Archives du mot-clé Xi Jinping

Résurrection de la Russie millénaire


Tribune libre Palestine AlQuds_15

sotchi-6-dancersDe Catherine II à Dostoïevski, à Poutine et à Sochi

Par Pr Chems Eddine CHITOUR

«La critique est aisée mais l’art est difficile» Philippe Néricault, (Destouches) comédien et auteur dramatique français (1680-1754)

Ça y est, Sotchi a brillé de mille feux! Malgré des critiques infondées, voire méprisantes de l’Occident pour amoindrir la fête. Les médias français ne sont pas en reste. Menés par le Journal Le Monde dont on s’aperçoit qu’il en rajoute pour être dans la ligne, les médias font assaut d’adoubement à l’Empire. Ce journal se permet une sentence: Vladimir Poutine ne montera pas sur le podium. Ce fut exactement le contraire! Ce fut un spectacle grandiose à la mesure de la grande Russie que l’Empire avait trop rapidement enterrée. En 12 tableaux, nous eûmes tableaux à l’histoire de l’Empire russe dont la grande révolution de 1917 ne fut qu’une étape. Lire la suite Résurrection de la Russie millénaire

Tous les chemins mènent à l’Iran, la Chine courtise les Arabes du Golfe


Chine-ASaouditeEn passe de devenir la première puissance économique mondiale, sprintant pour rattraper son retard technologique en matière d’armement vis-à-vis des Etats-Unis et de la Russie, devenant le premier partenaire des pays du Tiers-monde et de l’Afrique en particulier, se manifestant de plus en plus dans le Pacifique comme une puissance, ami de tous et de personne à la fois, la Chine mène sa barque en solitaire, de manière souvent illisible selon les critères auxquels nous étions habitués. Lire la suite Tous les chemins mènent à l’Iran, la Chine courtise les Arabes du Golfe

Chine : Le développement de la République Populaire est une déclaration de guerre aux États-Unis


948267Chine1La Chine a confiance en elle; elle ose des réformes et sa nouvelle direction veut consolider ses succès

Le contraste ne pourrait pas être beaucoup plus grand: d’un côté du Pacifique, la puissance qui est toujours l’Hégémon, est confrontée à de fortes turbulences économiques et politiques; de l’autre côté, la superpuissance en devenir bat tous les records sur le plan économique, en dépit des prophètes de malheur, et a pleine confiance en son avenir. Lire la suite Chine : Le développement de la République Populaire est une déclaration de guerre aux États-Unis

L’énigme du marché de la Chine – Pepe Escobar


0_a_the_closing_session_18th_cpc« L’objectif de la restructuration du système économique … est de permettre au marché [forces] de jouer un « ‘’rôle décisif’’ dans l’allocation des ressources ».

C’est tout? Le monde entier attendait haletant – et c’est ce que le monde a obtenu : une énigme enveloppée dans une devinette à l’intérieur d’une boîte chinoise, sous la forme d’un communiqué sibyllin publié par la troisième session plénière tant attendue du 18ème Comité central du Parti communiste chinois (PCC).

Pour savoir qui est le vrai responsable de cela – le premier plan d’action politique sérieux dévoilé par les nouveaux dirigeants chinois, le Président Xi Jinping et le Premier ministre Li Keqiang – Il faut juste jeter un coup d’œil sur la photo : ce sont les sept membres du Comité permanent du Politburo, les hommes qui gouvernent vraiment la Chine.

20-politburo-standing-committeeEt ce qui est en jeu, ne peut être plus sérieux, rien de moins que les choix stratégiques portant sur ​​l’ascension inévitable de la Chine au rang de première économie du monde.

Il faut toujours se rappeler comment le PCC fonctionne. Le plénum était censé « parvenir à un consensus » parmi l’élite du PCC et donner le ton pour la prochaine étape du développement effréné de la Chine.

Et pourtant, l’anti-climax semble être devenu le concept clé ici. La frénésie des médias en Chine, véritable pré-assemblée plénière, avait été implacable – du style « le changement auquel nous pouvons croire » (non, rien à voir avec les campagnes politiques de style américain ave ses milliards de dollars). Après tout, le numéro 4 au sein du Comité permanent du Politburo, Yu Zhengsheng, avait publiquement promis des réformes «sans précédent», conduisant à une « profonde transformation de l’économie, de la société et d’autres sphères ».

La frénésie a été principalement générée par une feuille de route pour la réforme publiée par le Centre de recherches pour le développement du Conseil d’Etat – la soi-disant « 383 plan ». Dans la tradition numérologique chinoise, la feuille de route délimitait le « train de pensée trois-en-un, les huit domaines clés et les trois projets de réforme ». Le secret de la réussite de la réforme serait «la gestion correcte des liens entre le gouvernement et le marché ».

