmans dans un esprit de djihad. Dans l’Histoire, il y a déjà eu  des alliances d’états chrétiens et musulmans. Mais jamais, à ma connaissance (je ne suis pas historien), il n’y a eu de coalitions de ce type.

Le résultat, c’est que nous allons, si une solution politique n’est pas trouvée, nous retrouver en Syrie avec deux armées de djihadistes face à face. Mercenaires contre mercenaires. La guerre en Syrie aura alors un autre visage qui façonnera, de manière durable ce qui se passera dans le monde pour plusieurs années.  On peut difficilement  imaginer la formation de cette brigade sans voir la main qui se trouve derrière : la Russie. Moscou ne se fait désormais plus d’illusions sur les relations qu’elles pourraient avoir avec l’Occident. Ce sont et seront encore pour longtemps des relations sous-tendues par des combats et des luttes acharnées, des intimidations, du chantage, voire de conflits périphériques aux deux sphères. Si du point de vue militaire, la Russie a de quoi répondre à toute éventualité, elle est à la traine en matière de guerre psychologique et de subversion. La guerre menée en Afghanistan par les russes en est une belle preuve. Ils l’ont perdue contre de soi-disant talibans, mais en réalité contre les Etats-Unis qui pourtant n’avait pas un seul soldat US sur place.

Apparemment, la Russie a décidé de se doter de cette arme qui lui manquait. Elle va désormais disposer de ses propres ‘’combattants de la liberté’’. D’aucuns diront que c’est le retour de la guerre froide. Quand on parle de retour, cela suppose qu’il y avait eu départ. Or la guerre froide n’est jamais allée nulle part, elle a toujours été là. On ne construit pas un système pendant 50 ans sur des bases qui ont focalisé toutes les ressources et qui ont façonné la culture de plusieurs générations, pour voir ce système et son mode de fonctionnement disparaître du jour au lendemain. La disparition de l’URSS n’a pas entraîné la disparition de la guerre froide  comme on a essayé de nous le faire croire en dépit des faits. Pour qu’elle disparaisse, il aurait fallu la disparition de toutes les mentalités construites autour d’elle et que toute la propagande qui l’accompagnait ait été revue et corrigée, pour ne parler que de ces deux aspects. La remise en cause du fondement idéologique de l’occident durant ces 50 ans aurait, fatalement, entraîné son effondrement en même temps que celui de son ennemi. Ce qui n’a pas été le cas.

Au contraire, l’Occident est resté sur sa lancée, toujours engluée dans une philosophie de guerre froide, incapable de revoir sa copie sous peine de saper ses bases. La nouveauté, c’est que ‘’l’ennemi » », qui bat en retraite depuis une vingtaine d’année, s’est repris et fait face, prêt à se défendre. Une situation conforme à celle que l’on voyait dans les romans d’espionnage des années  60-70 et qui fait dire à certains que nous sommes revenu au temps de la guerre froide.  Pendant sa retraite, ‘’l’ennemi’’ a observé et appris. Il a aussi compris qu’une vraie guerre peut être menée tout en restant abrité derrière des  proxies, y compris des guerres mondiales comme celle de la Syrie où plusieurs nations sont engagées.

Toute arme trouve, un jour ou l’autre, sa parade. La brigade russo-ukrainienne semble être la parade contre ces hordes que l’on a appelé ‘’islamistes’’.  Lancée en fanfare comme une mise à l’eau d’un bateau, cette  brigade risque de faire parler d’elle pour longtemps.
Avic

Le terrorisme, de Boston à Moscou en passant par Damas


tchetchenie_319Depuis la fin de l’URSS, l’un des mythes fondateurs de la politique étrangère euro-américaine envers la Russie se base sur la situation dans le Caucase. Dès 1994, l’état russe fait face à une rébellion armée qui prône l’indépendance et fera rapidement appel à des cohortes de mercenaires étrangers pour mener cette soi-disant guerre d’indépendance de Tchétchénie. Lire la suite Le terrorisme, de Boston à Moscou en passant par Damas

BRICS : un nouveau système en marche


BRICS-DurbanLes pays sous-développés n’existent plus. Cette expression qui désignait globalement les pays du Sud, a été discrètement mise au rencart, emportant avec elle toutes les connotations qu’elle renfermait.  Dans les années 80, comme pour récompenser ces pays d’avoir courageusement supporté leur ancienne dénomination et d’avoir résolument choisi le chemin du libéralisme imposé par le FMI, on décida de leur octroyer le terme « en voie de développement ». Leur situation n’avait en rien changé, pour la plupart, mais leur nouveau nom entretenait un certain espoir. Ils restaient toujours dans un tiers-monde déshérité et mal délimité, mais avec une petite lueur d’espoir au bout.

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Un remake de Suez


Nasser-AssadOctobre 1956. Vous en avez certainement entendu parler ou, peut-être les anciens s’en souviennent-ils. C’était le début de ce que l’on a appelé et qu’on appelle encore pudiquement l’expédition de Suez. Un voile de pudeur semble vouloir recouvrir cet évènement, et l’on en comprend les raisons. Mais cacher une partie de l’Histoire, c’est volontairement décider de ne pas en tirer les leçons. Elles sont pourtant très intéressantes. Si on revoit froidement  les faits, on peut considérer qu’ils constituent un tournant majeur dans l’Histoire occidentale et du Monde. Lire la suite Un remake de Suez

La Russie à la conquête de l’Afrique


Afrique-illustrIls sont venus, ils sont tous là… Lieu de rendez-vous, l’Afrique.  Tels les Rois Mages suivant l’Etoile du berger, ils convergent tous vers le Sud. Elle est née la divine Afrique ? Ce serait plutôt une renaissance.  Renaissance d’un continent qui semble avoir été oublié, laissé de côté, en attendant de régler d’autres problèmes plus urgents dans le monde. L’URSS à dégommer, l’Iran à soumettre, l’Europe à pacifier (Yougoslavie) ou à organiser (l’UE), le Moyen-Orient à remodeler, la Chine à contenir,  tant de choses ne permettant pas de s’occuper pleinement de l’Afrique.  Tout juste une gestion à minima, confiée à l’un de ceux qui la connaissent le mieux, pour lui permettre d’attendre son tour.

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Le mystère Erdogan.


Erdogan-ObamaDe tous les dirigeants du monde actuel,  le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan est certainement  le plus déroutant et le plus imprévisible.

Le monde entier se souvient de sa sortie  au forum de Davos en 2009, devant  un auditoire et un Shimon Perez éberlués. Il endossait ce jour-là le costume d’un des plus grands, sinon le plus grand défenseur de la cause Palestinienne. Les relations entre la Turquie et Israël, savamment tissées au cours des années et  alors à leur apogée, se détériorèrent brutalement, et continuèrent à se dégrader au point d’en être aujourd’hui au point zéro. Du jour au lendemain, il devint le héros du monde musulman. Il fut perçu comme celui qui, peut-être, délivrera les palestiniens et brisera enfin le blocus de Gaza. Les éloges et les superlatifs n’en finissaient pas. Pour certains c’était le nouveau Nasser, pour d’autres la réincarnation de Saladin. Comme on pouvait s’y attendre, l’axe de la résistance ne fut pas en reste. Le secrétaire général du Hezbollah lui-même, Hassan Nasrallah alla jusqu’à lier les qualités morales du nouveau chevalier à son prénom, Tayyip, qui veut dire : généreux.

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