L’un des auteurs du rapport, Liu He, directeur du groupe central des affaires économiques et financières et directeur adjoint de la National Development and Reform Commission, est en fait devenu une superstar. Et juste avant l’assemblée plénière, le Président – et secrétaire général du PCC – Xi Jinping a souligné, «la réforme et l’ouverture sont un processus sans fin ».

Je veux mon glasnost avec de la glace, s’il vous plaît

Alors, jusqu’où ira vraiment cette glasnost avec des caractéristiques chinoises ? L’opinion publique chinoise n’a toujours pas eu accès aux détails de l’énigme de dragon à l’intérieur de la devinette – ou vice-versa – mais tout de ces réformes influent directement sur la vie des 1,3 milliard de personnes. En fait, la boîte contenant l’énigme est cachée à l’intérieur d’une pyramide – reflétant un processus décisionnel monopolisé par l’élite sage et avisée du parti. «Transparence», ici, n’a aucun sens, même pas virtuel.

Tout le monde s’attendait aux promesses du parti de renforcer l’indépendance du système judiciaire chinois et de continuer à lutter contre la corruption et l’injustice sociale.

Tout le monde s’attendait à un assouplissement de la politique de l’enfant unique vieille de 33 ans – permettant à davantage de couples d’avoir un deuxième enfant, ce qui est naturel, compte tenu du fait que le PCC vise une économie axée sur le consommateur et que la population chinoise vieillit.

Tout le monde s’attendait au ‘’taclage’’ de la réforme agraire, directement liée à la nouvelle directive sur l’urbanisation .

Et pour la petite histoire, c’est la première fois que le PCC a reconnu que «les secteurs public et privé sont les mêmes éléments importants d’une économie de marché socialiste et les bases importantes de développement économique et social de notre nation ».

Dans la pratique, cela signifie que le PCC va démanteler les monopoles du secteur étatique en quelques secteurs stratégiques. L’investissement privé serait autorisé, par exemple, dans le secteur bancaire, l’énergie, les infrastructures et les télécommunications. Cela signifie aussi que de nombreuses entreprises d’Etat cesseront de fonctionner comme les bras de la bureaucratie gouvernementale. Dans ce cas, il faudra s’attendre à une opposition féroce de la part des intérêts bien établis de manière proverbiale – comme les élites politiques régionales qui luttent contre Pékin.

Le plan directeur du PCC est d’élargir la classe moyenne chinoise à plus de 50% de la population en 2050 (il est actuellement de 12%) – égalisation vers plus de consommation avec la stabilité sociale. Pour l’instant, le secteur public représente 25% du PIB de la Chine. La plupart des entreprises en Chine sont déjà publiques/privées – mais avec 25% de toutes les entreprises privées ayant des sociétés mères appartenant à l’Etat. Seulement 1,3% des travailleurs chinois sont des entrepreneurs privés. Deux tiers d’entre eux ont déjà travaillé dans le système parti-Etat. Et 20% avaient une position de leadership dans leur gouvernement ou système de parti local.

Le rôle central de l’Etat ne devrait pas être modifié par les réformes à venir. Après tout, 40% des entrepreneurs sont membres du PCC. Ils ont fait de beaux bénéfices avec la privatisation du logement. Ils n’offrent aucune opposition politique au CCP – et vont certainement profiter de ces réformes. Ce qu’ils veulent avant tout, c’est un système plus efficace et une plus grande justice sociale. Ils ne recèlent aucune idée de changement de régime.

Regardez ces camarades se déchirer

En fin de compte, le problème clé absolu pour la conduite future de la Chine peut facilement être formulé à la manière chinoise : Comment modifier l’économie sans réforme politique. Même le petit timonier Deng Xiaoping – sans doute le plus grand homme de la deuxième partie du 20e siècle – a souligné à plusieurs reprises que la réforme économique en Chine ne saurait aller bien loin sans une réforme du système politique.

À court et à moyen terme, il est difficile de voir le PCC permettant les caprices de la Déesse marché secouer et brinqueballer l’économie chinoise à volonté. Plus de «marché» de style occidental va inévitablement accentuer les inégalités régionales à des niveaux excessifs – exactement au moment où le PCC fait de gros efforts pour accélérer le développement des provinces intérieures les plus pauvres.

Le communiqué sibyllin est bien sûr seulement une feuille de route abrégée. Il faudra des jours, des semaines et même des mois pour que ses implications détaillées apparaissent. Ce qui est certain, c’est que le « rôle déterminant » de la réforme du marché implique le PCC à la barre, surveillant chaque étape du processus.

C’est comme un ninja essayant de dompter un très puissant dragon non-stop. Ce sera une bataille épique pour le millénaire, de regarder le PCC – une immense bureaucratie structurelle intégrée dans le gouvernement chinois – accomplir cet acte d’équilibrage ; faisant correspondant ses instincts pour un contrôle centralisé encore plus fort (pas beaucoup de glasnost pour l’Internet, par exemple), avec une explosion du darwinisme social causée par ces forces «irrationnelles» qui se foutent pas mal de l’emploi et de la stabilité sociale.

Les Gweilos – ou barbares étrangers en général – vont sous-estimer la détermination chinoise à leurs risques et périls. Quand le Petit Timonier a lancé sa propre réforme économique – et la marque de la glasnost – en 1978, il a mis le PCC sens dessus-dessous, le triturant cherchant la quadrature du cercle ; un développement économique effréné lui fournit une marge de manœuvre pour gérer les problèmes politiques, et certains changements politiques permettant à leur tour un  développement économique encore plus vertigineux.

Alors que se passera-t-il si Xi et Li arrivent avec un remix Deng – comme par exemple inventer un nouveau concept de marché avec des caractéristiques chinoises? Seul le ciel en est la limite, ou la Chine elle-même telle qu’elle fut pendant 18 des 20 derniers siècles.

Pepe Escobar

Traduction Avic

http://www.counterpunch.org/2013/11/13/chinas-market-enigma/

Poutine, Xi discutent de coopération technologique militaire


199494978Le sommet annuel de l’APEC a gagné la stature d’un forum de consultations politiques et, à Bali, cette année, il est particulièrement intéressant dans le contexte du ralentissement de la croissance chinoise, les retombées de la paralysie administrative du gouvernement américain, les conflits régionaux, les litiges maritimes, les négociations d’accords de partenariat Trans-Pacifique, la stratégie de rééquilibrage États-Unis, etc.

Un «bilatéral» qui ressort, c’est la rencontre du président russe Vladimir Poutine avec son homologue chinois Xi Jinping. La fréquence de leurs réunions augmente. Xi a choisi la Russie pour sa première visite officielle à l’étranger après son accession à la  présidence de la Chine. Le mois dernier, Xi et Poutine ont participé à deux événements en même temps – G20 à Saint-Pétersbourg et le sommet de l’OTSC à Bichkek.

La transcription des déclarations d’ouverture à la réunion de Bali mérite une lecture attentive. Poutine a fait remarquer que la coordination sino-russe sur les questions internationales est « payante ». C’est une remarque tout en nuances de ce que Poutine a désigné comme les «questions syriennes ».

En effet, il implique la coordination sino-russe au Conseil de sécurité de l’ONU, qui a finalement amené les puissances occidentales – Etats-Unis, Royaume-Uni et la France – à se pencher sur la question syrienne.

Xi en a convenu avec Vladimir Poutine et a également mentionné la Syrie, mais, ce qui est assez intéressant, il a introduit en parenthèse le problème de Corée du Nord, où Xi dit que la Chine et la Russie ont des « positions identiques ou similaires ». En effet, Pékin compte sur le soutien réciproque de Moscou au Conseil de sécurité de l’ONU sur le problème nord-coréen.

Xi a ostensiblement manifesté son intérêt de voir la Russie jouer un « rôle important » dans la région Asie-Pacifique et dans « l’intensification » de la coopération russo-chinoise. Il a fait part de l’acceptation de la Chine à la proposition russe pour célébrer ensemble le 70e anniversaire de la victoire dans la Seconde Guerre mondiale, qui, dans l’estimation de Pékin a une certaine résonance avec le militarisme perçue du point de vue du Japon. La Russie et la Chine ont des préoccupations communes sur le déploiement du système de défense antimissile des États-Unis au Japon .

Tant Poutine que Xi ont mis l’accent sur la coopération dans « certains domaines très sensibles » (Poutine) tel que la technologie militaire. Du point de vue indien, c’est d’un intérêt particulier.

Mais alors, comme on dit, ce qui est bon pour l’un est bon pour l’autre. Il semble qu’il se passera un certain temps avant que le partenariat américano-indien, qui en est à ses débuts, ait un impact sur la coopération sino-russe en matière de technologie militaire, que Moscou avait toujours freinée.

Bien sûr, la Chine a énormément à gagner si elle accède à la technologie militaire de la Russie. Cependant, à la lumière de la déclaration conjointe sur la coopération de défense de l’Inde et des États-Unis le 28 Septembre 2013 publié à Washington lors de la visite du Premier ministre Manmohan Singh, comment l’Inde pourrait-elle alors avoir des brûlures d’estomac?

La déclaration américano-indienne souligne, «Les États-Unis et l’Inde partagent des intérêts communs de sécurité et chacun place l’autre au même niveau que ses partenaires les plus proches. » C’est bien au-delà de ce que disent Poutine ou Xi lors de leur réunion à Bali concernant la coordination russo-chinoise.

M K Bhadrakumar

Traduction Avic

http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2013/10/08/putin-xi-moot-military-technology-cooperation/

Chine : Nous ne faisons pas de « shutdowns » – par Pepe Escobar


Susilo Bambang Yudhoyono,  Xi JinpingLe dernier superpuissant et spectaculaire dysfonctionnement, c’est-à-dire le « shutdown » (paralysie de l’administration américaine), a forcé le président Barack Obama à annuler complètement son voyage en Asie. D’abord la Maison Blanche a annoncé qu’Obama laissait tomber la Malaisie et les Philippines – supposées stars du « pivot vers l’Asie ». Puis il a été finalement confirmé qu’il va laisser tomber aussi le sommet de l’Asia-Pacific Economic Co-operation (APEC) de Bali mardi et l’ASEAN (L’association de Nations asiatiques du Sud-est) et le sommet de l’Asie de l’Est jeudi prochain à Brunei.

Cela laisse au président chinois Xi Jinping d’être, sans rival, sous les feux de la rampe. Comme si une quelconque « aide » supplémentaire était nécessaire et comme si Xi n’avait pas déjà le vent en poupe.

Ce Jeudi, Xi est devenu le premier chef d’état étranger à s’adresser au parlement indonésien à Jakarta. Il a souligné que Pékin voulait promouvoir par tous les moyens le commerce avec l’ASEAN pour atteindre environ 1 trillion de dollars d’ici 2020 – et mettre en place une banque d’infrastructure régionale.

Son message, tient en peu de mots : La Chine et « certains pays du Sud-est asiatique » doivent résoudre « pacifiquement « leurs différents sur leur souveraineté territoriale et les droits maritimes – comme nous discuterons de la situation chaotique en Mer de Chine du sud (il n’y a fait aucune référence directe dans son discours) mais cela ne doit pas interférer avec nos affaires sérieuses en matière de commerce et d’investissement. Qui est l’ASEAN qui dira non ?

Et ensuite, après avoir éclipsé Obama en Indonésie (des encyclopédies pourraient être écrites là-dessus) et la signature de plus de 30 milliards de dollars de contrats (surtout dans l’exploitation minière), Xi est parti pour la Malaisie.

Comparez le triomphe indonésien de Xi –avec sa séduisante femme, Peng Liyuan portant le batik – à une récente visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe, dont l’objectif n’était, ni plus ni moins, de persuader les Indonésiens d’encercler la Chine. Avec une politesse méticuleuse comme d’habitude, les Indonésiens ont éconduit Abe. La Chine est le plus grand partenaire commercial de l’Indonésie après le Japon et va à coup sûr bientôt dépasser Tokyo.

Pékin a déjà accepté de négocier un Code de conduite juridique rattachant la Mer de Chine Sud à l’ASEAN. Un groupe de travail s’est rencontré le mois dernier à Suzhou. Quatre des 10 membres de l’ASEAN (mais pas l’Indonésie) sont impliqués dans le conflit de la Mer de Chine du sud – qui, comme on pouvait s’y attendre, tourne autour des réserves de pétrole et de gaz inexplorées. Les Philippines continueront à accuser Pékin, comme le mois dernier, de violer le – pour le moment informel – Code de conduite. L’Indonésie s’est proposée comme médiateur. Ce ne sera pas facile, mais force est de constater que la Chine et l’ASEAN se parlent déjà.

Pivoter avec moi-même

C’est un peu le nœud du problème quand vous annoncez, en grande pompe au Pentagone, et partout, un « virage vers l’Asie » pour renforcer le rôle de « l’Asie-Pacifique pour la prospérité et la sécurité des Etats-Unis » et que vous n’êtes même pas capable de vous y ‘’pivoter’’ en personne  pour quelques jours pour gérer tout ça. En fait il n’y a pas de virage – au moins pour le moment. L’administration Obama a été concentrée non seulement sur deux dossiers extrêmement complexes – la Syrie et l’Iran – mais a aussi essayé de contenir la démence du Premier ministre Benjamin Netanyahu en Israël, et la Maison de Saoud, de plus en plus épouvantable et paranoïde.

Pourquoi aurait-il été en Asie ? Bien, aux Philippines il aurait essayé de décrocher un contrat pour une « plus grande flexibilité » pour que le Pentagone puisse utiliser les bases militaires. Dire que c’est « un sujet de controverse », est un énorme euphémisme.

Et en Malaisie, Obama aurait mis encore plus de pression sur le déjà décrié Partenariat Trans-Pacifique (TPP : Trans-Pacific Partnership ) – avant tout, une sorte de racket qui est en fait une bonne affaire pour les multinationales américaines, mais pas exactement pour les intérêts asiatiques. Le TPP est la réponse américaine à l’offensive de la Chine déjà massive partout dans l’Asie.

L’ancien Premier ministre malaisien, Mahathir Mohammad a vu le TPP – qui exclut la Chine – pour ce qu’il est et il n’a absolument pas été convaincu que le TPP permettra un accès plus facile pour la Malaisie au marché américain.

Donc en fin de compte, Xi a eu tout le loisir de se préparer encore un autre triomphe en Asie du Sud-est. Pékin peut offrir à Kuala Lumpur une source d’investissement sans les interférences agaçantes du style TPP sur comment le pays dirige ses entreprises étatiques ou comment il gère les contrats gouvernementaux. Et en plus de cela, Xi a marqué un point personnel en essayant de mettre la Malaisie de son côté dans les négociations du Code de conduite pour la Mer de Chine Sud.

Xi sera évidemment la star du sommet de l’APEC à Bali. Ensuite le Premier ministre Li Keqiang mène la délégation chinoise au Sommet de l’Asie de l’Est à Brunei et pousse son voyage d’affaires plus loin en Thaïlande et au Viêt Nam.

Maintenant comparez cette offensive chinoise, implacable comme une Lamborghini Aventador en train d’accélérer, avec la perception non dite mais palpable, à travers toute l’Asie du Sud-est, d’une Chevrolet grinçante que représente le « virage » américain. On peut, peut être parier que le milieu des Think-tank américains râlera une fois encore sur la perte de fiabilité américaine ou, mieux encore, « de crédibilité » – puisqu’ils défendent l’avenir du virage, en le justifiant non seulement comme une décision stratégique des Etats-Unis, mais au nom des intérêts du Sud-est asiatiques.

C’est absurde. La pom-pom girl en chef du virage US est le Japon – et le Japon est largement considéré, dans différentes nuances de gris à travers toute l’Asie du Sud-est, comme une marionnette américaine. Ce qui est certain c’est que le non-show d’Obama ne fait que renforcer la perception prédominante que la politique étrangère américaine actuelle est un désordre total. Et que pendant que les Etats-Unis sont en situation de « paralysie administrative », la Chine fait des affaires.

Pepe Escobar

Traduction Avic

http://www.atimes.com/atimes/China/CHIN-02-041013.html

La Russie et la Chine signent un contrat de livraison de gaz russe


Nous vous l’annoncions dans l’article de Valentin Vasilescu du 3 septembre. C’est fait; la Russie et la Chine ont signé.

Le groupe russe Gazprom et la Compagnie nationale pétrolière chinoise (CNPC) ont signé un contrat de livraison de gaz russe à la Chine en marge du sommet du G20. La cérémonie s’est déroulée en présence du président chinois Xi Jinping et de son homologue russe Vladimir Poutine. Lire la suite La Russie et la Chine signent un contrat de livraison de gaz russe

Pourquoi Édouard Snowden a-t-il choisi Hong Kong ?


hong_kong_nightBeaucoup de monde dans les médias américains se demande pourquoi le plus célèbre dénonciateur de l’Amérique, âgé de 29 ans, Edward Snowden, est allé se planquer dans la ville-État de Hong Kong, appartenant à part entière à la République populaire de Chine, pour y chercher refuge, même temporaire.

Hong Kong a un traité d’extradition avec les Etats-Unis, disent-ils. Et comme pour la Chine, qui contrôle les affaires internationales de la Région administrative spéciale de Hong Kong, tout en lui accordant l’autonomie locale pour régir ses affaires internes, ses dirigeants « ne veulent pas irriter les Etats-Unis » à un moment où l’économie chinoise marque le pas.

Ces gens n’ont pas beaucoup de compréhension de Hong Kong ou de la Chine.

En tant que quelqu’un qui a passé près de sept ans en Chine et à Hong Kong, permettez-moi de présenter mes réflexions sur les raisons qui ont poussé Snowden, de toute évidence un homme très avisé en dépit de son manque d’éducation universitaire, à faire ce choix.

Tout d’abord, oubliez le traité d’extradition de Hong Kong. Quand il s’agit de décider si une personne doit être extradée, en particulier pour un crime politique, par opposition à un simple meurtre ou braquage de banque, la décision sera prise à Pékin, pas dans une salle d’audience de Hong Kong. Deuxièmement, Hong Kong a une longue histoire de fournisseur d’asile aux dissidents – même à des dissidents recherchés par le gouvernement chinois. Ça avait été le cas, par exemple, de l’activiste du mouvement ouvrier chinois Han Dongfang, qui avait fait l’objet d’un coup de filet massif après les manifestations de Tiananmen, mais qui avait réussi à s’enfuir à Hong Kong avant la rétrocession de la place par la Grande-Bretagne à la Chine, et qui continue toujours de surveiller les conflits de travail et les protestations ouvrières à partir de son domicile sur l’île Lamma de Hong Kong. Hong Kong a aussi une population très favorable aux valeurs démocratiques – certainement bien plus que la majorité des citoyens américains. Les habitants de Hong Kong peuvent ne pas accorder trop d’importance à la situation de Snowden pour le moment, mais si les Etats-Unis devaient rechercher activement à l’extrader, je suis convaincu que toute la ville se soulèverait pour le soutenir, y compris les médias locaux.

Quant à la Chine, alors que l’affaire soulevée par Snowden est en cours – l’exposition d’un programme d’espionnage orwellien ciblant le peuple américain et géré par l’ultrasecrète NSA – ce n’est certainement pas une affaire dont le gouvernement chinois aimerait discuter étant donné leur propre société verrouillée. Vous pouvez parier que les gens du Bureau de la Propagande à Pékin, et dans le cercle intime du gouvernement, se frottent les mains avec allégresse à la fois à cause de l’embarras incroyable provoqué par l’hypocrisie des Etats-Unis mise en lumière par leur hôte Snowden, et aussi à cause de la mine de renseignements de sécurité qu’il a en sa possession, et qu’ils peuvent peut-être l’amener à divulguer s’ils le traitent bien.

Et puis, il y a la question du concept confucéen du don et obligations réciproques. Ce n’était, j’en suis sûr, pas par hasard que Snowden a choisi le week-end où le président Obama avait organisé un sommet en Californie pour accueillir le nouveau président chinois  Xi Jinping, pour divulguer son identité en tant que dénonciateur de la NSA, au sujet du programme national d’espionnage, au Guardian et au Washington Post . Ce faisant, il a donné au président Xi un cadeau incroyable – la chance d’avoir le dessus dans ses négociations avec un Obama extrêmement embarrassé et compromis sur des questions telles que le piratage informatique chinois des entreprises américaines et des secrets du gouvernement, ainsi que le vol de propriétés intellectuelles. Car bien sûr, il est clair que la NSA est au moins aussi actif dans le piratage d’ordinateurs chinois et dans l’espionnage des communications chinoises.

Un cadeau tel que celui-là n’est pas facilement ignoré ou oublié dans la culture chinoise. Le Président Xi doit beaucoup à Snowden, et je crois qu’il va honorer cette dette en veillant à ce que Snowden soit à l’abri de toute menace qui pourrait provenir d’un gouvernement américain vindicatif ou apeuré.

Mais Snowden ne se fonde pas uniquement sur les valeurs culturelles chinoises pour se protéger.

Il a également pris soin d’envoyer un puissant message d’avertissement aux responsables américains dans un interview dans une  vidéo publique qu’il a sortie lui-même . Comme il l’a dit à l’interviewer Glenn Greenwald, « j’ai eu accès à des listes complètes de toutes les personnes travaillant à la NSA, la communauté du renseignement tout entier, et des agents infiltrés partout dans le monde ; les emplacements de chaque station, nous savons quelles sont  leurs missions et ainsi de suite. Si je ne cherchais qu’à nuire aux Etats-Unis? Vous pourriez arrêter le système de surveillance dans l’après-midi « .

Cette ligne à la fin a dû raidir dans leurs sièges les gens de Langley et du quartier général de la NSA, ou a dû les inciter à se diriger droit vers le bar pour un raide! Et en effet, il le pouvait. Et je peux même vous garantir, Snowden étant aussi futé qu’il est, qu’il a déjà pris cette information et dispersé à un certain nombre de personnes de confiance, peut-être même Greenwald, avec instructions de tout balancer sur le Web si jamais quelque chose devait lui arriver, comme par exemple son kidnapping, sa disparition ou son assassinat. Il s’agit d’une superbe police d’assurance et cela ne lui aura pas échappé. Il n’aurait pas pris la peine de dévoiler qu’il avait toutes ces informations à sa disposition s’il n’avait pas pensé qu’il pouvait avoir besoin de le faire.

Il serait relativement facile pour les barbouzes high-tech  de la NSA de tracer électroniquement Snowden pour voir s’il a vraiment téléchargé toutes ces informations ultrasecrètes et s’il peut vraiment faire sauter toute la machine d’espionnage américaine. S’ils découvrent qu’il a vraiment ces informations, il serait pratiquement intouchable.

La vraie question n’est pas de savoir ce qu’ils vont faire à Snowden. Mais plutôt ce que nous, Américains, allons faire maintenant que nous savons à quel point notre gouvernement est devenu réellement malsain et totalitaire.

Allons-nous revenir à notre train-train avec nos équipes sportives et nos programmes de télé-réalité, et oublier le fait que nous n’avons plus aucune intimité dans nos vies, que nos dirigeants élus et nos juges fonctionnent sur l’hypothèse que, s’ils sortent de la ligne, la machine fasciste de la NSA, qui travaille au service de l’élite corporative, pourra leur faire du chantage ou les détruire avec son accès à toutes leurs communications ? Ou allons-nous lever et exiger la fin de cette tyrannie high-tech au nom d’une «guerre» frauduleuse contre le terrorisme ?

Snowden s’est exilé et a renoncé à un excellent travail à Hawaï, dans l’espoir que nous allions nous lever quand nous aurons appris que notre démocratie a été détournée.

Espérons que ce ne sera pas en vain.

DAVE LINDORFF est un membre fondateur de ThisCantBeHappening! , et est un contributeur à Hopeless: Barack Obama and the Politics of Illusion  (AK Press).

Traduction : Avic

Barack Obama et Xi Jinping à la recherche d’un nouveau modèle de relations


Xi Jinping ObamaIl faudra attendre longtemps avant de savoir à quel point l’entretien à huis clos entre les présidents des deux plus grandes puissances mondiales, les Etats-Unis et la Chine, sera « historique ». Il est déjà clair que la rencontre de ce week-end est inhabituelle : Barack Obama et Xi Jinping s’entretiendront pendant deux jours, isolés du monde et des témoins.

But annoncé ? Rechercher un « nouveau modèle » de relations entre les deux puissances. Rechercher un modèle, certes, mais sera-t-elle productive? Rien n’indique pourtant que la solution surgira comme par magie dès dimanche ou lundi prochain. Ce ne sera très certainement pas le cas. Et le public n’apprendra ce qui s’est dit à Sunnylands que plus tard – et progressivement.

Deux jours sans protocole

Jamais encore dans l’histoire des relations sino-américaines deux dirigeants n’avaient passé ensemble deux jours sans protocole ni pourparlers formels. Mais c’est exactement ce qui se passera en Californie ce week-end.

Un lieu historique a été choisi pour cet événement historique : le ranch Sunnylands, isolé au milieu du désert, qui ne fait pas partie des résidences officielles du président américain.

Il appartient à la fondation républicaine du défunt magnat des médias, Walter Annenberg.

Le ranch, traditionnellement, était donc républicain. Richard Nixon, Ronald Reagan et leurs amis, Margaret Thatcher et d’autres dirigeants s’y sont déjà rendus et par ce séjour, le démocrate Obama empiète sur le territoire républicain.

Ces mêmes républicains qui ont le mieux réussi à faire progresser les relations sino-américaines. Même George W. Bush, qui pouvait faire autant de stupidités que possible en politique étrangère, n’a jamais sérieusement taquiné la Chine. Le lieu de la rencontre est symbolique, d’une certaine manière.

On se demande alors : a-t-on besoin d’un progrès ? Oui. A travers les innombrables articles publiés à la veille de la rencontre californienne résonne la pensée suivante : les Etats-Unis et la Chine ne sont pas satisfaits de leurs relations mutuelles. Il faut en discuter.

Que faire après le départ d’Hillary Clinton ?

Tous les sommets du monde se ressemblent : la liste de problèmes à régler s’accumule. Aujourd’hui l’Amérique accuse la Chine de perpétrer des attaques cybernétiques depuis son territoire contre des sites sensibles, entre autres. Quand Thomas Donilon, conseiller du président Obama à la sécurité nationale, s’est rendu à Pékin la semaine dernière pour préparer le sommet, Xi Jinping lui a dit : « Je voudrais discuter avec Obama d’un nouveau modèle pour les relations sino-américaines ». Et il a écarté de manière ostentatoire les documents préparés par le conseiller.

Quel est donc ce modèle qu’évoque Xi Jinping ? En quoi l’ancien ne convient-il pas ?

La question est intéressante puisque dans le cas présent les deux parties sont convaincues qu’il faut changer quelque chose.

Hillary Clinton, quand elle était secrétaire d’Etat des USA, a marqué par une diplomatie très intelligente autour du concept de « tournant des USA vers l’Asie ». Cet axe reste la priorité de toute la politique étrangère d’Obama, qui porte moins d’attention au Proche-Orient – désespérant – pour se tourner davantage vers l’Asie où l’influence de la Chine est devenue dominante pendant que les Américains essuyaient des défaites dans d’autres régions.

Dans les faits, les Etats-Unis continuent de transférer 60% de leur puissance militaire vers le théâtre du Pacifique et la politique de Clinton se poursuit : Obama exprime son soutien à tous les pays d’Asie, petits et grands, qui ont des réclamations territoriales ou autres à l’égard de la Chine.

Cette politique est logique mais ne peut fonctionner que jusqu’à un certain point : tout va bien tant que les pays d’Asie voient qu’il existe un contrepoids à la toute-puissance de la Chine, qu’ils peuvent choisir entre Pékin et Washington et qu’il leur est possible de manœuvrer entre ces deux concurrents pour en tirer profit. L’horizon s’assombrirait inévitablement si l’équilibre cédait la place à la tension – et menaçait de dégénérer en guerre.

De toute évidence aujourd’hui « tout va mal ». Les Chinois soulignent que dernièrement de nombreux litiges territoriaux ont éclaté dans la région sans que la Chine en ait pris l’initiative. Qui les a lancés ? Les pays qui comptent sur l’aide américaine.

Le dossier probablement le plus complet sur le sommet californien à venir se trouve sur le site de l’organisation sino-américaine Chine-US Focus. L’article le plus important, écrit par un Américain annonce : « La politique du « tournant vers l’Asie » a provoqué une crise géopolitique et géostratégique à travers toute l’Asie, affectant les petits et les grands pays. Tout le monde craint une guerre suivie d’un effondrement économique ».

Bref, quelqu’un y est allé trop fort et il faut corriger le tir.

Surtout que l’économie, elle, va bon train. Chaque jour qui passe affiche des échanges commerciaux supérieurs à 1 milliard de dollars, et les investissements chinois aux Etats-Unis ont augmenté l’an dernier de 6,5 milliards de dollars. Sans compter la dette américaine de 1 000 milliards de dollars envers la Chine.

Les « questions concrètes »

Mais que pourrait proposer la Chine aux USA en échange de la politique de Clinton, même si celle-ci s’enfonce ? Certains chercheurs japonais pensent notamment que l’Amérique doit simplement s’en aller et ne pas gêner l’Asie. C’est un peu excessif.

Du peu qu’on connaît que la position de la Chine à la veille du sommet, on distingue l’idée de Xi Jinping d’identifier les intérêts chinois fondamentaux et les laisser de côté. Le plus souvent cela concerne les territoires de la Chine. Pour tout le reste on peut s’entendre et rester prudent, sans déséquilibrer l’économie et la sécurité mondiales.

Etrangement, cette idée simple a d’ores et déjà provoqué une rage très propre à l’Amérique et à sa réflexion. On pourrait ignorer un auteur du Foreign Policy qui ne comprend pas dans quel monde il vit depuis des années et qui pense qu’Obama a tort d' »offrir » deux jours de son temps personnel pour s’entretenir avec le dirigeant d’un pays avec lequel les USA n’ont pas de valeurs et d’intérêts communs. Mais il y a plus intéressant. L’article du chercheur américain

Michael Richardson paru dans un quotidien japonais interroge : les « intérêts fondamentaux » de la Chine ne seraient-ils pas trop larges ? Autrefois, seul Taïwan la préoccupait vraiment, tandis qu’aujourd’hui cette inquiétude s’étend à la mer de Chine méridionale et d’autres mers voisines…

A l’époque de Bush, la Russie avait proposé une idée identique aux Etats-Unis : la région qui entoure le pays relève de sa responsabilité, restez en dehors. Et l’idée générale de la Russie consistait à dire que le monde devait être régi par des associations régionales, présentes partout et seulement soumises à l’Onu.

La réaction américaine fut très révélatrice : on a commencé – et on continue – à expliquer à la Russie qu’aucun pays n’a et n’aura aucune sphère d’influence. Sauf qu’il existe une exception : devinez laquelle.

Cette fois aussi il est question de territoires et de conflits à la périphérie de la Chine. Les intérêts américains dans cette région sont pourtant indiscutables… Obama devra faire un effort surhumain s’il veut renoncer ouvertement à l’approche habituelle des Etats-Unis.

Par conséquent, il ne faut pas espérer que dimanche ou lundi un modèle complètement nouveau sera annoncé. Même si cette rencontre sera tout de même importante.

Le livre La Russie et la Chine. Quatre siècles d’interaction vient d’être publié à Moscou. Il met notamment en évidence la manière dont la Chine pense et applique sa politique étrangère : d’année en année, de décennie en décennie si besoin, en la transmettant d’un chef de l’Etat à l’autre. Il ne faut donc pas croire que si Xi Jinping ne reçoit pas de réponse à ses initiatives en Californie cette fois-ci, ses initiatives tomberont dans l’oubli. La discussion entre Pékin et Washington ne fait que commencer.

Dmitri Kossyrev
RIA Novosti

Le lièvre américain et la tortue chinoise, une fable à l’échelle planétaire


Par René Naba

chine-afrique

Chine-Afrique : 1/4

Paris-Le nouveau président chinois Xi Jinping chinois a réservé à l’Afrique son premier déplacement officiel, dans une démarche symbolique qui illustre la vivacité de la rivalité sino occidentale sur le continent noir et la prépondérance que la Chine y a prise au détriment de ses deux anciens maitres, le Royaume Uni et la France, qu’elle a supplantée en deux décennies.

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